Arégonde

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Arégonde

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Chevalière de la reine Arégonde.

Titre

Reine des Francs

Biographie
Dynastie Mérovingiens
Naissance v. 515
Décès v.573/579
Paris
Sépulture Basilique Saint-Denis
Conjoint Clotaire Ier
Enfants Chilpéric

Arégonde (Arnegonde, Arnegundis) ( v. 515 — † v.573/579) est une reine des Francs. Elle est l'une des sept épouses du roi Clotaire Ier (v. 498 - †561). C'est un des rares personnages historiques dont l'on ait pu identifier et étudier la tombe, ce qui explique son importance.

Elle est considérée comme la plus ancienne reine de France retrouvée à ce jour.

Histoire d'après Grégoire de Tours[modifier | modifier le code]

Arégonde.

Si l'on en croit le chroniqueur Grégoire de Tours, la reine franque Ingonde, épouse du roi mérovingien Clotaire Ier, ayant demandé à ce dernier de trouver un mari qui soit digne de sa sœur cadette Arégonde, le roi ne trouva meilleur prétendant que lui-même et décida d'épouser sa propre belle-sœur. Ce mariage, certes proscrit par les canons ecclésiastiques, était cependant conforme aux principes polygamiques et endogamiques alors en vigueur dans les familles royales germaniques. Arégonde accéda donc au rang de reine légitime et apparaît d'ailleurs en tant que regina (c'est-à-dire reine, ou princesse au sens large du terme) dans l'œuvre de Grégoire de Tours, à l'instar des autres femmes de Clotaire.

De cette union naquit Chilpéric, futur roi des Francs de Neustrie.

Données issues des recherches sur sa sépulture[modifier | modifier le code]

Sa sépulture a été découverte en 1959 dans le sarcophage numéroté 49 en la basilique Saint-Denis par Michel Fleury, archiviste paléographe. Elle contenait des vêtements préservés et des bijoux, dont son anneau nominatif (bague sigillaire portant le nom ARNEGVNDIS et un monogramme central lu comme REGINE[1]), aujourd'hui conservés au Musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye. Il s'agit de la tombe la mieux documentée d'Europe pour le Haut Moyen Âge[2].

La date de sa mort n'étant pas connue par des textes, l'analyse archéologique du tombeau a d'abord émis deux hypothèses. Ainsi, selon Michel Fleury, qui se base sur une analyse de l'état du squelette, elle serait morte entre 565 et 570 (à l'âge d'environ 50 ans donc). Cependant, des études du mobilier funéraire et particulièrement des pièces de vêtements ont été menées plus récemment par Patrick Périn, directeur du musée des Antiquités nationales. Ces analyses incitent désormais à penser que le décès doit être daté entre 572 et 583 ; en effet, le style de certaines pièces du costume de la reine n'apparaît pas dans le monde mérovingien avant le début du VIIe siècle. Michel Fleury en donne la description suivante : « une femme de très petite taille, âgée d'environ quarante-cinq ans, à la chevelure blonde, au crâne assez rond, à la mâchoire inférieure assez saillante, mais au menton effacé »[3]. Les dernières recherches et en particulier les analyses de ses dents donnent son décès vers 60 ans alors qu'elle était très arthrosique. Elle mesurait 1,55 m[4], présentait des séquelles de poliomyélite de l'enfance au niveau de la jambe droite (qu'elle aurait subie vers l'âge de 4 ans comme le laisse supposer un premier stress dentaire) et des signes de maladie de Forestier sans doute à cause d'un diabète fort, des stress dentaires dus à un accouchement difficile[2] (vers l'âge de 18 ans, ce qui est tard pour l'époque étant donné que le mariage peut se faire à partir de 12 ans).

Elle portait un manteau de soie de Chine teint de pourpre qui indiquait son rang royal, un voile de soie à motifs jaunes et rouges (un rouge de murex et de garance), des chaussures de cuir de chevreau rouge ainsi que des bijoux (plaque-boucle, fibule et épingle) en or et argent ornés de grenats venus d'Inde, de Ceylan, de Bohême et du Portugal[5]. Elle portait ainsi un costume inspiré du style byzantin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tombe et restes humains de la reine Arégonde
  2. a et b Patrick Périn, « Quand l’archéologie découvre des reines mérovingiennes oubliées. Que sait-on de Wisigarde, Bathilde ou Arégonde ? », émission le Salon noir sur France Culture, 12 décembre 2012
  3. Georges Tessier, Le baptême de Clovis, éditions Gallimard, 1964, p. 320.
  4. Les dossiers de l'archéologie no 32, Bijoux et parures mérovingiens de la reine Arégonde, belle-fille de Clovis
  5. Archéologia no 467, Exposition des tombes mérovingiennes de Saint-Denis
Sarcophage de la reine Arégonde dans la basilique Saint-Denis.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paule Lejeune, Les reines de France, Vernal et P. Lebaud, Paris, 1989, (ISBN 2-86594-042-X), p. 29-30.
  • Patrick Périn, Pour une révision de la datation de la tombe d'Arégonde, épouse de Clotaire Ier, découverte en 1959 dans la Basilique de Saint-Denis, Archéologie médiévale, tome XXI, (p. 22-50) CNRS, Paris, 1991, (ISBN 2-222-04562-2).
  • Bulletin de Liaison de l'AFAM no 32 de 2008 article Nouvelles propositions pour la reconstitution du costume d'Arégonde.
  • Tombes mérovingiennes de la basilique de Saint-Denis, la science au service de l'archéologie, 2009, Musée d'archéologie nationale.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]