Jeanne II de Navarre

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Jeanne II
Jeanne II de Navarre (Livre d'heures de Jeanne de Navarre).
Jeanne II de Navarre (Livre d'heures de Jeanne de Navarre).
Titre
Reine de Navarre
1er février 13286 octobre 1349
&&&&&&&&&&&0791821 ans, 8 mois et 5 jours
En tandem avec Philippe III (1328-1343)
Couronnement 5 mars 1329, en la cathédrale de Pampelune
Prédécesseur Charles Ier
Successeur Charles II
Biographie
Dynastie Capétiens
Date de naissance 28 janvier 1311
Date de décès 6 octobre 1349 (à 38 ans)
Père Louis X de France
Mère Marguerite de Bourgogne
Conjoint Philippe III de Navarre
Enfant(s) Charles II Red crown.png
Blanche de Navarre
Philippe de Navarre

Jeanne II de Navarre
Monarques de Navarre
Carte de France et du sud de l'Angleterre en 1330 soulignant l'influence anglaise sur tout l'ouest de la France, notamment la route du sel entre la Bretagne et l'Angleterre.
Sphères d'influence et principaux axes commerciaux au royaume de France en 1330.
  •      Possessions de Jeanne de Navarre
  •      États pontificaux
  •      Territoires contrôlés par Édouard III
  •      Zone d'influence économique anglaise
  •      Zone d'influence culturelle française

Jeanne II de France, reine de Navarre, née le 28 janvier 1311 et morte le 6 octobre 1349, est la fille du roi de France et de Navarre Louis X le Hutin et de Marguerite de Bourgogne. Elle fut reine de Navarre de 1328 à 1349.

Biographie[modifier | modifier le code]

Suspicion de bâtardise et prémices de la Loi salique[modifier | modifier le code]

Jeanne II de Navarre a 4 ans à la mort de sa mère Marguerite de Bourgogne reine de France (1315), emprisonnée à Château-Gaillard. Son père Louis X de France remarié à Clémence de Hongrie décède en 1316 laissant un enfant posthume Jean Ier dit le Posthume qui ne vit que quelques jours. Elle est privée, sous prétexte d'une hypothétique illégitimité[1], de ses droits à la couronne de France, à la couronne de Navarre, au comté de Champagne et au comté de Brie.

Les états généraux de 1317 convoqués par Philippe de Poitiers statuent sur les droits de Jeanne à la couronne de France. Cumulant les inconvénients d'être mineure et de ne pouvoir défendre sa cause, d'être une fille et de pouvoir par mariage faire échoir le royaume de France en des mains étrangères, et de légitimité douteuse, ils concluent au « principe de masculinité » qui devient l'élément essentiel pour la succession au trône de France. Il profite à Philippe contre Jeanne dont les droits sont défendus par son oncle maternel Eudes IV de Bourgogne. L'argument de légitimité douteuse on le verra plus tard n'est pas retenu en droit puisque Jeanne sera indemnisée de la perte de son héritage paternel.

Objet des ambitions des grands feudataires, alors que Clémence de Hongrie est incapable d'assurer la régence, Jeanne est dans un premier temps confiée à la garde de la reine Marie de Brabant, veuve du roi Philippe III de France qui vit retirée dans son douaire à Mantes, puis au décès de celle-ci en 1321, Eudes IV de Bourgogne la soustrait du pouvoir royal afin de veiller à ses droits.

La loi salique en tant que telle ne sera pas redécouverte avant 1358, par un moine de Saint-Denis, l'historiographe chroniqueur Richard Lescot, sous Jean le Bon.

Eudes IV de Bourgogne conclut un arrangement avec le régent Philippe de Poitiers qui stipulait que si l'enfant posthume de Louis X de France est une fille, Jeanne devrait partager ses États de Champagne et de Brie avec sa demi-sœur. L'enfant est un garçon, le traité devint caduc.

Se faisant reconnaître roi, Philippe V de France fit main basse sur la Champagne et la Brie, lésant les droits de sa nièce Jeanne. Il prit la couronne de Navarre au motif que les Corte de Navarre refusaient la gouvernance d'une femme. Ils avaient chassé la régente Blanche d'Artois et sa fille Jeanne de Champagne après le décès accidentel de Thibault, fils d’Henri Ier de Navarre et n'avaient accepté les droits de la reine Jeanne de Champagne qu'à la condition expresse que la lieutenance serait assurée par Philippe IV de France. L'arrangement entre les Corte et Philippe III de France établissait que la couronne de Navarre irait au premier-né du couple. C'est sous cet argument de masculinité que Philippe V se coiffa de la couronne de Navarre.

Un nouveau traité en 1318 la priva de son héritage de Champagne contre indemnités d'un montant équivalent au revenu annuel du comté, au profit cette fois des enfants mâles à naître de Philippe V. Celui-ci n'eut que des filles. Le traité qui la fiançait dans le même temps à Philippe III d'Évreux, son cousin, devait être signé à la douzième année de Jeanne. La mort de Philippe V remettait une fois encore l'arrangement en question et lui permettait d'entrer en possession de ses biens puisqu'elle n'avait pas atteint sa douzième année.

Toutefois, Charles IV de France retint comme son frère Philippe V l'apanage de sa nièce. Avec le même argument de la masculinité concernant la Navarre il fut couronné roi de France et roi de Navarre en 1322. En 1323 Charles IV exigea un renouvellement du traité concernant la dévolution de la Champagne, augmenta la compensation financière, privant Jeanne définitivement cette fois d'une réclamation ultérieure sur la Champagne.

Elle épousa à Conflans en 1325 Philippe III d'Évreux. Les deux époux profitèrent du trépas de Charles IV pour porter en 1328 leur réclamation à Philippe VI de Valois. Ne pouvant se prévaloir de sa légitimité sur la Navarre au détriment de la lignée directe d’Henri Ier de Navarre, Philippe VI de Valois négocia avec Philippe III d'Evreux un nouveau traité qui rendit la Navarre à Jeanne, déclarant le fief tombé en quenouille[2]. Le principe de masculinité restant celui qui avait prévalu à l'acceptation de la suzeraineté française, les Navarrais acceptèrent la gouvernance de Philippe III d'Evreux et couronnèrent Jeanne II de Navarre.

Une lettre dans le Trésor des Chartes mentionne l'accord passé avec Philippe VI de Valois. Le traité stipule que la reine Jeanne II de Navarre et Philippe II de Navarre, comte d'Evreux, renonçaient pour toujours à la Champagne et conservaient l'indemnité de dédommagement fixée par Charles IV. Des lettres du roi et de la reine de Navarre confirmaient cet engagement en 1336[3].

Jeanne II de Navarre et son époux étant le plus souvent à Paris, ils nommèrent Henri de Sully, grand bouteiller de France, gouverneur de la Navarre, en 1329. À sa mort en 1336, Saladin d'Anglure le remplaça[4].

Le couple eut un fils Charles II de Navarre dit le mauvais qui n'accepta jamais d'avoir été dépouillé de la couronne de France, de la Champagne et de la Brie, en dépit des compensations que sa mère avait obtenues, sur le principe de la masculinité qui pourtant lui permettait de coiffer la couronne de Navarre.

Jeanne II de Navarre maria une de ses filles, Blanche, à Philippe VI de Valois qui était veuf de Jeanne de Bourgogne, sœur de Marguerite de Bourgogne.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Le 18 juin 1318, elle épouse Philippe III de Navarre, prince de sang royal français, fils de Louis de France (cousin de Louis X le Hutin) comte d'Évreux, et de Marguerite d'Artois. Mariée au château du Séjour du Roy à Charenton, elle y habite jusqu'à sa mort[5]. Ils eurent huit enfants :

Reine de Navarre[modifier | modifier le code]

Ses droits à la couronne de Navarre lui sont reconnus, en 1328, par le nouveau roi Philippe VI de Valois après la mort de ses deux oncles Philippe V le Long (1322) et Charles IV le Bel (1328), en échange de la renonciation de ses droits sur la couronne de France et de la reconnaissance définitive de l'abandon au domaine royal du comté de Champagne et de Brie. Elle reçut en compensation les comtés d’Angoulême et de Mortain. Enfin elle ne tarde pas à échanger le comté d'Angoulême contre des places dans le Vexin : Pontoise, Beaumont-sur-Oise et Asnières-sur-Oise.

Domaines et possessions[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa mère, Marguerite de Bourgogne, a été condamnée après avoir été reconnue coupable d'entretenir depuis 1311, des relations d'adultère avec le chevalier Philippe d’Aunay
  2. Recueil des anciennes lois françaises tome IV, page 363
  3. Les finances de la Champagne aux XIIIe et XIVe siècles - Bibliothèque de l'école des Chartes - André Lefèvre
  4. Béatrice Leroy - Les débuts de la dynastie d'Evreux en Navarre
  5. Jean Emmanuel Charles Nodier, La Seine et ses bords, p. 89.
  6. Marquis de Rochegude, Promenade dans toutes les rues de Paris, par arrondissement, Hachette et Cie, Paris, 1910.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]