Château de Langeais

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Château de Langeais
Image illustrative de l'article Château de Langeais
L'entrée du château (XVe siècle)
Période ou style Renaissance
Type Château de la Loire
Début construction Xe siècle
Propriétaire initial Foulques Nerra
Destination initiale Forteresse
Propriétaire actuel Institut de France
Destination actuelle Musée
Protection Classé MH (1922)
Site web [Site officiel Site officiel]
Coordonnées 47° 19′ 29″ N 0° 24′ 22″ E / 47.3248, 0.4061 ()47° 19′ 29″ Nord 0° 24′ 22″ Est / 47.3248, 0.4061 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Commune Langeais

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Langeais

Le château de Langeais, situé en Indre-et-Loire, était au départ une forteresse médiévale édifiée à la fin du Xe siècle par Foulques Nerra, sur un promontoire rocheux surplombant le val de Loire. Il fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction[modifier | modifier le code]

Foulque Nerra, comte d'Anjou entreprend durant son règne la construction de nombreux ouvrages de défense dont le château de Langeais.

Les Plantagenêts[modifier | modifier le code]

Sous la domination de la dynastie anglaise des Plantagenêts, le château est agrandi par Richard Cœur de Lion. Philippe Auguste le reconquiert en 1206, puis il est détruit par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans. Du bâtiment de cette époque subsiste une façade de la tour principale, appelée "donjon de Foulques Nerra".

Les rois de France[modifier | modifier le code]

Mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII.

En 1465, Louis XI ordonne la reconstruction du château, en contrebas des vestiges de l'ancien édifice ; les travaux seront menés sous la direction de Jean Bourré, trésorier de France et ami du roi, et Jean Briçonnet. Le château de Langeais sera achevé en 1469.

Très bien conservé et peu remanié, il est un bel exemple d'architecture de la fin de la période médiévale, caractérisé par son pont levis, ses hautes toitures, ses mâchicoulis, son chemin de ronde et ses cheminées monumentales finement sculptées ; Langeais est en fait à la charnière entre Moyen Âge et Renaissance, sa façade ouest, côté jardin, offrant un tout autre visage, marqué par des décorations de type renaissance.

L'événement le plus marquant de la vie du château est le mariage royal de Charles VIII avec Anne de Bretagne, célébré le 6 décembre 1491 à 7 heures du matin. La jeune duchesse n'avait alors que 14 ans et son mariage signe la fin de l'indépendance du Duché de Bretagne. La scène du mariage a été reconstituée pour la visite par le sculpteur Daniel Druet avec des mannequins de cire et un son et lumière.

Jusqu'au règne de Louis XIII, le domaine de Langeais reste la propriété de la couronne de France, qui le donne parfois à titre d'indemnisation ou de récompense. Il appartient ensuite à différentes familles.

Le château au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Laissés à l'abandon à la Révolution et au début du XIXe siècle, les bâtiments furent remis en état à partir de 1833 (avril 1839) par M. Baron, avoué à Paris[3]. Christophe Baron avait acquis le château de la famille Moisant pour 35000 francs, qui l'avait elle-même acquis du duc de Luynes par Charles-François Moisant en 1797 pour 170000 francs[4].

" Casimir Boisleve (maire depuis 1830) rêve d'une nouvelle mairie. En 1838, il a exposé au conseil municipal son projet d'acquisition du château qui est en vente depuis le décès de Mme Moisant, dernière propriétaire (...) : "Déjà plusieurs spéculateurs se sont présentés pour l'acheter et le démolir afin d'en vendre les matériaux" (...) Mais la dépense est importante et malgré les efforts de M. Boisleve le château trouve preneur en la personne de M.Baron dès avril 1839. le fleuron de Langeais est en piteux état. La municipalité, locataire partiel, a transformé la grande salle du bas en écurie pour les chevaux des gendarmes. Une autre partie est affectée à la l'auditoire de la justice de paix et à la prison cantonale. Les voisins occupent à leur guise caves et communs. Le parc est divisé en une soixantaine de parcelles consacrées aux arbres fruitiers et à la vigne"[5].

Les spéculateurs évoqués par le maire en 1838 sont probablement l'association de démolisseurs-récupérateurs de biens tristement célèbres sous l'appellation de "Bande Noire" - dont l'orléanais Pilté-Grenet - auteurs de la démolition quasi-complète et de la vente comme matériaux de construction, entre autres, des châteaux poitevins de Richelieu et de Bonnivet[6].

Le château et son jardin, vus depuis les restes de la forteresse du Xe siècle.
La salle de banquet.
Meubles et tapisseries de la chambre de parement.

Habité, restauré, remeublé, vidé...puis remeublé."

"M. Baron s'est plu à faire restaurer cette ancienne demeure seigneuriale avec une entente parfaite de l'architecture d'une imposante simplicité (...) il ne s'est pas contenté de restaurer avec un goût vraiment artistique (..) Emule du bon Du Sommerard, il a formé une sorte de musée."[7].

Trente ans après cette évocation le fils de Christophe Baron, pour régler des dettes importantes, vendit cette importante collection de 822 numéros [8].

Deux ans avant Mme Baron, propriétaire du château, donna au Musée des Beaux-Arts de Tours une grande réplique en bronze - fondue en 1839 sur les moules originaux - de la célèbre Diane Chasseresse de Houdon, une des plus célèbres sculptures du XVIIIe siècle, maintes fois reproduite[9].

Après la mort du fils Baron, le château est acquis le 28 juillet 1886 par le banquier et homme d'affaires mulhousien Jacques Siegfried - oncle d'André Siegfried - qui pendant 20 ans le restaure et le remeuble avant de le donner à l'Institut de France le 22 mars 1904 (acte Colin-Langeais).

Le château présente donc un ensemble attachant de salles meublées qui donnent une idée de l'ambiance d'un logis seigneurial à la fin du Moyen Âge.

Le château actuel[modifier | modifier le code]

Cet ensemble comprend quinze salles meublées et décorées dont la salle des Preux et sa collection unique de tapisseries des XVe et XVIe siècles; y sont notamment exposées sept pièces (sur neuf) de la célèbre tenture dite "des Preux"; (Aubusson ou Felletin, 1525 -1540) qui aurait été réalisée pour orner le château de Pierre Paien ou Payen, seigneur de Chauray (79) en Poitou, région où elle fut acquise en 1892 par Jacques Siegfried; c'est la série la plus complète connue à ce jour.

Deux pièces (4 m x 3,80 m) d'une autre série de neuf provenant du château auvergnat de Madic aux armes de Chabannes-Blanchefort sont exposées dans celui de Lapalisse (03), où six présentes à la Révolution y furent volées, puis retrouvées en 1880, replacées dans la demeure...où quatre d'entre elles furent volées le 1/11/1977.

Six pièces d'une autre tenture faite vers 1385 pour le duc de Jean de Berry dont elles portent les armes, sont exposées au musée des Cloîtres de New-York (don Rockfeller de 1947).


On y voit un pont-levis en parfait état de fonctionnement, un chemin de ronde avec mâchicoulis et un échafaudage médiéval avec ses engins de levage.

L'extérieur est également intéressant avec en particulier le belvédère sur la Loire et une série de petites cabanes perchée dans un immense cèdre du Liban.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Notice no PA00097795 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Claude Frégnac, "Merveilles des châteaux du Val de Loire", Hachette, 1964, p. 97 à 99
  4. Pierre Larousse, Revue universelle: recueil documentaire universel et illustré, Volume 14, 1904.
  5. Association des Amis du Vieux Langeais, "Les Faïences de Langeais" ( Tours, éditions de "La Nouvelle République du Centre- Ouest", 1992, p. 9 et 10 - archives personnelles).
  6. éléments conservés aux musées d'Orléans, Poitiers et Tours
  7. G. Touchard-Lafosse, "La Touraine historique, pittoresque et biographique", Tours, Lescene, 1856, p. 313 - archives pers.
  8. cf. le catalogue des "Objets d'art, de curiosité et d'ameublement provenant du château historique de Langeais dont la vente aura lieu à la Galerie Georges Petit, à Paris, du 13 au 18 décembre 1886 - archives pers.
  9. le marbre original, ayant appartenu à Catherine II de Russie, vendu 20 000 livres par les Soviets au magnat du pétrole Calouste Gulbenkian en 1930, est conservé à Lisbonne
    (réf. : Boris Lossky, ds "L'Indre-et- Loire, Richesses de France", Delmas, 1965, p. 143, catalogue du musée des Beaux-Arts de e Tours, et "Calouste Gulbenkian collectionneur", Fondation Gulbenkian, Lisbonne, 1969, p. 109 - archives pers.).

Langeais, album de 20 vues (cartes postales) détachables L.L (Paris, Lévy et Neurdein réunis, s.d. - archives pers.)UNIS? S.D.°

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Lorans, Edward Impey, Le donjon de Langeais (Indre-et-Loire) et son environnement. Étude historique et archéologique, p. 9-63, Bulletin Monumental, Année 1998, Volume 156, no 156-1, Société Française d'Archéologie Texte

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]