Château de Langeais

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Château de Langeais
Image illustrative de l'article Château de Langeais
L'entrée du château (XVe siècle).
Période ou style Médiéval, Renaissance
Type Château de la Loire
Début construction Fin Xe siècle
Propriétaire initial Foulques Nerra
Propriétaire actuel Institut de France
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1922, 1942)[1]
Site web www.chateau-de-langeais.com
Coordonnées 47° 19′ 29″ N 0° 24′ 22″ E / 47.3248, 0.406147° 19′ 29″ Nord 0° 24′ 22″ Est / 47.3248, 0.4061  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Touraine
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Commune Langeais

Géolocalisation sur la carte : Indre-et-Loire

(Voir situation sur carte : Indre-et-Loire)
Château de Langeais

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Langeais

Le château de Langeais, reconstruit par Louis XI en 1465, se dresse sur la commune éponyme dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre. Il a remplacé un premier château fort édifié à la fin du Xe siècle par Foulques Nerra.

Au titre des monuments historiques : le château fait l’objet d’un classement par arrêté du 13 mars 1922 ; la partie du parc du château autour des ruines jusqu'au pont, telle qu'elle figure en rouge sur le plan annexé à l'arrêté fait l’objet d’un classement par arrêté du 26 mai 1942[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Langeais est situé dans le département français d'Indre-et-Loire sur la commune de Langeais, sur un promontoire rocheux surplombant le val de Loire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château est bâti par Foulques Nerra, comte d'Anjou[Note 1].

Sous la domination de la dynastie anglaise des Plantagenêts, le château est agrandi par Richard Cœur de Lion. Philippe Auguste le reconquiert en 1206, puis il est détruit par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans. Du bâtiment de cette époque subsiste une façade de la tour principale, appelée « donjon de Foulques Nerra ».

En 1465 Louis XI ordonne la reconstruction du château, en contrebas des vestiges de l'ancien édifice ; les travaux seront menés sous la direction de Jean Bourré, trésorier de France et ami du roi, et Jean Briçonnet. Le château de Langeais sera achevé en 1469.

Mariage d'Anne de Bretagne avec Charles VIII.

L'événement le plus marquant de la vie du château est le mariage royal de Charles VIII avec Anne de Bretagne, célébré le 6 décembre 1491 à 7 heures du matin. La jeune duchesse n'avait alors que 14 ans et son mariage signe la fin de l'indépendance du Duché de Bretagne[Note 2].

Jusqu'au règne de Louis XIII, le domaine de Langeais reste la propriété de la couronne de France, qui le donne parfois à titre d'indemnisation ou de récompense. Il appartient ensuite à différentes familles.

Laissé à l'abandon à la Révolution et au début du XIXe siècle, les bâtiments furent remis en état à partir de 1833, puis en avril 1839 par Christophe Baron, avoué à Paris[3]. qui avait acquis le château de la famille Moisant pour 35 000 francs; celle-ci le possédait depuis son achat en 1797 par Charles-François Moisant au duc de Luynes pour 170 000 francs[4].

"Casimir Boisleve (maire depuis 1830) rêve d'une nouvelle mairie. En 1838, il a exposé au conseil municipal son projet d'acquisition du château qui est en vente depuis le décès de Mme Moisant, dernière propriétaire (...) : "Déjà plusieurs spéculateurs se sont présentés pour l'acheter et le démolir afin d'en vendre les matériaux" (...) Mais la dépense est importante et malgré les efforts de M. Boisleve le château trouve preneur en la personne de M. Baron dès avril 1839. le fleuron de Langeais est en piteux état. La municipalité, locataire partiel, a transformé la grande salle du bas en écurie pour les chevaux des gendarmes. Une autre partie est affectée à l'auditoire de la justice de paix et à la prison cantonale. Les voisins occupent à leur guise caves et communs. Le parc est divisé en une soixantaine de parcelles consacrées aux arbres fruitiers et à la vigne" [5].

Les spéculateurs évoqués par le maire en 1838 sont probablement le syndicat de démolisseurs-récupérateurs de biens connus sous l'appellation de « Bande Noire », dont l'orléanais Pilté-Grenet, auteurs de la démolition quasi-complète et de la vente comme matériaux de construction des châteaux poitevins de Richelieu et de Bonnivet[Note 3].

Habité, restauré, remeublé, vidé...puis remeublé."

Le château et son jardin, vus depuis les restes de la forteresse du Xe siècle.
La salle de banquet.
Meubles et tapisseries de la chambre de parement.

"'M. Baron s'est plu à faire restaurer cette ancienne demeure seigneuriale avec une entente parfaite de l'architecture d'une imposante simplicité (...) il ne s'est pas contenté de restaurer avec un goût vraiment artistique (..) Emule du bon Du Sommerard, il a formé une sorte de musée."[6].

Trente ans après le fils Baron, lourdement endetté, vendit l'importante collection paternelle en 822 numéros [7].

Deux ans avant Mme Baron avait donné au Musée des Beaux-Arts de Tours une grande réplique en bronze - fondue en 1839 sur les moules originaux - de la Diane Chasseresse de Houdon, une des plus célèbres sculptures du XVIIIe siècle et maintes fois reproduite[8].

A la mort du fils Baron, le château fut acquis le 28 juillet 1886 par le banquier et homme d'affaires mulhousien Jacques Siegfried, oncle d'André Siegfried, qui pendant 20 ans le restaurera et le remeublera avant de le donner à l'Institut de France le 22 mars 1904 (acte Colin-Langeais) - avec réserve d'usufruit pour ses héritiers ?


Dépôt d'archives d'Etat.

"Je revois le village se découper en grisaille sur un ciel d'automne, le château où s'entassent nos documents, les arbres du parc et les monceaux de feuilles mortesl. Car j'ai été repliée à Langeais, en septembre 1939, engagée comme traductrice-rédactrice au ministère des Affaires étrangères le jour de la déclaration de guerre (...). Les précieuses Archives diplomatiques, les services du blocus, ont quitté Paris en autobus(...). L'envahissement de ce petit village, dont les hommes sont sous les armes, est une curieuse expérience. Le château est gardé par nos huissiers. Je revois Melle Siegfried debout devant son manoir et je ressens comme autrefois la tombée de la nuit et du silence sur Langeais où nous avons vécu en attendant la guerre."

Elisabeth de Miribel (La liberté souffre violence, Plon, 1981, p .21).


Le château présente donc un ensemble attachant de salles meublées qui donnent une idée de l'ambiance d'un logis seigneurial à la fin du Moyen Âge.


Description[modifier | modifier le code]

Le château vu du jardin
Le mur restant de l'ancien donjon, et le jardin

Très bien conservé et peu remanié, le château de Langeais est un bel exemple d'architecture de la fin de la période médiévale, caractérisé par son pont-levis, ses hautes toitures, ses mâchicoulis, son chemin de ronde et ses cheminées monumentales finement sculptées ; Langeais est en fait à la charnière entre Moyen Âge et Renaissance, sa façade ouest, côté jardin, offrant un tout autre visage, marqué par des décorations de type renaissance.

Cet ensemble comprend quinze salles meublées et décorées dont la « salle des Preux » et sa collection unique de tapisseries des XVe et XVIe siècles ; y sont notamment exposées sept pièces (sur neuf) de la célèbre tenture ou suite "des Preux" (Aubusson ou Felletin, 1525-1540), qui aurait été réalisée pour Pierre Paien ou Payen, seigneur protestant de Chauray en Poitou; Jacques Siefgried l'acquit en 1892 à un médecin de Saint-Maixent-l'Ecole (79 - cf. la lettre d'un courtier ou intermédiaire local et les photographies montrant les tapisseries encore accrochées dans l'ex-"hôtel Chaurais").

La série de Langeais est la plus complète connue [Note 4].

L'extérieur est également intéressant avec en particulier le belvédère sur la Loire et une cabane perchée dans un immense cèdre du Liban.

Pour certains les deux murs en équerre qui se dressent derrière le château de Louis XI seraient les vestiges d'un domicilium transformé en donjon[9],[Note 5]. Celui-ci est équipé d'un échafaudage médiéval en bois avec ses engins de levage, dans le style de l'époque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il entreprendra durant son règne la construction de nombreux ouvrages de défense dont le château de Langeais.
  2. La scène du mariage a été reconstituée pour la visite par le sculpteur Daniel Druet avec des mannequins de cire et un son et lumière.
  3. Certains éléments sont conservés aux musées d'Orléans, de Poitiers et de Tours.
  4. Deux pièces 4 x 3,80 mètres d'une autre série de neuf provenant du château auvergnat de Madic aux armes Chabannes-Blanchefort sont exposées dans celui de La Palisse, où six présentes à la Révolution y furent volées, puis retrouvées en 1880, replacées dans la demeure et dont quatre d'entre elles furent volées le 1er novembre 1977. Six pièces d'une autre tenture faite vers 1385 pour le duc Jean de Berry dont elles portent les armes, sont exposées au musée des Cloîtres de New-York (don Rockfeller de 1947).
  5. Comme à Doué-la-Fontaine.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  3. Claude Frégnac, Merveilles des châteaux du Val de Loire, Hachette, 1964, p. 97-99.
  4. Pierre Larousse, Revue universelle: recueil documentaire universel et illustré, Volume 14, 1904.
  5. Association des Amis du Vieux Langeais, "Les Faïences de Langeais" ( Tours, éditions de "La Nouvelle République du Centre- Ouest", 1992, p. 9-10 - archives personnelles).
  6. G. Touchard-Lafosse, "La Touraine historique, pittoresque et biographique", Tours, Lescene, 1856, p. 313 - archives pers.
  7. cf. le catalogue des "Objets d'art, de curiosité et d'ameublement provenant du château historique de Langeais dont la vente aura lieu à la Galerie Georges Petit, à Paris, du 13 au 18 décembre 1886 - archives pers.
  8. le marbre original, ayant appartenu à Catherine II de Russie, vendu 20 000 livres par les « Soviets » au magnat du pétrole Calouste Gulbenkian en 1930, est conservé à Lisbonne
    (réf. : Boris Lossky, ds "L'Indre-et- Loire, Richesses de France", Delmas, 1965, p. 143, catalogue du musée des Beaux-Arts de e Tours, et "Calouste Gulbenkian collectionneur", Fondation Gulbenkian, Lisbonne, 1969, p. 109 - archives pers.).
  9. Jean-Pierre Panouillé, Les châteaux forts dans la France du Moyen Âge, Ouest France, 2007 (ISBN 978-2-7373-4424-4), p. 30.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Lorans, Edward Impey, Le donjon de Langeais (Indre-et-Loire) et son environnement. Étude historique et archéologique, p. 9-63, Bulletin Monumental, Année 1998, Volume 156, no 156-1, Société Française d'Archéologie Texte

Iconographie[modifier | modifier le code]

Langeais, album de 20 vues (cartes postales) détachables L.L (Paris, Lévy et Neurdein réunis, s.d. - archives pers.)UNIS? S.D.°

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]