Couvent des Jacobins (Rennes)

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Couvent des Jacobins
La façade ouest du couvent des Jacobins lors de la biennale d'art contemporain de 2008
La façade ouest du couvent des Jacobins lors de la biennale d'art contemporain de 2008
Présentation
Date de construction 1369
Destination initiale couvent
Destination actuelle futur centre de congrès
Protection Logo monument historique Classé MH (1991)[1],[2]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Subdivision administrative Ille-et-Vilaine
Localité Rennes
Localisation
Coordonnées 48° 06′ 55″ N 1° 40′ 52″ O / 48.11527778, -1.6811111148° 06′ 55″ Nord 1° 40′ 52″ Ouest / 48.11527778, -1.68111111  

Géolocalisation sur la carte : Bretagne

(Voir situation sur carte : Bretagne)
Couvent des Jacobins

Géolocalisation sur la carte : Rennes

(Voir situation sur carte : Rennes)
Couvent des Jacobins


Le couvent des Jacobins, nommé également ancien couvent de Bonne-Nouvelle[1], est un ancien édifice religieux et une ancienne caserne situé à Rennes. Il contient une abbatiale, un cloître et des bâtiments conventuels. L'édifice appartient aujourd'hui à Rennes Métropole qui a pour projet de le transformer en centre des congrès à l’horizon 2016.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le couvent se situe dans le quartier Centre, au nord du centre historique de la ville de Rennes.

Il se trouve à l’angle nord-ouest de la place Sainte-Anne, le long des rues d’Échange (au sud) et de Saint-Malo (à l’est). Cette dernière sépare le couvent de la Basilique Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Rennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant le couvent[modifier | modifier le code]

Les fouilles menées par l’INRAP en 2012 et 2013 ont confirmé l’importance du lieu à l'époque gallo-romaine. Les premières traces d'une occupation humaines découvertes datent du Ier siècle[3]. Les recherches permettent de retrouver sous le couvent la trace attendue de l’intersection du cardo maximus, rue principale de Condate, et d'une autre artère importante. À cette intersection est érigé un monument (un édicule ou une statue), qui deviendra, trois siècles plus tard, un temple[3]. Des traces de bâtiments de trois époques différentes sont retrouvées, ainsi que des objets du quotidien. Un glaive est également retrouvé sur place, confirmant la qualité martiale de la ville.

À la chute de l’empire romain, Rennes s’enferme dans ses remparts. Le lieu est alors hors des murs, et laissé à l'abandon du IVe siècle jusqu'au Moyen Âge[3].

Fondation et période médiévale[modifier | modifier le code]

Vue de la cour intérieure.

Le renouveau du site débute au XIVe siècle lorsque l'ordre des Frères Dominicains décide d'installer un couvent sur le site[3]. Un bourgeois de Rennes, Pierre Rouxel, serait à l'origine du couvent, par un don en 1367, mais le duc Jean IV capta le rôle du fondateur. Il en posa la première pierre.

Entre le XVe siècle et le XVIIIe siècle, le couvent est un important lieu d'inhumation. Les fouilles menées par l’INRAP mettent au jour près d'un millier de sépultures, parmi lesquelles plusieurs tombes prestigieuses notamment des sarcophages de plomb abritant les dépouilles de nobles et de personnalités rennaises[3].

Dans ce lieu, furent célébrées les fiançailles d'Anne de Bretagne et de Charles VIII en 1491[4]. Il faut signaler le rôle de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle qui fit du couvent un lieu de pèlerinage et de prédication. Ce tableau du XVe siècle représentant la Vierge est aujourd'hui visible dans la basilique Saint-Aubin Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de Rennes. En 1624, alors que sévit la peste, la ville de Rennes offre un vœu d'argent à Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. Cette maquette, dont il aurait existé une reproduction, a été fondue vers 1794. Le couvent connait le summum de son développement au XVIIe siècle ; il compte alors une soixantaine de religieux dominicains et est reconnu comme un centre de formation. La bibliothèque comptera jusqu'à 5 000 volumes. La suite correspond au déclin du couvent, jusqu'à sa fin à la Révolution.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1793, le bâtiment est affecté à l'armée qui le transforme en caserne, puis abrite le club sportif de la garnison de Rennes. L'armée vend ce monument en mai 2002 à Rennes Métropole[4].

L’ancien couvent de Bonne-Nouvelle est tout d’abord inscrit monument historique par arrêté du 12 septembre 1986 puis il est classé par arrêté du 14 mai 1991[1],[2].

Le couvent héberge la biennale d'art contemporain de Rennes en 2008[4] et en 2010[5].

Le centre des congrès[modifier | modifier le code]

Entre 2005 et 2009, les élus de la ville de Rennes puis ceux de Rennes Métropole[n. 1] réfléchissent à l'opportunité de la création d'un centre des congrès sur l'agglomération rennaise[6]. Après avoir étudié différentes implantations notamment le Palais Saint-Georges[7], les élus intercommunautaires choisissent le 18 juin 2009 le site du couvent des Jacobins.

En juillet 2010, l'équipe représentée par l'architecte Jean Guervilly est désignée pour la conception du centre. De novembre 2011 à mars 2013, une campagne de fouille intégrale du site est menée par l’INRAP. Un groupement d'entreprises mené par la société Sogea Construction est chargé en novembre 2013 de la réalisation des travaux du Centre des Congrès[8]. La livraison de l'équipement est prévue en 2016[9].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le bâtiment est bâti de façon classique pour un couvent : un cloître composé d’un jardin central entouré d’une galerie. Ce cloître permet l’accès à plusieurs pièces servant à la vie monacale : église abbatiale (au sud), salle capitulaire (à l’est), réfectoire (à l’ouest), etc. Moins courant est la présence d’une chapelle (la chapelle de Bonne-Nouvelle) dans l’angle sud-est du jardin du cloître ainsi qu’une galerie des enfeus dans la partie sud du cloître le long de l’église.

Deux cours bordent les côtés nord et l’ouest du bâtiment principal. Celles-ci sont fermés par un portail chacune. Au nord-ouest du terrain, on trouve le logis du prieur datant du XVIe siècle[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Rennes Métropole a obtenu la compétence de la construction et de la gestion d'un centre des congrès en juin 2007.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d « Notice no PA00090677 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b Notice no IA35023009, sur Glad, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne.
  3. a, b, c, d et e Ouest-France, « Une plongée dans l'Histoire au couvent des Jacobins - Rennes »,‎ 2013 (consulté le 9 juin 2013)
  4. a, b et c « Les Ateliers de Rennes, biennale d'art contemporain, le couvent des Jacobins »,‎ 2008 (consulté le 25 septembre 2008)
  5. « Les Ateliers de Rennes, programmation 2010, le couvent des Jacobins »,‎ 2010 (consulté le 7 mai 2010)
  6. Rennes Métropole, « Le calendrier du centre des congrès »,‎ 2010 (consulté le 18 décembre 2010)
  7. « Le futur centre de congrès prend enfin corps »,‎ 2007 (consulté le 18 décembre 2010)
  8. Le Moniteur, « Sogea construira le Centre des congrès de Rennes »,‎ 2013 (consulté le 20 novembre 2013)
  9. Ouest France, « Couvent des Jacobins : les élus disent oui à Jean Guervilly »,‎ 2010 (consulté le 18 décembre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Banéat, Le Vieux Rennes, Rennes, Plihon et Hommay,‎ 1911, p. 167-172 ; 502
  • Abbé Guillotin de Corson, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, chap. tome 3, p. 145-153