Alain III de Bretagne
| Alain III de Bretagne | |
| Titre | |
|---|---|
| Duc de Bretagne | |
| 1008 – 1040 | |
| Prédécesseur | Geoffroy Bérenger |
| Successeur | Conan II de Bretagne |
| Comte de Rennes | |
| 1008 – 1040 | |
| Prédécesseur | Geoffroi Ier |
| Successeur | Conan II |
| Biographie | |
| Titre complet | Duc de Bretagne |
| Date de naissance | 997 |
| Date de décès | 1040 |
| Lieu de décès | Nantes |
| Père | Geoffroy Béranger |
| Mère | Havoise de Normandie |
| Conjoint | Berthe |
| Enfants | Conan II de Bretagne Havoise de Bretagne, Geoffroy Grenonat (illégitime). |
| Héritier | Conan II de Bretagne |
| Duc de Bretagne | |
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Alain III dit Rebrit[1] (997- 1er octobre 1040), fils et successeur de Geoffroy Bérenger, comte de Rennes et duc de Bretagne, et d’Havoise de Normandie, fut duc de Bretagne de 1008 à 1040. Descendant d’Erispoë, il s’attribua parfois le titre de roi de Bretagne.
Sommaire |
Régence [modifier]
Âgé d'environ 11 ans à la mort de son père, sa mère Havoise de Normandie († 22 février 1034), exerce la régence[2] en s'appuyant sur les évêques; Gautier II de Nantes, l'oncle d'Alain Judicaël de Vannes, ainsi que sur l’archevêque Junguené de Dol-de-Bretagne.
Après l'agression du roi viking « Olaf » sur Dol-de-Bretagne en 1014[3], le duc Richard II de Normandie profite de la situation et repousse vers 1027-1030 la frontière avec la Bretagne de la Sélune au Couesnon. Il avait pris le contrôle de l'abbaye du Mont-Saint-Michel dès 1009 et l'abbé Maynard II s'était replier à l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon pour être remplacé par l'abbé Hildebert Ier, choisi par Richard II [4]
La minorité du duc est aussi marquée par une révolte paysanne qui selon la vita de Saint-Gildas écrite au XIe siècle oblige Felix, le moine de l'Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire qui avait été chargé par le duc Geoffroi Ier de Bretagne de recréer l'Abbaye Saint-Gildas de Rhuys de repartir précipitamment. Une révolte nobiliaire éclate également elle aurait été conduite par un certain « Judicaël fils de Cham » (Gleudennus Judicael Cham filius) que Arthur de la Borderie identifiait sans doute à tort avec l'évêque Judicaël de Vannes fils de Conan le Tort qui jouera jusqu'à sa mort un rôle important à le cour ducale[5].
Le jeune duc renouvelle la vieille alliance de Rennes avec les comtes de Blois en choisissant comme épouse Berthe de Blois[6] qui selon une tradition, aurait été enlevée pour son compte à son père par Alain Canhiart [7], avant d'accéder au pouvoir vers 1024/1025 et de réaffirmer la place des comtes de Rennes dans le royaume. Dans un actes des années 1013-1025 Alain et son frère Eudes qui semble exercer une corégence se qualifient pompeusement de « monarques des Bretons » (Britannorum monarchi) [8]
Règne [modifier]
Sous le règne d'Alain III l'autorité ducale se consolide. Le duc laisse 32 actes authentiques dont treize chartes six notices et onze actes privés rédigés par les abbayes bénéficiaires mais aussi à Rennes par l'archidiacre Moïse chancelier de l'église et membre de la cour ducale. C'est également sous le règne d'Alain III qu'apparaissent dans les actes ceux que l'historiographie qualifie d'ascendants des principales lignées de seigneurs du Rennais: Riwallon de Combourg, Mainguéné de La Guerche, Riwallon « le Vicaire » dont les descendants s'installent à Vitré, Brient Ier de Châteaubriant, Giron Ier de Châteaugiron et Alfred dont la descendance contrôle Fougères [9]
Alliance avec le Maine [modifier]
Alain III appuie le comte du Maine, Herbert Eveille-Chien [10] qui était en conflit avec la puissante famille de Bellême qui contrôlait l'évêché du Mans et avait fait construire sur le domaine comtale le château de Donneau. En 1027 Alain III qui participe à la coalition unissant le roi Henri Ier et le comte de Blois contre Foulques Nerra vient assiéger un second château construit par l'évêque à la Ferté-Bernard. Le château est pris mais une réconciliation sous l'égide de l'évêque Fulbert de Chartres met fin aux hostilités. Alain III intervient ensuite dans le sud du Maine pour libérer des chevaliers manceaux détenus en otages par Foulques Nerra. L'alliance avec le Maine perdurera avec le mariage vers 1045/1047 de Berthe la veuve d'Alain III avec Hugues IV du Maine le fils d'Herbert Eveille Chien[11].
Contrôle de Nantes [modifier]
Après un conflit assez confus en 1031 avec Alain Canhiart il se réconcilie avec lui. Il soutient ensuite l'évêque Gautier II de Nantes contre le comte Budic: en 1033, grâce aux négociations menées par Junguené, archevêque de Dol, le comté de Nantes abandonne son allégeance à Foulques Nerra et revient dans la fidélité des ducs de Bretagne [12].
Relations avec la Normandie [modifier]
En 1030 il entre en conflit avec son cousin, le duc Robert Ier de Normandie qui lance une expédition en Bretagne. Alain riposte dans l'Avranchin mais il est repoussé avec de lourdes pertes[13]. Leur oncle Robert le Danois archevêque de Rouen sert de médiateur lors d'une entrevue au Mont-Saint-Michel au cours de laquelle il doit lui prêter l'Hommage vassalique [14]. Robert, après leur réconciliation, lui confia la tutelle de son héritier Guillaume le Bâtard lors de son départ pour le pèlerinage de Jérusalem en 1034 [15]
Relations avec l'église [modifier]
Lors des troubles du début du règne le moine Félix avait quitté la Bretagne pour regagner son Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire mais l'abbé Gauzlin de Fleury le renvoie après lui avoir conféré la dignité abbatiale relever l'Abbaye Saint-Gildas de Rhuys et son prieuré de Locminé où il meurt en 1038. Un autre moine Teudon avait été désigné comme successeur à Maynard II à l'Abbaye Saint-Sauveur de Redon, un troisième moine nommé Thion échoue à réformer l'Abbaye Saint-Melaine de Rennes face à l'hostilité des membres de la « dynastie épiscopale » de la cité qui s'étaient accaparés cet établissement[16].
Alain III fonde avec son frère le prieré de Livré (1013 à 1022). Il fait des dons au prieuré de Gahard dépendant de l'abbaye de Marmoutiers (1015 à 1032) et donne même le tiers de l'église de Servon à Marmoutier (1015 à 1026). Il est présent lors de la formation du prieuré de Marcillé-Robert par son vassal Riwallon le Vicaire[17].
Entre 1024 et 1034, en 1032 selon la date traditionnelle[18] Alain III établit sa sœur Adèle ou Adella ( † 1067) qui était déjà religieuse comme abbesse, et lui donne « porcion de sa comté de Rennes laquelle il luy octoya, et à la requeste d'elle la fist consacrer et dédier en abbaye perpétuelle en l'honneur de Saint-Georges martyr »[19]. Le duchesse Havoise le comte Eudes et les principaux barons de Bretagne dont Alain Canhiart, le baron de Vitré les sires de Porhoët et de la Guerche ainsi que l'archevêque de Dol et neuf évêques bretons ratifient la donation ducale [20].
Constitution de l'apanage d'Eudes [modifier]
Après la mort de leur mère, Havoise, son frère Eudes « comte de Bretagne », revendique un large apanage dans les évêchés de Saint-Brieuc et Tréguier avec pour centres Lamballe et Guingamp. La médiation de Judicaël de Vannes ( † 1037) et de Robert de Normandie aboutit en 1035 à la constitution de l’apanage de Penthièvre pour Eudes qui en sera le premier comte. Son ambition le poussera rapidement à tenter d'étendre ses domaines vers l'est dans les évêchés de Saint-Malo et de Dol-de-Bretagne [21].
Fin de règne et mort [modifier]
Robert le Magnifique meurt en 1035 sur le chemin de retour de son pèlerinage, Alain III doit alors intervenir en Normandie en prétextant la protection des droits du futur roi d’Angleterre, Guillaume, menacés par la révolte d’une partie de la noblesse normande. En fait, il revendique le duché pour lui-même comme petit-fils du duc Richard Ier par sa mère. L'expédition est un échec. Il meurt pendant cette campagne, à Vimoutiers le 1er octobre 1040[22], victime d’un empoisonnement. Il est inhumé avec les premiers ducs de Normandie dans la salle capitulaire de l'Abbaye de la Trinité de Fécamp[23]
Union et descendance [modifier]
Marié en 1018 avec Berthe, fille du comte Eudes II de Blois, il a deux enfants :
- Conan, duc de Bretagne 1040 à 1066 sous le nom de Conan II,
- Havoise de Bretagne, qui épousera Hoël de Cornouaille, qui succèdera à Conan II en 1066 sur le trône de Bretagne.
D'une concubine inconnue, Alain III laisse également un fils illégitime :
- Geoffroy Grenonat c'est-à-dire: le Moustachu, comte de Rennes en 1066.
Références [modifier]
- Rebrit ou Roebre signifique Roue Breizh, roi breton, en vieux breton
- André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale XIe ‑ XIIIe siècle. Ouest-France Université Rennes (1987)(ISBN 2727200122) p. 37.
- identifié dans sa Saga avec le futur Olaf II de Norvège. Régis Boyer La Saga d'Olaf le Saint, (traduite et présentée par), Payot Paris ( 1987) (ISBN 2228132500), chapitre XVI p. 35
- Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac (sous la direction de) Breton et Normands au Moyen Âge. Rivalités, malentendus convergences Presses Universitaires de Rennes; Rennes (2008) (ISBN 9782753505636) p. 148
- André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre op.cit p. 37-38
- sa mère Havoise était normande et sa grand-mère Ermengarde angevine
- Arthur de la Borderie p. 8 André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre op.cit p. 38 estiment qu'il s'agit d'une « vision évidemment bien romanesque qu'aucune source ne vient étayer »
- Stéphane Morin Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle Presses Universitaires de Rennes & Société d'émulation des Côtes-d'Armor. Rennes 2010 (ISBN 9782753510128) p. 44.
- Michel Brand'Honneur Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes (XIe-XIIe siècles)' PUR Rennes (2001) (ISBN 2868475612) p. 145 .
- A. de La Borderie, Histoire de Bretagne, T. III, p. 7-8
- André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre p. 40 .
- Arthur de la Borderie op.cit, p. 10.
- André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre p. 41 .
- Arthur de la Borderie op.cit. p. 9.
- Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac op.cit p. 148
- André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre op.cit p. 224-225
- Recueil d'actes inédits des duces de Bretagne « Règne d'Alain III (1008-1040) » p. 3-28
- l'acte contenant les donations primitives n'est pas daté
- Pierre Le Baud Histoire de Bretagne ch. XXII p. 149
- Les Abbayes Bretonnes, ouvrage collectif publié par la Biennale des Abbayes Bretonnes B.A.B & Fayard (ISBN 8221301318) p. 269-278
- Stéphane Morin op.cit « Des Comtes de Bretagne aux comtés castraux de Richmond, de Tréguier et de Penthièvre » p. 186-210
- Société d’Émulation des Côtes du Nord: Année 1913 Tome LI p. 93 à 100 « Date de la mort d’Alain III »
- Arthur de la Borderie op.cit p. 13
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre La Bretagne féodale XIe ‑ XIIIe siècle. Ouest-France Université Rennes (1987)(ISBN 2727200122).
- Arthur de La Borderie Histoire de Bretagne, réédition Joseph Floch Imprimeur Éditeur à Mayenne (1975), tome troisième « Règne du duc Alain III (1008-1040) » p. 6-13.
- Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac Bretons et Normands au Moyen Âge Presses Universitaires de Rennes, Rennes 2008 (ISBN 9782753505636)
- Michel Brand'Honneur Manoirs et châteaux dans le comté de Rennes (XIe-XIIe siècles)' PUR Rennes (2001) (ISBN 2 86847 5612).
- Stéphane Morin Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle Presses Universitaires de Rennes & Société d'émulation des Côtes-d'Armor. Rennes 2010 (ISBN 9782753510128).