Galswinthe

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Galswinthe (Vers 545 - 568), est une princesse wisigothe, devenue reine des Francs par son mariage avec le roi de Neustrie Chilpéric Ier.

Sommaire

Biographie [modifier]

Elle est la fille d'Athanagild, roi des Wisigoths et de son épouse Goïswinthe, et la sœur aînée de Brunehilde (Brunehaut), autre reine des Francs[1].

En 564, elle épouse Chilpéric Ier, roi de Rouen, qui désirait une aussi noble alliance que celle de son frère Sigebert qui avait épousé sa sœur cadette, Brunehilde[2]. Galswinthe obtient de lui un douaire composé des cités de Bordeaux, Limoges, Cahors, Béarn et Bigorre. Elle lui apporte en dot de nombreux trésors et une alliance avec le roi Wisigoth. Ce mariage offre donc à Chilpéric une certaine tranquillité dans ses possessions d'Aquitaine.

Malheureusement, Chilpéric délaisse rapidement Galswinthe au profit de la servante Frédégonde. Ne pouvant la répudier au risque de perdre la dot, Chilpéric charge un esclave de l'étrangler quelques mois après la mort d'Athanagild[3].

Le poète italien Venance Fortunat compose à l'occasion de la mort de Galswinthe des vers qui comptent parmi les chefs-d'œuvre de la littérature mérovingienne. Un habile jeu littéraire lui permet d'assimiler Chilpéric au roi des Enfers Hadès en décrivant le convoi nuptial de Galswinthe sur le modèle du Rapt de Proserpine de Claudien[4].

La mort de Galswinthe déclenche une faide (vengeance privée) entre Chilpéric et ses descendants, d'une part, Sigebert et surtout Brunehilde, d'autre part, qui ne se terminera qu'avec l'exécution de Brunehilde par Clotaire II, fils de Chilpéric, en 613.

Le conflit est dans un premier temps éviter l'intervention du roi Gontran, frère de Chilpéric et Sigebert. Celui-ci force Chilpéric a céder le douaire de Galswinthe à la sœur et héritière Brunehilde. Mais Chilpéric n'accepte pas longtemps cet état de fait et cherche par tous les moyens à reprendre ses terres perdues.

Variantes du nom[5] [modifier]

L'évêque Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs, en latin, écrit son prénom Galsuintha[6] et Gailesuinda[7],[8]. L'italien Venance Fortunat dans son poème la nomme Gelesuinta[9].

L'orthographe originale de son prénom semble être Galswintha. Il signifie en gothique « Energique dans la foi ». Swinths, c'est énergique. Gal est issu de galaubjan, croire[10]. Les Anglais et les Hollandais l'écrivent encore ainsi.

Textes sur Galswinthe [modifier]

« Ce que voyant le roi Chilpéric demanda sa sœur Galswinthe bien qu'il eût déjà plusieurs épouses ; il fit promettre par les ambassadeurs qu'il délaisserait les autres pour peu qu'il méritât d'avoir une femme digne de lui et de souche royale. Le père, accueillant ces promesses, lui envoya sa fille comme il avait fait pour sa précédente avec de grandes richesses, car Galswinthe était plus âgée que Brunehilde. Lorsqu'elle fut arrivée chez le roi Chilpéric, elle fut accueillie avec beaucoup d'honneurs et associée à lui par le mariage. Il éprouvait aussi pour elle un grand amour, car elle avait apporté avec elle de grands trésors. Mais son amour pour Frédégonde qu'il avait eue auparavant comme femme provoqua entre eux un grand différent. Elle avait déjà été convertie à la foi catholique et ointe de chrême. Or comme elle se plaignait constamment au roi d'avoir à supporter des injures et de ne jouir auprès de lui d'aucune considération, elle demanda la permission de rentrer librement dans sa patrie en laissant les trésors qu'elle avait apportés avec elle. Le roi feignant de nier la chose, l'apaisa par de douces paroles. Finalement il la fit égorger par un esclave et on la trouva morte dans son lit. [...] Quant au roi, après avoir pleuré la morte, il reprit après quelques jours Frédégonde qu'il épousa [...]. »

— Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IV, 28, 592 - traduction Robert Latouche.

« [...] Quant aux cités de Bordeaux, Limoges, Cahors, Béarn et Bigorre que Galswinthe, sœur germaine de la dame Brunehilde, a acquises comme il est certain, tant à titre de dot que de morgengabe, c'est-à-dire de donation du matin, lorsqu'elle est venue en France, cités que l'on sait avoir été ensuite acquises par la dame Brunehilde en vertu d'un jugement du très glorieux roi Gontran et des Francs du vivant des rois Chilpéric et Sigebert [...]. »

— Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livre IX, 20, 592 - traduction Robert Latouche.

Galerie (le meurtre de Galswinthe) [modifier]

Articles connexes [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Christian Bouyer, Dictionnaire des Reines de France, Librairie Académique Perrin, 1992 ISBN 2-262-00789-6, p. 76
  2. Anne Bernet, « Ces drôles de Mérovingiens avec leur reine Frédégonde », Au cœur de l'histoire, émission d'Europe 1, le 15 février 2012.
  3. Liber Historiae Francorum, 31.
  4. Stéphane Gioanni, « La culture profane des dictatores chrétiens dans les chancelleries franques : l'élégie sur la mort de Galesvinthe de Venance Fortunat (carm. VI, 5) », dans Actes du IXe colloque international de Latin vulgaire - latin tardif (Lyon, 2-6 septembre 2009), sous la direction de F. Biville, M.-K. Lhommé et D. Vallat, Lyon, Maison de l'Orient (« série linguistique et philologique, n° 8 », CMO 49), 2012, p. 937-949.
  5. Il ne s'agit pas d'un "prénom", puisque Galswinthe n'a pas de nom de famille. Galswinthe est son nom.
  6. Texte latin du livre IV de Grégoire de Tours.
  7. Texte latin du livre IX de Grégoire de Tours.
  8. Frédéric Armand, Chilpéric Ier, La Louve éditions, 2008, p. 102, n. 14 : Armand précise que certains manuscrits donnent les variantes Gailesoinda, Galsuentha, Galsuenda, Gilsuenda, Galsuuinda, Galsuuenda, Galsuinta et Galesuinda.
  9. Venance Fortunat, Poèmes - Tome II, p. 60 : Certains manuscrits donnent les variantes Gelesuita, Gelesuintha, Ghelesuintha et Geleusina.
  10. Roger-Xavier Lantéri, Brunehilde, éditions Perrin, 1995, p. 351.