Kamala Harris

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Kamala Harris
Illustration.
Kamala Harris en 2017.
Fonctions
Sénatrice des États-Unis
En fonction depuis le
(2 ans, 4 mois et 20 jours)
Élection 8 novembre 2016
Circonscription Californie
Législature 115e et 116e
Prédécesseur Barbara Boxer
32e procureure générale de Californie

(6 ans)
Élection 2 novembre 2010
Réélection 4 novembre 2014
Gouverneur Jerry Brown
Prédécesseur Jerry Brown
Successeur Kathleen Keneally (intérim)
Xavier Becerra
Biographie
Nom de naissance Kamala Devi Harris
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Oakland (Californie, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Diplômée de Université Howard (BA)
École de droit Hastings de l'université de Californie (JD)
Religion Baptisme[1]

Kamala Harris
Procureurs généraux de Californie

Kamala Devi Harris, née le à Oakland (Californie), est une femme politique américaine, membre du Parti démocrate. Elle est procureure générale de Californie de 2011 à 2017 et sénatrice des États-Unis pour la Californie depuis 2017.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Kamala Harris étudie la science politique à l'université Howard de Washington et à l'École de droit Hastings de l'université de Californie et est reçue au barreau de Californie en 1990[2],[3].

Elle travaille comme adjointe au procureur de district du comté d'Alameda de 1990 à 1998[4]. Elle est soupçonnée d'avoir bénéficié, durant cette époque, de favoritisme de la part de Willie Brown, alors président de l'Assemblée de Californie, avec qui elle entretenait une relation et qui lui a offert deux postes hautement rémunérés[5]. Elle rejoint ensuite le bureau de San Francisco[6]. En 2003, elle est élue procureure du district de San Francisco[7].

Mandats de procureure générale de Californie[modifier | modifier le code]

En 2010, elle est élue procureure générale de Californie, et est réélue en 2014 pour un second mandat[8].

Elle ne s'est pas opposée à la peine de mort durant ses mandatures. Peu de temps après son entrée en fonction, la juge de la cour supérieure Anne-Christine Massullo l'accuse publiquement de violation des droits constitutionnels des prévenus[9]. Kamala Harris fait le choix de ne pas s'associer à la tentative de plusieurs États de faire retirer la marijuana de la liste des substances les plus dangereuses de la Drug Enforcement Administration (Administration pour le contrôle des drogues)[10]. Elle lance le programme dit « Back on Track », pour réduire la récidive des primo-délinquants non-violents condamnés pour des infractions à la loi sur les stupéfiants[11]. Par ailleurs, la cour d'appel critique Kamala Harris lorsque celle-ci décide de faire appel de l'annulation de condamnation du prévenu Johnny Baca, décidée par le juge californien H. A. Staley. Cette annulation découle de la révélation de la falsification de procès-verbal effectuée par le procureur Robert Murray, qui a contribué à la condamnation en question[12].

En tant que procureur de l'État, elle refuse de soutenir l'idée d'équiper de caméras-piétons chaque policier californien, mesure proposée afin de lutter contre les violences policières[13]. Elle s'est également prononcée contre un projet de loi demandant à son bureau d'enquêter sur des tirs de police mortels[14],[15]. Elle subit les attaques d'une partie des démocrates pour ne pas avoir engagé une procédure à l'encontre de Steven Mnuchin, patron de la banque OneWest, lorsqu'il fut accusé de ne pas avoir respecté les lois concernant les saisies[16]. Ce refus de Kamala Harris intervient après une recommandation du ministère de la Justice de Californie qui l'incitait à engager une procédure contre Mnuchin[17]. Elle s'attaque à la pratique dite du revenge porn durant ses mandatures[18]. Son action concernant le cas Georges Cage est contestée par des journalistes du New York Times, étant donné qu'elle a contribué à le maintenir en prison sans preuves du viol qu'il est accusé d'avoir commis[19].

Elle essuie également des critiques de certains commentateurs politiques pour avoir travaillé à ce que le prisonnier Daniel Larsen ne soit pas relâché, alors que de nombreux éléments de l'enquête laissent penser qu'il n'est pas coupable et qu'un juge fédéral le considère comme innocent[20],[21]. Sa gestion de l'affaire Daniel Larsen est critiquée par Jan Stiglitz, co-directeur du California Innocence Project après que l'inculpé, innocenté après 11 ans de prison, a été contraint de rester incarcéré 2 ans de plus malgré sa disculpation à la suite de l'annulation de la décision du juge par Kamala Harris[22]. Sa contribution à la fermeture du site internet « Backpage » est accusée de participer à rendre le quotidien des travailleurs/ travailleuses du sexe plus dangereux par des activistes de la cause de défense de ces travailleurs/ travailleuses[23]. Elle ordonne aux agents de probation de ne pas appliquer les restrictions liées à la résidence à l'encontre des délinquants sexuels[24].

Durant ses mandatures, son cabinet a payé pour parvenir à un accord d'entente, à la suite d'accusations de harcèlement contre Larry Wallace, un des bras droit de Kamala Harris[25]. Elle ne tente pas de poursuivre les directeurs de banques ayant contribué à la crise des saisies immobilières de 2008[26]. Elle a également cherché à empêcher une chirurgie de réaffectation sexuelle pour un détenu pénitentiaire transgenre durant son mandat[27]. Elle a refusé de défendre une loi californienne connue sous le nom de Proposition 8, visant à interdire le mariage homosexuel dans tout l'État[28].

Elle se voit également reprocher par certains journalistes de ne pas avoir travaillé à la lutte contre les injustices à l'encontre des personnes de couleur dans le système judiciaire ou ne pas avoir mené de réforme du système de justice criminelle[29],[26],[30]. Les avocats de son équipe s'opposent, sans succès, à la libération de prisonniers californiens condamnés pour des crimes et/ou délits non-violents, afin de les garder comme main-d'œuvre pour le travail public[31].

Sénatrice puis candidate à l'élection présidentielle[modifier | modifier le code]

En 2016, Kamala Harris se présente à l'élection sénatoriale pour succéder à Barbara Boxer qui ne se représente pas après 24 ans en fonction. Elle obtient le soutien du Parti démocrate de Californie en février[32]. Le 7 juin, elle arrive largement en tête de la primaire avec 39,9 % des voix[33], suivie par la représentante démocrate Loretta Sánchez (18,9 %) qu'elle affronte en novembre. Pour la première fois, aucun candidat républicain ne participe à l'élection sénatoriale[34] : Duf Sundheim, qui fait le meilleur score parmi les républicains, étant arrivé troisième avec 7,8 % des suffrages[33]. Notamment soutenue par Barack Obama et Joe Biden, Kamala Harris remporte l'élection avec plus de 62 % des voix[35] et l'emporte dans 54 des 58 comtés de l'État.

Durant sa campagne sénatoriale, elle reçoit des donations provenant de banques, d'industries pharmaceutiques et de télécommunication[36]. Au Sénat, elle se joint à Bernie Sanders comme l'un des soutien du projet de Medicare élargi à tous les Américains (Medicare for All Act of 2017) proposé par ce dernier au Sénat[36].

Dès le début de son mandat au Sénat, elle apparaît comme l'une des opposantes démocrates les plus déterminées aux décisions prises par l'administration Trump, suscitant des questions sur sa possible candidature aux primaires démocrates pour l'élection présidentielle de 2020[37],[38]. Des rumeurs ont également envisagé sa candidature au poste de vice-présidente en cas d'un ticket avec Joe Biden, qui serait le candidat à la présidence[39]. Le , elle annonce ne pas écarter la possibilité de se présenter à l'élection présidentielle[40] et au début du mois de décembre 2018, elle déclare : « pendant les vacances, je prendrai cette décision avec ma famille »[41].

À l'approche d'une possible candidature présidentielle, des reproches provenant de la gauche et accusant Harris de ne pas avoir suffisamment lutté dans sa carrière contre les violences policières se font entendre[42]. En mars 2018, Kamala Harris soutient les liens forts entre Israël et les États-Unis dans un congrès organisé par le lobby pro-israélien AIPAC[43].

Le 21 janvier 2019, elle annonce officiellement être candidate à l'investiture démocrate[44]. L'annonce de sa candidature entraîne une hausse forte et rapide des intentions de vote en sa faveur[45],[46],[47]. Elle publie par la suite deux autobiographies : The Truths We Hold: An American Journey et un livre pour enfants intitulé Superheroes Are Everywhere[48]. Elle est considérée comme proche de Barack Obama et des dirigeants du Parti démocrate[49],[50]. Sa sœur, Maya Harris, est l'une des principales conseillères d'Hillary Clinton lors de sa campagne présidentielle de 2016[51].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

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Environnement[modifier | modifier le code]

En septembre 2018, Harris et sept autres sénateurs et sénatrices, parrainent la Loi sur la divulgation des risques liés au changement climatique, un projet de loi écrit par Elizabeth Warren, comme utilisant « les formes du marché pour accélérer la transition des combustibles fossiles vers des énergies plus propres - réduisant ainsi les risques d'un problème environnemental et financié catastrophique, sans dépenser l'argent des contribuables »[52]. Harris a déclaré que son objectif serait de produire 100% de l'électricité provenant des États-Unis à partir de sources d'énergie renouvelables. Elle soutient le Green New Deal, rendu populaire par la députée Alexandria Ocasio-Cortez car « le changement climatique est une réalité qui nous menace tous »[53].

Armes à feu[modifier | modifier le code]

En réponse à la fusillade de 2017 à Las Vegas, Harris a appelé à plus de contrôle des armes à feu. Disant que les pensées et prières (en) sont des réponses insuffisantes à la fusillade, elle déclare « ... nous devons aussi nous engager à agir. Un autre moment de silence, ne suffira pas »[54],[55].

Soins de santé[modifier | modifier le code]

Le 30 août 2017, Harris annonce devant une mairie d'Oakland, qu'elle co-parrainerait le projet de loi « Medicare for All » du sénateur Bernie Sanders, qui soutient un système de santé universel (à payeur unique)[56].

Immigration[modifier | modifier le code]

Harris a exprimé son soutien pour la politique de la ville sanctuaire de San Francisco[57]. Elle considère qu'il est important que les immigrants puissent dialoguer sans crainte, avec les forces de l'ordre[58].

Droits des personnes LGBT[modifier | modifier le code]

Pendant son mandat en tant que procureure générale de Californie, Harris a refusé de défendre devant un tribunal, l'interdiction du mariage entre personnes de même sexe. Elle a soutenu les directives de l'administration Obama en faveur des étudiants transgenres. En tant que membre du Sénat américain, elle a co-parrainé la Loi sur l'égalité[59].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Religious affiliation of members of 116th Congress », sur pewforum.org, (consulté le 20 février 2019).
  2. Nadra Kareem Nittle Nadra Kareem Nittle has written about education et race, « This Groundbreaking Senator Has Been Called the Female Barack Obama », sur ThoughtCo (consulté le 31 janvier 2019).
  3. « Qui est Kamala Harris, la candidate démocrate qui compte bien détrôner Donald Trump? », sur Moustique.be, (consulté le 7 février 2019).
  4. « U.S. Senate: Kamala D. Harris », sur senate.gov (consulté le 31 janvier 2019).
  5. (en) « The San Francisco ghosts in Kamala Harris' past », sur Washington Examiner, (consulté le 31 janvier 2019).
  6. (en) « HARRIS, Kamala Devi, (1964-) », sur Biographical Directory of the United States Congress (consulté le 5 janvier 2017).
  7. Michael Finnegan, « Kamala Harris was shaped by the crucible of San Francisco politics », sur latimes.com (consulté le 31 janvier 2019).
  8. (en) « Kamala Harris | Biography & Facts », sur Encyclopædia Britannica (consulté le 31 janvier 2019).
  9. Jaxon Van Derbeken, « Judge rips Harris' office for hiding problems », sur SFGate, (consulté le 31 janvier 2019).
  10. (en) « The Two Faces of Kamala Harris », sur jacobinmag.com (consulté le 30 janvier 2019).
  11. (en) « How Kamala Harris could radically transform America's criminal justice system », sur The Independent, (consulté le 5 février 2019).
  12. (en) « California Prosecutor Falsifies Transcript of Confession », sur Observer, (consulté le 31 janvier 2019).
  13. Maeve Reston and Kyung Lah CNN, « Kamala Harris takes hits on her criminal justice record », sur CNN (consulté le 31 janvier 2019).
  14. (en) « Kamala Harris takes measured approach to probing SF cop shootings - SFChronicle.com », sur www.sfchronicle.com, (consulté le 30 janvier 2019).
  15. Phil Willon, « Kamala Harris should take bolder action on police shootings, civil rights advocates say », sur latimes.com (consulté le 30 janvier 2019).
  16. (en) Alex Roarty et Christopher Cadelago, « Progressives begin 2020 dissection of Kamala Harris », The Sacramento Bee,‎ (ISSN 0890-5738, lire en ligne, consulté le 31 janvier 2019).
  17. Carmin Chappell, « Kamala Harris has complicated history with Wall Street », sur www.cnbc.com, (consulté le 7 février 2019).
  18. (en) Nancy Scola, « Kamala Harris’ Crusade Against ‘Revenge Porn’ », sur POLITICO Magazine (consulté le 5 février 2019).
  19. (en) Lara Bazelon, « Opinion | Kamala Harris Was Not a ‘Progressive Prosecutor’ », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 31 janvier 2019).
  20. (en) « Kamala Harris may not be as progressive as she claims », sur Sonoma State Star - The university's student-run newspaper (consulté le 31 janvier 2019).
  21. Sahil Habibi, « Kamala Harris Record Proves She Is Not A Progressive In Any Sense Of The Word », sur Medium, (consulté le 31 janvier 2019).
  22. (en) Kathleen Miles, « Daniel Larsen, Found Innocent By Federal Judge, Has Been In Prison For 13 Years », Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2019).
  23. (en) Melissa Petro, « Will the Backpage Shutdown Make Sex Workers Less Safe? », sur Esquire, (consulté le 30 janvier 2019).
  24. (en) « AG Harris Orders CDCR Not to Enforce Jessica's Law », sur Jim Nielsen, (consulté le 30 janvier 2019).
  25. (en) « Guest editorial: Kamala Harris must answer tough questions about her past », sur Ventura County Star (consulté le 31 janvier 2019).
  26. a et b CharingBall, « Is Kamala Harris Really A Progressive “For The People?” », sur MadameNoire, (consulté le 31 janvier 2019).
  27. (en) « Harris seeks to block gender reassignment for trans inmate », sur Washington Blade: Gay News, Politics, LGBT Rights, (consulté le 30 janvier 2019).
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  30. (en) « Subscribe to read », sur Financial Times (consulté le 31 janvier 2019).
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  50. admin, « Kamala Harris: de Montréal à la Maison-Blanche », sur Métro (consulté le 21 janvier 2019).
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  56. (en-US) Astead W. Herndon, « Kamala Harris Declares Candidacy, Evoking King and Joining Diverse Field », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 19 avril 2019)
  57. (en-US) Jesse McKinley, « Immigrant Protection Rules Draw Fire », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 19 avril 2019)
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  59. (en-US) « Kamala Harris rises as LGBT favorite for 2020 — there's just one thing », sur Washington Blade: Gay News, Politics, LGBT Rights, (consulté le 19 avril 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]