Baptisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le baptisme est un courant chrétien évangélique issu d'un réveil démarré par les pasteurs anglais John Smyth en Hollande en 1609, puis Thomas Helwys en Angleterre en 1612. Ce mouvement se caractérise par l'importance donnée à la Bible, à la nouvelle naissance, au baptême adulte en tant que témoignage volontaire, un esprit missionnaire, un engagement moral de vie ainsi que par l’autonomie locale des églises, la séparation de l’Église et de l’État, et finalement l’autorité de la congrégation (congrégationalisme). Selon les chiffres du Pew Research Center, en 2011, le mouvement recense 72 millions de croyants[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le baptisme commence avec le pasteur anglais John Smyth, un ancien prêtre anglican qui aspire à un retour à la foi biblique[1]. Smyth a été ordonné comme prêtre anglican en 1594 en Angleterre. Peu de temps après son ordination, il souhaite opérer un retour à la foi de l'église primitive. En raison de ses convictions partagés avec les puritains et congrégationalistes, il rompt avec l'église anglicane et s'exile en 1607 pour la Hollande avec d'autres croyants qui ont les mêmes positions bibliques[2]. En 1609, année considérée comme la fondation du mouvement, il baptise 36 croyants[3]. Thomas Helwys fonde la première église baptiste générale d’Angleterre à Spitalfields, à l’est de Londres en 1612 [4]. Cette même année, il publie Une courte déclaration sur le Mystère de l'iniquité, une critique du brownisme, du puritanisme et de la papauté [5]. Cet ouvrage est un des premiers plaidoyers pour la liberté religieuse en Angleterre et au Pays de Galles. Helwys l’envoie au roi Jacques Ier d'Angleterre en lui rappelant qu'il était lui aussi mortel, « poussière et cendres » comme le reste d'entre nous, sans aucun pouvoir sur les âmes immortelles de ses sujets. Le roi réagit en l'envoyant en prison, où il demeura jusqu'à sa mort, en 1616[6].

Portrait[modifier | modifier le code]

Les Églises baptistes insistent sur :

  • l’autorité de l’Écriture comme seule base de leur foi ;
  • la conversion personnelle ;
  • le témoignage (tout en respectant la liberté de conscience pour chacun) ;
  • l’autonomie des Églises locales.

On note l'existence de quatre groupes distincts :

Le baptisme dans le monde[modifier | modifier le code]

En 2011, le baptisme compte 72 millions de personnes[réf. nécessaire]. Une certaine proportion des baptistes dans le monde est regroupée dans l'Alliance baptiste mondiale [7].

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

La plus importante communauté baptiste se trouve aux États-Unis, avec 38,8 millions de pratiquants (et une communauté d'une cinquantaine de millions de personnes). Aux États-Unis, un chrétien sur cinq est un membre d'une église baptiste. Comme d'autres dénominations protestantes blanches américaines, les baptistes du Nord et du Sud se sont opposés sur le sujet de l'esclavage et ont scindé leurs organisations en 1845, les baptistes du Sud étant esclavagistes, les baptistes du Nord étant abolitionnistes. Aujourd'hui la Convention baptiste du Sud (Southern Baptist Convention), très conservatrice, est la communauté protestante la plus importante d'Amérique, et la deuxième confession chrétienne du pays après l'Église catholique. La foi baptiste a historiquement joué un rôle important dans la culture du Sud. C'est par ailleurs la confession majoritaire chez les Afro-Américains qui comptent des dénominations baptistes noires propres (La National Baptist Convention : 31 000 paroisses et 7.5 millions de fidèles ; La National Baptist Convention of America : 6 700 paroisses et 3.5 millions de fidèles) . L'American Baptist Church USA (les baptistes du Nord), 5400 paroisses et 1 300 000 adhérents, est libérale. Martin Luther King appartenait à la Progressive National Baptist Convention qui, depuis 1970, a rejoint la Convention baptiste du Nord - Northern Baptist Convention - (Nom de l'American Baptist Church USA avant 1972).

Au Canada[modifier | modifier le code]

Au Canada, la première Église protestante francophone d'Amérique du Nord est fondée vers 1830 par Henriette Feller, une veuve qui quitte sa vie bourgeoise en Suisse pour le Bas-Canada. Elle reçoit l'autorisation exceptionnelle des autorités de Lausanne de voyager seule. Après une escale au port de New York, elle rejoint Montréal mais l'opposition catholique y est très forte. Elle se déplace de cinquante kilomètres vers l'Est. C'est dans la bourgade agricole de Saint-Blaise qu'elle s'établira pour enseigner les matières scolaires aux enfants pauvres des fermiers avec le soutien matériel d'un propriétaire de la région. Elle reçoit l'aide d'un jeune pasteur de vingt-trois ans, Louis Roussy, originaire lui aussi de Suisse. Les nouveaux croyants de la région sont l'objet d'intimidations par des habitants qui lient la religion protestante à l'occupation britannique. Leurs maisons sont parfois vandalisées. Des persécutions les obligent à se réfugier pour un temps aux États-Unis. Ils reviennent après la fin des révoltes contre le pouvoir britannique qui culminent en 1837. Au début une maison-école très modeste, elle prendra de l'ampleur pour devenir l'Institut Feller qui œuvrera jusque dans les années 1960 et dont la renommée s'étendra. On retrouve plusieurs conventions batistes au pays. Par exemple, au Québec, il y a notamment, l'Association d'Églises Baptistes Évangéliques au Québec, l'Union des Églises baptistes francophone du Canada et l'Association d'Églises réformées baptistes du Québec[8].

En France[modifier | modifier le code]

En France, parmi les premières Églises baptistes, la plupart ont été créées au début du XIXe siècle dans le nord de la France (région de Douai).

La famille baptiste compte actuellement une communauté de plus de 40 000 membres réunis dans plus de 250 assemblées de type protestant évangélique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conseil Œcuménique des Églises, Églises baptistes, Site web officiel, Suisse, consulté le 21 aout 2016
  2. Jean Séguy, Encyclopædia Universalis, BAPTISME, Site web officiel, France, consulté le 21 aout 2016
  3. Winthrop S. Hudson, Encyclopédie Britannica, Baptist, Site web officiel, Angleterre, consulté le 21 aout 2016
  4. Bernard ROUSSEL, Encyclopædia Universalis, HELWYS THOMAS, Site web officiel, France, consulté le 21 aout 2016
  5. Stephen R. Holmes, "Baptist Theology", Éditions A&C Black, Angleterre, 2012, pages 112-120
  6. Encyclopédie Britannica, THOMAS HELWYS, Site web officiel, Angleterre, consulté le 21 aout 2016
  7. Baptist World Alliance, Statistics , Site web officiel, USA, consulté le 21 août 2016
  8. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bill J. Leonard, Baptists in America, Columbia University Press, New York, 2005, 316 p. (ISBN 0-231-12702-2)
  • (en) Stephen Wright, The early English Baptists, 1603-1649, Woodbridge, Boydell Press, 2006, 278 p. (ISBN 1-84383-195-3)
  • (fr) Sébastien Fath, Les baptistes en France (1810-1950) : faits, dates et documents, Cléon d'Andran, Excelsis, 2002, 205 p. (ISBN 2-914144-45-8)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :