Parti démocrate (États-Unis)

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Parti démocrate
(en) Democratic Party
Image illustrative de l'article Parti démocrate (États-Unis)
Logo officiel
Présentation
Président Debbie Wasserman Schultz
Fondation 1828 (moderne)
1792 (historique)
Siège 430 South Capitol Street SE
Washington, D.C. 20003
Drapeau des États-Unis États-Unis
Positionnement Centre gauche[1] - Gauche[réf. nécessaire]
Idéologie Social-libéralisme[2]
Progressisme[3]
Affiliation internationale Alliance progressiste[4]
Adhérents 42 468 708 (avril 2014)[5]
Couleurs Bleu (officieux)
Site web http://www.democrats.org
Présidents de groupe
Sénat Harry Reid
Chambre des représentants Nancy Pelosi
Représentation
Sénateurs
44 / 100
Représentants
188 / 435
Gouverneurs
18 / 50
L'âne, l'ancien logo du Parti démocrate.

Le Parti démocrate est un parti politique américain qui s'oppose dans le système bipartite au Parti républicain. Il est l'une des plus grosses organisations politiques mondiales (72 millions d'inscrits pour les primaires en 2004).

Le Parti démocrate conçoit la société comme une union des communautés de citoyens. Il veut assurer la protection égale de leurs droits particuliers, notamment pour les moins puissants. Il est donc traditionnellement la « grande tente » dans laquelle les minorités se retrouvent[6], qu'elles soient ethniques (Afro-Américains depuis le New Deal, Hispaniques), religieuses (catholiques, musulmans et juifs) ou sociologiques (intellectuels, artistes). Son principal adversaire, le Parti républicain, est considéré a contrario comme un parti White Anglo-Saxon Protestant visant à imposer la force de l'Union par le respect des valeurs centrales qui permettent la réussite des meilleurs, proche des milieux d'affaires et financiers, soutenu par les professions libérales et les entrepreneurs.

Le Parti démocrate est issu de la scission du Parti républicain-démocrate fondé par Thomas Jefferson en 1798. Doyen des partis américains, c'est à l'origine un parti anti-fédéraliste défendant la liberté des États face au pouvoir fédéral, et celle des propriétaires individuels face aux intérêts bancaires et industriels. Il évolue nationalement vers une vision moins conservatrice[7] et moins méfiante du pouvoir fédéral dès les années 1890, et plus nettement dans les années 1930 avec le New Deal du président Franklin Delano Roosevelt, en valorisant le rôle de l'État dans la protection des minorités. Dans les années 1960 et 70, il s'inscrit à gauche sous l'impulsion des sénateurs Hubert Humphrey, George McGovern ou Edward Moore Kennedy, avant de se replacer vers le centre sous les mandats de Jimmy Carter et Bill Clinton.

À l'échelle internationale, le Parti démocrate est, depuis 2013, membre de l'Alliance progressiste qui regroupe l'ensemble des partis politiques progressistes, sociaux-démocrates et socialistes proche de l'Internationale socialiste.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le parti du peuple et des États (1793-1860)[modifier | modifier le code]

Le parti de Jefferson : droit des États et de l'individu[modifier | modifier le code]

L'ancêtre de l'actuel parti démocrate est le parti républicain-démocrate de Thomas Jefferson et James Madison qui s'était constitué entre 1793 et 1798 face au parti fédéraliste de George Washington et de John Adams.

Le débat entre partisans d'une unité centralisée (fédéraliste) et partisans du droit des États et de l'individu marque les premières années des États-Unis. Les fédéralistes sont dirigés par Adams, puritain, anglophile, soutenu par la bourgeoisie du nord qui s'inquiète des désordres populaires. Les démocrates-républicains défendent l'idéal jeffersonien d'un peuple de petits propriétaires indépendants et égaux. Proche des valeurs de la Révolution française, ce parti refuse qu'une élite urbaine financière limite leurs particularismes et leur droit à l'expansion (conquête de l'Ouest, libre commerce). Cela conduit le parti à s'opposer aux taxes fédérales et à une banque centrale contrôlant la monnaie, ce qui en fait un partisan du libéralisme en économie. Le parti s'affiche contre les empiètements de l'État fédéral. Indirectement, en refusant une loi fédérale abolissant l'esclavage, il soutient l'« institution particulière », ce qui le rend très populaire dans l'électorat du Sud (qui exporte le coton et est donc favorable à des droits de douanes faibles).

Avec la victoire à la présidence de Jefferson en 1800, l'achat de la Louisiane qui double les terres ouvertes aux fermiers pour la « poursuite du bonheur », et la fin de la guerre de 1812 contre la Grande-Bretagne qui assure la liberté du commerce et rend possible la doctrine Monroe (« l'Amérique aux Américains »), les démocrates-républicains prennent durablement le pouvoir. La régionalisation puis la disparition du parti fédéraliste, permet au parti démocrate d'être, pendant une trentaine d'années, le seul parti politique national d'importance des États-Unis (1795/1825). Il est alors dirigé par de grands propriétaires virginiens, Madison et Monroe succédant à Jefferson à la présidence.

Les Démocrates Jacksoniens : un populisme conquérant[modifier | modifier le code]

Le parti Républicain-démocrate se divise vers 1825. La montée électorale du représentant des fermiers de l'Ouest, le populiste Andrew Jackson, provoque l'inquiétude des élites virginiennes et puritaines qui finissent par lui préférer le fils de John Adams, John Quincy Adams qui crée le parti national-républicain. Cette scission entraîne un changement de nom du parti de Jackson, qui prend rapidement le nom de Parti démocrate. Adams étant connu pour son antiesclavagisme, Jackson reçoit le soutien du Sud grâce au sénateur Calhoun, important porte parole des états esclavagistes, théoricien du droit de « nullification » des lois fédérales par les états locaux. Jackson en outre, par son opposition populiste à l'élite Wasp, attire les fermiers de l'ouest et les nouveaux arrivants, en particulier catholiques (Irlandais puis Italiens). Le parti démocrate les fédère autour de la machine politique à New York que domine Van Buren un descendant de Hollandais qui a le soutien des locofocos (démocrates qui défendent les classes populaires). Cette coalition permet la victoire de Jackson à la présidentielle de 1829. Le peuple envahit la maison blanche et la fonction publique est contrôlée par les démocrates de la fonction publique (spoils system).

De 1833 à 1856, le parti de Jackson est principalement opposé au Parti whig. Ce parti, issu des partisans d'Adams, reconstitue un certain idéal fédéraliste, représente les milieux d'affaires du nord du pays voulant une économie de marché moderne, axée sur l'éducation morale, des droits de douane protégeant l'industrie et une banque centrale stabilisant la monnaie. Pour les Whigs, le commerce et les infrastructures ont plus de poids que la main-d'œuvre et la possession de terres. Ils reprochent à Jackson son autoritarisme et son populisme. Le parti de Jackson a une implantation sociale et géographique éloignée des élites urbaines: les migrants, les colons de l'ouest, le sud esclavagiste et les minorités new-yorkaises ou bostoniennes se reconnaissent dans le populisme de Jackson ou l'autorité de Polk. Les chefs du parti conduisent une politique clientéliste, ouvrant de nouvelles terres à la conquête, politique annexionniste vis-à-vis des indiens, de la frontière canadienne et du Mexique (Polk). Mais le parti ne parvient ni à juguler la crise économique de 1837, liée à leur politique financière, ni, surtout à trouver un compromis durable sur l'esclavage dans les terres conquises : les Démocrates du Nord (dont Van Buren) y sont hostiles, alors que l'extension est essentielle pour ceux du Sud qui se reconnaissent dans l'argumentation quasi sécessionniste de Calhoun qui finit par entrer en conflit avec Jackson et Polk.

Un parti dominé par la composante sudiste et conservatrice (1860-1880)[modifier | modifier le code]

Le parti de la sécession[modifier | modifier le code]

Le Democratic National Committee (DNC) est structuré en 1848 pour tenter de conserver l'unité du parti, difficile à maintenir. Même si le parti adverse whig est lui aussi divisé et moribond à cause de ses ambiguïtés sur les annexions et sur la question esclavagiste, les présidents démocrates ne parviennent ni à maintenir ni à trouver un compromis sur la question de l'esclavage : l'ancien président Van Buren crée un parti antiesclavagiste, Fillmore partisan du retour à un compromis Nord/Sud perd le soutien des sudistes de son parti, et son successeur Buchanan plus favorable à l'extension de l'esclavage, ne peut empêcher la rupture entre pro et antiesclavagistes, à la fin des années 1850. Le parti se divise. Devant la crise des deux grands partis, se crée le parti républicain composé d'antiesclavagistes des deux bords. Lors de l'élection présidentielle de 1860, le parti démocrate ne peut se mettre d'accord sur un candidat et se divise entre démocrates du Nord (candidat Stephen A. Douglas modéré) et démocrates du Sud (John Cabell Breckinridge esclavagiste). Cette division face au candidat Whig affaibli et surtout au parti républicain qui présente Abraham Lincoln permet à celui-ci d'être élu alors qu'il est minoritaire en voix.

La défaite démocrate entraîne la sécession des États et des élus du Sud qui font du démocrate esclavagiste Jefferson Davis leur nouveau président. La Guerre de Sécession dure jusqu'en 1865, année de la victoire des Nordistes. Les démocrates du nord se divisent entre les pacifistes Copperheads et quelques unionistes qui rejoignent Lincoln (ainsi Andrew Johnson, seul sénateur démocrate antisécessionniste, colistier pour sa réélection). À la fin de la guerre les États rebelles sont privés du droit de vote lors des premières années de la période de la reconstruction après la guerre de Sécession. Privé du « solide Sud » le parti démocrate est laminé par les Républicains. Après l'assassinat de Lincoln, le démocrate Johnson devient président mais, isolé face à la majorité républicaine et considéré comme un traitre par les sudistes, il échappe de peu à une procédure d'impeachment. Dès 1868, la présidence revient pour de longues années aux républicains, les démocrates ne présentant pas vraiment de candidat en 1872 (soutien à Horace Greeley).

Le parti des oppositions à la « reconstruction »[modifier | modifier le code]

Le parti démocrate devient, après 1877, lorsque tous les anciens États confédérés ont été rétablis dans leurs droits et que l'occupation des troupes nordistes a pris fin, le refuge de tous les anciens esclavagistes et des ségrégationnistes. Jusqu'en 1964, où le candidat républicain l'emportera sur Lyndon B. Johnson dans ces États, le Sud reste un bastion électoral imprenable où le parti démocrate fait souvent figure de parti unique et où les divergences politiques ne s'expriment qu'en son sein, opposant les populistes, les conservateurs et les modérés.

Dans les États du Nord, le parti démocrate appuie son électorat sur les immigrants de la Nouvelle-Angleterre, particulièrement des Irlandais catholiques qu'ils avaient protégé contre l'hostilité des « natifs »; dans les États de l'Ouest, il est l'expression des classes populaires immigrées d'Europe, qui sont en butte avec l'administration républicaine au sujet des tarifs douaniers et de la restriction monétaire.

Ainsi, face à un parti républicain, regroupant les WASP aisés et les esclaves libérés du Sud, le parti démocrate recueille les suffrages des blancs du Sud, des autres minorités ethniques juives et catholiques, des couches populaires, ouvrières et des immigrants récents du nord-est. Les historiens socio-culturels notent une opposition entre les « piétistes » républicains (religion individuelle morale en lien direct avec la transcendance) et les « liturgistes » démocrates (membres de communautés reconnaissant l'intercession d'un clergé pour une présence immanente du mystère divin). Cette opposition n'est pas que théorique: elle a un rôle électoral quand, par exemple, les piétistes entendent prohiber l'alcool.

Les réformistes face à la machine démocrate (1877-1922)[modifier | modifier le code]

Entre bossisme et réformisme: du compromis de 1877 aux victoires de Cleveland[modifier | modifier le code]

Face à la domination des républicains les démocrates fédèrent les couches dominées (nouveaux habitants de l'ouest, blancs du sud et migrants catholiques et juifs des villes côtières). Ils menacent ainsi les Républicains en particulier lors de l'élection de 1876, largement frauduleuse, où leur candidat, le New-Yorkais Samuel Jones Tilden est majoritaire en voix. En échange de l'élection, les Républicains doivent concéder un compromis dans les États du Sud : ils mettent fin à la « reconstruction », retirent l'armée et rendent le pouvoir local aux blancs démocrates. La cour suprême réduit les droits (notamment du vote) des afro américains: le Sud est redevenu un bastion démocrate ségrégationniste. Ailleurs, le parti démocrate, en particulier à New York dans l'immeuble Tammany Hall s'organise comme un réseau d'entraide, de patronage. Le système du bossisme y domine, avec pour effet de réduire le parti à une machine électorale et clientéliste. Vers 1880, l'immobilisme et la corruption, voire la fraude sont communs aux deux partis.

Devant la multitude des scandales et du favoritisme (culminant avec l'assassinat du président républicain Garfield par un militant déçu), une génération nouvelle visant à s'afficher comme efficace, morale et rigoureuse, réforme profondément les pratiques et bouscule les vieilles machines électorales. La chute de William Tweed, démocrate de New York, assainit le parti démocrate, en partie grâce à Samuel Jones Tilden. Le magistrat démocrate Grover Cleveland de l'État de New York obtient l'investiture de son parti en 1884 sur sa réputation réformiste. Leader d'une fraction du parti, les démocrates Bourbons très libéraux en économie, hostiles à toute intervention de l'État central sur l'économie, il parvient à remporter l'élection présidentielle face aux républicains divisés par la crise réformiste et les revendication des fermiers de l'ouest, en 1884 et en 1892 (étant majoritaire en voix en 1888 quoique battu). Il a su entraîner une partie de l'électorat républicain : son réformisme lui attire en effet la sympathie de certains jeunes républicains, les Mugwumps (dont Theodore Roosevelt) et son orientation très libérale en économie lui vaut la bienveillance des milieux boursiers. Pendant son mandat, Cleveland s'oppose systématiquement à toute intervention de l'État fédéral en faveur d'un groupe particulier (y compris les anciens combattants invalides de la guerre de Sécession). Sa politique étrangère se refuse à de nouvelles annexions (Hawaï) et renoue avec la doctrine Monroe, s'opposant par des interventions au Venezuela aux impérialismes européens en Amérique centrale.

De l'échec du populisme de Bryan à la victoire du réformiste Wilson[modifier | modifier le code]

Toutefois ce réformisme libéral de Cleveland échoue lors de la crise économique de 1893. Dans son propre parti, le courant populiste des fermiers de l'ouest lui reproche sa politique de restriction monétaire, son soutien aux milieux financiers et son action contre les grèves. Sous l'impulsion de William Jennings Bryan, orateur inspiré, le parti adopte la plateforme du mouvement populiste. Cela le réoriente économiquement à gauche, comme partisan d'une plus grande circulation de la monnaie (bimétallisme) tout en restant sociétalement très conservateur et religieux. Bryan y perd le soutien des milieux d'affaire et échoue successivement trois fois contre les républicains, en particulier contre Theodore Roosevelt le républicain réformateur, impérialiste et nationaliste qui donne à la présidence un rôle hyperactif et « vole » aux démocrates le thème de la croisade antitrust.

Le parti, devant l'échec de la voie populiste, se tourne, en 1912, vers un progressiste universitaire, axant son action sur ses principes moraux et sa rigueur. Woodrow Wilson se fait le champion de la lutte contre la corruption et les promoteurs, de la prise en compte de la volonté populaire (primaires au suffrage universel pour empêcher les jeux d'appareil). Il profite de la brouille des républicains entre l'ancien président et son successeur : l'élection de 1912 est une triangulaire où la conception démocratique (nouvelle liberté) de Wilson l'emporte sur la vision autoritaire de la new nation de l'ancien président Théodore Roosevelt et sur le Big Business des monopoles qui soutiennent le président républicain sortant Taft.

Au pouvoir, Wilson applique une politique démocrate à partir d'un pouvoir exécutif fort (conformément à ses théories politiques): il élargit le rôle du suffrage direct (pour le XVIIe amendement sénat, et en donnant le droit de vote aux femmes) protège l'électorat du Sud ségrégationniste, les migrants (tentative de veto à des mesures anti-migration) les minorités (nomination d'un juif à la cour suprême) il fait voter des lois pour les fermiers, les travailleurs du rail, contre le travail des enfants (loi invalidée par la cour suprême), contre les trusts et permet la création d'un impôt sur le revenu baisse les droits de douane. Mais il concède aussi à ses adversaires politiques en restant proche de la vision de l'exécutif de Théodore Roosevelt, en acceptant la création d'une réserve fédérale et en accédant à une revendication des moralistes (la prohibition de l'alcool).

En politique étrangère, Wilson pratique un interventionnisme mesuré (non impérialiste), visant à l'extension de la démocratie et à l'établissement d'une Société des Nations. Cela explique ses actions militaires en Amérique centrale l'intervention de 1917 au Mexique puis son entrée en guerre tardive en 1917 (alors qu'il faisait campagne pour la paix en 1916 lors de sa réélection). Cela provoque la démission de l'ancien leader démocrate, Bryan, resté pacifiste et assez rapidement l'hostilité de la population. Wilson prend momentanément pendant la guerre, des mesures de dirigisme économique qui peuvent avoir inspiré le new Deal.

La crise des années 1920[modifier | modifier le code]

Face aux républicains à nouveau unis, isolationnistes, s'étant ralliés les milieux affairistes et moralistes (prohibition), les démocrates perdent l'élection de 1920. Les républicains dominent à nouveau la scène jusqu'en 1932. Les démocrates, malgré l'activité de certains leaders locaux (comme le cousin éloigné de l'ancien président T.Roosevelt, Franklin Delano Roosevelt à New York, candidat à la vice-présidence) ne peuvent faire face à la machine républicaine qui accompagne la croissance rapide de l'économie et souffrent dans les villes de la montée de mouvements de gauche (socialistes de Debs par exemple). Le parti peine à trouver un projet commun. Il est fortement divisé sur la question de la prohibition ou sur celle de la condamnation du Ku Klux Klan (repoussée d'une voix lors de la convention de 1924).

En 1927, André Siegfried décrit ainsi le parti démocrate :

« la tradition démocrate réside essentiellement dans la défense des minorités, des non-organisés. De ce fait, le parti ne trouve pas d'unité dans un principe constructif ; son esprit véritable est celui de l'opposition ; il ne maintient sa raison d'être que dans une perpétuelle et changeante coalition de mécontents. Protéger les immigrants contre les assimilateurs ; l'individu contre l'État, combattre l'oppression légale et sociale de la majorité, revendiquer pour les communautés locales, contre le gouvernement central, le droit de régler elles-mêmes leurs problèmes, c'est-à-dire préserver les États contre l'emprise excessive de la fédération… C'est toujours une clientèle locale brimée, ou s'estimant telle, qu'il soutient : le Sud contre le Nord, l'Ouest agricole contre l'Est capitaliste, les grandes cités cosmopolites contre l'américanisme protestant. Ses victoires sont nombreuses, mais elles restent de caractère local : gouverneurs, législatures d'États… »

Des années 1930 aux années 1970 : l'orientation progressiste[modifier | modifier le code]

L'ère rooseveltienne[modifier | modifier le code]

Face à la crise de 1929, et à l'échec du laisser-faire initial des républicains, les démocrates emportent l'élection de 1932. Franklin Delano Roosevelt conduit la politique du New Deal qui ramène durablement les démocrates au pouvoir grâce à un programme progressiste volontariste et keynésien. Il met ainsi fin à l'image rétrograde du parti en se faisant le champion de l'État-providence à l'européenne. Son interventionnisme social et économique est une nouveauté pour les démocrates jusqu'ici antidirigistes. Sa politique est donc contestée par la cour suprême, par des démagogues, ou par des conservateurs, qui, y compris dans son parti lui reprochent soit son « socialisme » (ainsi son vice-président John Nance Garner ou Wendell Willkie, un démocrate qui devient républicain et son opposant lors de la présidentielle de 1940), soit son interventionnisme antinazi (l'ambassadeur Joseph Patrick Kennedy). Toutefois la reprise économique puis les victoires militaires de la Seconde Guerre Mondiale permettent à Roosevelt d'être trois fois réélu et aux démocrates de dominer le congrès. La société américaine est profondément changée par la puissance nouvelle donnée au rôle social et économique donné à l'État.

Son successeur Harry S. Truman fait difficilement face à une remontée des républicains au Congrès. Il ne parvient pas à imposer tout à fait sa politique sociale ambitieuse et se laisse déborder par la croisade anticommuniste qu'il avait pourtant tout d'abord approuvée, le maccarthysme (le vice-président de la commission était un démocrate, un des frères Kennedy, et cette politique était soutenue à l'époque par l'acteur syndicaliste démocrate Ronald Reagan qui se rapproche alors des Républicains). Cela lui fait perdre le soutien de l'aile la plus progressiste du parti (incarnée par Henry Wallace) ce qui entraîne une progressive rupture avec la jeunesse, pendant que les électeurs du Sud s'inquiètent des réformes sociales et antiségrégationnistes ce qui affaiblit le parti de Roosevelt et Truman. Les démocrates continuent de fédérer les minorités (catholiques italiens hispaniques ou irlandais, juifs) et les ouvriers (parmi lesquels des noirs du nord) qui se sentent désormais protégés par un État social. Mais la classe moyenne en particulier dans les États conservateurs du Sud, très attachée à la ségrégation et très anticommuniste, s'inquiète de l'orientation sociale et ouverte aux Afro-Américains du parti.

La question raciale et l'ère Kennedy[modifier | modifier le code]

Le parti est divisé entre conservateurs du sud et modernistes progressistes des villes sur la question de la ségrégation raciale. Dès la fin des années 1940, les Démocrates du Nord, sous l'impulsion du Président Harry S. Truman et du Sénateur Hubert Humphrey, se prononcent pour la fin des inégalités de traitement entre Blancs et Noirs d'abord dans l'armée puis dans la société civile. C'est la consternation chez les « Southern Democrats » ségrégationnistes (les Dixiecrats): ils soutiennent à l’élection présidentielle de 1948 Strom Thurmond, le gouverneur démocrate de Caroline du Sud contre le Président démocrate sortant Harry S. Truman. Thurmond n'obtient que 2,4 % des suffrages au plan national, mais remporte la majorité dans 4 États du Sud, soit 39 votes des Grands électeurs ce qui manque de faire perdre Truman face à Dewey et contribue au recul des démocrates face aux républicains.

Durant les années 1950, le parti démocrate retrouve un semblant d'unité face à la présidence de Dwight D. Eisenhower, mais ne peut faire gagner Adlai Stevenson. En 1960, la dynamique campagne de John Fitzgerald Kennedy face à Richard Nixon permet au premier catholique d'entrer à la maison blanche sur le thème de la Nouvelle Frontière qui veut étendre le rêve américain aux pauvres. Confronté à la crise des missiles de Cuba et au mouvement antiségrégationniste, J Kennedy, puis, après son assassinat son successeur Lyndon B. Johnson conduisent une politique progressiste à l'intérieur, multipliant les lois sociales (en particulier l’affirmative action) et un anticommunisme à l'extérieur. Cela provoque le ralliement massif des jeunes et des Afro-Américains au parti.

Mais cela provoque la perte des dixies : l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis déclarant la ségrégation raciale anticonstitutionnelle et les lois mettant fin à la discrimination raciale, font qu'en 1964, les États du sud votent pour la première fois pour un républicain, l'ultra-conservateur Barry Goldwater, alors que dans le reste du pays le Président Johnson est largement plébiscité. Ce départ des conservateurs du Sud pousse le parti à gauche : l'accord des droits civiques aux Afro-Américains assure leur soutien politique qui compense la perte des voix des dixies. L'aile progressiste d'Eugene McCarthy ou de Robert Francis Kennedy a le soutien des jeunes opposés à la guerre du Viêt Nam. Mais, lors de la campagne de 1968, après l'assassinat de Robert Francis Kennedy, le choix par la convention de Chicago de Hubert Humphrey, vice-président, (antiségrégationniste, mais favorable à la guerre), provoque à la fois la protestation de la jeunesse radicale, et la scission avec l'aile la plus conservatrice : les Démocrates du Sud forment l'American Independent Party. Leur candidat, George Wallace, gouverneur de l'Alabama, obtient 13,5 % des suffrages et la majorité dans tous les États du Vieux Sud. Il prive le candidat démocrate Humphrey de toute chance de victoire face à Richard Nixon.

La réorientation centriste (1980-2000)[modifier | modifier le code]

Usés par la guerre du Viêt Nam qui les avait un temps coupés de la jeunesse libérale la plus à gauche, les démocrates se radicalisent, du fait de l'éloignement des Démocrates conservateurs, et présentent en 1972 George McGovern, qui, accusé de complaisance avec le communisme, subit un échec cuisant face à Nixon. Les démocrates comprennent alors que, sans renier leurs idéaux de protection des minorités (noirs, indiens par exemple), il leur faut présenter des candidats susceptibles de rallier les suffrages du Sud. Ils ont aussi conscience que la majorité parlementaire dont ils disposent au Congrès depuis les années 1950 ne peut survivre à une désertion des électeurs blancs sudistes, lesquels représentent près d'une trentaine de sénateurs. En 1976, Jimmy Carter, gouverneur quasi inconnu de Géorgie, membre des communautés évangéliques, réussit ainsi la synthèse entre les libéraux du Nord et les conservateurs du Sud, sans toutefois revenir sur le programme progressiste du parti Démocrate. Mais son moralisme ne suffit pas face à la crise économique et sa politique des droits de l'homme échoue en politique étrangère.

La vague conservatrice de 1980, qui propulse Reagan à la Maison-Blanche et permet aux républicains d'obtenir, pour la première fois depuis 30 ans, la majorité au Sénat, est un avertissement sévère pour les démocrates. Si, comme au début des années 1970, ils semblent d'abord se radicaliser sur l'aile la plus sociale du parti, comme le montre la candidature de Walter Mondale en 1984, le mouvement des nouveaux démocrates réoriente le parti vers le centre, et participe à la victoire de Bill Clinton, gouverneur de l'Arkansas, à l'élection présidentielle de 1992, face à un camp conservateur pour une fois divisé (la candidature du populiste de droite Ross Perot, qui obtint 19 % des suffrages, prive George H. W. Bush, avec 37,5 % des voix, d'un deuxième mandat). Bill Clinton toutefois, ne parvient pas à imposer les réformes sociales (santé) ni à convaincre économiquement : en 1994, le parti démocrate, qui dominait le congrès depuis le début des années 1950 (hormis le sénat entre 1980 et 1986) connait une défaite historique en perdant la majorité dans les 2 chambres ainsi que la majorité des postes de gouverneurs. Bill Clinton parvient toutefois à s'assurer une popularité personnelle grâce à son habile politique économique et à se faire réélire en 1996. Il est partisan d'une troisième voie, libérale en économie, limitant l'assistanat.

Entre 2000 et 2008[modifier | modifier le code]

Durant la session 2004-2006, le parti était encore minoritaire au Sénat avec seulement 44 sièges sur 100, à la Chambre des représentants avec 202 sièges sur 435 et en nombre de gouverneurs avec 22 postes sur 50.

En novembre 2006, le parti remporte les élections fédérales et obtient dans le 110e Congrès la majorité au Sénat avec 51 sièges sur 100 ainsi qu'à la Chambre des représentants avec 233 sièges (contre 202 sièges aux républicains). Mais sur les 26 sénateurs élus de l'ancienne confédération, il n'en restait que 6 (+ 2) qui soient démocrates alors qu'ils l'étaient tous dans les années 1950 et constituaient la base des élus démocrates au Sénat.

Depuis 2008 : la réorientation progressiste[modifier | modifier le code]

Répartition du collège électoral par État en 2008. Neuf États votèrent pour George W. Bush en 2004 et pour Barack Obama en 2008: la Floride, la Caroline du Nord, la Virginie, l'Ohio, l'Indiana, l'Iowa, le Colorado, le Nouveau-Mexique et le Nevada.

En 2008, le Sénateur de l'Illinois Barack Obama, candidat du Parti à l'élection présidentielle est élu Président des États-Unis contre le candidat républicain John McCain. Il s'agit du premier ticket démocrate élu ne comprenant aucun candidat issu du Sud; néanmoins, trois États du Sud votèrent pour Obama: la Floride, la Caroline du Nord et la Virginie. Cette élection constitue un profond bouleversement dans la situation du Parti démocrate, qui domine toutes les institutions nationales jusqu'en janvier 2011. Depuis janvier 2011, la chambre des représentants, issue des élections de novembre 2010, est dominée par les républicains (242 c. 193) tandis que le Sénat conserve une majorité démocrate (53 c. 47). Lors des élections partielles de 2012 ces nombres passent respectivement à 201 élus démocrates à la chambre et 55 au sénat[8].

Depuis quelques années, les électeurs affiliés au Parti démocrate évoluent progressivement vers la gauche. D'après un sondage de The Gallup Organization, les électeurs Démocrates deviennent de plus en plus libéraux (libéralisme américain, c'est-à-dire de gauche)[9]:

Identification des Démocrates
Idéologie 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Libéral/progressiste 39 % 38 % 40 % 39 % 42 % 43 % 44 % 45 %
Modéré 38 % 39 % 39 % 38 % 36 % 36 % 36 % 35 %
Conservateur 21 % 21 % 19 % 20 % 20 % 19 % 19 % 17 %

La défense des droits des femmes, des homosexuels, des minorités ethniques et religieuses, la lutte contre le port d’armes, les inégalités sociales, l’amélioration du système scolaire, la taxation des plus hauts revenus, l'augmentation du salaire minimum ainsi que la dénonciation des spéculations économiques des systèmes bancaires et financiers sont au cœur des programmes de campagne des candidats aux primaires du Parti démocrate en vue de l’élection présidentielle 2016[10].

Principales tendances politiques[modifier | modifier le code]

Le parti demeure tiraillé entre :

Localement, le Parti démocrate reste souvent beaucoup plus conservateur[réf. nécessaire] et proche de son adversaire républicain, notamment dans l'ouest, le centre et le sud des États-Unis où il a aussi longtemps disposé du soutien des Dixiecrats – les ségrégationnistes des États du Sud, qui avaient notamment fait obstruction au Congrès et au niveau des États en 1964 pour empêcher l'adoption de la loi sur les droits civiques. Au contraire, dans la région de la baie de San Francisco en Californie, dans le Puget Sound (Seattle et le comté de King dans l'État de Washington, le centre de l'Oregon) et l'Ouest des Grands Lacs (Minnesota et Wisconsin), les branches du Parti démocrate se situent plus à gauche.

Par ailleurs, les démocrates s'opposent aux républicains à propos du réchauffement climatique : un sondage de 2014 du Pew Research Center indiquait que, sur un échantillon de plus de 2 000 personnes interrogées, 80 % des individus s'identifiant comme démocrates (libéraux au sens américain) reconnaissaient l'origine anthropique du changement climatique, mais que cette proportion descendait à seulement 10 % chez les républicains conservateurs[11]. 57 % des conservateurs pensent même qu'il n'y a pas de preuve solide soutenant la thèse du réchauffement climatique (contre à peine 10 % des libéraux) [11].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Résultats aux élections présidentielles[modifier | modifier le code]

En bleu les candidats démocrates élus président des États-Unis. En rouge les candidats démocrates non élus.

Année Candidat Vote populaire Grands électeurs
Voix % Voix %
1828 Andrew Jackson 642 553 56,0 % 178 68,2 %
1832 Andrew Jackson 701 780 54,2 % 219 76,6 %
1836 Martin Van Buren 764 176 50,8 % 170 59,4 %
1840 Martin Van Buren 1 128 854 46,8 % 60 20,4 %
1844 James K. Polk 1 339 494 49,5 % 170 61,8 %
1848 Lewis Cass 1 223 460 42,5 % 127 43,9 %
1852 Franklin Pierce 1 607 510 50,8 % 254 85,8 %
1856 James Buchanan 1 836 072 45,3 % 174 58,8 %
1860 Stephen A. Douglas (Nord) 1 380 202 29,5 % 12 3,9 %
1860 John Cabell Breckinridge (Sud) 848 019 18,1 % 72 23,8 %
1864 George McClellan 1 812 807 45,0 % 21 9,0 %
1868 Horatio Seymour 2 708 744 47,3 % 80 27,2 %
1872 Horace Greeley 2 834 761 43,8 % 3
1876 Samuel Jones Tilden 4 288 546 51,0 % 184 49,9 %
1880 Winfield Scott Hancock 4 444 260 48,3 % 155 42,0 %
1884 Grover Cleveland 4 874 621 48,5 % 219 54,6 %
1888 Grover Cleveland 5 534 488 48,6 % 168 41,9 %
1892 Grover Cleveland 5 553 898 46,0 % 277 62,4 %
1896 William Jennings Bryan 6 508 172 46,7 % 176 39,4 %
1900 William Jennings Bryan 6 370 932 45,5 % 155 34,7 %
1904 Alton Parker 5 083 880 37,6 % 140 29,4 %
1908 William Jennings Bryan 6 408 984 43,0 % 162 33,5 %
1912 Woodrow Wilson 6 296 184 41,8 % 435 81,9 %
1916 Woodrow Wilson 9 126 868 49,2 % 277 52,2 %
1920 James Middleton Cox 9 139 661 34,1 % 127 23,9 %
1924 John W. Davis 8 386 242 28,8 % 136 25,6 %
1928 Al Smith 15 015 464 40,8 % 87 16,4 %
1932 Franklin Delano Roosevelt 22 821 277 57,4 % 472 88,9 %
1936 Franklin Delano Roosevelt 27 752 648 60,8 % 523 98,5 %
1940 Franklin Delano Roosevelt 27 313 945 54,7 % 449 84,6 %
1944 Franklin Delano Roosevelt 25 612 916 53,7 % 432 81,4 %
1948 Harry S. Truman 24 179 347 49,6 % 303 57,1 %
1952 Adlai Stevenson 27 375 090 44,3 % 89 16,8 %
1956 Adlai Stevenson 26 028 028 42,0 % 73 13,7 %
1960 John Fitzgerald Kennedy 34 220 984 49,8 % 303 56,4 %
1964 Lyndon B. Johnson 43 127 041 61,1 % 486 90,3 %
1968 Hubert Humphrey 31 271 839 42,7 % 191 35,5 %
1972 George McGovern 29 173 222 37,5 % 17 3,2 %
1976 Jimmy Carter 40 831 881 50,1 % 297 55,2 %
1980 Jimmy Carter 35 480 115 41,0 % 49 9,1 %
1984 Walter Mondale 37 577 352 40,6 % 13 2,4 %
1988 Michael Dukakis 41 809 476 45,6 % 111 20,6 %
1992 Bill Clinton 44 909 806 43,0 % 370 68,8 %
1996 Bill Clinton 47 400 125 49,2 % 379 70,4 %
2000 Al Gore 51 003 926 48,4 % 266 49,5 %
2004 John Kerry 59 028 439 48,3 % 251 46,7 %
2008 Barack Obama 69 456 897 52,9 % 365 67,8 %
2012 Barack Obama 61 681 462 51,1 % 332 61,7 %

Résultats aux élections législatives[modifier | modifier le code]

Les résultats des législatives sont cumulés sur tout le territoire des États-Unis et ne reflètent donc pas la grande diversité des électorats selon les États.

D'autre part, la Chambre des représentants est renouvelée tous les deux ans donc la notion de victoire et de défaite est relative. Un parti peut gagner des sièges sur une élection et rester minoritaire à la chambre.

Source[12]
Année Chambre des représentants Sénat
% Sièges % Sièges
1920 35,8
192 / 435
1922 43,9
131 / 435
1924 38,8
207 / 435
1926 39,6
183 / 435
1928 41,1
194 / 435
1930 44,5
216 / 435
1932 55,7
313 / 435
1934 53,4
322 / 435
1936 55,8
334 / 435
1938
262 / 435
1940 51,4
267 / 435
1942 47,0
222 / 435
1944 51,8
242 / 435
1946 45,0
188 / 435
1948 52,6
263 / 435
1950 49,6
235 / 435
47,2
49 / 96
1952 49,8
213 / 435
44,7
47 / 96
1954 52,5
232 / 435
55,5
49 / 96
1956 51,2
234 / 435
50,6
49 / 96
1958 56,0
283 / 435
55,0
64 / 98
1960 54,8
262 / 435
55,1
64 / 100
1962 52,4
258 / 435
50,4
66 / 100
1964 57,1
295 / 435
56,4
68 / 100
1966 50,9
248 / 435
47,9
64 / 100
1968 50,2
188 / 243
49,3
57 / 100
1970 53,6
255 / 435
52,4
54 / 100
1972 52,1
242 / 435
45,5
56 / 100
1974 57,5
291 / 435
55,2
60 / 100
1976 55,9
292 / 435
53,5
61 / 100
1978 53,7
277 / 435
50,6
58 / 100
1980 50,5
243 / 435
51,6
46 / 100
1982 55,2
269 / 435
54,1
46 / 100
1984 52,1
253 / 435
49,8
47 / 100
1986 54,3
258 / 435
50,1
55 / 100
1988 53,3
260 / 435
52,1
55 / 100
1990 52,1
267 / 435
51,1
56 / 100
1992 50,1
258 / 435
49,2
57 / 100
1994 44,8
204 / 435
44,0
48 / 100
1996 48,2
206 / 435
47,9
45 / 100
1998 47,3
211 / 435
49,5
45 / 100
2000 47,1
212 / 435
47,0
50 / 100
2002 45,2
204 / 435
45,5
49 / 100
2004 46,8
202 / 435
50,8
50 / 100
2006 52,3
233 / 435
53,2
51 / 100
2008 53,2
257 / 435
51,9
59 / 100
2010 44,9
193 / 435
44,0
53 / 100
2012 48,8
201 / 435
53,7
55 / 100
2014 45,5
188 / 435
43,8
46 / 100

Après avoir dominé les deux chambres du Congrès quasiment sans interruption pendant 40 ans (durant quelques brèves périodes, le Sénat passait sous le contrôle républicain), le Parti démocrate perdait la majorité en 1994 face au Parti républicain.

Après 12 années en position minoritaire à la chambre (à l'exception des années 2001-2002 pour le Sénat), le parti démocrate reprenait le contrôle des 2 chambres du Congrès après les élections du 7 novembre 2006 en arrachant la victoire au Sénat avec (51 sièges de démocrates et assimilés sur 100[13]) et en gagnant plus largement à la chambre des Représentants (à peu près 230 sièges sur 435).

Électorat[modifier | modifier le code]

Sociologie de l'électorat démocrate lors des élections présidentielles
(% de chaque catégorie ayant voté pour le candidat démocrate)
Catégorie 1976[14] 1988[15] 1996[16] 2004[17] 2008[18] 2012[19]
Idéologie
Libéraux 74 % 82 % 78 % 85 % 89 % 86 %
Modérés 53 % 51 % 57 % 54 % 60 % 56 %
Conservateurs 30 % 19 % 20 % 15 % 20 % 17 %
Parti
Parti démocrate 80 % 83 % 84 % 89 % 89 % 92 %
Parti républicain 11 % 8 % 13 % 6 % 9 % 6 %
Indépendants 48 % 43 % 43 % 49 % 52 % 45 %
Genre
Hommes 52 % 42 % 43 % 44 % 49 % 45 %
Femmes 52 % 49 % 54 % 51 % 56 % 55 %
Statut marital
Hommes mariés 44 % 42 % 47 % 38 %
Femmes mariées 46 %
Hommes non-mariés 57 % 58 % 65 % 56 %
Femmes non-mariées 67 %
Race/ethnicité
Blancs américains 48 % 40 % 43 % 41 % 43 % 39 %
Afro-Américains 83 % 89 % 84 % 88 % 95 % 93 %
Asio-Américains 43 % 56 % 62 % 73 %
Autres 64 % 54 % 66 % 58 %
Hispaniques et Latino-Américains 82 % 70 % 72 % 53 % 67 % 71 %
Religion
Protestants 41 % 40 % 45 % 43 %
Catholiques 53 % 47 % 54 % 50 %
Mormons 21 %
Juifs 78 % 74 % 78 % 69 %
Autres 60 % 74 % 73 % 74 %
Sans 59 % 67 % 75 % 70 %
Fréquentation des services religieux
Plus d'une fois par semaine 35 % 43 % 36 %
Une fois par semaine 41 % 43 % 41 %
Quelquefois par mois 49 % 53 % 55 %
Quelquefois par an 54 % 59 % 56 %
Jamais 62 % 67 % 62 %
Âge
18-24 ans 47 % 53 % 54 % 66 % 60 %
25-29 ans 66 % 60 %
30-39 ans 46 % 48 % 47 % 54 % 55 %
40-49 ans 49 % 48 %
50-64 ans 42 % 50 % 47 %
65 ans et plus 49 % 50 % 47 % 45 % 44 %
Orientation sexuelle
LGB 66 % 77 % 70 % 76 %
Hétérosexuels 47 % 46 % 53 % 49 %
Éducation
N'ont pas terminé le lycée 59 % 50 % 63 % 64 %
Ont terminé le lycée 51 % 47 % 52 % 51 %
Ont fréquenté l'université 48 % 46 % 51 % 49 %
pregrade 47 % 46 % 50 % 47 %
Postgrade 52 % 55 % 58 % 55 %
Revenus du foyer
Moins de 14 999 $ 59 % 63 % 73 % 63 %
15 000 $ - 30 000 $ 53 % 57 % 60 %
30 000 $ - 49 999 $ 48 % 50 % 55 % 57 %
50 000 $ - 74 999 $ 41 % 43 % 48 % 46 %
75 000 $ - 99 999 $ 47 % 45 % 51 %
100 000 $ - 199 999 $ 38 % 42 % 48 % 44 %
200 000 $ - 249 999 $ 35 % 48 % 47 %
Plus de 250 000 $ 52 % 42 %
Région
Nord-Est 54 % 49 % 56 % 59 % 59 %
Midwest 49 % 47 % 48 % 54 % 51 %
Sud 54 % 41 % 42 % 45 % 44 %
Ouest 50 % 47 % 50 % 57 % 54 %
Taille de la communauté
Grandes villes (plus de 500 000 hab) 60 % 63 % 69 %
Villes moyennes (50 000 à 500 000 hab) 49 % 58 %
Petites villes (10 000 à 50 000 hab) 48 % 42 %
Banlieues 47 % 50 % 48 %
Zones rurales 40 % 45 % 37 %

Symboles du parti[modifier | modifier le code]

Le bleu[modifier | modifier le code]

Couramment utilisé depuis 2000.

L'âne[modifier | modifier le code]

1837 : Première apparition de l'âne démocrate.
Caricature « A live Jackass Kicking a Dead Lion ».

Le terme de Jackass (« bougre d’âne », jeu de mots injurieux sur le patronyme Jackson) aurait été utilisé pour désigner le premier président démocrate, Andrew Jackson, lors de la campagne présidentielle de 1828. Une caricature de 1837, représentant Jackson chevauchant son parti figuré sous la forme d'un âne, serait la première transcription graphique de ce jeu de mot.

Le 15 janvier 1870, une caricature politique de Thomas Nast parue dans le Harper's Weekly réutilise et popularise davantage cette image. Nommée A live Jackass Kicking a Dead Lion, (« Un âne bien vivant frappant un lion mort »), elle fait référence à la fable de Phèdre, Le Lion devenu vieux, le sanglier, le taureau et l'âne. Reprise par La Fontaine dans Le Lion devenu vieux, cette fable est à l'origine de l'expression « donner le coup de pied de l'âne » pour désigner une attaque lâche et sans risque contre un adversaire affaibli. Dans la caricature de Nast, l'âne incarne les journaux (comme le Chicago Times) favorables aux Copperheads, ces démocrates nordistes qui étaient opposés à la politique et à l'héritage du républicain Abraham Lincoln et des membres de son administration. Parmi ces derniers, Edwin M. Stanton, mort l'année précédente, est figuré sous les traits du lion mort subissant de lâches outrages.

L'âne, depuis lors largement utilisé pour représenter le parti, était donc un symbole plutôt négatif, mis en place par les adversaires des démocrates, avant une édulcoration progressive. C'est ce qui explique que, contrairement à l’éléphant républicain, l’âne n’a jamais été officiellement adopté comme logo du parti.

Au début du XXe siècle, les États du Midwest, comme l'Ohio et l'Indiana, adoptent le coq, face à l'aigle des républicains. Au Missouri, les démocrates se présentèrent un temps sous l'emblème de la statue de la Liberté, abandonné par la suite pour éviter les confusions avec le symbole du Parti libertarien. Le coq et la statue de la Liberté étaient deux symboles significatifs de la sympathie que portent les démocrates américains à la France, notamment à travers le personnage de La Fayette.

Personnalités démocrates[modifier | modifier le code]

Présidents des États-Unis[modifier | modifier le code]

Barack Obama, président des États-Unis depuis janvier 2009.
  1. Andrew Jackson (1829-1833, 1833-1837)
  2. Martin Van Buren (1837-1841)
  3. James K. Polk (1845-1849)
  4. Franklin Pierce (1853-1857)
  5. James Buchanan (1857-1861)
  6. Grover Cleveland (1885-1889, 1893-1897)
  7. Woodrow Wilson (1913-1917, 1917-1921)
  8. Franklin Delano Roosevelt (1933-1937, 1937-1941, 1941-1945) (mort le 12 avril 1945)
  9. Harry S. Truman (1945-1949, 1949-1953)
  10. John Fitzgerald Kennedy (1961-1963) (mort assassiné le 22 novembre 1963)
  11. Lyndon B. Johnson (1963-1965, 1965-1969)
  12. Jimmy Carter (1977-1981)
  13. Bill Clinton (1993-1997, 1997-2001)
  14. Barack Obama (2009-2013, depuis 2013)

Candidats aux élections présidentielles[modifier | modifier le code]

Candidats à la vice-présidence[modifier | modifier le code]

Autres personnalités démocrates[modifier | modifier le code]

Autres figures historiques[modifier | modifier le code]

Personnalités soutenant le Parti démocrate[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) N. Scott Arnold, Imposing Values: Liberalism and Regulation, Oxford University Press, (ISBN 9780199705290, lire en ligne), p. 3 :

    « Modern liberalism occupies the left-of-center in the traditional political spectrum and is represented by the Democratic Party in the United States »

  2. https://www.princeton.edu/~starr/articles/articles12/Starr_Center-left-liberalism.html
  3. http://www.theatlantic.com/politics/archive/2014/06/in-democratic-primaries-the-left-advances/372990/
  4. http://progressive-alliance.info/participants-3/
  5. (en) « US Political Parties - 2016 Presidential Election - ProCon.org », sur 2016election.procon.org (consulté le 3 avril 2016).
  6. Corinne Lesnes, « Le Parti démocrate américain en quête d'un nouveau souffle », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. Agnès Fontana, « Le Parti démocrate », in Encyclopédie de la culture politique contemporaine, éd. Hermann, p. 216
  8. Source : Résultat des élections américaines de 2012, Huffington Post, le 9 novembre 2012
  9. (en) Conservatives Hang On to Ideology Lead by a Thread
  10. « Primaires américaines : quels candidats, quels programmes ? », sur Libération.fr,‎ (consulté le 14 juin 2016)
  11. a et b Jeffrey Mervis, "Politics doesn't always rule", Science, 3 juillet 2015: Vol. 349 no. 6243 p. 21-23, DOI: 10.1126/science.349.6243.21
  12. Election Statistics - Office of the Clerk
  13. Joseph Lieberman, sénateur démocrate sortant, et Bernie Sanders ont été élus en tant que candidats indépendants, l'un contre le candidat officiel démocrate et l'autre soutenu par le Parti démocrate
  14. (en) « How Groups Voted in 1976 - Roper Center », sur Roper Center (consulté le 23 novembre 2015)
  15. (en) « How Groups Voted in 1988 - Roper Center », sur Roper Center (consulté le 23 novembre 2015)
  16. (en) « AllPolitics - Presidential Election Exit Poll Results », sur edition.cnn.com (consulté le 7 décembre 2015)
  17. (en) « CNN.com Election 2004 », sur edition.cnn.com (consulté le 20 mars 2016)
  18. (en) « Local Exit Polls - Election Center 2008 - Elections & Politics from CNN.com », sur edition.cnn.com (consulté le 7 décembre 2015)
  19. (en) « President Exit Polls », sur The New York Times (consulté le 7 décembre 2015)
  20. (en) « Johansson: Americans 'Disappointed' By Bush's Re-Election », sur contractmusic.com,‎ (consulté le 8 décembre 2014)
  21. (en) Philip Sherwell, « Eva Longoria Is Obama's Newest Hispanic Political Power Chip », sur Business Insider,‎ (consulté le 8 décembre 2014)
  22. Amel Brahmi, « Convention démocrate. Eva Longoria avec Obama : « Yes we can ! » », sur Le Parisien,‎ (consulté le 8 décembre 2014)
  23. (en) George S. McNeal, « George Clooney Calls The Story That He Is Running For Office 'Made Up' », sur Forbes,‎ (consulté le 8 décembre 2014)
  24. (en) « Barack Obama: George Clooney is a 'good man and a good friend' », sur The Telegraph,‎ (consulté le 8 décembre 2014)
  25. (en) Kurt Badenhausen, « Michael Jordan Hosts $3 Million Obama Fundraiser In New York », sur Forbes,‎ (consulté le 8 décembre 2014)
  26. (en) Sarah Muller, « Madonna Downplays Her Physical Threats Against Sarah Palin: ‘It’s A Metaphor’ », sur MTV,‎ (consulté le 8 décembre 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]