Présidence de Donald Trump

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Portrait officiel du président américain Donald Trump.

La présidence de Donald Trump, 45e président des États-Unis, débute le , faisant suite à celle de Barack Obama. Le Parti républicain occupe désormais la présidence en plus du Sénat et de la Chambre des représentants, alors qu'il était déjà majoritaire dans les deux assemblées lors du second mandat d'Obama. Durant la campagne, Donald Trump avait choisi comme colistier le gouverneur de l'Indiana, Mike Pence, qui occupe le poste de vice-président des États-Unis.

Élection[modifier | modifier le code]

Trump a battu la démocrate Hillary Clinton durant l'élection présidentielle de 2016, gagnant 304 grands électeurs sur 538.

Le , le candidat du Parti républicain, l'homme d'affaires Donald Trump, propriétaire de la Trump Organization et novice en politique, déjoue la plupart des pronostics et remporte l'élection présidentielle américaine face à la candidate démocrate, Hillary Clinton, pourtant donnée favorite par les sondages. Il l'emporte en gagnant la plupart des « Swing states » (Ohio, Floride, Caroline du Nord) mais également plusieurs États votant traditionnellement démocrate (Michigan, Pennsylvanie). Selon les analystes, Trump fédère sur sa candidature l’Amérique « blanche », « rurale » et issue d'anciens bastions industriels très touchés par la crise économique.

L'élection de Donald Trump et de son colistier Mike Pence est formellement ratifiée par les grands électeurs le . Si Trump et Pence possèdent une avance confortable en termes de grands-électeurs, ce sont leurs rivaux démocrates qui ont remporté le plus de votes populaires, comme ce fut le cas lors de l'élection présidentielle de 2000 entre George W. Bush et Al Gore.

Depuis son investiture, Trump n'a pas publié ses déclarations de revenus, alors que d'autres candidats l'ont fait[1]. Au lendemain de l'élection, de nombreuses manifestations émergent à travers le pays. Le 21 janvier est également organisée à Washington, D.C. une marche féministe protestant contre le sexisme du nouveau président ; plus de personnes sont présentes que lors de l'investiture.

Chronologie de la transition[modifier | modifier le code]

Rencontre avec le président Obama[modifier | modifier le code]

La période de transition présidentielle démarre dès le lendemain de l'élection de Donald Trump. Cette période doit permettre au président élu (désigné par le vote) de prendre connaissance des dossiers en cours et de mettre en place l'organisation de son cabinet (nomination des secrétaires et des haut fonctionnaires) afin qu'il soit opérationnel dès sa prise de fonction le .

Après s'être durement opposé à Trump durant la campagne, Barack Obama joue le jeu des institutions et invite son successeur à la Maison-Blanche pour une première entrevue. Dès le 9 novembre, le président sortant Barack Obama, s'était engagé à une transition en douceur avec son successeur, comme c'est traditionnellement le cas aux États-Unis[2]. Le 10 novembre, Donald Trump est reçu par le président sortant, à la Maison-Blanche.

Équipe de transition[modifier | modifier le code]

Logotype de la transition présidentielle de Donald Trump.

Isolé pendant la campagne par des membres importants du Parti Républicain comme Paul Ryan, John McCain ou Mitt Romney, le président-élu met en place son futur gouvernement. Le , il étoffe et réorganise son équipe de transition. La direction de cette équipe est confiée au vice-président désigné, Mike Pence. Le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, en devient le vice-président. Font également partie de cette équipe plusieurs des soutiens indéfectibles de sa campagne :

Ces derniers sont tous régulièrement cités dans les médias comme devant occuper des postes importants du futur cabinet. Ses trois enfants les plus âgés sont également présents dans l'équipe de transition : Donald Trump, Jr., Eric Trump et Ivanka Trump ainsi que le mari de cette dernière Jared Kushner, pressenti pour devenir un proche conseiller du président[3].

Nominations[modifier | modifier le code]

Le , Donald Trump annonce la nomination au poste stratégique de chef de cabinet de la Maison-Blanche de Reince Priebus, président du Comité national républicain. Ce dernier entretient de bonnes relations avec le speaker Paul Ryan qui s’était opposé à Donald Trump durant la campagne[4]. Il nomme également son ancien directeur général de campagne, Stephen Bannon au poste de « haut conseiller et chef de la stratégie » à la Maison-Blanche. Cette nomination est controversée jusque dans les rangs du Parti républicain, Bannon ayant auparavant été accusé d'« antisémitisme » et de « racisme » lorsqu'il alimentait un site web[5].

La décision de faire entrer Jeff Sessions au cabinet fait également polémique : ce dernier dirigera le département de la Justice alors que le Sénat avait déjà rejeté sa nomination par Ronald Reagan dans les années 1980 à un poste de juge fédéral, pour des commentaires avérés ouvertement discriminatoires envers les Noirs et en faveur du Ku Klux Klan[6],[7].

La nomination de Betsy DeVos à l’Éducation suscite également la controverse. Deux sénatrices républicaines, Lisa Murkowski et Susan Collins, s'opposent à sa nomination ainsi que l'ensemble des sénateurs démocrates soit 50 sénateurs sur 100. Le Sénat étant dans l'incapacité de se départager, c'est le Vice-président Mike Pence qui est appelé à voter. Ce dernier vote en faveur de la confirmation de DeVos.

Andrew Puzder, PDG d'un groupe de restauration rapide désigné comme futur ministre du Travail, retire sa candidature après la publication par la presse de révélations sur sa vie privée. Alors qu'il faisait déjà face à l'opposition des sénateurs démocrates, ces révélations amènent plusieurs sénateurs républicains à annoncer qu'ils ne soutiendraient pas sa canditure[8].

Démissions[modifier | modifier le code]

Dès le 13 février 2017, Donald Trump se voit contraint de forcer à la démission Michael T. Flynn, son conseiller à la sécurité nationale, soupçonné d'avoir menti – notamment au vice-président Mike Pence – sur la nature de ses conversations téléphoniques de décembre 2016 avec l'ambassadeur de Russie aux États-Unis[9], et d'être potentiellement vulnérable à un chantage russe[10]. Alors que Trump aurait été informé dès le 26 janvier de la nature des conversations téléphoniques de Flynn, Mike Pence ne l'aurait appris que le 9 février 2017[11]. Selon le représentant démocrate Adam Schiff, « la raison pour laquelle ils n'ont pas perdu la foi ou la confiance en Flynn avant la nuit dernière alors qu'ils savaient depuis des semaines qu'il avait menti est que l'affaire est devenue publique[12] ».

Dans un article publié sur Politico, Daniel Benjamin (en) qui fut coordinateur pour le contre-terrorisme au Département d’État, se demande dans quelle mesure Flynn, qu'il juge incapable de définir et mettre en place une stratégie consistant à redéfinir les relations entre les États-Unis et la Russie, a pu agir de sa propre initiative lors de ses appels avec l'ambassadeur russe, et estime que cette affaire devrait pousser la presse à se pencher en profondeur sur la nature des liens entre Donald Trump et la Russie[13].

D'autre part, le New York Times, citant quatre hauts responsables des services de renseignement américains, révèle qu'avant son élection à la Maison-Blanche, des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump, dont Paul Manafort ont eu des contacts répétés avec de hauts responsables des services de renseignement russes. Selon le quotidien, les enquêteurs et les services de renseignement américains ont intercepté ces communications à peu près à la même époque où ils découvraient les preuves des tentatives russes de perturber l’élection présidentielle américaine en piratant le Comité national démocrate. Le journal indique que les services de renseignement américains enquêtent afin de déterminer « si l’équipe de campagne de Trump était de mèche avec les Russes dans le cadre de ce piratage ou d’autres tentatives de jouer sur le cours de l’élection »[14].

Commentant la situation à l'occasion d'une conférence sur la sécurité organisée à Munich le sénateur républicain John McCain affirme que « la question de Flynn est évidemment quelque chose qui montre à beaucoup d'égards le désarroi de cette administration et qu'ils vont avoir beaucoup de travail à faire[15] ».

Vice-président[modifier | modifier le code]

Le vice-président est désigné en même temps que le président des États-Unis. Il n'est pas membre à proprement parler du Cabinet mais siège aux réunions de celui-ci. Il est également président du Sénat des États-Unis. Si le président change de vice-président en cours de mandature, celui-ci est confirmé par un vote du Sénat comme les autres membres du gouvernement.

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat
1 Vice-président Mike Pence Mike Pence by Gage Skidmore 6.jpg Républicain Depuis le
(1 mois et 1 jour)

Composition du cabinet[modifier | modifier le code]

Contrairement au président et au vice-président, désignés par le vote du collège électoral des États-Unis, tous les autres membres du cabinet présidentiel désignés par le président élu doivent faire l'objet de l'approbation du Sénat pour chacun de leur poste avant de prendre leurs fonctions de manière effective, en vertu de l'article II de la Constitution des États-Unis, section II, clause 2 (« Avis et consentement »).

Les principaux départements, dont les secrétaires ne sont pas confirmés avant le 20 janvier par le Sénat, sont dirigés par intérim par des membres apolitisés de leur administration. Thomas Shannon et Michael Scuse sont par ailleurs secrétaire d'État et secrétaire à l'Agriculture dans l'administration Obama et Trump, John Kerry ayant démissionné le 20 janvier avant midi et Tom Vilsack le 13 janvier.

Le secrétaire aux Anciens combattants David Shulkin est le seul membre de l'administration Trump à avoir fait l'unanimité au Sénat, obtenant 100 voix contre 0 lors de sa nomination.

Liste ci-dessous[16] :

Membres du cabinet[modifier | modifier le code]

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat Prestation de serment Confirmation
2 Secrétaire d'État Rex Tillerson Rex Tillerson official Transition portrait.jpg Républicain Depuis le
(20 jours)
Vidéo 56-43
3 Secrétaire du Trésor Steven Mnuchin Steven-Mnuchin.jpg Républicain Depuis le
(8 jours)
Vidéo 53-47
4 Secrétaire à la Défense James Mattis James Mattis Official SECDEF Photo.jpg Indépendant Depuis le
(1 mois et 1 jour)
Pas de vidéo 98-1
5 Procureur général Jeff Sessions Jeff Sessions official portrait.jpg Républicain Depuis le
(13 jours)
Vidéo 52-47
6 Secrétaire à l'Intérieur Ryan Zinke Ryan Zinke official congressional photo (crop).jpg Républicain En attente de confirmation par le Sénat
7 Secrétaire à l'Agriculture Sonny Perdue Sonny Perdue at rally.jpg Républicain En attente de confirmation par le Sénat
8 Secrétaire au Commerce Wilbur Ross Wilbur Ross.jpg Indépendant En attente de confirmation par le Sénat
9 Secrétaire au Travail Alexander Acosta Alexander Acosta.jpg Républicain En attente de confirmation par le Sénat
10 Secrétaire à la Santé
et aux Services sociaux
Tom Price Tom Price official Transition portrait.jpg Républicain Depuis le
(11 jours)
Vidéo 52-47
11 Secrétaire au Logement
et au Développement urbain
Ben Carson Ben Carson by Skidmore with lighting correction.jpg Républicain En attente de confirmation par le Sénat
12 Secrétaire aux Transports Elaine Chao Elaine Chao, March 12, 2015.jpg Républicain Depuis le
(21 jours)
Pas de vidéo 93-6
13 Secrétaire à l'Énergie Rick Perry Gov. Perry CPAC February 2015.jpg Républicain En attente de confirmation par le Sénat
14 Secrétaire à l'Éducation Betsy DeVos Betsy DeVos.jpg Républicain Depuis le
(14 jours)
Vidéo 51-50
(incluant le vote du vice-président Mike Pence)
15 Secrétaire aux Anciens combattants David Shulkin SECVA-David-Shulkin-MD.jpg Indépendant Depuis le
(8 jours)
Vidéo 100-0
16 Secrétaire à la Sécurité intérieure John F. Kelly John Kelly official DHS portrait.jpg Indépendant Depuis le
(1 mois et 1 jour)
Pas de vidéo 88-11

Postes de gouvernement ayant rang au cabinet[modifier | modifier le code]

Huit postes officiels ont rang au cabinet, ce qui signifie qu'ils sont autorisés à assister aux réunions du cabinet, mais ne sont pas des ministres (Secretary) responsables d'un ministère (Department) et ils n’entrent pas dans la ligne de succession présidentielle.

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat Prestation de serment Confirmation
17 Chef de cabinet de la Maison-Blanche Reince Priebus Reince Priebus by Gage Skidmore 3.jpg Républicain Depuis le
(1 mois et 1 jour)
Pas de vidéo
18 Représentant au commerce Robert Lighthizer (en) Robert Lighthizer official Transition portrait.jpg Républicain En attente de confirmation par le Sénat
19 Directeur du renseignement national Dan Coats Dan Coats, official portrait, 112th Congress.jpg Républicain En attente de confirmation par le Sénat
20 Ambassadeur américain aux Nations unies Nikki Haley Nikki Haley official Transition portrait.jpg Républicain Depuis le
(27 jours)
Pas de vidéo 96-4
21 Directeur du Bureau de la gestion et du budget Mick Mulvaney Mick Mulvaney, Official Portrait, 113th Congress.jpg Républicain Depuis le
(4 jours)
Vidéo 51-49
22 Directeur de la Central Intelligence Agency Mike Pompeo Mike Pompeo official Transition portrait.jpg Républicain Depuis le
(29 jours)
Pas de vidéo 66-32
23 Administrateur de l'Agence de protection
de l'environnement
Scott Pruitt Scott Pruitt 2017 (cropped).jpg Républicain Depuis le
(4 jours)
Vidéo 52-46
24 Administrateur de la Small
Business Administration
Linda McMahon Linda McMahon Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0 Generic.jpg Républicain Depuis le
(7 jours)
Vidéo 81-19

Autres postes d'importance n'ayant pas de rang au cabinet[modifier | modifier le code]

Fonction Titulaire Parti Mandat
Haut conseiller du président Jared Kushner Jared Kushner cropped.jpg Républicain Depuis le
(1 mois et 1 jour)
Stephen Miller (en) Stephen Miller by Gage Skidmore.jpg Républicain Depuis le
(1 mois et 1 jour)
Conseiller du président Steve Bannon Steve Bannon 2010.jpg Républicain Depuis le
(1 mois et 1 jour)
Kellyanne Conway Kellyanne Conway by Gage Skidmore.jpg Républicain Depuis le
(1 mois et 1 jour)
Dina Powell (en) Dina Habib Powell, Head, Impact Investing Business, Goldman Sachs; President, Goldman Sachs Foundation (19459892442).jpg Républicain Depuis le
(1 mois et 1 jour)
Conseiller à la sécurité nationale Michael T. Flynn Michael T Flynn.jpg Démocrate -
(24 jours)
Keith Kellogg
(intérim)
Keith Kellogg 2000.jpg Républicain -
(7 jours)
H. R. McMaster H.R. McMaster ARCIC 2014.jpg Indépendant Depuis le
(1 jour)
Porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer Sean Spicer.jpg Républicain Depuis le
(1 mois et 1 jour)

Cent premiers jours[modifier | modifier le code]

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

20 janvier 2017[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Investiture de Donald Trump.
Logotype de la 58e investiture présidentielle.

23 janvier 2017[modifier | modifier le code]

31 janvier 2017[modifier | modifier le code]

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Admission des réfugiés[modifier | modifier le code]

Le 27 janvier 2017, Trump suspend le programme fédéral d’admission et de réinstallation de réfugiés de pays en guerre pour une durée de 4 mois. Il bloque, pour 3 mois, l'arrivée des ressortissants de sept pays à majorité musulmane par le décret Protéger la Nation de l'entrée de terroristes étrangers aux États-Unis : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Donald Trump stoppe l'arrivée de tous réfugiés syriens jusqu'à nouvel ordre[19],[20].

Le décret semble avoir été rédigé dans la précipitation et sans consultation préalable du ministère de la justice. Ainsi Kjell Magne Bondevik, qui fut à deux reprises premier ministre de la Norvège se voit retenu et interrogé pendant une heure à l'aéroport international de Washington-Dulles parce que son passeport diplomatique montre qu'il s'est rendu en Iran en 2014[21]. Alors que plusieurs dizaines de personnes sont détenues depuis leur descente de l'avion, les juges fédérales Ann Donnelly, Leonie Brinkema et Allison Burroughs ordonnent la libération des individus détenteurs de visas en règle et déclarent que ne peuvent être envoyées dans un pays tiers sans leur accord des détenteurs d'un statut de réfugié, d'une carte de résident permanent aux États-Unis ou d'un visa de visite et des citoyens naturalisés américains, suspendant de facto l'ordre exécutif de Trump[22]. Trump doit aussi faire face à des manifestations aux aéroports de New York, Chicago, San Francisco ou Dallas, à des plaintes de l'ACLU et à l'opposition de 16 procureurs généraux d'États américains. Il s'expose à des critiques de personnalités politiques, majoritairement démocrates, à l'image de Charles Schumer, Bernie Sanders, Elizabeth Warren ou Ben Cardin, qui déclare que « le décret cruel du président Trump sur les réfugiés sape nos valeurs fondamentales et nos traditions, menace notre sécurité nationale et démontre une méconnaissance totale de notre strict processus de vérification, le plus minutieux du monde »[23], mais également républicaines, telles que Rob Portman, Lindsey Graham, Arnold Schwarzenegger, Bob Corker, John McCain et Dick Cheney, pourtant partisan d'une ligne dure sur le terrorisme, qui affirme que le décret est « non américain ». À l'étranger, de nombreux pays condamnent l'action alors que l'Iran et l'Irak déclarent qu'ils vont appliquer la réciprocité envers les citoyens américains après un vote de leur Parlement.

Le 30 janvier, Trump renvoie pour « trahison » la ministre de la Justice par intérim Sally Yates, qui avait contesté la légalité du décret anti-immigration. Il nomme Dana Boente comme remplaçante intérimaire[24].

Le 3 février 2017, un juge fédéral à Seattle émet une injonction temporaire suspendant l'application du décret sur tout le territoire américain le temps qu'une plainte déposée dans l'état de Washington soit examinée. Trump estime l'injonction du « soi-disant » juge James Robart « ridicule » mais le ministère de la Sécurité intérieure annonce avoir arrêté de mettre en œuvre le décret et revenir aux procédures antérieures. Le Département d'État annonce pour sa part avoir annulé la révocation provisoire des visas[25]. Le 4 février, le département de la Justice a fait appel de la décision mais, seulement quelques heures plus tard, la cour d'appel fédéral l'a rejeté[26],[27].

Sur injonction de Trump le ministère de la justice se pourvoit en appel de la décision. Le 9 février les trois juges de la Cour d'appel de San Francisco rejettent l'appel du gouvernement et confirment la suspension du décret en expliquant notamment que « le gouvernement n'a pas démontré que le maintien de la suspension du décret se traduirait par de graves atteintes à la sécurité des États-Unis ». Les juges notent également que le gouvernement a été dans l'incapacité de prouver qu'un ressortissant d'un des pays visés par la mesure aurait commis un attentat aux États-Unis dans le passé[28]. Comme lors de l'injonction initiale, Donald Trump réagit violemment sur Twitter et s'en prend aux juges. Quelques jours auparavant le blog Lawfare expliquait que des déclarations de ce genre constituaient « une menace pour la sécurité des juges fédéraux ». Selon CNN peu après leur décision du 9 février les juges ayant pris cette décision auraient reçu un tel nombre de menace qu'il aurait fallu accroître les mesures de sécurité dont ils bénéficient[29].

Le 16 février 2017 la ministère de la justice annonce qu'il ne poursuivra pas la procédure en appel. Le même jour, lors d'une conférence de presse, Donald Trump déclare vouloir prendre un nouveau décret qui, selon les avocats du gouvernement « éliminera ce que la cour a estimé, de façon erronée, soulever des questions constitutionnelles » et « permettra une protection immédiate du pays, plutôt que de poursuivre une action en justice potentiellement de longue durée[30] ».

Question irakienne[modifier | modifier le code]

Durant sa campagne électorale et même après sa prise de fonction Donald Trump avait affirmé à plusieurs reprises qu'il fallait « prendre le pétrole[31] ». Lors de son premier voyage au Moyen-Orient James Matthis, son secrétaire à la Défense explique au contraire que les États-Unis « ne sont pas en Irak pour prendre le pétrole de qui que ce soit[32] ».

23 janvier 2017[modifier | modifier le code]

25 janvier 2017[modifier | modifier le code]

29 janvier 2017[modifier | modifier le code]

  • Selon un communiqué, Donald Trump s'est accordé avec Vladimir Poutine : « les deux parties ont exprimé leur volonté de travailler ensemble activement pour stabiliser et développer la coopération russo-américaine sur une base constructive, d’égal à égal, et pour le bénéfice mutuel » et pour que « les présidents se sont déclaré en faveur de la mise en place d’une coordination réelle des actions russes et américaines pour détruire l’État islamique et les autres groupements terroristes en Syrie ». Suite à cela, Donald Trump a donné 30 jours à ses responsables militaires pour présenter un plan visant à « vaincre » Daech et à « identifier de nouveaux partenaires pour la coalition »[34].

2 février 2017[modifier | modifier le code]

  • En février 2017, le premier contact entre le premier ministre australien et le président Trump est tendu, notamment sur la question d'un accord signé avec Barack Obama sur la réinstallation de réfugiés des centres de détention australiens de Nauru et Manus[35].

Relations avec la presse[modifier | modifier le code]

Le début de sa présidence est marquée par une relation conflictuelle entre Trump ainsi que plusieurs membres de son cabinet et la presse, accusée de mentir sans vergogne. Selon Dan Rather, la façon dont l'administration Trump se comporte vis-à-vis de la presse serait sans précédent dans l'histoire des États-Unis[36].

Dès le lendemain de son investiture, Trump en personne, relayé ensuite par son porte-parole Sean Spicer, contestent les rapports de la presse faisant état d'une foule bien moins nombreuse que celle présente à Washington lors de la première prestation de serment de Barack Obama. Selon Spicer, qui accuse la presse d'avoir manipulé les images, il s'agit de « la plus grand foule qui ait jamais assisté à une investiture, point final[37] ». Interrogée au sujet de la déclaration de Spicer, Kellyanne Conway, conseillère du président Trump, évoque des « faits alternatifs[38] ».

Le 21 janvier 2017, alors qu’il est en déplacement au siège de la CIA Trump déclare « comme vous le savez, je suis actuellement en guerre contre les médias. Ils font partie des êtres humains les plus malhonnêtes de la planète[39] ».

Vivement critiqué pour son décret interdisant l’entrée aux États-Unis de ressortissants de certains pays à majorité musulmane, Donald Trump explique lors d’une allocution à la base militaire de MacDill, centre de la lutte contre le groupe État islamique, que l’EI est engagé dans une campagne de génocide à travers le monde. Il ajoute « Vous avez vu ce qui s'est passé à Paris et à Nice. Cela se passe à travers toute l'Europe. On est arrivé à un point où (les attaques) ne sont même plus rapportées par les médias ». Interpellé sur ce point par la presse à bord de l’avion présidentiel qui revient de Floride, Sean Spicer promet de fournir une liste en expliquant qu’il y avait « beaucoup d’exemples » d’attentats qui n’auraient pas bénéficié de la « couverture qui aurait été appropriée[40] ».

Quelques heures plus tard, il fournit à la presse une liste de 78 attentats qui comprend entre autres des attentats aussi médiatisés que les attentats de Paris en novembre 2015, ceux de Bruxelles en mars 2016 ou de San Bernardino en décembre 2015, ce qui rend perplexes les journalistes[41]. Après un examen rapide de la liste le site les décodeurs note que les vingt premiers attentats qu'elle mentionne ont tous fait l’objet d’une couverture médiatique[42]. Seules sept des 78 attaques mentionnées dans la liste ont fait l'objet de moins de cinquante articles de presse et aucun décès n'a été enregistré en raison de ces sept attaques[43]

Une conférence de presse, organisée le 16 février 2017, au cours de laquelle Donald Trump annonce notamment la candidature d'Alexander Acosta au poste de secrétaire au travail et revient sur le limogeage de Michael T. Flynn, va tourner à la mise en accusation pendant près de 80 minutes de la presse, accusée de diffuser de fausses nouvelles, et de faire preuve de « haine » à son égard[44],[45]. Selon certains commentaires émanant de politiciens républicains, Trump ne serait toujours pas passé d'un mode de communication propre à une campagne électorale à un mode de communication plus en rapport avec des fonctions gouvernementales[46].

Le lendemain, il accuse le New York Times, NBC News, ABC, CBS et CNN d'être les « ennemis des Américains ». Prenant prétexte du commentaire louangeur de l'éditorialiste conservateur Rush Limbaugh au sujet de sa conférence de presse, il accuse à nouveau les média qui n'en ont pas fait autant d'être malhonnêtes[47].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Conor Friedersdorf (en), « These 23 Republicans Passed on a Chance to Get Trump's Tax Returns; Congress has a duty to make sure President Trump isn’t selling out the United States. These legislators are in more active dereliction of that duty than most. », sur The Atlantic,‎ (consulté le 15 février 2017).
  2. « Election de Donald Trump: Barack Obama veut une transition en douceur », RFI,‎ (lire en ligne).
  3. « Donald Trump met en place son équipe de transition, les manifestations continuent », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  4. « Voici les hommes les plus importants de l'équipe Trump: l'un compare l'avortement à l'holocauste, l'autre va supprimer l'Obamacare », rtl.be,‎ 13 novembre 2016. (lire en ligne).
  5. (en) « Steve Bannon's controversial history », SFGate,‎ (lire en ligne).
  6. (en) Sarah Wildman, « Jeff Sessions's chequered past », sur theguardian.com,‎ (consulté le 23 janvier 2017).
  7. Daniel Wolls (AFP), « Jeff Sessions, un futur ministre de la Justice au passé raciste », sur lapresse.ca,‎ (consulté le 23 janvier 2017).
  8. Andrew Puzder, le ministre du Travail de Donald Trump, jette l'éponge, HuffingtonPost, 15 février 2017
  9. Flynn, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, forcé de démissionner, La Libre Belgique, 13 février 2017
  10. Justice Department warned White House that Flynn could be vulnerable to Russian blackmail, officials say, Adam Entous, Ellen Nakashima & Philip Rucker, Washington Post, 13 février 2017
  11. (en) Ruth Sherlock et Chris Graham, « Donald Trump's campaign 'had repeated contacts with Russian intelligence before election », sur The Telegraph,,‎ .
  12. Trump knew for weeks that aide was being misleading over Russia: White House, Steve Holland & Richard Cowan, Reuters, 14 février 2017
  13. Who Told Flynn to Call Russia?, Daniel Benjamin, Politico, 14 février 2017
  14. http://www.lemonde.fr/chroniques-de-la-presidence-trump/article/2017/02/15/la-journee-de-donald-trump-abrogation-interrogatoire-et-demande-d-excuses_5079765_5077160.html La journée de Donald Trump : son équipe de campagne aurait eu des contacts répétés avec le renseignement russe], Le Monde, 15 février 2017.
  15. (en) « John McCain Says Trump White House in 'Disarray », sur Newsweek,‎ .
  16. (en) « The Cabinet », whitehouse.gov,‎ (lire en ligne).
  17. Sarah DiffalahPublié, « Donald Trump s'attaque à l'IVG : les pays pauvres seront les premières victimes », sur tempsreel.nouvelobs.com,‎ .
  18. Andrew Revkin et Jesse Eisinger, « Trump Administration Imposes Freeze On EPA Grants and Contracts », sur Pro Publica,‎ .
  19. (en) Willa Frej Reporter et The Huffington Post Elise Foley Immigration, « Trump Targets Muslims, Refugees In New Executive Order Issued On Holocaust Remembrance Day », sur The Huffington Post,‎ (consulté le 28 janvier 2017).
  20. « Donald Trump durcit la politique d’immigration pour stopper les « terroristes islamiques » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  21. Former Norway PM held at Washington airport over 2014 visit to Iran, Nadia Khomami, The Guardian, 3 février 2017
  22. « Les questions posées par l’application du décret anti-immigration de Donald Trump », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  23. Corine Lesnes, « Etats-Unis : les défenseurs des droits civiques remportent une bataille contre le décret anti-immigration de Donald Trump », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  24. « Le ministre de la justice Dana Boente appliquera le décret migratoire de Donald Trump », sur La Croix,‎ .
  25. « La diplomatie américaine réinstaure les visas révoqués par le décret migratoire, Trump en colère », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne).
  26. Andrew Beatty et Shahzad Abdul, « Décret sur l'immigration: l'appel de Trump est rejeté », La Presse,‎ (lire en ligne).
  27. (en) « Appeals Court Shoots Down DOJ Request To Immediately Restore Travel Ban », sur The Huffington Post,‎ (consulté le 5 février 2017).
  28. Le décret anti-immigration reste suspendu, Trump promet de se battre, La libre Belgique, 10 février 2017
  29. Des juges qui ont suspendu le décret Trump sont sous protection policière renforcée, Claire Levenson, Slate.fr, 10 février 2017
  30. Donald Trump renonce à faire appel contre le blocage de son décret anti-immigration, HuffingtonPost, 16 février 2016
  31. Trump’s ‘Take the Oil’ Plan Would Violate Geneva Conventions, Experts Say, Damian Paletta, Wall Street Journal, 8 septembre 2016
  32. Jim Mattis Says U.S. Isn’t in Iraq to Take Its Oil, Gordon Lubold, Wall Street Journal, 20 février 2017
  33. « Le président mexicain Enrique Pena Nieto prend Donald Trump au mot et annule sa visite aux Etats-Unis », sur huffingtonpost.fr,‎ .
  34. « Trump et Poutine parlent du conflit israélo-palestinien et de l’accord iranien », The Times of Israël,‎ (lire en ligne).
  35. Gilles Paris, Frédéric Saliba et Caroline Taïx, « Un accord sur les réfugiés avec l’Australie énerve Donald Trump », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  36. Jean-Marie Pottier, « Ce n'est pas la première fois que la Maison-Blanche part en guerre contre ces «fils de pute» de journalistes », Slate.fr,‎ (lire en ligne).
  37. « Investiture de Trump : le porte-parole qui amuse par sa mauvaise foi », Le Point,‎ (lire en ligne).
  38. « Pour nier les mensonges de Trump, sa conseillère a osé inventer le concept de... "faits alternatifs" », sur Le Huffington Post,‎ (consulté le 7 février 2017).
  39. « Donald Trump contre les médias : comment la salle de presse de la Maison Blanche est devenue un champ de bataille », Franceinfo,‎ (lire en ligne).
  40. « Trump accuse les médias de négliger les attaques terroristes », La Presse,‎ (lire en ligne).
  41. Claire Levenson, « La Maison-Blanche accuse les médias d'avoir ignoré les attentats de Paris et de Nice », Slate.fr,‎ (lire en ligne).
  42. Pierre Breteau et Clément Martel, « Les « attentats passés sous silence » selon Donald Trump ont pourtant été relayés par la presse », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  43. Anthony Berthelier, « La liste approximative de Trump sur les attaques terroristes prétendument passées sous silence », sur Le Huffington Post,‎ (consulté le 9 février 2017).
  44. « Après 4 semaines au pouvoir, Trump laisse éclater sa colère », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne).
  45. Paul Guyonnet, « Quand Donald Trump donne une conférence à la presse, mais pour dire tout le mal qu'il pense d'elle », sur Le Huffington Post,‎ (consulté le 20 février 2017).
  46. (en) Josh Dawsey et Alex Isenstadt, « Trump unleashes fury after four long weeks », Politico,‎ (lire en ligne).
  47. « Trump traite plusieurs médias "d'ennemis des Américains" », La libre Belgique,‎ (lire en ligne).

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