Jerry Brown

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Jerry Brown
Jerry Brown, en 2009.
Jerry Brown, en 2009.
Fonctions
Gouverneur de Californie
En fonction depuis le
(6 ans 4 mois et 23 jours)
Réélection
Lieutenant-gouverneur Abel Maldonado (en)
Gavin Newsom
Prédécesseur Arnold Schwarzenegger

(7 ans 11 mois et 28 jours)
Élection
Réélection
Lieutenant-gouverneur Mervyn Dymally
Mike Curb
Prédécesseur Ronald Reagan
Successeur George Deukmejian
31e procureur général de Californie

(3 ans 11 mois et 25 jours)
Prédécesseur Bill Lockyer
Successeur Kamala Harris
44e maire d'Oakland

(8 ans et 4 jours)
Prédécesseur Elihu Harris
Successeur Ron Dellums
24e secrétaire d'État de Californie

(4 ans et 2 jours)
Prédécesseur H. P. Sullivan
Successeur March Fong Eu
Biographie
Nom de naissance Edmund Gerald Brown, Junior
Date de naissance (79 ans)
Lieu de naissance San Francisco, Californie (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti démocrate
Diplômé de Université de Berkeley
Yale Law School
Profession Avocat
Religion Catholicisme
Site web jerrybrown.org

Signature de Jerry Brown

Seal of the Governor of California.png Seal of the Attorney General of California.jpg
Gouverneurs de Californie
Procureurs généraux de Californie

Edmund Gerald Brown, Jr. dit Jerry Brown, né le à San Francisco, est un avocat et homme politique américain, membre du Parti démocrate et gouverneur de Californie depuis 2011.

Ayant déjà occupé la fonction de 1975 à 1983, il est candidat aux primaires démocrates pour les élections présidentielles de 1976, 1980 et 1992. Il est également maire de la ville d'Oakland entre 1998 et 2006 et procureur général de Californie de 2007 à 2011.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et scolarité[modifier | modifier le code]

Jerry Brown est le fils de Bernice et Pat Brown, 32e gouverneur de Californie entre 1959 et 1967. Après des études à l'université de Santa Clara, il entre dans un séminaire jésuite avec l'intention de devenir prêtre[1]. Il quitte cependant le séminaire en 1960, 6 jours avant son ordination[2], et reprend des études à l'université de Californie à Berkeley avant d'être diplômé en droit à l'université Yale en 1964.

Carrière juridique et entrée en politique[modifier | modifier le code]

Après ses études, Jerry Brown s'installe à Los Angeles et rejoint le cabinet Tuttle & Taylor[1]. Ses premières actions politiques eurent lieu en 1968 à l'occasion d'un manifestation contre la Guerre du Viêt Nam, puis l'année suivant à l'occasion d'une brève participation à une action de César Chávez en faveur des travailleurs immigrés[2]. Cependant, son entrée en politique s'effectue réellement avec son élection, essentiellement due à son nom, au sein du Los Angeles Community College Board of Trustees[2].

En 1970, il est élu secrétaire d'État de Californie, ce qui en fait le responsable du bureau des élections et des archives de l'État. Brown utilise cette position, dont le pouvoir est traditionnellement limité, pour engager des poursuites à l'encontre de grandes compagnies (Standard Oil of California (actuelle Chevron), International Telephone and Telegraph, Gulf Oil et Mobil) pour violation de la loi sur le financement des campagnes politiques.

Jerry Brown fait aussi appliquer des lois exigeant des membres de la législature de l'État de Californie qu'ils révèlent les sources de financement de leurs campagnes et enquêta sur des documents notariés ayant permis à Richard Nixon d'obtenir une importante réduction d'impôts.

Ces actions fortement médiatisées furent fort populaire dans l'état, ce qui lui ouvrit l'accès au poste de gouverneur.

Premier et deuxième mandats de gouverneur de Californie[modifier | modifier le code]

Élu gouverneur de Californie en novembre 1974, Jerry Brown succède en janvier 1975 à Ronald Reagan qui s'est retiré à l'issue de deux mandats et qui avait lui-même succédé à son père, Pat Brown.

Fortement opposé à la guerre du Viêt Nam, Brown dispose d'un large soutien parmi les jeunes libéraux qui dominent alors la scène politique, ce qui ne l'empêche pas d'adopter des positions conservatrices. Ainsi, concernant la loi et l'ordre, il déclare : « Revenons à la bonne vieille idée qu'un individu est responsable de ses actes »[2].

Au lendemain de son élection, il refuse nombre de privilèges et de signes extérieurs liés à sa fonction, renonçant par exemple à la résidence des gouverneurs, la California Governor's Mansion, en faveur d'un appartement plus modeste. Il s'interdit aussi de se faire conduire en limousine comme ses prédécesseurs et se rend au travail par lui-même dans une voiture de l'État.

Au cours de ses huit ans de mandat, Jerry Brown montre un intérêt particulier pour les questions environnementales. Il réforme par ailleurs la politique culturelle de l'État en augmentant son budget de 1 300 %, permettant par exemple l'appointement d'un artiste comme Gary Snyder. En 1975, il obtient la suppression d'une réduction d'impôt profitant aux compagnies pétrolières de Californie. Il nomme à la Cour suprême de Californie le premier Afro-Américain, Wiley Manuel, la première femme, Rose Bird et le premier latino, Cruz Reynoso.

Comme son père, Jerry Brown est fortement opposé à la peine de mort et comme gouverneur, nomme des juges opposés à la peine capitale, notamment Rose Bird à la Cour suprême de l'État. Il met son véto au rétablissement de la peine de mort en 1977 que la législature de l'État passe outre par une majorité qualifiée. Jerry Brown est cependant réélu gouverneur en novembre 1978. Quant au juge Rose Bird et deux autres juges nommés par Brown, ils sont démis de leurs fonctions à la suite d'un référendum révocatoire en 1986[3].

Primaires démocrates de 1976[modifier | modifier le code]

Jerry Brown en 1978.

Jerry Brown se présenta assez tardivement aux primaires démocrates de 1976 pour essayer de faire obstacle à la nomination de Jimmy Carter. Mettant en avant qu'il avait freiné les dépenses de son État et équilibré le budget tout en améliorant la protection sociale, la politique de l'emploi et la protection des consommateurs et de l'environnement, il annonça sa conviction d'un désaveu prochain des politiques gouvernementales dépensières et coûteuses.

Il remporte la primaire du Maryland — État dans lequel il reçoit le soutien de Sargent Shriver, qui venait de renoncer à concourir — et celles du Nevada et de Californie. Largement devancé par Carter, Brown finit troisième de la course à la nomination.

Échec de 1980[modifier | modifier le code]

Jerry Brown se présenta une seconde fois aux primaires démocrates de 1980 comme concurrent du président sortant Jimmy Carter.

Au cours de cette campagne, il mit en avant trois points principaux : un appel à une assemblée constitutionnelle pour ratifier un amendement portant sur l'équilibre budgétaire, la promesse d'augmenter le budget du programme spatial, et à la suite de l'accident nucléaire de Three Mile Island, une opposition claire au programme nucléaire.

En réponse au choc pétrolier de 1979, il se déclara favorable à un accroissement conséquent des fonds destinés à la recherche sur l'énergie solaire. Par ailleurs il a soutenu l'idée d'un service civil obligatoire et s'est montré favorable à un système de sécurité sociale universelle basé sur le marché.

Si sa candidature reçut le soutien d'activistes comme Jane Fonda et Jesse Jackson, le résultat électoral fut peu brillant et il ne recueillit de 2,92 % des suffrages lors des primaires.

Défaite électorale et retour en politique[modifier | modifier le code]

En 1982, Jerry Brown renonce à se présenter une troisième fois au poste de gouverneur de Californie alors que la loi le lui permettait et choisit de se présenter au Sénat des États-Unis. Il entend en effet succéder au républicain S. I. Hayakawa qui ne se représente pas. Battu par le maire de San Diego Pete Wilson, à la suite de cet échec, sa carrière politique est alors considérée comme terminée.

Il effectue cependant son retour en politique en 1989 en prenant la tête du Parti démocrate en Californie face à Steve Westly, futur vice-président d'eBay.

Primaires démocrates de 1992[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il annonça sa décision de participer aux élections primaires de 1992, les commentateurs politiques et des membres de son parti dénoncèrent sa candidature comme une question d'ego n'ayant aucune chance d'aboutir. En réalité, sur la base d'un discours anti-élites, il va se révéler capable de rassembler un grand capital électoral au sein du Parti démocrate.

Au lancement de sa campagne, il indiqua qu'il n'accepterait que les contributions financières individuelles à condition qu'elles ne dépassent pas 100 $. Il se déclara favorable à une limitation du nombre de mandats au Congrès des États-Unis et, s'appuyant sur plusieurs scandales récents, déclara vouloir mettre fin à l'influence des lobbies à Washington.

Bien qu'il défendit différents thèmes au cours de la campagne, dont son opposition à l'Accord de libre-échange nord-américain, c'est sa politique fiscale qui fut au cœur de sa campagne. Il proposa une réforme fiscale supprimant l'impôt progressif sur le revenu et prôna son remplacement par deux taxes : l'une à taux fixe sur les revenus et l'autre sur la valeur ajoutée (les deux taux étant fixés à 13 %)[4]. Cette proposition fut dénoncée comme une régression par ses opposants, mais combinée à une proposition d'augmentation des impôts sur les entreprises et à la suppression des biais d'exonération fiscale, elle rencontra un certain public convaincu que le système d'imposition en place était biaisé en faveur des plus riches.

Après des débuts difficiles lors du caucus de l'Iowa (1,6 %) et de la primaire primaire du New Hampshire, il reporta des victoires étroites dans le Maine, le Colorado, le Nevada, l'Alaska et le Vermont. Après le super mardi, il s'imposa comme le principal concurrent de Bill Clinton. Finalement, il recueillit 20,2 % des voix et finit deuxième de cette course à l'investiture. Bien que choix possible de Clinton pour la vice-présidence, ce dernier choisit le sénateur Al Gore.

Maire d'Oakland[modifier | modifier le code]

En 1998, Jerry Brown est élu maire[5] d'Oakland après avoir fait campagne et obtenu le vote d'un renforcement de la structure municipale de la ville à l'image de ce qui se pratique à San Francisco. Il est réélu avec plus de 60 % des voix en 2002.

Procureur général de Californie[modifier | modifier le code]

En 2006, Jerry Brown est élu procureur général de Californie (Attorney General), ce qui en fait le chef de la justice de l'État, succédant à Bill Lockyer, lui-même élu trésorier de l'État. En avril 2008, il autorise les recherches familiales sur la base de données génétique de l'État, substantiellement agrandie par la proposition 69[6].

Troisième et quatrième mandats de gouverneur[modifier | modifier le code]

Brown en campagne en 2010.

En février 2009, il annonce qu'il est de nouveau candidat à l'investiture démocrate pour le poste de gouverneur de Californie[7]. Il remporte l'élection du face à la républicaine Meg Whitman par 53,8 % des voix contre 40,9 % à cette dernière et redevient gouverneur de Californie le .

Le 4 novembre 2014, il est réélu gouverneur avec 58,7 % des voix en battant le candidat républicain Neel Kashkari, qui obtient 41,3 % des votes. Il aura au cours de son troisième mandat notamment augmenté les impôts sur les hauts revenus et a transformé le déficit de son État en surplus, ce qui joue en sa faveur. Par ailleurs, il signe en 2012 l'autorisation du lancement des travaux du California High-Speed Rail.

En 2016, il annonce son soutien à Kamala Harris qui se présente au Sénat des États-Unis la même année et est remarqué pour son opposition au président élu Donald Trump sur le thème du réchauffement climatique, ce dernier considérant qu'il s'agit d'un « canular ». Brown prend également position contre Trump une fois en fonction lorsqu'il ordonne l'expulsion de plusieurs centaines de millers d'immigrés clandestins, refusant que les forces policières de l'État suivent les directives fédérales dans ce domaine.

Il ne pourra pas se représenter en 2018 mais affirme en 2017 qu'il « n'est pas à exclure » qu'il se présente aux élections présidentielles de 2020, bien qu'il aura 82 ans et reconnaissant son âge comme un handicap. La même année, il propose une loi visant à augmenter les impôts pour soutenir la construction d'infrastructures de transport en Californie[8]. Son lieutenant-gouverneur Gavin Newsom est favori pour lui succéder.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le gouverneur Jerry Brown est le sujet principal de la chanson California Über Alles, du groupe de punk hardcore Dead Kennedys.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biographie de Jerry Brown sur son site de campagne pour l'élection au poste d'Attornay Général de Californie en 2010. http://www.jerrybrown.org/about
  2. a, b, c et d (en) « Now the Candid Sell », Time, 21 octobre 1974.
  3. "Rose Bird, Once California's Chief Justice, Is Dead at 63", New York Times, 6 décembre 1999.
  4. « How To Simplify the Crazy Tax Code », Time, Dan Goodgame Washington, 20 avril 1992, http://www.time.com/time/magazine/article/0,9171,975330,00.html
  5. (en) Jerry Brown will heal Oakland, Examiner, William Wong, 4 juin 1998.
  6. Jeffrey Rosen (en) (professeur à la faculté de droit de l'université George Washington), « Genetic Surveillance for All? », Slate, 17 mars 2009
  7. Trente-quatre ans plus tard, Jerry Brown est de nouveau candidat au poste de gouverneur sur le site du Los Angeles Times.
  8. (en) Jerry Brown on runnung for President : "don't rule it out", The Hill, 31 mars 2017.