Marco Rubio

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Marco Rubio
Image illustrative de l'article Marco Rubio
Fonctions
Sénateur des États-Unis
pour la Floride
En fonction depuis le
Prédécesseur George LeMieux
Biographie
Date de naissance (45 ans)
Lieu de naissance Miami, Floride (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Républicain
Diplômé de Université de Floride
Université de Miami
Religion Catholicisme

Marco Antonio Rubio, né le à Miami (Floride), est un homme politique américain, membre du Parti républicain. Il est président de la Chambre des représentants de la Floride entre 2006 et 2008. Rubio est élu sénateur de Floride lors de l'élection de novembre 2010.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mario et Oria Rubio, les parents de Marco, immigrent de Cuba en 1956[1]. Son père travaille comme barman et sa mère comme gouvernante dans l'hôtellerie. Les Rubio déménagent à Las Vegas en 1979, pour revenir à Miami en 1985.

Rubio sort du lycée en 1989 et rejoint l'université de Tarkio (à Tarkio, Missouri) sur une bourse sportive pour jouer au football américain. Il entre en 1990 au Santa Fe Community College de Gainesville, puis à l'université de Floride.

Rubio obtient son B.S. de l'université de Floride en 1993 et son Juris Doctor cum laude en 1996. Pendant son cursus, il effectue un stage dans le cabinet de la représentante Ileana Ros-Lehtinen.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Rubio est catholique. Il est initialement baptisé dans la foi mormone puis devient baptiste et de nouveau catholique.

Il est marié à Jeanette Dousdebes, une ancienne pom-pom girl des Miami Dolphins[1]. Le couple a quatre enfants : Amanda, Daniella, Anthony et Dominick. Les Rubio vivent à West Miami.

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Lors de l'élection présidentielle de 1996, il dirige la campagne du candidat républicain Bob Dole en Floride[1].

Rubio est élu City Commissioner de West Miami, avant d'être élu, lors d'une élection spéciale, représentant à la chambre de Floride pour le 111e district (situé dans le comté de Miami-Dade) le 25 janvier 2000. Il a depuis été réélu en 2002, 2004 et 2006[2]. En novembre 2006, il est élu président de la chambre des représentants de Floride pour la législature 2006-2008 ; il est le premier Cubain-Américain à occuper cette fonction[1]. En 2008, il ne se représente pas au 111e district et le républicain Erik Fresen (en) est élu.

Rubio est l'auteur du livre « 100 Innovative Ideas for Florida's Future », un recueil d'idées entendues lors de voyages dans l'État lors d'« Idearaisers » et qui est apprécié par les conservateurs au niveau national, en particulier Newt Gingrich[3].

En 2007, Rubio promeut une réforme du système d'imposition de Floride. Il souhaite réduire la taxe foncière et diminuer l'importance de l'État (diminuer le nombre de salariés de l'État, réduire les domaines dans lesquels l'État intervient). Il n'arrive pas à faire passer sa réforme, mais un plan plus réduit, soutenu par le gouverneur Charlie Crist est toutefois voté.

Son ascension rapide sur la scène politique floridienne est expliquée par Manuel Roig-Franzia par la volonté qu'a Rubio de travailler sur des dossiers complexes, comme la commission de découpage électoral, pour apprendre et se faire remarquer des personnalités politiques plus âgées et plus influentes[3].

Sénateur des États-Unis[modifier | modifier le code]

Article connexe : Élections de 2010 en Floride.

Le , Rubio annonce sur son site Internet qu'il a l'intention d'obtenir l'investiture républicaine pour le poste de sénateur laissé vacant par le républicain Mel Martínez lors de l'élection en 2010. Dans la campagne pour l'investiture républicaine, Rubio est opposé, entre autres, au gouverneur Charlie Crist, considéré comme un républicain modéré. Présenté comme le futur de l'aile conservatrice du parti républicain, Rubio est fortement soutenu au niveau national, médiatiquement comme financièrement. Crist de son côté souffre dans les sondages, peinant à justifier aux électeurs républicains son vote en faveur du plan de relance économique mis en place par l'administration Obama. Crist se retire de la course à l'investiture républicaine le 28 avril 2010 pour se présenter à la sénatoriale en candidat indépendant. Rubio remporte facilement la primaire républicaine du 24 août. Le 2 novembre, l'élection oppose Rubio à Charlie Crist et au candidat démocrate Kendrick Meek. Rubio l'emporte avec 48,9 % des voix[4] devant Crist (29,71 %) et Meek (20,19 %).

Rubio intègre un groupe bipartisan de sénateurs, le Gang of Eight, cherchant à réformer la politique d'immigration. Les principaux points de la réforme proposée sont la régularisation puis la naturalisation de plus de onze millions d'immigrés clandestins, le durcissement de la sécurité aux frontières (principalement la frontière États-Unis-Mexique) et la création d'un programme d'accueil des travailleurs immigrés. Cette réforme est critiquée par ceux qui ont soutenu Rubio lors de son élection, comme les Tea Parties. Rubio s'implique pour rassurer ces derniers et multiplie les interventions dans les médias conservateurs. En juin 2013, le texte est voté au Sénat[5],[6],[7].

Il est mis en avant comme faisant partie de la nouvelle génération de personnalités politiques républicaines, d'origine immigrée, comme le gouverneur de Caroline du Sud Nikki Haley ou celle du Nouveau-Mexique, Susana Martinez[8].

Le , il annonce son soutien à Mitt Romney à l'investiture républicaine[9].

Primaires présidentielles républicaines de 2016[modifier | modifier le code]

Marco Rubio en campagne pour l'investiture républicaine, en juin 2015.

Candidat présenté comme modéré et pro-immigration, il apparait avec Jeb Bush comme le favori des dirigeants du Parti républicain. Il réalise un score inattendu (23 %) lors du caucus de l'Iowa, talonnant les deux candidats anti-establishment Donald Trump (24 %) et Ted Cruz (28 %). Il obtient un résultat décevant lors de la primaire du New Hampshire, mais arrive en deuxième position en Caroline du Sud, ce qui fait de lui le favori des primaires aux côtés de Donald Trump[10]. Sévèrement battu par Donald Trump dans son fief de la Floride le 15 mars 2016, il jette l'éponge le soir même[11]. En tout, il aura remporté trois consultations : le Minnesota, Porto Rico et la capitale fédérale, Washington D.C.

Après son échec[modifier | modifier le code]

En 2015, Rubio annonce que si sa candidature à l'investiture républicaine échoue, il ne sera pas candidat pour le renouvellement de son mandat de sénateur de Floride (élection qui a aussi lieu en novembre 2016). Rubio écarte aussi la possibilité de présenter sa candidature au poste de gouverneur de Floride en 2020[12],[13]. En juin, Rubio change d'avis et présente sa candidature à l'élection sénatoriale de Floride. Carlos López-Cantera qui se présentait du côté républicain pour le remplacer, annonce l'arrêt de sa propre campagne[14].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Positionnement[modifier | modifier le code]

Rubio est initialement soutenu par le Tea Party, mais son appui en 2013 à une réforme globale de la loi sur l'immigration lui a fait perdre des soutiens chez cette frange du Parti républicain[15],[16]. La position de Rubio sur la sécurité nationale militaire, la politique étrangère et des questions telles que son soutien à armer les rebelles syriens et pour la NSA a aussi aliéné certains militants libertariens de ce groupe[16],[17].

Économie[modifier | modifier le code]

Marco Rubio insiste pour équilibrer le budget fédéral, tout en privilégiant les dépenses militaires. Il prévoit de fixer l'impôt sur les sociétés à 25 %, de réformer le Code fiscal en limitant les restrictions sur le capital et d'augmenter l'âge de la retraite.

Société[modifier | modifier le code]

Rubio est un conservateur en désaccord avec la décision de la Cour suprême légalisant globalement le mariage homosexuel aux États-Unis et estime que la question devrait être tranchée par les États. Il est pro-vie, s'oppose à l'avortement. Il se prononce contre la dépénalisation des drogues illicites, dont celle du cannabis dans certains États[18],[19]. Rubio veut abroger le programme d'accession à l'assurance maladie (Obamacare), voté par le Président Barack Obama, et le remplacer par des crédits d'impôt et moins de réglementation. Rubio est pour la peine capitale et s'oppose aux longues batailles juridiques en favorisant la rationalisation du processus d'appel[20]. Il s'oppose à la neutralité du net qui exige des fournisseurs de services Internet de traiter les données sur Internet sans préférence de source ou contenu.

Immigration[modifier | modifier le code]

Il prône un élargissement des mesures visant à sécuriser des frontières du pays tout en offrant un statut juridique aux personnes qui sont venus aux États-Unis illégalement. Il croit aussi qu'il devrait y avoir une enquête plus approfondie sur les antécédents des réfugiés et que la recherche d'un seul projet de loi de réforme de l'immigration serait illusoire[réf. nécessaire]. Il refuse d'accepter les réfugiés syriens pour raisons de sécurité car il serait difficile de vérifier leurs antécédents[réf. nécessaire], mais favorise la création d'un zone d'exclusion aérienne pour les protéger des bombardements des forces du président Bachar al-Assad.

Environnement[modifier | modifier le code]

Il est un climato-sceptique qui s'oppose aux mesures visant à limiter les émissions de carbone, les jugeant inefficaces et économiquement nuisibles[21],[22],[23].

Éducation[modifier | modifier le code]

Il soutient l'expansion des écoles à charte privée mais à financement public, s'oppose aux normes nationales communes et veut abolir le ministère fédéral de l'Éducation[24].

Sécurité[modifier | modifier le code]

Rubio favorise la collecte des métadonnées en vrac, est contre les lois de contrôle des armes à feu, se méfie de la Chine en matière de sécurité nationale et des droits de l'homme, souhaite renforcer la présence militaire des États-Unis en Asie.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Rubio rejette le Plan global d'action conjoint de normalisation des relations avec l'Iran, signé par le président Obama en 2015, et est un partisan du maintien des sanctions. Il favorise l'intervention des forces sunnites locales contre l'État islamique en Irak et en Syrie[25],[20]. Il appuie l'Accord de partenariat transpacifique parce que les États-Unis risquent selon lui d'être exclus du commerce mondial.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Maurin Picard, « Marco Rubio, l'envol du Cubain-Américain », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », vendredi 30 octobre 2015, page 34.
  2. http://www.myfloridahouse.gov/Sections/Representatives/details.aspx?MemberId=4180&SessionId=42
  3. a et b (en) « Who is Marco Rubio? Life Story Revealed in Manuel Roig-Franzia’s Biography », The Daily Beast,‎
  4. (en) Secrétariat d'État de Floride
  5. (en) Sean Sullivan, « Marco Rubio, salesman », Washington Post,‎
  6. (en) Rachel Weiner, « Marco Rubio responds to angry tea party activists », Washington Post,‎
  7. « Le Sénat américain adopte la réforme de l'immigration », AFP et Le Monde,‎
  8. Adèle Smith, « Nikki Haley, nouvelle figure républicaine de la diversité », in Le Figaro, mercredi 29 août 2012, page 5.
  9. « USA : Marco Rubio soutient Mitt Romney », Le Figaro,‎ .
  10. http://www.nytimes.com/2016/02/21/upshot/hillary-clintons-nevada-victory-suggests-she-still-has-edge-nationally.html
  11. http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/03/16/primaires-us-la-chute-de-marco-rubio-l-enfant-prodige-de-floride_4883839_829254.html
  12. (en) Catalina Camia, « Marco Rubio: No Plan B to pivot back to Florida Senate race », USA Today,‎
  13. (en) Chris Cillizza, « 5 people who are never going to be Donald Trump’s vice president », The Washington Post,‎
  14. (en) Mike DeBonis, Ed O'Keefe et Sean Sullivan, « Marco Rubio will seek Senate reelection, reversing pledge not to run », The Washington Post,‎
  15. (en) « He was swept into the Senate in the Tea Party wave of 2010 but has fought to strengthen ties with conservatives after he helped lead a failed push for comprehensive immigration reform in 2013 », Reuters, série Factbox: Republican 2016 presidential field swells to 14 with Christie,‎ (lire en ligne).
  16. a et b (en) Tim Mak, « Tea Partiers Rage Against Rubio 2016 », Daily Beast,‎ 13 avril 2015) (lire en ligne).
  17. (en) « The budget and spending fight highlights widening divisions in the Republican Party between conservatives like Florida's Marco Rubio, concerned about shoring up the military, and Tea Party-aligned Republicans, like Cruz and Paul, more committed to limiting the size of government », Bloomberg News, série Budget Brawl Gives Ted Cruz, Rand Paul a Chance to Break Out,‎ (lire en ligne).
  18. (en) Alex Leary, « Rubio comes out in limited support of medical marijuana », Tampa Bay Times,‎ (lire en ligne).
  19. (en) Mollie Reilly, « Marco Rubio Claims There's No Responsible Way To Recreationally Use Marijuana », The Huffington Post,‎ 19 mai 2014) (lire en ligne).
  20. a et b (en) « Marco Rubio on the Issues », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  21. (en) Marc Caputo, « Marco Rubio explains his climate-change skepticism », The Miami Herald,‎ (lire en ligne) :

    « I’ve never denied that there is a climate change, Rubio said. The question is: Is man-made activity causing the changes in the climate? Rubio, however, won’t answer that with a yes or no. »

    .
  22. (en) Brian Bennett, « Marco Rubio says human activity isn't causing climate change », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne) :

    « I do not believe that human activity is causing these dramatic changes to our climate the way these scientists are portraying it »

    .
  23. (en) Julie Kliegman, « Has Marco Rubio backtracked on climate change? », PolitiFact,‎ .
  24. (en) Ashley Parker, « Marco Rubio Swings Through New Hampshire », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  25. (en) Geoffrey Guray, « What does Marco Rubio believe? Where the candidate stands on 10 issues », PBS NewsHour,‎ (consulté le 15 octobre 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]