Joe Biden

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Joe Biden
Illustration.
Joe Biden en 2020.
Fonctions
47e vice-président des États-Unis

(8 ans)
Élection
Réélection
Président Barack Obama
Gouvernement Administration Obama
Prédécesseur Dick Cheney
Successeur Mike Pence
Sénateur des États-Unis

(36 ans et 12 jours)
Élection
Réélection
6 novembre 1984
6 novembre 1990
5 novembre 1996
5 novembre 2002
4 novembre 2008
Circonscription Delaware
Groupe politique Démocrate
Prédécesseur J. Caleb Boggs
Successeur Ted Kaufman
Biographie
Nom de naissance Joseph Robinette Biden, Junior
Date de naissance (77 ans)
Lieu de naissance Scranton (Pennsylvanie, États-Unis)
Nationalité Américain
Parti politique Parti démocrate (depuis 1969)
Conjoint Neilia Hunter (1966-1972)
Jill Jacobs (depuis 1977)
Enfants 4, dont Beau et Hunter Biden
Diplômé de Université du Delaware
Université de Syracuse
Profession Professeur de droit constitutionnel
Distinctions Médaille présidentielle de la Liberté (en 2017)
Religion Catholicisme

Signature de Joe Biden

Joe Biden Joe Biden
Vice-présidents des États-Unis
Sénateurs des États-Unis pour le Delaware

Joseph Robinette Biden, Jr.[a], dit Joe Biden, né le à Scranton (Pennsylvanie), est un homme d'État américain. Il est notamment vice-président des États-Unis de 2009 à 2017.

Sénateur fédéral pour le Delaware de 1973 à 2009, il est considéré comme appartenant à l’aile droite du Parti démocrate et préside le comité judiciaire et criminel de la chambre haute du Congrès de 1987 à 1995. Il est également à la tête à deux reprises, entre 2001 et 2009, du comité des affaires étrangères du Sénat.

Candidat sans succès aux primaires démocrates en vue des élections présidentielles de 1988 et de 2008, il est choisi par Barack Obama pour être son colistier comme candidat à la vice-présidence des États-Unis pour l'élection de 2008 ; il est élu avec celui-ci et devient le premier vice-président catholique dans l'histoire américaine. Il est réélu avec Barack Obama en 2012.

Âgé de 77 ans, il remporte les primaires démocrates pour l'élection présidentielle de 2020 et devient le candidat de son parti pour affronter le président sortant Donald Trump lors de l'élection générale. Il choisit Kamala Harris comme candidate à la vice-présidence.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Joseph Biden naît le dans une famille catholique irlandaise modeste de Scranton (Pennsylvanie). Il est le fils de Joseph R. Biden, Sr. et de son épouse Catherine Eugenia Biden (née Finnegan). Sa grand-mère paternelle, Mary Elizabeth Biden (née Robinette), descend de huguenots français ayant émigré en Angleterre puis en Pennsylvanie. Joseph Biden grandit avec ses deux frères et ses deux sœurs, d'abord à Scranton puis, après ses 10 ans, à Claymont dans le comté de New Castle, État du Delaware, où son père (fils d'un ancien dirigeant d'American Oil Company ayant fait faillite[1]) vend des voitures.

Diplômé d'histoire et de science politique en 1965 à l'université du Delaware, il poursuit des études supérieures à la faculté de droit de l'université de Syracuse. Il y rencontre Neilia Hunter qu'il épouse en 1966 et avec qui il a trois enfants.

Après avoir obtenu un diplôme en droit en 1968, il commence une carrière juridique à Wilmington (Delaware)[2].

En décembre 1972, sa femme et leurs trois enfants sont victimes d’un accident de la route, leur voiture ayant été percutée par un tracteur de semi-remorque. Son épouse et sa fille Naomi Christina, âgée de treize mois, sont tuées, et ses deux fils sont gravement blessés[3]. Par la suite, Biden déclare plusieurs fois que le conducteur du camion avait bu de l'alcool avant la collision, mais la famille du conducteur a nié cette affirmation et la police ne l'a jamais prouvée[4],[5],[6],[7].

Joe Biden élève seul ses deux fils puis se remarie, en 1977, avec Jill Tracy Jacobs avec qui il a une fille, Ashley, née en 1981[8].

Son fils aîné, Beau Biden, est élu procureur général du Delaware en 2006 et 2010[9] après avoir été capitaine dans une unité de la garde nationale du Delaware, et avoir servi durant la guerre en Irak de 2003[9]. Ce dernier meurt d'un cancer du cerveau en 2015. Son second fils, Hunter Biden, est avocat à Washington ; sa participation à partir de 2014 au directoire d'une des plus importantes compagnies gazières ukrainiennes, Burisma (en) suscite des controverses en lien notamment avec la fonction de son père[10],[11],[12].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts et ascension[modifier | modifier le code]

Joe Biden est membre du conseil du comté de New Castle de 1970 à 1972.

Sénateur pour le Delaware[modifier | modifier le code]

En , il est élu au Sénat des États-Unis sous l’étiquette du Parti démocrate. Il est constamment réélu jusqu'à son accession à la vice-présidence des États-Unis.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Joe Biden en 1987.

Président de la commission judiciaire du Sénat de 1987 à 1995, Joe Biden parvient à bloquer la nomination de Robert Bork à la Cour suprême des États-Unis et tente aussi, sans succès, de bloquer celle de Clarence Thomas, lors de sa nomination par le président George H. W. Bush. Les deux procédures sont marquées au Sénat par des attaques personnelles.

Parmi les lois dont Joe Biden est l'auteur ou le coauteur, la plus reconnue est celle de 1994 sur les crimes violents intitulée Violent Crime Control and Law Enforcement Act of 1994, plus connue sous le nom de « Biden Crime Law », celle également contre la violence domestique sur les femmes de 2000 (Violence Against Women Act of 2000) mais dont une partie est déclarée par la suite inconstitutionnelle et enfin les lois contre les narcotrafiquants. Joe Biden est un farouche partisan de la propriété intellectuelle, lié à la Recording Industry Association of America, la Motion Picture Association of America et la Business Software Alliance. Il est un fort soutien du Digital Millennium Copyright Act[13].

Il est connu pour être non seulement un « bavard » mais aussi pour tenir parfois des propos embarrassants[3], le Los Angeles Times le surnommant ainsi « la machine à gaffes[14] ». Il déclara notamment que l'on ne pouvait pas « entrer dans un 7-Eleven ou un Dunkin Donuts [des petits magasins populaires] à moins d'avoir un léger accent indien[15] ».

Au comité des affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Membre du comité des affaires étrangères du Sénat, il en devient le chef de la minorité démocrate en 1997. En tant que tel, il est l'un des premiers, au milieu des années 1990, à demander la levée de l'embargo sur les armes à destination des musulmans de Bosnie[16] lors de la guerre en ex-Yougoslavie et à qualifier le président serbe Slobodan Milosević de criminel de guerre. Il fut le coauteur en 1999, avec le républicain John McCain, futur adversaire d'Obama en 2008, d'une résolution du Congrès autorisant le président Bill Clinton à utiliser la force nécessaire pour faire cesser les violences contre les droits de l'homme au Kosovo[17].

Après les attentats du 11 septembre 2001, en tant que président du Comité des affaires étrangères du Sénat, il est le premier élu américain à se rendre en Afghanistan, en janvier 2002, après la chute des talibans[18]. Durant la présidence de George W. Bush, il soutient ainsi le président Hamid Karzai contre ceux qui, au sein de l'administration, préfèrent modérer son pouvoir en favorisant un schéma décentralisé et régional, quitte à favoriser les seigneurs de guerre[18].

Joe Biden en 2005.

Par ailleurs, Joe Biden organise des auditions sur l'Irak. Il en conclut alors que les États-Unis « n'ont d'autre choix que d'éliminer Saddam Hussein » mais soutient une opération menée dans le cadre de l'ONU[16]. Comme l'extrême majorité du Congrès, il vote également en faveur du Patriot Act et, en octobre 2002, en faveur de la résolution autorisant le président George W. Bush à mener des opérations militaires à l'encontre de l'Irak[3]. Il n'en devient pas moins l'un des plus virulents critiques de la gestion de l'après-guerre, proposant en 2006 la partition de l’Irak entre chiites, sunnites et Kurdes[19] ainsi que la prise en charge par la communauté internationale de l'occupation du pays.

Il considère aussi que l'administration Bush se concentre trop sur l'Irak au détriment de l'aide à la reconstruction de l'Afghanistan[18]. Après y avoir été favorable, il s'est opposé, sans succès, au renforcement militaire des troupes militaires américaines en 2007 déclarant que le renforcement des effectifs sur place n'était « pas dans l'intérêt de la nation[20] ».

Primaires présidentielles démocrates de 1988 et de 2008[modifier | modifier le code]

Candidat aux élections primaires démocrates en vue de l'élection présidentielle de novembre 1988, Biden est obligé d'abandonner la course présidentielle, à la suite du scandale provoqué par son plagiat d'un discours du leader travailliste anglais, Neil Kinnock, qu'il avait prononcé lors de sa campagne électorale dans l'État d'Iowa[21]. Le scandale, révélé par l'équipe de campagne de Michael Dukakis, a également révélé une ancienne affaire de plagiat alors qu'il était étudiant en droit, vingt ans plus tôt. Son hospitalisation pour une double rupture d'anévrisme met fin à sa campagne électorale. Il lui faut sept mois de convalescence avant de revenir au Congrès.

En 2003, Biden refuse d'être candidat aux primaires démocrates malgré les sollicitations de son camp. Candidat putatif à la vice-présidence au côté de John Kerry en 2004, il fait publiquement part de son choix personnel pour un ticket présidentiel entre Kerry et le républicain John McCain, un ami personnel des deux hommes[22].

Vingt ans après sa première tentative, il est de nouveau candidat en vue de l’élection présidentielle de 2008. Aux primaires démocrates, il invoque une faible capacité de jugement de Barack Obama en matière de politique étrangère, affirme que ce dernier n'est pas prêt à être président[23] et raille son style à l'emporte-pièce, déclarant qu'il « est le premier [candidat] afro-américain qui s'exprime bien, soit brillant, propre sur lui et beau garçon[16] ». Il présente par la suite des excuses pour cette déclaration face aux accusations de racisme de plusieurs commentateurs politiques[24],[25]. Arrivé cinquième lors du caucus de l'Iowa, Joe Biden se retire de la course dès janvier 2008 sans prendre parti ni pour Barack Obama ni pour Hillary Clinton.

Colistier de Barack Obama en 2008[modifier | modifier le code]

Joe Biden et Barack Obama lors de l'annonce de sa sélection comme candidat à la vice-présidence (, Springfield).

En , Barack Obama annonce l’avoir désigné pour être son colistier sur le ticket démocrate aux élections de novembre[26]. En choisissant Joe Biden comme colistier, Barack Obama opte selon les médias pour un homme qui lui permet de se prémunir de l'accusation d'« inexpérience », notamment en politique étrangère[27].

S'adressant à des donateurs de Seattle le , Joe Biden commet une « gaffe » en déclarant : « Croyez-moi. Il ne se passera pas six mois avant que le monde ne mette à l'épreuve Barack Obama, comme il l'avait fait avec Kennedy [...]. Écoutez, nous allons avoir une crise internationale, une crise fabriquée, pour voir de quel bois se chauffe ce gars-là [...]. Je vous garantis que cela va arriver. ». Destinée initialement à démontrer la pugnacité et le courage de son jeune colistier en le comparant au JFK de la crise des missiles de Cuba, cette déclaration maladroite est exploitée par McCain, qui juge que le pays n'a pas besoin « d'un président qui invite le monde à le tester à un moment où notre économie est en crise, et où les Américains se battent déjà dans deux guerres »[28].

Le , en tant que colistier de Barack Obama, il est élu vice-président des États-Unis. Ce même jour, il est également réélu sénateur du Delaware (un tiers du Sénat était renouvelé). Bien que se présentant à la vice-présidence, il maintient sa candidature à l'élection sénatoriale comme le permet la loi au Delaware. Le , avant sa prise de fonction comme vice-président, il démissionne de son poste de sénateur ; le démocrate Ted Kaufman le remplace jusqu'en 2011[29].

Vice-président des États-Unis[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]

Premier portrait officiel de Joe Biden comme vice-président des États-Unis (2009).

Comme le veut la tradition, Joe Biden retourne au Delaware peu après l’élection présidentielle. Il reste cependant en contact étroit avec Barack Obama afin de mener le projet de transition.

Joe Biden devient le 47e vice-président des États-Unis le , succédant au républicain Dick Cheney. Il est le premier vice-président américain issu du Delaware et le premier homme de confession catholique à occuper cette fonction[30],[31]. Sa prestation de serment, dirigée par le juge à la Cour suprême John Paul Stevens, a lieu au Capitole.

Durant les premiers mois de l'administration Obama, Joe Biden joue un important rôle de conseiller auprès du président même si son travail reste discret[32]. La vision de Biden de ce que doit être un vice-président marque clairement la rupture avec le très influent vice-président Cheney[32].

Considérant que le président afghan Hamid Karzai faillit à sa tâche de pacifier le pays, il ne soutient plus guère ce dernier[18]. En , le conseiller à la sécurité nationale Antony Blinken est ainsi le seul à ne pas penser que d'importantes opérations de contre-insurrection doivent être montées contre les talibans[33]. Biden veut en effet limiter l'engagement de l'armée américaine en Afghanistan[33].

Par ailleurs, Joe Biden veut faire avancer le dialogue en cours entre les États-Unis et ses alliés les plus proches sur l'avenir de la sécurité européenne[34].

Au niveau international, Joe Biden est mentionné dans l'affaire Megaupload, son créateur Kim Dotcom accuse le vice-président des États-Unis d'avoir fermé Megaupload par intérêt pour la MPAA (Motion Picture Association of America), plus particulièrement pour son ami Chris Dodd, CEO de la MPAA[35].

Second mandat[modifier | modifier le code]

Le , il est réélu vice-président en tant que colistier de Barack Obama. Il prête serment le devant le Capitole.

Il se rend en France au début de l'année 2013, afin de rencontrer le président François Hollande, devant s’entretenir avec celui-ci sur la question de la guerre du Mali. Barack Obama lui a confié en la mission de trouver des propositions sur le port des armes à feu après la tuerie de l'école primaire Sandy Hook et la fusillade d'Aurora notamment. Avec un Congrès républicain et une forte influence de la National Rifle Association, ses efforts sont vains. En , Biden accuse la Turquie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis d'avoir financé des groupes djihadistes en Syrie : « Nos alliés ont versé des centaines de millions de dollars et des milliers de tonnes d'armes à tous ceux qui voulaient combattre Assad — sauf que les personnes qui étaient équipées étaient le Front al-Nosra et Al-Qaïda et des éléments extrémistes djihadistes venus de toutes les parties du monde[36]. » Il fait cependant machine arrière quelques jours plus tard et présente ses excuses à ces États[37].

Le , cinq mois après la mort son fils Beau et malgré un certain suspense, il annonce sa décision de ne pas se présenter à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2016[38],[39], Lors d'une visite au Mexique en 2016, il présente ses excuses au nom de son pays pour les propositions racistes du candidat républicain Donald Trump, affirmant qu'il ne représente pas ce que la majorité des Américains pensent[40].

Élection présidentielle de 2020[modifier | modifier le code]

Primaires démocrates[modifier | modifier le code]

Joe Biden lors de son premier discours de campagne, le à Philadelphie.

Dès 2017, les spéculations sur sa possible candidature aux primaires démocrates pour l’élection présidentielle de 2020 se multiplient, notamment après la publication de ses mémoires[41],[42]. Perçu comme le grand favori de la course s'il choisit de se présenter, il annonce sa candidature aux primaires le [43],[44].

Si les médias mettent en avant son expérience et sa modération, il connaît un début de campagne difficile[45]. Avant même son entrée en lice, il est notamment accusé d’attouchements et comportements inappropriés par plusieurs femmes, dont une élue démocrate[46]. En , il présente une nouvelle fois ses excuses pour son comportement controversé durant l'audition d'Anita Hill en 1991, quand celle-ci témoigna contre un juge de la Cour suprême qu'elle accusait de harcèlement sexuel[47]. L’âge de Joe Biden, qui deviendrait le président le plus âgé de l'histoire des États-Unis s'il était élu, est également vu comme un obstacle face à la jeunesse de plusieurs autres candidats[48],[49].

Son positionnement politique plus centriste que ceux de ses adversaires (notamment Bernie Sanders et Elizabeth Warren)[50], sa richesse personnelle[51] et ses prises de position passées (opposition au busing et au mariage homosexuel, soutien à l’amendement Hyde (en), vote pour l'annulation du Glass-Steagall Act, vote en faveur du Violent Crime Control and Law Enforcement Act, vote pour la guerre d'Irak) lui attirent de vives critiques[52],[53],[54].

Logo de campagne de Joe Biden pour les primaires présidentielles démocrates de 2020.

En , la révélation d'une conversation téléphonique entre Donald Trump et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, au cours de laquelle le premier aurait demandé l’ouverture d'une enquête contre Hunter Biden, conduit au déclenchement d'une procédure de destitution (impeachment) contre le président des États-Unis. Joe Biden se défend de toute irrégularité dans l'affaire ukrainienne et accuse Donald Trump d'être le « président le plus corrompu de l'histoire moderne »[55]. La procédure contre le président n’aboutit pas, le Sénat, à majorité républicaine, votant contre la destitution.

À la fin de l’année , Joe Biden est moqué pour son slogan de campagne, « Pas de fadaises ! », jugé dépassé[56],[57]. Le , lors d'une réunion en Iowa, il s'emporte contre un électeur qui l’accuse d’être trop vieux pour devenir président et d’avoir favorisé l’accès en Ukraine de Hunter Biden lorsqu’il était vice-président[58],[59]. Le , lors d'un déplacement à Exter (New Hampshire), il annonce ne pas exclure de choisir un colistier issu du Parti républicain comme candidat à la vice-présidence s'il remporte les primaires[60].

Avant le début officiel des primaires, il reçoit le soutien de plus de mille mandataires publics, y compris celui d’anciens responsables nationaux démocrates comme John Kerry[61]. En , il déclare que s’il est élu Président, il proposera la nomination de Barack Obama à la Cour suprême[62]. Il est cependant vivement critiqué par Alexandria Ocasio-Cortez, perçue comme une figure progressiste de l’aile gauche du Parti démocrate[63], qui déclare que dans un autre pays elle ne serait probablement pas membre du même parti politique que Joe Biden[64].

Joe Biden en campagne à Des Moines (Iowa) en janvier 2020.

Lors du caucus de l’Iowa, qui se tient le 3 février 2020, il arrive en quatrième position, derrière Pete Buttigieg, Bernie Sanders et Elizabeth Warren[65] ; ce résultat, qu'il juge lui-même décevant, fragilise son statut de favori[66],[67]. À la primaire du New Hampshire qui suit, il termine en cinquième position[68]. Lors du caucus du Nevada du , il décroche la deuxième place, derrière Bernie Sanders[69]. Notamment grâce à une bonne performance lors d'un débat télévisé entre les prétendants démocrates[70] et au soutien de l’influent député Jim Clyburn[71], il remporte le 29 février la primaire de Caroline du Sud avec 48 % des voix contre 20 % pour Bernie Sanders[72], dans un État où les électeurs démocrates sont majoritairement afro-américains[73]. Dans la foulée, il reçoit le soutien des anciens candidats Pete Buttigieg[74], Amy Klobuchar[75] et Beto O'Rourke[76].

Le rebond de Joe Biden se confirme le , lors du Super Tuesday, où il déjoue la plupart des pronostics et remporte dix États (Alabama, Arkansas, Caroline du Nord, Maine, Massachusetts, Minnesota, Oklahoma, Tennessee, Texas, Virginie)[77]. Ces performances contribuent à raviver sa campagne et le positionnent au coude-à-coude avec Bernie Sanders pour décrocher l'investiture démocrate[78]. Le 5 mars, Michael Bloomberg, qui partage son positionnement modéré, se retire de la course et lui apporte son soutien[79]. Au cours des semaines suivantes, Joe Biden renforce son avance et reprend son statut de favori en remportant successivement l'Arizona, la Floride, l'Idaho, l'Illinois, le Michigan, le Mississippi, le Missouri et l'État de Washington[80],[81]. La pandémie de Covid-19, qui frappe durement les États-Unis à partir du mois de mars, limite les événements publics et interrompt la campagne[82].

En , Bernie Sanders annonce son retrait de la course[83] puis apporte son soutien à Joe Biden[84], qui devient le seul candidat démocrate avec une campagne active. Lors de la Convention nationale démocrate, le , Joe Biden est investi candidat à l'élection présidentielle après une nomination formelle annoncée par le sénateur Chris Coons et la répresentante Lisa Blunt Rochester du Delaware[85]. Il devient ainsi le candidat du Parti démocrate pour affronter Donald Trump lors de l’élection générale.

Élection générale[modifier | modifier le code]

Logo de campagne de Joe Biden et Kamala Harris pour l'élection présidentielle de 2020.

Le , Joe Biden déclare qu'il choisira une femme comme candidate à la vice-présidence s'il remporte les primaires démocrates[86]. Il reçoit le mois suivant le soutien de Barack Obama et Hillary Clinton[87],[88]. Le 11 août, il annonce qu'il choisit la sénatrice Kamala Harris pour être sa colistière[89].

La campagne présidentielle est marquée par des émeutes dans le sillage de Black Lives Matter et par la pandémie de Covid-19, dont la gestion entraîne la diminution des intentions de vote en faveur de Donald Trump, que les sondages donnent devancé de dix points de pourcentage au niveau national[90]. Dans ce contexte, le candidat démocrate annule tout rassemblement et s’exprime uniquement depuis la cave de son domicile du Delaware. Il revient par la suite sur sa décision et annonce qu'il va faire campagne en personne dans les swing states[91],[92].

L’état de santé de Joe Biden fait régulièrement l’objet de spéculations pendant la campagne. Alors qu’il a précédemment été victime de deux attaques cérébrales, d’une embolie pulmonaire et d’une thrombose veineuse profonde, certaines déclarations incohérentes et son apparence éteinte interrogent et conduisent Donald Trump à le qualifier de « dormeur » (« Sleepy Joe »). Refusant de passer un test neuropsychologique, Joe Biden se défend d’être sénile et fait publier par son médecin traitant un bulletin de santé qui n’évoque cependant pas ses capacités mentales. Dans ces conditions, le choix de sa vice-présidente apparaît particulièrement important[93],[94],[95],[96].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Joe Biden est considéré comme appartenant à l'aile modérée du Parti démocrate. Ses positions sont considérées comme centristes et pragmatiques[50]. Il présenta cette position comme un avantage pour battre Trump, permettant les concessions nécessaires et bi-partisanes pour faire passer des lois au congrès, contrairement aux démocrates plus progressistes et plus clivants[97],[98].

Bien que catholique, il est favorable au droit à l'avortement, mais longtemps hostile à son financement public ; il annonce dans le cadre de l'élection présidentielle américaine de 2020 qu'il n'est plus opposé à l'usage de fonds fédéraux pour financer les avortements[99]. Il est lors de ses premiers mandats opposé au mariage homosexuel, mais change progressivement d'avis pour s'y déclarer publiquement favorable en [100]. Il s'oppose à la peine de mort depuis 2019 et souhaite son abolition au niveau fédéral[101] . Il est favorable à un contrôle renforcé de la vente des armes à feu, souhaitant rétablir l'interdiction de la vente des fusils d'assaut. En 2007, il a soutenu la régularisation des immigrés illégaux proposée par le président George W. Bush sous certaines conditions, notamment l'apprentissage obligatoire de l'anglais[27].

Il se prononce en faveur de la fermeture du camp de Guantánamo et s'oppose aux commissions militaires chargées de juger en dehors du droit américain les « combattants ennemis », privés d'habeas corpus[102].

Quelques jours avant de quitter ses fonctions de vice-président en 2017, il qualifie la Russie de « menace » pour « l'ordre libéral international »[103].

Il déclare en avril 2020 que, s'il est élu président, il maintiendra l'ambassade américaine en Israël à Jérusalem, conformément à la décision de Donald Trump[104].

Polémiques[modifier | modifier le code]

Allégations de contacts physiques inappropriés[modifier | modifier le code]

En 2015, lors d'une série événements, Joe Biden pose ses mains sur des femmes et des filles et leur parle de très près. Ce comportement attire l'attention tant de la presse que des réseaux sociaux[105],[106],[107]. Certains l’accusent alors de pédophilie[108]. Des mèmes avec le hashtag « Creepy Joe » (« Joe glauque ») deviennent viraux[108]. Le fils aîné de Donald Trump relaie ensuite la controverse et déclare que Biden devrait « arrêter les attouchements non désirés et garder ses mains pour lui »[108].

En mars 2019, une ancienne élue démocrate de l’Assemblée du Nevada, Lucy Flores, accuse Joe Biden de l'avoir embrassée sans son consentement au niveau de la tête. Elle affirmera sur CNN que « de manière très inattendue, j’ai senti Joe Biden, sorti de nulle part, mettre ses mains sur mes épaules, s’approcher très près de moi par derrière, se pencher, sentir mes cheveux et m’embrasser doucement sur le haut de la tête. [...] C’était choquant »[109].

Le 1er avril 2019, soit quelques jours après la précédente accusation, une autre élue démocrate, Amy Lappos, ancienne assistante au Congrès dénonce des gestes déplacés : « Il a mis sa main autour de mon cou, m'a attirée vers lui pour se frotter le nez contre le mien. Pendant qu'il me tirait vers lui, j'ai cru qu'il allait m'embrasser sur la bouche »[110]. Les jours suivants, cinq autres femmes affirmeront avoir subi des attouchements de la part de Joe Biden[111],[112],[113].

Il répond à ces allégations que « les normes sociales ont commencé à changer » et qu’il sera à l’avenir « plus attentif au respect de l’espace personnel »[114].

À la suite de ces accusations, il est surnommé par ses détracteurs « Joe le tonton pervers » ou encore « Joe le sniffeur »[110].

Accusation de viol par Tara Reade[modifier | modifier le code]

Tara Reade, qui accuse Joe Biden de viol.

Le 15 avril 2020, Joe Biden est accusé de viol par Tara Reade, l'une de ses anciennes assistantes, qui a travaillé pour lui au Sénat entre 1992 et 1993, ce que l'équipe de campagne de Joe Biden dément[115],[116]. Le candidat démocrate rappelle pour sa défense qu'il est à l'origine d'une loi de 1994 pour lutter contre les violences faites aux femmes[117]. Le 8 mai, celle qui l'accuse d'avoir abusé d'elle demande son retrait de la course présidentielle[118]. À cette occasion, le Parti républicain rappelle qu'en 2018 Joe Biden avait soutenu Christine Blasey Ford, qui avait accusé d'agression sexuelle Brett Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême ; Joe Biden avait alors déclaré que lorsqu'une femme témoigne publiquement « sous les feux de la rampe, au niveau national, on doit partir du principe que ce qu'elle dit est la réalité »[119].

Allégations de propos jugés racistes[modifier | modifier le code]

Le 18 juin 2019, Joe Biden crée la polémique en mettant en avant ses bonnes relations avec des sénateurs démocrates pro-ségrégation dans les années 1970 ; « Au moins il y avait une certaine courtoisie. On faisait avancer les choses. On était d’accord sur à peu près rien mais on avançait. On menait les choses à leur terme. Aujourd’hui, aux yeux de l’autre camp, on est l’ennemi. Pas l’opposition mais l’ennemi. On ne se parle plus »[120]. Le 27 juin 2019, lors de la primaire démocrate, la candidate Kamala Harris accuse Joe Biden de l'avoir blessée par ses récents propos et de s'opposer à des politiques favorables aux Afro-américains. Joe Biden dément les accusations[121].

Le 8 août 2019, lors d'un meeting dans l'Iowa sur l'inégalité sociale dans l'éducation devant la Asian and Latino Coalition, il tient les propos suivants : « Les enfants pauvres sont aussi intelligents que les enfants blancs ». Il se corrige directement en ajoutant : « Que les enfants riches, les enfants noirs, les enfants asiatiques ». Cet incident ayant lieu peu après avoir affirmé que Donald Trump a « attisé les flammes de la suprématie blanche » a été considéré comme raciste par la presse[122],[123].

Le 22 mai 2020, Joe Biden est interviewé dans l'émission The Breakfast Club par Charlamagne tha God. À la fin de l'entretien, il déclare : « Je vais vous dire, si vous avez un problème pour décider si vous êtes pour moi ou pour Trump, alors vous n'êtes pas noir ». Il est vivement critiqué pour ces propos. Donald Trump Junior, le fils de Donald Trump, qui avait lui-même qualifié l'échange de dégoûtant, affirme que Joe Biden a « une mentalité raciste dégoûtante et déshumanisante ». Plus tard, l'homme politique reviendra sur ses propos, les qualifiants de « fâcheux »[124],[125],[126].

Gaffes et contre-vérités[modifier | modifier le code]

Pendant sa carrière politique, Joe Biden commet de nombreuses gaffes, et multiplie contre-vérités et déclarations maladroites. En 2008, il présente Barack Obama comme « le premier Afro-Américan populaire qui s'exprime bien, est intelligent et propre sur lui ». En 2017, il déclare qu’il aimait que les enfants lui touchent ses jambes lorsqu’il était maître-nageur. Durant la campagne présidentielle de 2020, il confond Theresa May et Margaret Thatcher, mord la main de sa femme en train de prononcer un discours, relate une remise de décoration en Afghanistan à laquelle il n’a en réalité jamais participé et déclare aimer le Vermont alors qu’il se trouve dans le New Hampshire ou encore qu'il a rencontré les survivants de la fusillade de Parkland avant même qu’elle n’intervienne. Ce comportement et ces déclarations interrogent sur sa santé mentale, et constituent un angle d’attaque pour Donald Trump, qui le présente comme dément. Des blagues sur les serveurs homosexuels lui sont également reprochées[127],[128].

Historique électoral[modifier | modifier le code]

Élection sénatoriales[modifier | modifier le code]

Résultats pour le poste de sénateur de classe 2 du Delaware[129]
Année Joe Biden Républicain Américain (en) Prohibition Libertarien IPD (en) NLP
1972 50,48 % 49,10 % 0,35 % 0,08 %
1978 57,96 % 41,02 % 1,03 %
1984 60,11 % 39,89 %
1990 62,68 % 35,83 % 1,49 %
1996 60,04 % 38,13 % 1,21 % 0,62 %
2002 58,22 % 40,80 % 0,40 % 0,43 % 0,15 %
2008 64,69 % 35,31 %

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il est considéré en 2011 comme l'un des 100 hommes les plus influents de la planète selon le Time Magazine[130].

Le 15 mai 2016, Joe Biden reçoit (conjointement avec John Boehner) la médaille Laetare de l'université de Notre-Dame, considérée comme la plus haute distinction pour les catholiques américains[131].

Le , il est décoré par Barack Obama de la médaille présidentielle de la Liberté avec distinction[132].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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