Rand Paul

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Rand Paul
Illustration.
Portrait officiel de Rand Paul (2011).
Fonctions
Sénateur des États-Unis
En fonction depuis le
(9 ans, 10 mois et 18 jours)
Élection 2 novembre 2010
Réélection 8 novembre 2016
Circonscription Kentucky
Législature 112e, 113e, 114e, 115e et 116e
Groupe politique Républicain
Prédécesseur Jim Bunning
Biographie
Nom de naissance Randal Howard Paul
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Pittsburgh (Pennsylvanie, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Père Ron Paul
Mère Carol Wells
Diplômé de Université Baylor
Université Duke
Profession Médecin ophtalmologiste
Religion Presbytérianisme[1]
Résidence Bowling Green (Kentucky)

Signature de Rand Paul

Randal Howard Paul, dit Rand Paul, né le à Pittsburgh (Pennsylvanie), est un homme politique américain, membre du Parti républicain et sénateur du Kentucky au Congrès des États-Unis depuis 2011. Il est élu lors des élections de 2010 avec 55,7 % des voix et est réélu lors des élections de 2016 avec 57,3 % des voix.

Il est le fils de l'homme politique Ron Paul, ancien élu du Texas à la Chambre des représentants des États-Unis. De sensibilité libertarienne, il est le premier adhérent au mouvement du Tea Party à remporter un mandat électif au niveau fédéral. Il est également l'un des rares élus au Sénat des États-Unis à n'occuper aucune autre fonction publique avant celle-ci. Il se présente sans succès aux primaires du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 2016, avant de soutenir Donald Trump.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et formation[modifier | modifier le code]

Rand Paul est le troisième enfant de Ron Paul et sa femme Carolyn. Son père est le candidat du Parti libertarien à l'élection présidentielle américaine de 1988, ainsi que l'un des élus du Texas à la Chambre des représentants des États-Unis, en poste de 1976 à 1977, 1979 à 1985 et 1997 à 2013.

Diplômé de l'université Baylor et université Duke, il est ophtalmologue de profession.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Sénateur[modifier | modifier le code]

En août 2009, Rand Paul annonce sa candidature à l'investiture républicaine pour le poste de Sénateur des États-Unis pour le Kentucky. Le sénateur républicain sortant Jim Bunning avait déjà annoncé un mois plus tôt qu'il ne serait pas candidat à sa réélection. Face à lui, cinq candidats se présentent, dont Trey Grayson, le secrétaire d'état du Kentucky, soutenu par la direction du Parti républicain. Le 18 mai 2010, Rand Paul remporte largement l'investiture républicaine avec 58,8 % des voix contre seulement 35,4 % pour Trey Grayson. Il devient alors le candidat officiel du Parti républicain pour l'élection générale de novembre 2010, opposé au candidat démocrate Jack Conway, procureur général du Kentucky.

Rand Paul avec son père, Ron Paul, en Iowa, en 2011.

Le début de la campagne de Rand Paul est marqué par des polémiques portant sur ses déclarations remettant en cause les lois sur les droits civiques dans les entreprises privées[2]. Favori pour cette élection favorable aux républicains, dans un État où Barack Obama n'avait obtenu que 41 % des voix en 2008, Rand Paul semble bien placé pour vaincre son adversaire démocrate [3],[4]. Il est élu le 2 novembre 2010 avec près de 56 % des voix. L'annonce de sa victoire, tôt dans la soirée, en fait le premier membre du Tea Party élu Sénateur américain[5],[6]. Il devient ainsi sénateur de classe 3 du Kentucky.

En 2013, il monopolise la parole au Sénat pendant 13 heures d'affilée[7]. Il se fait également connaître et apprécier du public conservateur lors des réunions de l'institution CPAC, où il remporte une série de sondages internes trois années de suite, en 2013[8], 2014[9] et 2015[10]. Ses ambitions personnelles et les sondages favorables le conduisent progressivement à envisager de se porter candidat à l'élection présidentielle, après son père Ron Paul.

Primaires présidentielles républicaines de 2016[modifier | modifier le code]

La défaite de Mitt Romney face à Barack Obama lors de l'élection présidentielle de 2012 ravive beaucoup d'ambitions au sein du Parti républicain pour l'élection présidentielle de 2016. Rand Paul est souvent cité comme un potentiel candidat républicain à la Maison Blanche[11]. Certains sondages réalisés en 2013 et en 2014 le placent en tête des intentions de vote en cas de candidature aux primaires présidentielles républicaines dans les deux premiers États à organiser leur scrutin, l'Iowa[12] et le New Hampshire[13], ainsi qu'au niveau national[14].

Rand Paul lors de la Conservative Political Action Conference de 2013.

Le 7 avril 2015, il annonce officiellement sa candidature aux primaires républicaines de 2016[15], mais la percée de Donald Trump dès le mois de juin éclipse sa campagne. À la traîne dans les sondages depuis l'été, il se retire des primaires après le caucus de l'Iowa, où il récolte 4,5 % des voix[16]. Malgré certaines divergences politiques avec Donald Trump, Rand Paul annonce en mai 2016 qu'il le soutiendra face à Hillary Clinton lors de l'élection générale[17].

Second mandat au Sénat[modifier | modifier le code]

Après son échec présidentiel, Rand Paul cherche à obtenir un second mandat au Sénat. Il bat facilement le 8 novembre son adversaire principal, le démocrate Jim Gray, et est réélu avec un peu plus de 57 % des suffrages exprimés et près de 200 000 voix d'avance[18].

Rand Paul en 2019.

Bien qu'affilié au Parti républicain, Rand Paul garde une voix indépendante depuis le début de la Présidence de Donald Trump. Il s'est notamment opposé à la proposition de remplacement de l'Obamacare, qu'il n'estimait pas assez conservatrice[19]. Il s'est ensuite associé à la proposition de baisses d'impôts annoncées en octobre 2017[20].

Sur les questions internationales, Rand Paul défend généralement une position pacifiste et met régulièrement en garde Donald Trump contre des agissements belliqueux. Fin 2018, il approuve le retrait des troupes américaines d'Afghanistan et de Syrie ordonné par Donald Trump[21]. Face aux tensions récurrentes entre les États-Unis et l'Iran, Rand Paul s'oppose ouvertement à John Bolton, conseiller diplomatique controversé de Donald Trump qui tente de convaincre le président américain d'affronter le régime islamique de Téhéran. En mai 2019, Rand Paul déclare à cet égard craindre « qu'il soit nocif, qu'il ait une mauvaise influence sur l'administration »[22]. Il déclare : « Je pense que le plus important est d'informer le gouvernement qu'il n'a pas l'autorisation du Congrès d'aller faire la guerre à l'Iran et nous devons nous assurer que nous ne sommes pas impliqués dans quoi que ce soit de suffisamment provocateur qui puisse encourager une escarmouche et aboutir in fine à une plus grande guerre »[22]. En juillet 2019, Rand Paul sert d'intermédiaire auprès du ministre iranien chargé des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif[23]. Avec l'appui de Donald Trump, il rencontre le chef de la diplomatie iranienne afin de lui proposer de s'entretenir personnellement ultérieurement avec le président américain, ce que le représentant iranien a finalement refusé.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Kelley Paul lors du lancement de la campagne présidentielle de son mari, à Louisville (Kentucky), en 2015.

Rand Paul est marié à Kelley Ashby. Ils vivent à Bowling Green (Kentucky), où celle-ci travaille en tant que journaliste indépendante et assiste son époux dans la gestion de son cabinet d'ophtalmologie[24]. Rand Paul porte un appareil auditif à chaque oreille[25]. Il est de le fils de Ron Paul, ancien candidat aux primaires républicaines pour les élections présidentielles en 2008 et 2012.

En mars 2020, il est testé positif à la Covid-19[26].

Prises de position[modifier | modifier le code]

Rand Paul est l'un des représentants de la branche libertarienne du Parti républicain. Il est un élu du Tea Party, un mouvement politique conservateur allié aux républicains, et il défend une conception minimaliste du rôle de l'État. Il est favorable au non-cumul des mandats, à la règle d'or budgétaire et à une réduction massive des dépenses et prélèvements fédéraux. Sur la politique étrangère, à la différence de son père, non-interventionniste, Rand Paul paraît comme plus pragmatique. Malgré ses réticences, il n'est pas opposé à la présence à l'étranger des forces armées américaines, y compris de bases militaires permanentes[27],[28]. Il s'est néanmoins opposé à toute intervention américaine en Syrie[29]. Il a également soutenu le retrait des troupes américaines d'Afghanistan et de Syrie ordonné par Donald Trump fin 2018[21].

Historique électoral[modifier | modifier le code]

Sénat[modifier | modifier le code]

Résultats pour le poste de sénateur de classe 3 du Kentucky[30]
Année Rand Paul Démocrate
2010 55,7 % 44,3 %
2016 57,3 % 42,7 %

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) The Tea Party Goes to Washington, Center Street, , 272 p.
  • (en) Government Bullies, Center Street, , 280 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) "About Rand Paul". RAND PAC – Reinventing A New Direction PAC. consulté le 2 avril 2015.
  2. « États-Unis – Rand Paul suscite la polémique », courrierinternational.com, 21 mai 2010.
  3. « SurveyUSA Election Poll #17489 », sur www.surveyusa.com (consulté le 24 novembre 2019)
  4. « Tea Party – Atout ou épine au pied ? », sur lcn.canoe.ca, 28 août 2010.
  5. (en) « G.O.P. Captures House, but Not Senate », sur nytimes.com, 2 novembre 2010.
  6. « USA : Rand Paul, premier candidat du Tea Party élu sénateur républicain (médias) », sur 24heures.ch.
  7. (en) Philip Ewing, « Rand Paul pulls plug on nearly 13-hour filibuster », Politico,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2016).
  8. (en) Stephen Dinan et David Sherfinski, « Rand Paul wins The Washington Times-CPAC 2013 Straw Poll », The Washington Times,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2016).
  9. (en) Seth McLaughlin et Stephen Dinan, « Rand Paul wins 2014 CPAC straw poll, Ted Cruz finishes a distant second », The Washington Times,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2016).
  10. (en) « Rand Paul Wins 2015 CPAC Straw Poll », Bloomberg.com/politics,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2016).
  11. (en) Jim Newell, « CPAC 2014: Rand Paul wins 2016 straw poll with appeals to personal liberty », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 27 novembre 2016).
  12. « Paul, Clinton lead in Iowa for 2016 », sur publicpolicypolling.com,
  13. (en) « CNN/ORC POLL New Hampshire », sur i2.cdn.turner.com, (consulté le 16 septembre 2019)
  14. (en) « July 8, 2014 - Clinton Owns Dem 2016 Nod; Tops Top Republicans, Quinnipiac University National Poll Finds; 2014 Generic House Race Tied, But Voters Hate Dems Less », sur poll.qu.edu (consulté le 16 septembre 2019)
  15. « Rand Paul Announces Run for Republican Nomination in 2016 », The New York Times, 7 avril 2015.
  16. Le libertarien Rand Paul se retire de la primaire républicaine,Le monde, 3 février 2016
  17. (en) « Rand Paul Supports Trump as Nominee: ‘I Stand by That Pledge’ », Breitbart,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2016).
  18. (en) Gianna Caserta, « Sen. Rand Paul wins re-election, defeats Lexington Mayor Jim Gray », WLKY,‎ (lire en ligne, consulté le 27 novembre 2016).
  19. (en) « Why Rand Paul opposes the GOP Obamacare repeal bill », sur cnn.com, (consulté le 2 novembre 2017).
  20. (en) « Trump tax cut plan gains momentum after U.S. budget vote », sur uk.reuters.com, (consulté le 2 novembre 2017).
  21. a et b (en) « Rand Paul defends troop withdrawal in Syria, Afghanistan: “Can the people who live there not do anything?” », sur cbsnews.com (consulté le 2 janvier 2019).
  22. a et b « John Bolton, le conseiller de Donald Trump "obsédé par la menace iranienne" », sur France 24, (consulté le 5 août 2019)
  23. « Le chef de la diplomatie iranienne a été invité à la Maison Blanche, selon le New Yorker », sur RTBF Info, (consulté le 5 août 2019)
  24. (en) Pam Cassady, « Local tie to Paul - RHS grad a daughter-in-law to Republican president hopeful », News-Democrat & Leader, p. A-1, 30 octobre 2007. Consulté le 5 mars 2014.
  25. (en) Monica Langley, « Rand Paul Tries to Transform a Moment Into a Movement », The Wall Street Journal, p. A1, 22 avril 2013. Consulté le 5 mars 2014.
  26. (en) Emma Tucker, « Sen. Rand Paul, Who Opposed Coronavirus Relief Bill, Tests Positive », sur The Daily Beast, (consulté le 23 mars 2020)
  27. (en) Jon. Ward, « Rand Paul Supports Some Military Bases On Foreign Soil, A Big Difference From His Dad », The Huffington Post, 1er avril 2013, consulté le 5 mars 2014.
  28. (en) W. James Antle, « Rand Paul calls for less interventionist GOP foreign policy », The Daily Calle, 6 février 2013. Consulté le 5 mars 2014.
  29. Igor Bobic Associate Politics Editor et The Huffington Post, « Rand Paul Opposes Obama's Plan To Arm Syrian Rebels In Fight Against ISIS », sur The Huffington Post, (consulté le 27 novembre 2016).
  30. (en) « Rand Paul », sur ballotpedia.org (consulté le 9 janvier 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]