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Greta Thunberg

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Greta Thunberg
Greta Thunberg au parlement européen (33744056508), recadré.png
Greta Thunberg en 2019.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (16 ans)
SuèdeVoir et modifier les données sur Wikidata
Période d'activité
À partir de Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Greta Tintin Eleonora Ernman ThunbergVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Activité
Père
Svante Thunberg (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Parentèle
Autres informations
Domaines
Mouvement
Influencée par
Ingmar Retzhog (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Liste détaillée
Prononciation
Œuvres principales
Scenes from the Heart (d), No One is Too Small to Make a Difference (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Greta Thunberg /²ɡrʲeːta ²tʰʉːnbærj/[a] Écouter, née le à Stockholm, est une militante suédoise pour la lutte contre le réchauffement climatique.

Elle proteste à l’été 2018 devant le Parlement suédois, à l'âge de 15 ans, contre l'inaction face au changement climatique. En novembre 2018, elle lance la Skolstrejk för klimatet (« grève scolaire pour le climat »). Le mouvement se propage dans le monde entier après son discours à la conférence de Katowice de 2018 sur les changements climatiques (COP24), en décembre de la même année.

Elle reçoit plusieurs prix et distinctions pour son militantisme. Elle fait la couverture du magazine Time en et des médias décrivent son impact sur la scène mondiale comme l'« effet Greta Thunberg ».

Biographie

Famille

Sa mère est la chanteuse d'opéra Malena Ernman[1] et son père, Svante Thunberg (sv)[b], est un acteur de cinéma[4], comme son grand-père paternel, Olof Thunberg. Elle a une sœur cadette[4]. Sa mère a publié un livre consacré à l'autisme et au trouble du déficit de l'attention en raison des diagnostics de ses deux enfants[5].

Jeunesse et formation

Greta Thunberg en 2018.

Née le à Stockholm[6], Greta Thunberg déclare avoir commencé à s'intéresser au changement climatique à l'âge de neuf ans[5].

À onze ans, à la suite d'un épisode dépressif de huit mois[4], un syndrome d'Asperger, un trouble obsessionnel compulsif, un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité et un mutisme sélectif sont diagnostiqués chez elle[5],[7].

Elle gagne — en mai 2018 — un concours d'écriture sur le climat à la suite duquel elle rencontre Bo Thorén[8], « militant écologiste de la première heure », dont l'association, Fossil Free Dalsland, créée en 2013, cherche à mettre fin aux industries fossiles dans le Dalsland[9].

Sa biographie Scener ur hjärtat (sv) est publiée le , quelques jours après le début de sa grève. Elle est rédigée par ses deux parents, sa sœur et elle-même[10] : à la suite d'une dépression, elle dialogue avec ses parents au sujet de ses craintes sur l'environnement et le réchauffement climatique[9].

Elle devient végane, influençant sa famille : son père devient également végane, et sa mère s'en approche[11],[12]. Elle refuse les achats non nécessaires puis cesse de prendre l'avion à l'âge de 15 ans[5] ; sa famille fait de même[13]. C'est dans sa famille qu'elle se serait rendu compte de sa capacité à convaincre les autres[14].

Militantisme

La capacité de Greta Thunberg à mettre la question du réchauffement climatique au centre des débats est appelée par certains médias l'« effet Greta Thunberg »[15],[16],[17].

Grève du vendredi

Greta Thunberg est en mai 2018 l'une des lauréates du concours organisé par le Svenska Dagbladet proposant aux jeunes Suédois d'écrire un article sur le climat à l'intention des jeunes[18]. Elle y décrit sa peur du réchauffement climatique[18].

Dans une lettre, elle explique que ce concours lui a permis d'être contactée par « un groupe de personnes, surtout des jeunes, qui voulaient faire quelque chose au sujet de la crise climatique ». Selon Greta Thunberg, Bo Thorén, qui participe avec elle et d'autre jeunes militants à des réunions téléphoniques, émet plusieurs idées dont « une idée vague d’une grève scolaire (que les écoliers fassent quelque chose dans les cours d’école ou dans les salles de classe), inspirée par les étudiants de Parkland qui avaient refusé d’aller à l’école après la fusillade. » Elle aime l'idée et essaye de faire en sorte que d'autres jeunes se joignent à elle, mais eux pensent qu'une marche aura plus de résultats. Elle planifie alors la grève scolaire seule et ne participe plus à des réunions avec le groupe[8].

Greta Thunberg montrant une pancarte pour la « grève de l'école pour le climat », en .

Le , jour de sa rentrée en neuvième année dans une école de Stockholm, Greta Thunberg fait le piquet de grève devant le Riksdag (Parlement suédois), et explique aux journalistes conviés qu'elle n'ira pas à l'école jusqu'aux élections générales du [19]. La Suède venait alors de vivre une canicule avec des feux de forêt sans précédent. Elle exige que le gouvernement suédois réduise les émissions de dioxyde de carbone d'origine anthropique, comme prévu par l'accord de Paris. Elle reste assise devant le Parlement suédois chaque jour durant les heures d'école. Elle appelle, sur sa pancarte, à une « grève de l'école pour le climat »[1]. Son histoire est reprise par les journaux internationaux.

Après l'élection, elle continue de manifester chaque vendredi. Sur Twitter, elle utilise les hashtags #Klimatstrejka, #ClimateStrike et #FridaysforFuture. Elle participe à la manifestation Rise for Climate devant le Parlement européen à Bruxelles. À Londres, elle participe à la « déclaration de rébellion » (de désobéissance civile) organisée par Extinction Rebellion[20].

Le principe d'une grève scolaire le vendredi — Fridays for Future — retient l'attention des médias de la planète[21],[22]. Il trouve des déclinaisons dans d'autres pays : aux Pays-Bas, en Allemagne, en Finlande, au Danemark, au Luxembourg[23],[24], en France, en Espagne[25] et en Australie[26]. En Belgique, elle inspire Anuna De Wever et Kyra Gantois, qui lancent une grève des jeunes en s'inspirant de son action[27].

En Australie, où les écologistes sont en butte à l'importante industrie nationale, des milliers d'élèves inspirés par Thunberg font la grève scolaire le vendredi, malgré la remarque de leur Premier ministre Scott Morrison qui déclare au parlement : « ce que nous voulons, c'est l'apprentissage dans les écoles et moins de militantisme[28]. »

Au total, en novembre et décembre 2018, plus de vingt mille étudiants avaient organisé des grèves dans au moins 270 villes de pays comme l'Allemagne, l'Australie, l'Autriche, la Belgique, le Canada, le Danemark, les États-Unis, la Finlande, le Japon, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse[29],[30],[31].

À la suite de la grève mondiale du 15 mars 2019, elle s'exprime sur Facebook pour dire[32] :

« Il nous faut une nouvelle façon de penser. Le système politique que vous, les adultes, avez créé n'est que compétition. Vous trichez dès que vous pouvez car tout ce qui compte, c'est de gagner. Nous devons coopérer et partager ce qui reste des ressources de la planète d'une façon juste. »

Greta Thunberg lors de la marche pour le climat à Montréal le 27 septembre 2019.

Elle est un des principaux vecteurs du mouvement de grève scolaire en Europe et dans le monde pour protester contre l’inaction des États en matière de réchauffement climatique[33]. Le 27 septembre 2019, lors d’un nouveau Friday for Future (« grève mondiale pour le climat »), une manifestation rassemble un demi-million de personnes à Montréal. Le défilé — qualifié d'« historique » par la police, et auquel a participé le Premier ministre Justin Trudeau — est « du jamais vu au Québec et l’une des plus grosses manifestations jamais organisées au Canada[34]. » À la fin de la marche, les clés de la ville sont symboliquement remises à Greta Thunberg par la mairesse, Valérie Plante[35],[36].

Prise de parole à la COP24

Le , Greta Thunberg s'adresse à la COP24, le sommet des Nations unies sur les changements climatiques[29],[37]. Elle explique ainsi la gravité du problème :

« Ce que nous espérons atteindre par cette conférence est de comprendre que nous sommes en face d'une menace existentielle. Ceci est la crise la plus grave que l'humanité ait jamais subie. Nous devons en prendre conscience tout d'abord et faire aussi vite que possible quelque chose pour arrêter les émissions et essayer de sauver ce que nous pouvons. »

Lors de la dernière journée officielle, le 14 décembre, elle déclare à la tribune de la COP24[38] :

« Notre biosphère est sacrifiée pour que les riches des pays comme le mien puissent vivre dans le luxe. Ce sont les souffrances du plus grand nombre qui paient pour le luxe du plus petit nombre. Et si les solutions au sein du système sont impossibles à trouver, nous devrions peut-être changer le système lui-même. »

Défense de la neurodiversité

À plusieurs reprises[39], dont le , à l'occasion de la journée mondiale de la sensibilisation à l'autisme, Greta Thunberg décrit sa forme d'autisme comme un « super-pouvoir » : « sans mon diagnostic, je n’aurais jamais commencé la grève de l’école pour le climat. Parce que j’aurais été comme tout le monde. Nos sociétés doivent changer, nous avons besoin de personnes qui savent sortir des sentiers battus et nous devons commencer à prendre soin les uns des autres. Et accepter nos différences »[40]. Sa publication est aimée presque 200 000 fois sur Instagram[41]. L'Agence Science-Presse souligne à cette occasion que l'intérêt spécifique de Greta Thunberg, une particularité courante chez les personnes ayant des troubles du spectre de l'autisme, est le climat ; l'article en conclut que « l’idée que des gens comme Greta Thunberg puissent avoir des regards perspicaces, non en dépit de l’autisme mais grâce à lui, gagne du terrain, dans le contexte d’un mouvement global pour honorer la neurodiversité »[42],[43]. La journaliste du New Yorker Masha Gessen écrit : « La protestation de Greta a un double objectif. Cela attire non seulement l'attention sur la politique climatique, comme elle le souhaitait, mais montre également le potentiel politique de la différence neurologique »[5].

Prise de parole devant le parlement britannique

Le , Greta Thunberg donne un discours devant le parlement britannique à la chambre des communes du Royaume-Uni[44], expliquant l'esprit de sa grève scolaire pour le climat, reprochant aux parlementaires leurs mensonges et les faux espoirs donnés, leur incompréhension de la crise climatique ou leur non-volonté de comprendre, dénonçant le soutien britannique à une expansion de ses industries charbonnières, pétrolières et gazières (dont les gaz de schistes) et de ses aéroports, politique qu'elle qualifie d'absurde et irresponsable, et appelant à ce que chaque décision soit prise en considérant son effet sur la courbe des émissions de gaz à effet de serre, et à ne pas attendre de disposer d'une solution complète pour commencer à agir[44].

Prise de parole à l'Assemblée nationale française

Le député non-inscrit Matthieu Orphelin, appuyé par 161 collègues[c], invite Greta Thunberg à s'exprimer, le , dans une salle du Palais Bourbon, en compagnie de trois militants français du climat (Ivy-Fleur Boileau, Virgile Mouquet, Alicia Arquetoux) et de la climatologue Valérie Masson-Delmotte — vice-présidente du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC)[46],[47].

L'annonce de cette intervention suscite l'hostilité de certains députés étiquetés à droite, dont les députés LR Guillaume Larrivé, Julien Aubert, Valérie Boyer, Jean-Louis Thiériot, Constance Le Grip, la députée LREM Bénédicte Peyrol et le député RN Sébastien Chenu[48]. Guillaume Larrivé appelle les députés à boycotter cette réunion[49]. Elle reçoit en revanche le soutien des personnalités politiques Delphine Batho, Nicolas Hulot et Olivier Faure[50].

Dans ce discours[51], Greta Thunberg appelle ses auditeurs, et notamment le monde politique, à prendre la pleine mesure de la crise climatique, à écouter et respecter ce qu'indique la communauté scientifique[52], à ne pas fabriquer des faits, et à passer des déclarations aux actes[53],[47]. Elle met en garde contre le danger le plus grand, celui de faire semblant d'agir, notamment par des astuces comptables (« clever counting »)[53].

S'appuyant sur la page 108[54] du chapitre 2 du rapport spécial du GIEC sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5 °C, elle martèle le budget carbone restant au niveau mondial pour avoir 67 % de chances de ne pas dépasser une augmentation de température de 1,5 °C : 420 gigatonnes (Gt) de CO2 (dioxyde de carbone) début 2018 (actualisés à 360 Gt au moment où elle parle), et le rythme auquel il est actuellement consommé : 42 Gt par an (il serait donc entièrement consommé en huit ans et demi)[53]. Elle évoque également : le risque de franchir avant 2030 des points de basculement dans le système climatique ; des conclusions du GIEC postérieures à l'accord de Paris qui incitent à adopter des objectifs plus ambitieux pour sauver plus de vies humaines ; et l'équité internationale — les pays les plus riches devant agir plus vite pour compenser la nécessaire construction d'infrastructures dans les pays moins avancés économiquement[53].

Sommet mondial pour le climat de l'ONU en septembre 2019

Greta Thunberg prend une année sabbatique à partir de l'été 2019 pour assister à des rencontres internationales et des conférences dans plusieurs pays qui l’invitent, l’amenant sur plusieurs continents[55].

Invitée par le secrétaire général de l'ONU António Guterres pour le sommet du 23 septembre, elle embarque le sur le voilier de course Malizia II[56], doté de panneaux solaires et d'hydrogénérateurs[57], qui hisse pour l'occasion une voile barrée du slogan Fridays for future[55].

Arrivée le 28 août, elle déclare que son message pour Donald Trump est d'écouter la science mais semble douter de pouvoir l'en convaincre là où les autres ont échoué. À propos des incendies en Amazonie, elle les estime « désastreux » et les voit comme un « signe clair qu'il faut arrêter de détruire la nature »[58].

Le 23 septembre, elle s'exprime à la tribune de l'ONU, accusant directement les dirigeants de la planète de lui avoir « volé ses rêves et son enfance avec des paroles creuses », et de ne parler que d'un « conte de fées de croissance économique éternelle »[59],[60]. Ce discours, analysé dans Le Monde comme étant « plein de rage »[61], est considéré par Libération comme l'un des plus percutants depuis le début de son militantisme[62].

Le même jour, à la suite de ce discours, avec 15 autres personnes mineures, elle intente une action juridique auprès du comité des droits de l'enfant contre cinq pays pollueurs ayant ratifié la convention de l'ONU sur les droits de l'enfant : la France, l'Allemagne, l'Argentine, le Brésil et la Turquie[63].

Autres activités militantes

Le 24 novembre 2018, à la conférence TEDx Stockholm, elle s'exprime pour expliquer qu'elle ne comprend pas l'inaction des gouvernements et des citoyens en ce qui concerne la menace climatique alors même qu'ils affirment que ce problème est le plus important de tous[64],[65].

Greta Thunberg en campagne au Forum économique mondial de Davos, 2019.
(en) « Our house is on fire » (min 27 s)

Elle se rend en train à Davos au Forum économique mondial en janvier 2019, ce qui lui prend trente-deux heures depuis Stockholm. Elle déclare qu'il est inimaginable que tant de personnalités qui s'entretiennent du climat soient venues en jet privé[66] et qu'il est temps que les jeunes se mettent en colère et transforment cette colère en action[67],[68].

Elle cosigne en avril 2019 une tribune dans The Guardian pour demander aux gouvernements un programme de recherche et d'investissements dans la protection et la restauration des écosystèmes afin d'augmenter le stockage naturel du carbone et de protéger la bio-diversité. Cette approche doit être complémentaire de la décarbonation des économies[69].

Le 16 avril 2019, invitée du Parlement européen à clore les sessions de la Commission de l’environnement, elle fait une longue déclaration appelant entre autres les électeurs européens à voter en faveur de l'environnement au nom des jeunes qui n'ont pas le droit de vote : « Les élections européennes approchent, et beaucoup d’entre nous qui seront les plus affectés par cette crise [climatique] – des gens comme moi – n’ont pas le droit de vote. […] Faire de votre mieux n’est désormais plus suffisant. Nous devons tous faire le maximum de ce qui est possible […] Vous ne pouvez ignorer les scientifiques et les millions d’étudiants grévistes qui manifestent pour avoir le droit à un futur[70],[71]. »

Elle rencontre, le 17 avril suivant, le pape François : « J'ai rencontré aujourd'hui le pape François. Je l'ai remercié car il parle clairement de la crise climatique. Il m'a dit de poursuivre [mon engagement][72],[73]. »

Le 21 avril, à la suite de la semaine de manifestations et de blocages non-violents opérés à Londres[74] par Extinction Rebellion, elle s'exprime devant ceux-ci à Marble Arch : « Nous faisons face à une crise existentielle, la crise du climat et la crise écologique ont été ignorés pendant des décennies[75]. »

Le 23 avril, elle s'exprime devant le parlement britannique et qualifie la réduction d'émissions du Royaume-Uni de résultat d'une comptabilité créative : en effet, le pays se targue de 37 % de réduction depuis 1990 mais ce chiffre passe à 10 % si l'on suit les règles internationales qui demandent de prendre en compte l'aviation, la marine et les transports liés aux exportations et aux importations[76]. Le Rebecca Long Bailey, ministre travailliste de l'Énergie du cabinet fantôme, appelle à un vote au Parlement le pour décréter l'urgence climatique[77] à la suite de la déclaration de Jeremy Corbyn, chef du parti travailliste. Nicola Sturgeon, chef du parti national écossais fait de même et déclare que son gouvernement accélèrera ses efforts pour réduire les émissions de l'Écosse[78].

Elle s'exprime au Sommet mondial des régions pour le climat en Autriche à l'invitation d'Arnold Schwartzenegger : elle rappelle à leur responsabilité collective les présidents, les célébrités, les politiciens, les chefs d'entreprises et les journalistes et leur demande d'informer le public et de faire passer un message d'urgence[79].

Le groupe britannique The 1975 sort un single avec Greta Thunberg pour alerter sur l'urgence climatique. Le texte dit par Greta Thunberg est tiré de son discours de Davos et est accompagné essentiellement au piano. La chanson sera la première du prochain album du groupe et les bénéfices du single seront reversés à Extinction Rebellion[80].

Prix et récompenses

Discours de Greta Thunberg à Berlin le 19 juillet 2019.

Greta Thunberg est l'une des trois nommés pour le prix Héros de l'environnement du WWF Suède[81].

Elle est nommée par la compagnie d'électricité Telge Energi pour le prix Enfants pour le Climat, mais a décliné cette nomination en apprenant que les autres finalistes devaient être envoyés du monde entier à Stockholm, et a déclaré : « Ils n'ont aucun contact avec la réalité. »[82].

En novembre 2018, elle a reçu la bourse d'études Fryshuset du jeune modèle de l'année[83]. En décembre, Time Magazine l'a citée comme l'une des vingt-cinq adolescents les plus influents du monde[84].

Au mois de mars 2019, elle est proposée pour le prix Nobel de la paix par deux députés d'opposition Parti de gauche du parlement suédois (Jens Holm (sv) et Håkan Svenneling (sv)) et trois députés d'opposition Parti socialiste de gauche du Storting, le parlement norvégien, Freddy André Øvstegård (no), Mona Fagerås (no) et Lars Haltbrekken (no)[85],[86],[87]. Le tabloïd suédois Expressen la choisit pour représenter la femme de l'année 2019 en Suède[88]. Un sondage réalisé pour le journal Aftonbladet auprès de 1 000 personnes en mars 2019 la désigne également comme femme de l'année[89],[90].

En , elle reçoit le prix Liberté, qui est un prix de la région Normandie ouvert aux jeunes de quinze à vingt-cinq ans qui sont invités à voter en ligne. Elle déclare qu'elle donne les vingt-cinq mille euros du prix à quatre organisations engagées pour la justice climatique, Care, le Fonds d'adaptation au changement climatique, 350.org et Greenpeace International[91].

L'université de Mons annonce en mai que Greta Thunberg recevra l'insigne et le diplôme de docteur honoris causa lors de la séance solennelle de la rentrée 2019[92].

Le , Amnesty International lui décerne, ainsi qu'au mouvement Fridays for Future qu'elle a inspiré[d], son prestigieux Prix Ambassadeur de la conscience[94]. Kumi Naidoo, secrétaire général d'Amnesty, écrit : « La détermination des jeunes militants du monde entier face aux réalités de la crise climatique nous rend humbles et nous inspire. Chaque jeune participant incarne ce que signifie agir d'après sa conscience. Ils nous rappellent que nous avons plus de pouvoir que nous ne le croyons et que nous avons tous un rôle à jouer dans la protection des droits de l'homme contre les catastrophes climatiques[94]. »

Le , la jeune militante reçoit la Geddes Environment Medal, l'une des récompenses les plus importantes de la Royal Scottish Geographical Society, décernée « pour contribution exceptionnelle à la conservation et à la protection de l’environnement naturel et au développement durable »[95].

Le , elle reçoit le prix Right Livelihood, connu sous le nom de « prix Nobel alternatif ». Greta Thunberg est distinguée « pour avoir inspiré et porté les revendications politiques en faveur d'une action climatique urgente conforme aux données scientifiques » ; la fondation précise : « Sa compréhension de la crise climatique basée sur la science ainsi que les maigres réponses apportées sur le thème par la société et les politiques ont conduit Greta Thunberg à se consacrer à la cause et à réclamer des actes contre le changement climatique. Elle personnifie l'idée que chacun a le pouvoir d'infléchir le cours des choses »[96],[97].

Le musée d'histoire naturelle de Londres annonce le 25 octobre 2019 que l'entomologiste Michael Darby a baptisé un minuscule coléoptère tout juste découvert Nelloptodes gretae (en), du nom de Greta, en allusion au slogan de celle-ci « On n'est jamais trop petit pour faire une différence » et en regard à sa contribution aux questions environnementales[98].

Dans les arts

Le 6 février 2019, le groupe français Shaka Ponk insère 50 secondes du discours de Greta Thunberg à la COP24, en plein milieu de leur performance en direct aux Victoires de la musique[99].

En , l'artiste Jody Thomas réalise une peinture murale de quinze mètres de haut sur un mur de la Tobacco Factory (en) à Bristol représentant Greta Thunberg, dont la partie inférieure du visage est immergée par l'élévation du niveau de la mer[100].

Le , lors d'un concert à Gateshead, le musicien Fatboy Slim fait un mashup de son titre Right Here, Right Now avec des extraits du discours de Greta Thunberg du 23 septembre précédent à l'ONU[101].

Influence sur la littérature enfantine au Royaume-Uni

En août 2019, le nombre de nouveaux livres pour enfants parlant de la crise climatique et de la nature a plus que doublé au cours des douze derniers mois d'après Nielsen Book Research. Les ventes ont également doublé. Les libraires pour enfants attribuent le phénomène à un « effet Greta Thunberg ». Une nouvelle collection de livres sur les héros de l'environnement doit paraître en octobre 2019, peu avant la remise du prix Nobel de la paix[102].

Influence sur la compensation carbone

Les ONG et les organisations impliquées dans la compensation carbone observent une multiplication par quatre des investissements depuis 18 mois dans ce domaine, tant de la part d'individus que de grandes entreprises. Le directeur de Climate Stewards attribue cette évolution à l'effet Greta Thunberg, à l’impact d'Extinction Rebellion, à David Attenborough, et à la grève scolaire pour le climat[103].

Controverses

Accusation d'instrumentalisation

Dans un article de Reporterre publié le 9 février 2019, Isabelle Attard, ancienne députée EÉLV, s'interroge sur la fabrication de son image par Ingmar Rentzhog, spécialiste en relations publiques issu d'une famille de financiers suédois. Il a vendu son ancienne firme Laika Consulting avant de se lancer dans l'écologie[10]. Rentzhog lance une start-up nommée We Don't Have Time, avec l'aide d'investisseurs, dont les familles Persson et Rentzhog[104]. L'objectif de We Don't Have Time est de créer un réseau social mondial d'écologistes afin de les mobiliser pour les politiques de lutte contre le changement climatique[104]. La start-up doit atteindre 100 millions d'utilisateurs pour devenir vraiment rentable[104]. La start-up est dirigée par une fondation à but non lucratif du même nom, dont Greta Thunberg fut pendant quelques mois « jeune conseillère »[10]. Selon Isabelle Attard, « Ingmar Rentzhog et la famille de Greta se connaissent déjà et ont participé ensemble à une conférence sur le climat le 4 mai 2018 »[10].

Une enquête du Svenska Dagbladet affirme que la start-up, après avoir fait connaître Greta Thunberg au monde entier, a pu lever 10 millions de couronnes suédoises d'investissements (un peu moins d'un million d'euros). Rentzhog lui-même parle de 500 investisseurs et 23 millions de couronnes[104]. Les parents, interrogés à ce sujet, disent ne pas être au courant[105]. Pour Isabelle Attard, il s'agirait de « spécialistes du greenwashing, de la croissance verte et du capitalisme[10] ».

Face aux critiques alléguant qu'elle est manipulée, Greta Thunberg poste sur Facebook le un message expliquant que son action est purement individuelle et qu'elle aimerait ne pas avoir besoin d'agir puisque les informations scientifiques sont disponibles à tous et que les adultes et gouvernements peuvent aussi se mobiliser[8]. Elle déclare à propos de Rentzhog : « Il m'a parlé et a pris des photos, qu'il a affichées sur Facebook. C'était la première fois que je le rencontrais et que je lui parlais »[106]. Greta Thunberg est régulièrement accusée en Suède d'être un « objet marketing » et de « monnayer ses interventions » mais sans aucune preuve. Celle-ci répond : « Je ne fais partie d'aucune organisation, je ne voyage qu’avec la permission de mon école, mes parents paient les billets et l’hébergement ». Selon Europe 1 « jusqu'à maintenant, rien ne permet de la contredire »[107].

Refus de voyager en avion

Greta Thunberg refuse de voyager en avion en raison des émissions de carbone induites par ce mode de transport. Dans un plaidoyer en faveur du transport aérien, l'économiste Tyler Cowen suggère que, plutôt que se rendre à New York en voilier dans des conditions inconfortables, Greta Thunberg aurait pu demander à voyager sur un siège vacant ou à voler moins vite, ou compenser ses émissions de gaz à effet de serre[108]. L'équipage du voilier réplique qu'il est prévu que les émissions de carbone du voyage soient compensées[109].

Selon Die Tageszeitung, le choix de Greta Thunberg de voyager en voilier entraîne le déplacement de six personnes par avion au lieu de deux, les membres de l'équipage du voilier ayant prévu de prendre l'avion pour New York afin de ramener le voilier[110].

Pour certains observateurs, il est possible que le militantisme de Greta Thunberg ait amplifié le phénomène du « flygskam » (la honte de prendre l'avion) en Suède, contribuant à une forte baisse du chiffre d'affaires du secteur aérien dans ce pays[111].

D'autres activistes, comme Anuna De Wever, Adélaïde Charlier et Jeppe Bijker, partent en octobre 2019 pour se rendre à la Conférence de Santiago sur les changements climatiques en voilier. Ils affirment qu'il ne s'agit pas de ne plus prendre l'avion mais de réfléchir avant de le faire aux autres alternatives[112].

Du fait de la relocalisation de dernière minute de la Cop25 à Madrid, Greta Thunberg lance un appel sur Twitter demandant de l'aide pour se rendre à Madrid. Elle quitte la Virginie le 13 novembre sur un voilier, la Vagabonde, avec une famille australienne, son père et une skipper professionnelle, Nikki Henderson, après avoir mis à profit son séjour aux États-Unis et au Canada pour participer à des grèves étudiantes chaque vendredi, de Iowa City à Los Angeles[113].

Réactions

D'après une analyse de France Inter, la perception de Greta Thunberg est variable selon les pays : en France, elle fut peu critiquée jusqu'à sa visite à l'Assemblée nationale en juillet 2019 ; elle est soutenue par la famille royale britannique et considérée comme « incontournable » au Royaume-Uni ; citée par Angela Merkel et très suivie par les étudiants de l'Allemagne, de même que par les étudiants belges ; moquée par Matteo Salvini et plusieurs journaux italiens en parallèle de son invitation par le pape en Italie[114]. Dans son pays natal, la Suède, l'article décrit les réactions à son égard comme partagées « entre fierté et agacement »[114]. Selon Libération, les principales critiques de ses détracteurs portent sur sa jeunesse et la dureté de ses propos[115].

Rejet

En France

Des critiques jugent ses discours superficiels, car ils reprennent essentiellement des études de professionnels sans apporter de solutions concrètes ou d'aspects nouveaux[116]. D'autres préfèrent s'en prendre à sa personne plus qu'à son discours. La plupart des attaques de ce type sont le fait d'hommes âgés[117].

Ainsi les experts en communication prennent-ils la parole : « Il serait souhaitable que l’action de Greta Thunberg ne se limite pas à des incantations et des objurgations à l’émotion parfois trop excessive. Ce n’est pas celle-ci qui malheureusement fera s’activer les décideurs de la planète pour résoudre cet impératif problème du climat. C’est là la limite d’une stratégie de communication qui se cantonne au buzz et aux émotions et qui ne cherche pas à susciter des coalitions plus vastes et plus influentes. »[118]. Un autre estime qu'elle devrait « laisser la place au débat contradictoire » afin de ne pas s'isoler[119].

La personne et les discours de Greta Thunberg provoquent également la controverse dans les milieux intellectuels[120] et politiques, déclenchant, selon Marine Benoit, de Sciences et Avenir, « un déferlement de haine de la part de députés, journalistes et autres personnalités plus ou moins influentes, comme le philosophe Michel Onfray ou le fondateur du site Doctissimo Laurent Alexandre »[121].

Laurent Alexandre affirme que ses idées aggraveraient le réchauffement climatique et mèneraient à une « dictature verte »[122]. Il dénonce en outre sa grève de l'école et sa « pensée apocalyptique dépressive et catastrophique pour la jeunesse »[123], et qualifie sa médiatisation de « réussite marketing de la décennie »[124].

Au moment du passage de Greta Thunberg à l'Assemblée nationale, le , Michel Onfray écrit sur son blog : « Cette jeune fille arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion — ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie. Elle fait songer à ces poupées en silicone qui annoncent la fin de l’humain et l’avènement du posthumain. Elle a le visage, l’âge, le sexe et le corps d’un cyborg du troisième millénaire : son enveloppe est neutre[125]. »

Le député Guillaume Larrivé la qualifie de « gourou apocalyptique » et appelle au boycott de la rencontre ; Julien Aubert parle d'un « prix Nobel de la peur » et d'une « prophétesse en culottes courtes » tandis que Jean-Louis Thiériot dit « non à l'infantilisation obscurantiste »[126]. La députée Emmanuelle Ménard écrit à son sujet sur Twitter : « Dommage que la fessée soit interdite, elle en mériterait une bonne », ce qui conduit à la suspension de son compte[127].

Pascal Bruckner, romancier et essayiste, parle d'une « dangereuse propagande de l’infantilisme climatique »[128].

Selon le philosophe Luc Ferry, l'écologisme radical de Greta Thunberg est en réalité une défense de la doctrine de « l'effondrisme », c'est-à-dire l’idéal antilibéral du gauchisme et du tiers-mondisme. Il y voit la suite idéologique du « communisme défunt »[129].

Bernard Chenebault, président de l’association Les Amis du Palais de Tokyo, est démis de ses fonctions le après avoir appelé publiquement au meurtre de Greta Thunberg[130].

Dans le reste du monde

Pour le statisticien danois Bjørn Lomborg, le discours de Greta Thunberg exagère les risques et les dangers causés par le réchauffement climatique et les solutions qu'elle propose seraient « irréalistes et inefficaces »[131].

Le polémiste conservateur australien Andrew Bolt (en) publie deux tribunes contre elle dans le Herald Sun, la qualifiant de « profondément dérangée » et de « fille si jeune et avec tant de troubles mentaux traitée en gourou par tant d’adultes »[132]. Greta Thunberg lui répond sur Twitter, en faisant part de son étonnement face à la publication de sa « campagne de haine conspirationniste »[133],[134].

Le consultant climatosceptique canadien Patrick Moore se livre également à des attaques violentes contre Greta Thunberg sur Twitter. Il la compare notamment au diable, et son entourage à des nazis[135].

Fin 2018 et début 2019, Greta Thunberg fait l'objet de critiques sur internet, émanant notamment d'internautes climatosceptiques et conspirationnistes[136]. Sa mère Malena Ernman y répond sur Facebook. Une partie des critiques porte plus spécifiquement sur cette dernière, régulièrement soupçonnée d'instrumentaliser sa fille. Malena Ernman affirme que la décision de sa fille de faire grève est la sienne et que ses parents y étaient opposés, bien qu'elle ait publié un livre quelques jours avant le début de la grève de sa fille et que ses parents financent ses déplacements[136], qui se font en voiture électrique[136], en train[137] et en bus[138].

Le , un mannequin à son effigie, assorti d'un panneau « Greta is your god » (« Greta est ton dieu »), est retrouvé pendu sous un pont de Rome. Cette action est condamnée par la maire de Rome et d’autres responsables politiques italiens[139] ; le parquet de Rome ouvre une enquête pour « menaces aggravées »[140].

Soutiens

Le , le prix Nobel de littérature J. M. G. Le Clézio prend position en faveur de Greta Thunberg et de son combat dans une tribune publiée dans Libération : « Elle dit que nous – les adultes, les responsables, les acteurs de notre monde égoïste et rapace –, nous n’avons rien fait, et que les enfants du futur nous demanderont des comptes […] Elle parle pour elle, pour sa génération, mais aussi pour ses enfants à naître, et au-delà des humains, pour notre Terre tout entière, dans sa précieuse et fragile beauté. Écoutons-la. Entendons-la. Il est peut-être encore temps[141]. » La seconde partie de cette citation a été reprise en quatrième de couverture du petit livre de Greta Thunberg Rejoignez-nous[142].

Pour la coprésidente du groupe numéro un du GIEC[e], Valérie Masson-Delmotte, « on parle de la messagère mais pas du problème et ce qui m'intéresse, c'est de parler du changement climatique qui affecte tout le monde, les écosystèmes et les gens, et parler des solutions et faire en sorte que ces solutions soient déployées »[121].

En mai 2019, le 14e dalaï-lama, Tenzin Gyatso, écrit à Greta Thunberg : « C'est très encourageant de voir comment vous avez inspiré d'autres jeunes à se joindre à vous pour s'exprimer. Vous réveillez les gens face au consensus scientifique et à l'urgence d'agir»[144],[145]. Le 22 juillet suivant, l'éditorialiste Pascal Riché écrit que Greta Thunberg est une « icône nécessaire », et « ne mérite ni excès d’honneur ni indignité. Elle n’est qu’une représentante de la génération à venir, qui a raison de nous alerter »[146].

Perry Bellegarde (en), chef national de l'Assemblée des Premières Nations, la salue comme une « jeune guerrière » (« young warrior lady »), lors de la manifestation organisée à Montréal, le 27 septembre 2019, dans le cadre des Fridays for Future[35].

Réactions aux critiques

Dans un discours prononcé en mars 2019 dans l'église Saint-Sauveur à Duisbourg, Katrin Göring-Eckardt, ancienne vice-présidente écologiste du Bundestag, fait un parallèle entre les critiques à l'encontre de Greta Thunberg et celles dirigées contre le prophète biblique Amos : « Greta me rappelle le passage d'Amos, le livre du prophète, dans lequel il est écrit : « Ils haïssent celui qui les reprend à la porte, et ils ont en horreur celui qui parle sincèrement[f]. » »[147],[148].

Le 9 avril, les membres du Collectif pour la liberté d'expression des personnes autistes soulignent que les propos de Laurent Alexandre contre Greta Thunberg sont « discriminatoires et insultants », et que ce dernier s'appuie sur une définition datée et erronée du syndrome d'Asperger[149]. Le journaliste québécois Marc Cassivi qualifie le texte d'Onfray de « minable », estimant par ailleurs que la pire réaction contre Greta Thunberg fut celle du candidat politique canadien Ken Pereira, qui a souhaité que son voilier fasse naufrage durant son voyage d’août 2019[150]. Hugo Horiot, auteur, comédien et militant pour la dignité des personnes autistes, considère que plutôt que d'aborder la fond du débat, les attaques visent la jeune militante en « ce qu'elle est intrinsèquement. […] Sous prétexte qu'elle est dans le spectre de l'autisme, ça voudrait dire qu'elle serait incapable de penser par elle-même[151]. »

Le journaliste Scott Waldman, de l'université Thomas Jefferson, prend la défense de Greta Thunberg dans une tribune publiée dans la revue spécialisée E&E News (en)[152] et dans Scientific American[135]. Il observe que de nombreuses attaques, émanant notamment de personnes ayant influencé la politique environnementale de l'administration de Donald Trump, portent sur l'autisme de Greta Thunberg. Sur ce point, il rapporte les propos d'experts de l'autisme, qui s'inquiètent « que le recours à des attaques ad hominem[g] entraîne des dommages collatéraux importants en dissuadant les personnes ayant une déficience intellectuelle et une déficience de développement de s'exprimer en public [sic][h] »[152]. Le 30 juillet 2019, la journaliste de TV5 Monde Linda Giguère demande l'arrêt du « lynchage de Greta Thunberg sur les réseaux sociaux », en notant que de nombreuses insultes portent sur son apparence et ses diagnostics médicaux plutôt que sur le fond de son discours ; elle ajoute que Greta dérange parce qu'elle est « étrange », qu'elle parle, et « devient un modèle malgré son autisme »[153]. En affichant son soutien à Greta Thunberg, l'écrivain américain Steve Silberman a noté que le dégoût contre les mensonges et l'injustice sont courants chez les personnes autistes[43]. Il ajoute que la stratégie visant à l'attaquer sur la base de son autisme a pour objectif de discréditer le message de Greta Thunberg, perçu comme non pertinent parce qu'émanant d'une personne différente[152].

Plusieurs journalistes ont souligné l'aspect fallacieux de l'argument d'une incapacité de Greta Thunberg à avoir une pensée indépendante et à assumer son militantisme pour le climat en raison de son autisme[154],[43],[155].

Alice Afanasenko[i], membre de l’Association francophone de femmes autistes (AFFA), estime que « Le summum de la haine misogyne et handiphobe a été atteint mardi 23 juillet par Michel Onfray […][156] ». Les propos d'Andrew Bolt suscitent de nombreuses condamnations par les défenseurs des autistes et la presse anglo-saxonne[133],[134], le journaliste à The Independent James Moore les qualifiant de « harcèlement pathétique »[157]. Claude Askolovitch estime que Pascal Bruckner « ne sait rien de Greta Thunberg » et qu'il l'insulte sur la base de son handicap et de son apparence « dans les termes les plus vils »[158].

Pour Hervé Gardette, journaliste sur France Culture, et Philippe Watrelot, professeur de sciences économiques et pédagogue, la détestation manifestée par des hommes âgés comme Laurent Alexandre, Michel Onfray et Pascal Bruckner à l'égard de Greta Thunberg relève de la « jeunophobie »[159],[160]. L'écrivain Didier Daeninckx se réjouit de la mobilisation de la jeunesse et relève que par le passé des personnes comme Guy Môquet se sont engagées jeunes elles aussi[161].

Dans son blog sur Télérama, Samuel Gontier passe ironiquement en revue les réactions des éditorialistes de télévision à la suite de son discours à l'ONU en septembre 2019. À quelques exceptions près, ils se disent au bord du malaise et ne commentent pas le fond mais toujours la forme du discours et la personne de Greta Thunberg[162]. LCI souligne que « lorsque l'on écoute les discours de la jeune écologiste, on observe en effet qu'elle ne préconise qu'une chose : écouter les spécialistes et se plonger dans leurs travaux[116]. »

Pour Titiou Lecoq, sur Slate, Greta Thunberg, sorcière moderne, aurait tout simplement été brûlée en d'autres temps. Ce qu'on lui reproche c'est d'être femme et de ne pas chercher à séduire, d'être jeune et de ne pas écouter les grandes personnes, d'être autiste et de savoir s'exprimer[163].

Pour la chercheuse australienne Camilla Nelson, sur The Conversation, Greta Thunberg attaque le capitalisme industriel et par cela même les certitudes et l'amour-propre de certains hommes, qui ont recours aux stratégies habituelles de la misogynie pour esquiver le fond du débat : « accusations d’émotivité, d’hystérie, de troubles mentaux et d’une incapacité à penser par elle-même – des étiquettes stéréotypées qui sont traditionnellement utilisées pour faire taire le discours public des femmes et saper leur autorité »[164].

Greta Thunberg fait preuve d'humour face aux attaques. Dans un entretien accordé au Time en mai 2019, elle s'adresse aux critiques reçues sur Internet en disant : « C'est assez comique lorsque la seule chose que les gens peuvent faire est de se moquer de vous, ou de parler de votre apparence ou de votre personnalité, ce qui veut dire qu'ils n'ont pas d'arguments, et rien d'autre à dire[165]. ». Après les réactions de Donald Trump et de Vladimir Poutine, qui insistent sur son âge en la décrivant par exemple comme « une gentille fillette mal informée », elle reprend cette formule dans sa propre description sur son compte Twitter[166]. De même, interrogée en octobre 2019 pour L'Émission pour la Terre, sur France 2, Greta Thunberg déclare : « Si je vous dis qu’il y a le feu ici, normalement c’est le feu que vous devez regarder et pas moi. Et pourtant, en ce moment, ce que les gens regardent, c’est moi ! […] [Les critiques qu’on m’adresse], d’une certaine manière c’est plutôt bon signe : s’ils se focalisent sur des campagnes de haine et de mensonge à mon sujet, cela signifie qu’ils n’ont aucun argument et qu’ils en sont réduits à s’en prendre à une gamine de 16 ans »[167].

Publications

Notes et références

Notes

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Greta Thunberg » (voir la liste des auteurs).
  1. Prononciation en suédois de Suède retranscrite selon la norme API.
  2. D'après les déclarations de Svante Thunberg, son prénom lui a été donné en hommage à Svante August Arrhenius, prix Nobel de chimie en 1903 pour sa théorie électrolytique de la dissociation[2], connu pour la loi de cinétique chimique portant son nom ainsi que pour ses travaux précurseurs sur le réchauffement climatique par effet de serre, établissant le rôle prépondérant du dioxyde de carbone dans ce réchauffement et l'influence de la consommation humaine de charbon[3]. Svante Thunberg précise qu'il croit bien que ce savant était le cousin de son arrière grand-mère, mais que si ce prénom a été choisi, ce n'est pas en raison des travaux dont ses parents ignoraient probablement le contenu, mais simplement parce qu'il s'agissait d'un prix Nobel : (en) « School Strike for Climate: Meet 15-Year-Old Activist Greta Thunberg, Who Inspired a Global Movement », sur democracynow.org, .
  3. Les 162 députés sont membres du collectif transpartisan « Accélérons » — initié par Matthieu Orphelin en septembre 2018 — dont le texte fondateur, qui insiste sur « l’urgence climatique », affirme : « un sursaut politique est impératif […] Jamais le travail transpartisan sur la transition écologique n’a été organisé efficacement au Parlement. C’est le moment pour chacun de prendre ses responsabilités, avant qu’il ne soit trop tard[45] ».
  4. Selon Le Monde, « il faut prendre Greta Thunberg pour ce qu’elle est devenue, depuis bientôt un an, en lançant son opération de grève scolaire « Vendredis pour le futur » : un symbole[93]. »
  5. Le groupe de travail no 1 évalue les aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat[143].
  6. Bible Segond 1910/Amos 5,10
  7. La locution latine argumentum ad hominem sert à désigner un argument de rhétorique qui consiste à confondre un adversaire en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes. À ne pas confondre avec l'argumentum ad personam qui, s'attaquant à la personne, vise à la discréditer sans débattre sur le fond.
  8. Citation traduite de l'anglais « Experts say relying on ad hominem attacks has significant collateral damage in that they dissuade people with intellectual and developmental disabilities from speaking publicly[152]. »
  9. Alice Afanasenko est docteure en littérature, enseignante et chercheuse autiste[156].

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