Black Lives Matter

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Black Lives Matter
Description de l'image BLM Letterhead.png.
Informations
Date 2013
Localisation États-Unis
Caractéristiques
Revendications Antiracisme, dénonciation de la discrimination exercée par les forces policières, des violences policières, du profilage racial et de la mort de citoyens afro-américains par des policiers.

Black Lives Matter (BLM), qui se traduit en français par « les vies des Noirs comptent », est un mouvement militant afro-américain qui se mobilise contre la violence ainsi que le racisme systémique envers les Noirs. Les membres de BLM font régulièrement des manifestations et se mobilisent contre les meurtres de personnes noires par des policiers. Ils accordent une importance particulière au profilage racial, à la brutalité policière ainsi qu'à l’inégalité raciale dans le système de justice criminel des États-Unis.

Le mouvement est né en 2012 sur Twitter avec le hashtag #BlackLivesMatter, à la suite de l’acquittement de George Zimmerman, un Latino-américain coordonnant la surveillance du voisinage, qui avait tué l'adolescent noir Trayvon Martin en Floride. Les manifestations de Black Lives Matter ont également eu un écho sur la scène internationale après la mort en 2014 de deux hommes afro-américains : Michael Brown, dans la ville de Ferguson ainsi qu’Eric Garner à New York[1],[2]. Les initiateurs de ce mouvement sont Alicia Garza, Patrice Cullors et Opal Tometi[3]. Toutefois, il s'agit d'un réseau décentralisé qui ne possède pas de hiérarchie distincte[4].

Depuis les protestations qui ont eu lieu dans la ville de Ferguson, les participants de Black Lives Matter ont mis en lumière l'existence de plusieurs affaires de Noirs tués par des policiers alors qu'ils étaient détenus par les forces de l’ordre, tels Jonathan Ferrel (en), John Crawford (en), Ezell Ford (en), Laquan McDonald (en), Akai Gurley (en), Tamir Rice (en), Eric Harris (en), Walter Scott (en), Freddie Gray, Sandra Bland (en), Samuel DuBose (en), Jeremy McDole (en), Alton Sterling (en) ainsi que Philandro Castile (en). À partir de de l’été 2015, les activistes de Black Lives Matter se sont impliqués dans la campagne présidentielle de 2016[5].

La perception de la population américaine face au mouvement Black Lives Matter varie considérablement selon la race[6] à laquelle l’individu s'identifie. La phrase All Lives Matter (en) a été créée en réponse au mouvement Black Lives Matter. Toutefois, All Lives Matter a été critiqué parce qu’il remet en question le message du groupe Black Lives Matter[7],[8]. Après la fusillade qui a tué deux membres du corps de police de Ferguson, le hashtag #Blue Lives Matter (en) a été créé en solidarité à la police[9].

Origine[modifier | modifier le code]

Utilisation du hashtag lors d'une manifestation le à New York.

Le slogan Black Lives Matter apparaît sous la forme du hashtag #BlackLivesMatter[10], employé pour la première fois le [11] sur Twitter par Patrisse Cullors, une résidente de Los Angeles, qui l'ajoute comme commentaire à un billet de son amie Alicia Garza, d'Oakland[10]. Le billet de cette dernière, qu'elle décrit comme une « lettre d'amour aux amis Noirs » et qu'elle rédige dans la foulée de l'acquittement de George Zimmerman, survenu le jour même, se termine par « Black People. I love you. I love us. Our lives matter. », ou en français : « Personnes noires. Je vous aime. Je nous aime. Nos vies comptent[11]. » Le mouvement Black Lives Matter est lancé par trois femmes afro-américaines : Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi[12], cette dernière dirige à New York un groupe de défense des droits des immigrants : Black Alliance for Just Immigration[11],[13].

En , il existait selon Patricia Cullors 23 sections locales de Black Lives Matter aux États-Unis, au Canada et au Ghana[14].

Durant l'été 2016, un rapprochement en France est également fait avec Black Lives Matter dans le cadre de l'affaire Adama Traoré[15].

Rassemblement le , un an après la mort de Michael Brown, devant le Barclays Center de Brooklyn.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Black Lives Matter met en avant les traditionnels enjeux des mouvements d'émancipation des Noirs[16]. Le site web de l'organisation mentionne que son nom va au-delà des meurtres d'individus Noirs par des policiers. Le groupe d'activistes affirme que Black Lives Matter englobe également les membres noirs de la communauté gay et trans, les handicapés[17], les noirs qui n'ont pas de documents légaux, les noirs ayant un casier judiciaire ainsi que les femmes.

Certains manifestants souhaitent se distinguer de la vieille génération de dirigeants noirs, tel Al Sharpton. Le politologue Frederick C. Harris a ainsi souligné que le modèle d'organisation de Black Lives Matter se distingue d'autres organisations de droits civiques dirigées par des leaders charismatiques comme le Rainbow PUSH Coalition de Jesse Jackson ainsi que le National Action Network d'Al Sharpton.

Structure de l'organisation[modifier | modifier le code]

Manque de structure[modifier | modifier le code]

En tant que mouvement social, Black Lives Matter est décentralisé et ses meneurs mettent l'accent sur les structures locales.

En 2013, Patrisse Cullors, Alicia Garza et Opal Tometi avaient créé le réseau Black Lives Matter, Alicia Garza le décrivant comme une plateforme disponible en ligne ayant pour objectif de rassembler les activistes partageant des buts et des valeurs similaires[18]. Ceux-ci doivent s'engager à suivre les principes de l'organisation, mais le mouvement n'a pas de structure centrale ou de hiérarchie. Alicia Garza a ajouté que le mouvement ne s'intéresse pas à mettre ses membres en vedette. En ce moment, il y a 30 groupes Black Lives Matter dans le monde, principalement aux États-Unis mais aussi en Angleterre, au Canada, en Australie et au Ghana[19],[20].

Parmi les activistes et les soutiens de Black Lives Matter, on compte la co-fondatrice de la section de Seattle Marissa Johnson, l'avocate et présidente de la section de Minneapolis de la NAACP Nekima Levy-Pounds ainsi que l'écrivain Shaun King[21].

Le manque de structure de Black Lives Matter a pu créer des confusions dans les médias traditionnels ainsi qu'au sein même des activistes.

Une vue d'ensemble du mouvement[modifier | modifier le code]

Black Lives Matter est membre de l'organisation du Movement for Black Lives, créé afin de répondre à l'augmentation des violences envers les Noirs américains et dans d'autres pays. En 2015, Johnetta Elzie, DeRay Mckesson, Brittany Packnett, et Samuel Sinyangwe, ont créé Campaign Zero, qui milite pour des réformes pour mettre fin à la brutalité policière.

Traitement par les médias et sur les réseaux sociaux[modifier | modifier le code]

En , des anciens employés de Facebook révèlent qu'à l'époque où ils travaillaient pour l'entreprise, les sujets remontés parmi les « contenus populaires » étaient sélectionnés par une équipe de curateurs qui écartaient délibérément les sujets politiques à tendance conservatrice. À l'inverse, certains sujets peu populaires, comme le mouvement Black Lives Matter, étaient remontés manuellement par l'équipe[22],[23],[24]. Selon l'AFP, ce traitement éditorialisé n'aurait pas été le résultat d'instructions données par la direction mais serait venu de l'initiative de « jeunes journalistes orientés par leurs opinions politiques marquées à gauche ». En revanche, des consignes ont été données pour que des sujets, tels le mouvement militant Black Lives Matter, ne suscitant pas d'intérêt suffisant soient pourtant intégrés aux tendances[25].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Elizabeth Day, « #BlackLivesMatter: the birth of a new civil rights movement », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne).
  2. (en) Shannon Luibrand, « How a death in Ferguson sparked a movement in America », sur CBS News, (consulté le 8 décembre 2016).
  3. (en) Patrisse Marie Cullors-Brignac, « We didn’t start a movement. We started a network. », sur Medium, (consulté le 8 décembre 2016).
  4. (en) Ben Collins et Tim Mak, « Who Really Runs #BlackLivesMatter? », sur The Daily Beast, (consulté le 8 décembre 2016).
  5. (en) John Eligon, « One Slogan, Many Methods: Black Lives Matter Enters Politics », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  6. « PBS-NEWSHOUR-MARIST-POLL-SEP2015.pdf », sur Dropbox (consulté le 8 décembre 2016)
  7. (en) Ashley May, « #AllLivesMatter hashtag is racist, critics say », USA TODAY,‎ (lire en ligne).
  8. (en) Carimah Townes, « Obama Explains The Problem With ‘All Lives Matter’ », ThinkProgress,‎ (lire en ligne).
  9. (en) « 'Blue Lives Matter' trends after officers shot », BBC News,‎ (lire en ligne).
  10. a et b (en) Jessica Guynn, « Meet the woman who coined #BlackLivesMatter », USA TODAY,‎ (lire en ligne).
  11. a, b et c (en) Jamilah King, « #blacklivesmatter How three friends turned a spontaneous Facebook post into a global phenomenon », sur The California Sunday Magazine, .
  12. (en) « Founders of #BlackLivesMatter: Getting credit for your work matters », sur Fortune, (consulté le 8 décembre 2016)
  13. Rokhaya Diallo, « Black Lives Matter. Un nouveau souffle pour les voix des noirs », Libération,‎ (lire en ligne).
  14. (en) Michael Segalov, « We Spoke to the Activist Behind #BlackLivesMatter About Racism in Britain and America », sur Vice, .
  15. « L'affaire Adama Traoré et la question raciale dans le comportement de la police », sur LCI, (consulté le 24 janvier 2017)
  16. (en) « Black Lives Matter: The Growth of a New Social Justice Movement | The Black Past: Remembered and Reclaimed », sur www.blackpast.org (consulté le 8 décembre 2016).
  17. (en) « Women and Black Lives Matter: An Interview with Marcia Chatelain », Dissent Magazine,‎ (lire en ligne).
  18. (en) Ryan W. Miller, « Black Lives Matter: A primer on what it is and what it stands for », USA TODAY,‎ (lire en ligne).
  19. (en) « Black Lives Matter movement 'needed in UK' », BBC News,‎ (lire en ligne)
  20. (en) « We Spoke to the Activist Behind #BlackLivesMatter About Racism in Britain and America | VICE | United States », VICE,‎ (lire en ligne)
  21. (en) « Shaun King on Controversy, Color, and Kaepernick from Politically Re-Active with W. Kamau Bell & Hari Kondabolu », sur www.stitcher.com (consulté le 8 décembre 2016)
  22. (en) « Comment Facebook pénalise les contenus jugés « conservateurs » », sur BFMTV (consulté le 10 mai 2016).
  23. (en) « Facebook MADE Black Lives Matter ‘Trend’ By Inserting It Into News Feeds », sur The Daily Caller (consulté le 10 mai 2016).
  24. (en) Manipulationsvorwürfe gegen Facebook, jungefreiheit.de,
  25. Facebook accusé de manipuler les sujets tendance, la polémique fait rage, huffingtonpost.ca,

Lien externe[modifier | modifier le code]

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