Andrés Manuel López Obrador

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Andrés López (homonymie), López et Obradors.
López Obrador est un nom espagnol. Le premier nom de famille, paternel, est López ; le second, maternel, souvent omis, est Obrador.

Andrés Manuel López Obrador
Illustration.
Andrés Manuel López Obrador en 2018.
Fonctions
Président des États-Unis mexicains
En fonction depuis le
(7 mois et 18 jours)
Élection
Gouvernement López Obrador
Prédécesseur Enrique Peña Nieto
Président du Mouvement de régénération nationale

(2 ans et 22 jours)
Prédécesseur Martí Batres Guadarrama
Successeur Yeidckol Polevnsky
Chef de gouvernement de la Ville de Mexico

(4 ans, 7 mois et 24 jours)
Prédécesseur Rosario Robles
Successeur Alejandro Encinas Rodríguez
Président du Parti de la révolution démocratique

(3 ans)
Prédécesseur Porfirio Muñoz Ledo
Successeur Pablo Gómez Álvarez
Biographie
Date de naissance (65 ans)
Lieu de naissance Macuspana (Tabasco, Mexique)
Nationalité mexicaine
Parti politique PRI (1976-1989)
PRD (1989-2012)
MORENA (depuis 2012)
Diplômé de université nationale autonome du Mexique
Profession politologue
Religion christianisme
Résidence palais national (Mexico)

Signature de Andrés Manuel López Obrador

Andrés Manuel López Obrador Andrés Manuel López Obrador
Chefs de gouvernement du District fédéral
Présidents des États-Unis mexicains

Andrés Manuel López Obrador [anˌdɾes maˈnwel ˈlopes oβɾaˈðoɾ][1] Écouter ou AMLO, né le à Macuspana (État de Tabasco), est un homme d'État mexicain. Il est président des États-Unis mexicains depuis le .

Il est chef du gouvernement de la ville de Mexico de 2000 à 2005 et termine en deuxième position des élections présidentielles de 2006 et de 2012. Après avoir présidé le Parti de la révolution démocratique (PRD), il fonde en 2012 le Mouvement de régénération nationale (MORENA).

À l’issue du scrutin de 2018, lors de sa troisième candidature présidentielle, il est élu président de la République avec 53,2 % des voix à l'unique tour du scrutin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Andrés Manuel López Obrador naît dans la ville de Tepetitán, dans la municipalité de Macuspana (Tabasco), le 13 novembre 1953. Il est le fils d'Andrés López Ramón et de Manuela Obrador González, marchands originaires respectivement de l'État de Tabasco et de l'État de Veracruz. Son grand-père maternel, originaire d'Ampuero en Espagne, s'est exilé au Mexique.

Passionné de baseball durant sa jeunesse, il joue dans l’équipe locale et se destine un temps à une carrière professionnelle. Son enfance est marquée par la mort de l'un de ses frères alors qu'il manipulait une arme à feu[2].

Vie privée et familiale[modifier | modifier le code]

Il est marié à la journaliste et écrivaine Beatriz Gutiérrez Müller.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Andrés Manuel López Obrador travaille à l'Institut des peuples indigènes de l'État de Tabasco en 1977, où il se fait connaître pour ses programmes sociaux en faveur des communautés indigènes, avant de rejoindre l'Institut national des consommateurs, une agence gouvernementale, en 1984[2].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Militant de l'aile gauche du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) dans les années 1970 et 1980, il se joint à la tendance dissidente du Courant démocratique. Il se trouve en marge du parti pour sa participation à des manifestations contre la compagnie pétrolière Pemex, accusée de nombreux dommages environnementaux, et pour sa volonté de démocratiser le fonctionnement interne du PRI[2].

Il démissionne en 1983 de son poste de responsable régional du parti et participe à la fondation du Parti de la révolution démocratique (PRD), en 1989. Il préside celui-ci de 1996 à 2000[3].

Président national du PRD[modifier | modifier le code]

Le 17 avril 1996, Andrés Manuel López Obrador commence sa campagne pour la présidence du Parti de la révolution démocratique (PRD) contre Heberto Castillo et Amalia García. Il est président du PRD du 2 août 1996 au 10 avril 1999. Pendant sa présidence, le parti connaît la plus grande présence en politique nationale depuis sa création[réf. nécessaire]. En 1997, il devient la deuxième force politique à la Chambre des députés avec 125 des 500 sièges. Cette même année, lors de l'élection du chef du gouvernement de la ville de Mexico, le candidat du PRD Cuauhtémoc Cardenas Solorzano est élu chef du gouvernement de la capitale et le parti obtient une majorité absolue à l'Assemblée législative de la Ville de Mexico, la première victoire importante du parti depuis sa création[4].

Il s’implique particulièrement dans la lutte contre la corruption, qu'il qualifie de « guerre contre la mafia du pouvoir ». Il écrit ainsi plusieurs livres, dont un consacré aux fraudes massives durant la campagne pour les élections locales dans le Tabasco, et dirige en 1992 une marche de deux mois baptisée « L’Exode pour la démocratie », de la capitale du Tabasco jusqu'à Mexico[2].

Chef de gouvernement de la Ville de Mexico[modifier | modifier le code]

Andrés Manuel López Obrador en 2003.

Andrés Manuel López Obrador est élu chef de gouvernement du district fédéral le 5 décembre 2000 pour six ans. Durant son mandat, il tient des conférences de presse quotidiennes à 6 heures du matin pour répondre aux questions des médias[5].

Le 12 janvier 2003, son épouse, Rocío Beltrán Medina, meurt d'un arrêt respiratoire consécutif à un lupus[6].

Il établit un programme de pensions pour les personnes âgées de plus de 70 ans : 3 539 bénéficiaires reçoivent 668 pesos mensuels à partir de 2004[7]. Il a aussi subventionné les tarifs du métro de Mexico[8]. Les politiques sociales de López Obrador sont qualifiées par ses adversaires de « populistes » et considérées comme excessivement coûteuses[9].

En matière de sécurité publique, durant le mandat de López Obrador, le nombre d'homicides par 100 000 habitants dans la ville de Mexico est descendu de 9,0 en 2001 à 7,8 en 2005[réf. nécessaire].

Élection présidentielle de 2006[modifier | modifier le code]

En 2005, il est désigné candidat à l'élection présidentielle pour la Coalition pour le bien de tous, qui regroupe le PRD, le Parti du travail (PT) et Convergencia.

Le PRI et le PAN tentent de lever son immunité de chef de gouvernement de la Ville de Mexico en raison du suspicion de non-respect d'une décision de justice. La montée de popularité de López Obrador provoquée par la manœuvre conduit le président Vicente Fox à ordonner la suspension des poursuites judiciaires à son encontre[10],[11].

Au soir de l'élection présidentielle, le , l'Institut fédéral électoral (IFE) indique que les résultats partiels issus des urnes ne permettent pas de départager les deux candidats arrivés en tête, la différence étant minime. Le 6 juillet, après le dépouillement de la totalité des bulletins de chaque district électoral, l'IFE annonce que le candidat ayant recueilli le plus grand nombre de voix est Felipe Calderón (PAN). Après de nombreux recours, le Tribunal électoral du pouvoir judiciaire de la Fédération déclare Felipe Calderón élu président avec une faible avance sur Andrés Manuel López Obrador (35,9 % contre 35,3 % selon les résultats définitifs publiés par l'IFE)[12].

Andrés Manuel López Obrador continue à contester les résultats en invoquant la non-prise en compte de sa demande de recompte de la totalité des bulletins. Il organise des protestations et se proclame symboliquement « président légitime » du Mexique le [13]. Selon les observateurs de l'Union européenne, les élections mexicaines n'ont pas été truquées[14], mais l'impartialité de ces observateurs est discutée par le PRD, ainsi que par le journal de gauche La Jornada[15].

Par la suite, Andrés Manuel López Obrador est à la tête du mouvement de protestation contre l’initiative de réforme énergétique proposée par le gouvernement de Felipe Calderón[16].

Élection présidentielle de 2012[modifier | modifier le code]

Andrés Manuel López Obrador lors de la campagne de 2012.

Le 11 mars 2012, il est investi candidat du Mouvement Citoyen (es), un des partis qui composent le Mouvement progressiste[17]. Andrés Manuel López Obrador, qui termine deuxième de l'élection présidentielle, derrière Enrique Peña Nieto, dénonce des irrégularités dans le processus électoral[18]. La « commission de surveillance citoyenne » du mouvement Yo soy 132 rapporte que, jusqu'au 3 juillet, 1 100 cas d'irrégularités présumées ont été systématisés[19],[20],[21].

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

En novembre 2017, Andrés Manuel López Obrador présente son « projet alternatif de nation 2018-2024 », avec l'intention d'être candidat pour la troisième fois à une élection présidentielle, dans le cadre des élections fédérales 2018. Le 12 décembre, il dépose sa candidature à la Commission nationale électorale au titre du MORENA. Le lendemain, le parti formalise une coalition avec le Parti du travail (PT) et le Parti combat social (es) (PES) sous la dénomination « Ensemble nous ferons l'histoire », avec López Obrador comme candidat[22]. Durant sa campagne, il marque son opposition à l’accord de libre-échange nord-américain et voit en Donald Trump une « brute irresponsable »[2].

Le 1er juillet 2018, il est élu président de la République avec 53,2 % des voix, réalisant un score historique depuis les 74,3 % de Miguel de la Madrid en 1982. Avec 30 millions de voix, il obtient le plus grand nombre de voix pour un candidat lors d’une élection présidentielle au Mexique[23],[24].

Président des États-Unis mexicains[modifier | modifier le code]

Il est investi président du pays le [25].

Dans les jours qui suivent, il diminue son salaire de 60 % [26] et déclare vouloir mettre fin aux privilèges réservés à sa fonction. Une nouvelle loi sur la rémunération des fonctionnaires fixe à un peu plus de 4 700 euros mensuels le salaire maximum[27]. Le salaire minimum est augmenté de 16,2 %[28]. Alors qu'il bénéficie d'une popularité de 80 %, il affirme faire de la lutte contre la corruption au Mexique son combat principal[29].

Sa gestion du projet de construction de l’aéroport international de Mexico et le manque de résultats de sa politique concernant les violences liées au narcotrafic affectent sa popularité et déclenchent un mouvement de protestation à son égard en [30],[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en espagnol mexicain retranscrite selon la norme API.
  2. a b c d et e « Sept choses à savoir sur le nouveau président mexicain, Andrés Manuel López Obrador », lemonde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 16 juillet 2018).
  3. (es) « Borran paso de AMLO por el PRI en su semblanza oficial », sur Animal Político, .
  4. (es) « Populisme au pouvoir », sur Institut de Recherche Sociale de l'Université Nationale Autonome du Mexique (consulté le 9 mai 2018).
  5. (es) Moisés Sinuhé García Bartolo, « Esbozo Biográfico de Andrés Manuel López Obrador », El Cotidiano,‎ (ISSN 0186-1840, lire en ligne).
  6. (es) « Murió la esposa de López Obrador », sur El Universal, (consulté le 24 avril 2018).
  7. (es) « Da Lopez Obrador tarjetas a adultos mayores », sur El Universal, (consulté le 24 avril 2018).
  8. (en) « 'Amlo': the veteran leftwinger who could be Mexico's next president », sur The Guardian, (consulté le 9 mai 2018).
  9. (es) « Pensión de $250 mensuales a adultos mayores, anuncia Fox », sur Proceso, (consulté le 24 avril 2018).
  10. (es) « Renuncia Macedo; revisión total al expediente de López Obrador: Fox », La Jornada,‎ (lire en ligne).
  11. De son côté, le patronat mexicain mène contre lui une campagne médiatique de dénigrement, principalement diffusée par les groupes médiatiques Televisa et TV Azteca. Il tente de l’assimiler à la révolution bolivarienne vénézuélienne dans des vidéos associant son image à celle du président vénézuélien Hugo Chávez, dans une atmosphère anxiogène de violence. Cf. « Au Mexique, les uns votent, les autres trichent », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 5 novembre 2017).
  12. (es) Esadística de las Elecciones Federales de 2006.
  13. (es) « AMLO, presidente legítimo; toma posesión el 20 de noviembre: CND », La Jornada,‎ (lire en ligne).
  14. (en) « EU says disputed Mexico vote fair », BBC, 8 juillet 2006.
  15. « Le Mexique, les élections et les observateurs internationaux », Traduction de l'article de Marcos Roitman (es) « México, elecciones y los observadores internacionales », La Jornada,‎ (lire en ligne).
  16. Cette action se traduit notamment par la prise de la tribune de la Chambre des députés par des députés du Frente Amplio Progresista (es) (Front étendu progressiste), organisation ayant pris le relais de la Coalition pour le bien de tous après les élections de 2006.
  17. (es) «Asume AMLO candidatura por Movimiento Ciudadano», sur La Jornada (consulté le 25 avril 2018).
  18. Il déclare : « Bien qu'ils continuent d'attaquer et nous accusent d'être mauvais perdants, d'être fous, d'être messianiques, d'être sots, d'être malades du pouvoir et d'autres canulars, nous préférons ces insultes que valider ou se ranger part d'un régime injuste, corrompu et plein de complicités, qui détruit le Mexique. » Cf. (es) «No acepta AMLO fallo de Tribunal», sur Milenio, (consulté le 9 mai 2018).
  19. (es) « #YoSoy132 presenta mil 100 casos de irregularidades y delitos electorales », sur La Jornada, (consulté le 9 mai 2018).
  20. À Pueblo Nuevo, au Chiapas, des groupes armés sont entrés dans les bureaux de vote, faisant deux morts. À San Miguel Totolapan, dans l'État de Guerrero, il a été signalé que des personnes remplissaient des urnes. À San Juan Chamula, au Chiapas, des groupes armés ont tiré sur les électeurs. À Ensenada, Baja California a signalé la disparition d'un agent de scrutin avec 2 500 bulletins de vote.
  21. (es) « Elecciones 2012 | Comicios “plagados” de irregularidades y violencia, concluye #YoSoy132 », sur Sin embargo, .
  22. (es) « Morena y Encuentro Social oficializan su unión rumbo a 2018 », sur Nación 321, (consulté le 25 avril 2018).
  23. (es) Ediciones El País, « Siete datos que hacen históricas estas elecciones en México », Verne,‎ (lire en ligne, consulté le 4 juillet 2018).
  24. (en) « Cómputos 2018 », sur computos2018.ine.mx (consulté le 5 juillet 2018).
  25. Catherine Gouëset, « AMLO, l'homme qui veut sauver le Mexique », sur L'Express, (consulté le 3 décembre 2018).
  26. (en-GB) Associated Press, « Mexico's president-elect Amlo to take 60% pay cut in austerity push », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 28 avril 2019)
  27. « Le nouveau président mexicain réduit son salaire de 50% et quitte la résidence présidentielle » (consulté le 29 décembre 2018)
  28. « Anuncian aumento salarial del 16,21% en México a partir de 2019 | Noticias | teleSUR », sur www.telesurtv.net (consulté le 29 décembre 2018)
  29. (es) « Aumenta 53% ordeña a ductos en cinco meses », sur El Universal, (consulté le 28 avril 2019)
  30. « Manifestation au Mexique contre le président Lopez Obrador », sur boursorama.com (consulté le 6 mai 2019).
  31. « Turbulences autour du futur aéroport de Mexico », sur france24.com (consulté le 6 mai 2019).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) George W. Greyson, Mesías Mexicano. Biografía crítica de Andrés Manuel López Obrador, Mexico, Grijalbo, coll. « Actualidad », (ISBN 968-5961-32-8), p. 347.
  • (es) Erick Guerrero Rosas, Perredistas al poder. ¿Qué pasaría si ganara López Obrador en el 2006?, Mexico, Diana, (ISBN 968-13-4172-4), p. 203.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :