Andrés Manuel López Obrador

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Andrés Manuel López Obrador
Illustration.
Andrés Manuel López Obrador en 2018.
Fonctions
Président du
Mouvement de régénération nationale

(2 ans et 22 jours)
Prédécesseur Martí Batres Guadarrama
Successeur Yeidckol Polevnsky
Chef de gouvernement de la Ville de Mexico

(4 ans, 7 mois et 24 jours)
Prédécesseur Rosario Robles
Successeur Alejandro Encinas Rodríguez
Président du Parti de la révolution démocratique

(3 ans)
Prédécesseur Porfirio Muñoz Ledo
Successeur Pablo Gómez Álvarez
Biographie
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Macuspana (Tabasco, Mexique)
Nationalité Mexicaine
Parti politique PRI (1976-1989)
PRD (1989-2012)
MORENA (2012-)
Père Andrés López Ramón
Mère Manuela Obrador González
Conjoint Rocío Beltrán Medina (1979–2003)
Beatriz Gutiérrez Müller (2006)–
Enfants José Ramón López Beltrán
Andrés Manuel López Beltrán
Gonzálo Alfonso López Beltrán
Jesús Ernesto López Gutiérrez.
Diplômé de Université nationale autonome du Mexique
Profession Politologue
Résidence Mexico

Andrés Manuel López Obrador
Chefs de gouvernement du District fédéral

Andrés Manuel López Obrador (parfois surnommé AMLO), né le à Macuspana (État de Tabasco), est un homme politique mexicain.

Il est chef de gouvernement de la Ville de Mexico de 2000 à 2005 et termine en deuxième position des élections présidentielles de 2006 et de 2012.

Après avoir présidé le Parti de la révolution démocratique (PRD), il fonde en 2012 le Mouvement de régénération nationale (MORENA) et se présente à l'élection présidentielle de 2018.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Andrés Manuel López Obrador naît dans la ville de Tepetitán, dans la municipalité de Macuspana (Tabasco), le 13 novembre 1953. Il est le fils aîné d'Andrés López Ramón et de Manuela Obrador González, marchands originaires respectivement de l'État de Tabasco et de l'État de Veracruz. Son grand-père maternel, originaire d'Ampuero en Espagne, s'est exilé au Mexique.

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Andrés Manuel López Obrador travaille à l'Institut des peuples indigènes de l'État de Tabasco en 1977 avant de rejoindre l'Institut national des consommateurs, une agence gouvernementale, en 1984.

Débuts en politique[modifier | modifier le code]

Militant de l'aile gauche du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) dans les années 1970 et 1980, il se joint à la tendance dissidente du Courant démocratique avant de participer à la fondation du Parti de la révolution démocratique (PRD), en 1989. Il préside celui-ci de 1996 à 2000[1].

Président national du PRD[modifier | modifier le code]

Le 17 avril 1996, Andrés Manuel López Obrador commence sa campagne pour la présidence du Parti de la révolution démocratique (PRD) contre Heberto Castillo et Amalia García. Il a été président du PRD du 2 août 1996 au 10 avril 1999. Pendant son mandat, le parti a connu la plus grande présence en politique nationale depuis sa création. Il est devenu la deuxième force politique à la Chambre des députés avec 125 des 500 sièges (1997). Cette même année, lors de l'élection du chef du gouvernement de la ville de Mexico, le candidat du PRD Cuauhtémoc Cardenas Solorzano est élu chef du gouvernement de la capitale avec 48% des voix en sa faveur et le parti obtient une majorité absolue à l'Assemblée législative de la Ville de Mexico, la première victoire importante du parti depuis sa création[2].

Chef de gouvernement de la Ville de Mexico[modifier | modifier le code]

López Obrador en 2003.

Andrés Manuel López Obrador est élu chef de gouvernement du district fédéral le 5 décembre 2000 pour six ans. Durant son mandat, il tient des conférences de presse quotidiennes à 6 heures du matin pour répondre aux questions des médias[3].

Le 12 janvier 2003, son épouse, Rocío Beltrán Medina, meurt d'un arrêt respiratoire consécutif à un lupus[4].

Il établit un programme de pensions pour les personnes âgées de plus de 70 ans : 3 539 bénéficiaires reçoivent 668 pesos mensuels à partir de 2004[5]. Il a aussi subventionné les tarifs du métro de Mexico[6]. Les politiques sociales de López Obrador sont qualifiées par ses adversaires de « populistes » et considérées comme excessivement coûteuses[7].

En matière de sécurité publique, durant le mandat de López Obrador, le nombre d'homicides par 100 000 habitants dans la ville de Mexico est descendu de 9.01 en 2001 à 7.77 en 2005. En 2000, on recensait 807 homicides contre 698 en 2005[8][réf. insuffisante].

Élection présidentielle de 2006[modifier | modifier le code]

Article connexe : Élections mexicaines de 2006.

En 2005, il est désigné candidat à l'élection présidentielle pour la Coalition pour le bien de tous qui, outre le PRD, inclut le Parti du travail (PT) et Convergencia.

Le PRI et le PAN tentent de lever son immunité de chef de gouvernement de la Ville de Mexico en raison d'un non-respect d'une décision judiciaire dans le cadre de ses fonctions afin de l'empêcher de se présenter à la magistrature suprême. La montée de popularité de López Obrador provoquée par la manœuvre conduit le président Vicente Fox à ordonner la suspension des poursuites judiciaires à l'encontre de López Obrador[9]. De son côté, le patronat mexicain mène contre lui une campagne médiatique de dénigrement, principalement diffusée par les deux grands groupes médiatiques Televisa et TV Azteca[10],[11].

Au soir de l'élection présidentielle, le 2 juillet 2006, l'Institut fédéral électoral (IFE) indique que les résultats partiels issus des urnes ne permettent pas de départager les deux candidats arrivés en tête, la différence étant minime. Le 6 juillet après le dépouillement de la totalité des bulletins de chaque district électoral, l'IFE annonce que le candidat ayant recueilli le plus grand nombre de voix est Felipe Calderón (PAN). Andrés Manuel López Obrador conteste aussitôt les résultats[12] et appelle à des manifestations afin de demander un recompte de l'ensemble des votes.

Une manifestation dans le Zócalo (Mexico) qui exigeait la vérification des votes de l'élection présidentielle de 2006

De nombreux recours ayant été déposés auprès du Tribunal électoral du pouvoir judiciaire de la Fédération (TEPJF), seule autorité compétente pour juger de la conformité du scrutin, il faut attendre le 5 septembre avant que ne soit déclaré le vainqueur de l'élection[13]. Selon la décision du Tribunal électoral du pouvoir judiciaire de la Fédération, Felipe Calderón est élu président des États-Unis mexicains avec une très faible avance sur Andrés Manuel López Obrador (35,89 % contre 35,31 % selon les résultats définitifs publiés par l'IFE)[14].

Andres Manuel Lopez Obrador à la clôture de la campagne électorale en 2012.

Andrés Manuel López Obrador continue à contester les résultats en invoquant la non-prise en compte de sa demande de recompte de la totalité des bulletins. Il organise des protestations, très suivies, par le biais de la Convention nationale démocratique (es) (CND) et se proclame symboliquement président légitime du Mexique le 16 septembre 2006[15]. Selon les observateurs de l'Union européenne, les élections mexicaines n'ont pas été truquées[16], mais l'impartialité de ces observateurs est discutée par le PRD, ainsi que par le journal de gauche La Jornada[17], l'hebdomadaire Proceso, le Réseau Voltaire et une partie de la population.

Par la suite, Andrés Manuel López Obrador est à la tête du mouvement de protestation contre l’initiative de réforme énergétique proposée par le gouvernement de Felipe Calderón, qui se traduit notamment par la prise de la tribune de la Chambre des députés par des députés du Frente Amplio Progresista (es) (Front étendu progressiste), organisation ayant pris le relais de la Coalition pour le bien de tous après les élections de 2006.

Élection présidentielle de 2012[modifier | modifier le code]

Une manifestation dans la Place des Trois Cultures en faveur de López Obrador fait par des étudiants universitaires du Mexico, dans le contexte du Mouvement YoSoy132 (2012)

Le 25 juillet 2010, dans un discours sur la Place de la Constitution, il annonce sa participation à l'élection présidentielle de 2012[18]. Le 11 mars 2012, il est investi candidat du Mouvement Citoyen, un des partis qui composent le Mouvement Progressiste[19].

Andrés Manuel López Obrador termine deuxième de l'élection présidentielle, derrière Enrique Peña Nieto. Il dénonce des irrégularités dans le processus électoral, affirmant : « Bien qu'ils continuent d'attaquer et nous accusent d'être mauvais perdants, d'être fous, d'être messianiques, d'être sots, d'être malades du pouvoir et d'autres canulars, nous préférons ces insultes que valider ou se ranger part d'un régime injuste, corrompu et plein de complicités, qui détruit le Mexique. »[20].

La « commission de surveillance citoyenne » du mouvement Yo soy 132 a rapporté que, jusqu'au 3 juillet, 1 100 cas d'irrégularités présumées avaient été systématisés[21]. À Pueblo Nuevo, au Chiapas, des groupes armés sont entrés dans les bureaux de vote, faisant deux morts. À San Miguel Totolapan, dans l'État de Guerrero, il a été signalé que des personnes remplissaient des urnes. À San Juan Chamula, au Chiapas, des groupes armés ont tiré sur les électeurs. À Ensenada, Baja California a signalé la disparition d'un agent de scrutin avec 2 500 bulletins de vote[22].

Élection présidentielle de 2018[modifier | modifier le code]

En novembre 2017, Andrés Manuel López Obrador présente son « Projet alternatif de nation 2018-2024 », avec l'intention d'être candidat pour la troisième fois à une élection présidentielle, dans le cadre des élections fédérales 2018. Le 12 décembre, il dépose sa candidature à la Commission nationale électorale au titre du MORENA. Le lendemain, le parti formalise une coalition avec le Parti du travail (PT) et le Parti la rencontre sociale (PES) sous la dénomination « Ensemble nous ferons l'histoire », avec López Obrador comme candidat[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « Borran paso de AMLO por el PRI en su semblanza oficial », sur Animal Político,
  2. (es) « Populisme au pouvoir », sur Institut de Recherche Sociale de l'Université Nationale Autonome du Mexique (consulté le 9 mai 2018)
  3. (es) Moisés Sinuhé García Bartolo, « Esbozo Biográfico de Andrés Manuel López Obrador », El Cotidiano,‎ (ISSN 0186-1840, lire en ligne)
  4. (es) « Murió la esposa de López Obrador », sur El Universal, (consulté le 24 avril 2018)
  5. (es) « Da Lopez Obrador tarjetas a adultos mayores », sur El Universal, (consulté le 24 avril 2018)
  6. (en) « 'Amlo': the veteran leftwinger who could be Mexico's next president », sur The Guardian, (consulté le 9 mai 2018)
  7. (es) « Pensión de $250 mensuales a adultos mayores, anuncia Fox », sur Proceso, (consulté le 24 avril 2018)
  8. (es) « ¿Qué tan bueno o malo fue AMLO como jefe de Gobierno de la Ciudad de México? », sur Nación 321, (consulté le 9 mai 2018)
  9. (es) « Renuncia Macedo; revisión total al expediente de López Obrador: Fox », La Jornada,‎ (lire en ligne)
  10. « Si López Obrador devenait président, il nous endetterait encore plus et nous subirions crise économique, dévaluation, chômage. (…) Vous pourriez perdre votre maison et votre emploi... Ne votez pas pour la crise »
  11. Il tente de l’assimiler à la révolution bolivarienne vénézuélienne dans des vidéos associant son image à celle du président vénézuélien Hugo Chávez, dans une atmosphère anxiogène de violence. Cf. « Au Mexique, les uns votent, les autres trichent », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  12. (es) Site officiel d'Obrador, consulté le 13 juillet 2006.
  13. Au 13 juillet, 359 recours de non-conformité avaient été présentés devant le tribunal, 227 présentés par la Coalition pour le bien de tous, 131 par le PAN et 1 par l'Alliance pour le Mexique (PRI-PVEM)
  14. (es) Esadística de las Elecciones Federales de 2006.
  15. (es) « AMLO, presidente legítimo; toma posesión el 20 de noviembre: CND », La Jornada,‎ (lire en ligne)
  16. (en) EU says disputed Mexico vote fair, BBC, 8 juillet 2006.
  17. « Le Mexique, les élections et les observateurs internationaux », Traduction de l'article de Marcos Roitman (es) « México, elecciones y los observadores internacionales », La Jornada,‎ (lire en ligne)
  18. (es) « Arranca AMLO su candidatura formal para 2012 », sur ntrzacatecas.com, (consulté le 25 avril 2018)
  19. (es) «Asume AMLO candidatura por Movimiento Ciudadano», sur La Jornada (consulté le 25 avril 2018)
  20. (es) «No acepta AMLO fallo de Tribunal», sur Milenio, (consulté le 9 mai 2018)
  21. (es) « #YoSoy132 presenta mil 100 casos de irregularidades y delitos electorales », sur La Jornada, (consulté le 9 mai 2018)
  22. (es) « Elecciones2012 | Comicios “plagados” de irregularidades y violencia, concluye #YoSoy132 », sur Sin embargo,
  23. (es) « Morena y Encuentro Social oficializan su unión rumbo a 2018 », sur Nación 321, (consulté le 25 avril 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) George W. Greyson, Mesías Mexicano. Biografía crítica de Andrés Manuel López Obrador, Mexico, Grijalbo, coll. « Actualidad », (ISBN 968-5961-32-8), p. 347
  • (es) Erick Guerrero Rosas, Perredistas al poder. ¿Qué pasaría si ganara López Obrador en el 2006?, Mexico, Diana, (ISBN 968-13-4172-4), p. 203

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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