Susan Collins

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Susan Collins
Illustration.
Portrait officiel de Susan Collins (2015).
Fonctions
Sénatrice des États-Unis
En fonction depuis le
(24 ans, 9 mois et 12 jours)
Élection 5 novembre 1996
Réélection 5 novembre 2002
4 novembre 2008
4 novembre 2014
3 novembre 2020
Circonscription Maine
Législature 105e, 106e, 107e, 108e, 109e, 110e, 111e, 112e, 113e, 114e, 115e, 116e et 117e
Groupe politique Républicain
Prédécesseur William Cohen
Présidente du Comité spécial du Sénat des États-Unis sur le vieillissement

(6 ans et 1 mois)
Législature 114e, 115e et 116e
Prédécesseur Bill Nelson
Successeur Bob Casey, Jr.
Biographie
Nom de naissance Susan Margaret Collins
Date de naissance (68 ans)
Lieu de naissance Caribou (Maine, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Diplômée de Université de St. Lawrence
Religion Catholicisme

Susan Collins, née le à Caribou (Maine), est une femme politique américaine, membre du Parti républicain et sénatrice du Maine au Congrès des États-Unis depuis 1997.

Elle est la femme avec le plus d'ancienneté siégeant actuellement au Sénat pour les républicains et la doyenne en ancienneté de la délégation du Maine au Congrès. Collins est décrite comme l'une des deux républicaines les plus modérées du Sénat avec Lisa Murkowski (Alaska), se positionnant souvent comme un vote pivot, devenant ainsi un élément déterminant d'une législation très suivie[1]. Elle est accusée de duplicité par ses opposants dans ses déclarations publiques sur des questions telles que les réductions d'impôts, l'avortement, les soins de santé et la nomination de juges fédéraux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premiers postes publics[modifier | modifier le code]

Diplômée de l'université de St. Lawrence, Susan Collins travaille de 1975 à 1987 auprès de William Cohen, sénateur fédéral républicain du Maine, à qui elle succédera. En 1987, elle devient commissaire du département de la régulation professionnelle et financière du Maine. Nommée directrice régionale de la Small Business Administration pour la Nouvelle-Angleterre en 1992, elle devient vice-trésorière de l'État du Massachusetts l'année suivante[2].

En 1994, elle remporte la primaire républicaine pour le poste de gouverneur du Maine. Elle est alors la première femme à obtenir l'investiture d'un grand parti pour la fonction[2]. Elle finit cependant troisième de l'élection[3] avec 23,1 % des voix, derrière le candidat indépendant Angus King (35,4 %) et le démocrate Joseph E. Brennan (31 %)[4].

Sénatrice des États-Unis[modifier | modifier le code]

Premier mandat[modifier | modifier le code]

En 1996, William Cohen ne se représente pas au Sénat des États-Unis. Collins arrive en tête de la primaire républicaine avec 56 % des voix et devance John Hathaway (31 %) et Robert Monks (13 %)[5]. Lors de l'élection sénatoriale, elle est élue avec 49,2 % des suffrages contre 43,9 % pour l'ancien gouverneur Joseph E. Brennan, candidat du Parti démocrate[6].

Deuxième mandat[modifier | modifier le code]

Elle est réélue lors des élections de 2002, rassemblant 58,4 % des voix face à la démocrate Chellie Pingree[6]. En , avec un taux d'approbation de son action de 74 %, elle est le deuxième sénateur le plus populaire du Congrès, derrière Olympia Snowe, l'autre sénatrice du Maine[7].

Troisième mandat[modifier | modifier le code]

Collins avec Barack Obama dans le Bureau ovale, en 2009.

Candidate pour un nouveau mandat en 2008 contre le représentant fédéral Tom Allen, candidat du Parti démocrate, elle reçoit lors de la campagne électorale le soutien de Joseph Lieberman, sénateur indépendant du Connecticut et candidat démocrate à la vice-présidence des États-Unis en 2000[réf. nécessaire]. Elle est réélue par 61,3 % des électeurs[6].

En , elle vote pour la réforme de la réglementation financière, le Dodd–Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act, proposée par Barack Obama[8].

Quatrième mandat[modifier | modifier le code]

Susan Collins remporte un quatrième mandat lors des élections sénatoriales de 2014, avec 68,5 % des suffrages[6]. L'année suivante, son action est approuvée par 78 % de ses électeurs, et seul le sénateur indépendant Bernie Sanders du Vermont réalise un meilleur score[9].

En , elle affirme dans une tribune du Washington Post qu'elle ne votera par pour Donald Trump, candidat républicain à l'élection présidentielle, estimant que celui-ci « ne mérite pas » d'être président des États-Unis et « ne reflète pas les valeurs républicaines historiques ni l'approche inclusive de gouvernance nécessaire à soigner les divisions [du] pays »[3],[10],[11],[12]. Une fois Trump élu président, elle s'oppose à la nomination de plusieurs membres de son gouvernement, dont celles de Betsy DeVos à l'éducation et Scott Pruitt à la tête de l'Environmental Protection Agency (EPA)[13]. En 2017, elle vote également contre l'abrogation de l'Obamacare portée par l'administration Trump, mais soutient sa réforme fiscale[14].

En , Susan Collins est encore populaire avec 61 % d'opinions favorables[14]. Cependant, à partir de l'été 2019, elle devient l'un des sénateurs américains des États-Unis les plus impopulaires avec 48 % des électeurs du Maine désapprouvant son action[15]. Cette impopularité est confirmée en , un sondage la consacrant sénatrice la plus impopulaire du pays avec 52 % d'opinions défavorables contre 42 % d'opinions favorables[16]. Ses détracteurs lui reprochent des votes de plus en plus partisans[14], en particulier son vote en faveur de Brett Kavanaugh à la Cour suprême[14],[17]. D'après l'association ProPublica, elle vote contre son parti 11 % du temps en 2019 (contre 31 % en 2009)[14]. En , elle vote en faveur de l'acquittement de Donald Trump lors de sa procédure de destitution[14].

Cinquième mandat[modifier | modifier le code]

Susan Collins en 2020.

En vue des élections de 2020, elle apparaît comme l'un des républicains les plus vulnérables du Sénat, au côté de Cory Gardner (Colorado), Martha McSally (Arizona), Thom Tillis (Caroline du Nord) et Joni Ernst (Iowa)[18]. Elle affronte la présidente démocrate de la Chambre des représentants du Maine Sara Gideon[17], qui la devance dans la plupart des sondages[17],[19]. Susan Collins est cependant réélue avec environ 9 points d'avance sur son adversaire démocrate. Alors que le démocrate Joe Biden remporte le Maine, la sénatrice républicaine devance Donald Trump de 7 points grâce au soutien des électeurs indépendants. Sa victoire est alors considérée comme l'une des principales surprises des élections de 2020[20].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Susan Collins est une sénatrice républicaine modérée. Parfois plus populaire auprès des électeurs démocrates et indépendants que ceux de son propre parti, elle est considérée comme une RINO (« Republican In Name Only ») par certains républicains[3]. Elle est en faveur de législation visant à diminuer l'émission de gaz à effet de serre et s'exprime en faveur du mariage homosexuel en [21]. Féministe, elle est pour le fait d'autoriser les femmes à recourir à l'avortement et pour l'accroissement des dépenses de santé.

Le , elle est la seule sénatrice républicaine à voter contre la confirmation de Amy Coney Barrett comme juge à la Cour suprême[22].

Susan Collins est un des sept sénateurs républicains qui votent avec les 50 sénateurs démocrates pour la condamnation de Donald Trump lors du second procès en destitution de ce dernier devant le Sénat, qui se termine par l'acquittement de l'ex-président, prononcé le par le Sénat, la majorité des deux tiers n'ayant pas été atteinte[23]. Les sept républicains qui votent pour la condamnation sont : Susan Collins (Maine), Lisa Murkowski (Alaska), Mitt Romney (Utah), Ben Sasse (Nebraska), Pat Toomey (Pennsylvanie), Richard Burr (Caroline du Nord) et Bill Cassidy (Louisiane)[23]. Après l'acquittement, la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi déclare : « Je salue les sénateurs républicains qui ont voté selon leur conscience et pour notre pays. Le refus des autres sénateurs républicains de tenir Trump pour responsable d'avoir déclenché une violente insurrection pour s'accrocher au pouvoir sera considéré comme l'un des jours les plus sombres et des actes les plus déshonorants de l'histoire de notre nation »[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Susan Collins, one of the most important swing votes on Kavanaugh’s nomination, explained », Vox,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. a et b (en) « COLLINS, Susan Margaret, (1952 - ) », sur bioguide.congress.gov (consulté le ).
  3. a b et c (en) Eric Russell, « With Trump headed for the White House, what will Susan Collins do? », sur pressherald.com, (consulté le ).
  4. (en) Christian P. Potholm, This Splendid Game : Maine Campaigns and Elections, 1940-2002, Lexington Books, , 243 p. (ISBN 978-0-7391-0604-4, lire en ligne), p. 198.
  5. Potholm 2003, p. 167.
  6. a b c et d (en) « Sen. Susan Collins, R-Maine », Member Profile, sur data.rollcall.com (consulté le ).
  7. Sondage Survey USA portant sur 600 résidents de chaque État réalisé du au . Marge d'erreur de 4 %.
  8. Corine Lesne, « Nouveau succès du président après l’assurance-santé », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  9. (en) Reid Wilson, « Bernie Sanders is the Most Popular Senator in America », sur morningconsult.com, (consulté le ).
  10. Jean-Cosme Delaloye, « La fronde républicaine anti-Trump prend de l’ampleur », sur tdg.ch, (consulté le ).
  11. Alexis Karklins-Marchay, « Donald Trump veut-il vraiment devenir président ? », sur lopinion.fr, (consulté le ).
  12. (en) Susan Collins, « GOP senator Susan Collins: Why I cannot support Trump », sur washingtonpost.com, (consulté le ).
  13. (en) The Associated Press, « Sen. Collins of Maine to oppose Pruitt nomination to EPA », sur abcnews.go.com, (consulté le ).
  14. a b c d e et f (en) Kathryn Miles, « The Women of Maine vs. Susan Collins », sur politico.com, Politico, (consulté le ).
  15. (en) James Pindell, « Susan Collins’ popularity drops in poll of Maine residents », sur bostonglobe.com, The Boston Globe, (consulté le ).
  16. (en) Rachel Ohm, « Sen. Collins ranks as least-popular senator in new poll », sur pressherald.com, Portland Press Herald, (consulté le ).
  17. a b et c (en) Tucker Higgins, « Susan Collins struggles to change the subject from Brett Kavanaugh in Maine Senate race », sur cnbc.com, CNBC, (consulté le ).
  18. (en) Simone Pathe, « The 10 Senate seats most likely to flip 5 weeks from Election Day », sur edition.cnn.com, Cable News Network, (consulté le ).
  19. « Une sénatrice républicaine réélue, les chances d'un Sénat démocrate encore réduites », sur lorientlejour.com, L'Orient-Le Jour, (consulté le ).
  20. (en) Patrick Whittle et Andrew Taylor, « ‘She knows Maine’: How Susan Collins defied Democrats », sur apnews.com, Associated Press, (consulté le ).
  21. (en) « Her reign in Maine is easy to explain », sur economist.com, (consulté le ).
  22. Gilles Paris, « Présidentielle américaine, J − 7 : Donald Trump enregistre une victoire à une semaine du vote », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  23. a et b (en) Sam Levine et Lauren Gambino, « Donald Trump acquitted in impeachment trial », The Guardian,
  24. (en) Amanda Holpuch, « Mitch McConnell savages Trump – minutes after voting to acquit », The Guardian,

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]