Serge Reggiani

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Serge Reggiani
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Serge Reggiani et René Arrieu jouant Les Trois Mousquetaires au théâtre de la Porte-Saint-Martin, en décembre 1951

Informations générales
Nom de naissance Serge Reggiani
Naissance
Reggio d'Émilie, Italie
Décès (à 82 ans)
Boulogne-Billancourt, France
Activité principale Acteur, chanteur, écrivain
Genre musical variété chanson française
Années actives 1938 - 1998 (acteur)
1964 - 2004 (chanteur)

Sergio Reggiani, dit en français Serge Reggiani, né le à Reggio d'Émilie (Italie)[1] et mort le à Boulogne-Billancourt[2], est un acteur et un chanteur français d'origine italienne. Venu du théâtre, il tourne au cinéma sous la direction de plusieurs générations de réalisateurs et s'impose comme une figure marquante du cinéma français. Venu tardivement à la chanson (à 42 ans), il est considéré comme l'un des grands interprètes de la chanson française. Exigeant dans le choix des auteurs, il chante aussi bien Baudelaire que Moustaki, ou encore Rimbaud, Dabadie ou Vian. Dans les années 1980, il se découvre une passion tardive pour la peinture, ce qui l'amène, en 1991, à exposer pour la première fois. Durant cette décennie, il publie également deux ouvrages autobiographiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille italienne modeste (son père, Ferruccio Reggiani, était associé coiffeur, sa mère ouvrière) et antifasciste, Serge Reggiani arrive en France à l'âge de huit ans avec sa famille, à Yvetot en Normandie. Il suit d'abord les traces de son père comme apprenti coiffeur, puis après la lecture d'une petite annonce, s'inscrit au Conservatoire des arts cinématographiques, à Paris, où la famille s'est installée depuis[3].

Il y reçoit en 1938 le 1er prix de comédie avant de s'inscrire en 1939 au Conservatoire national d'art dramatique. Il commence alors une carrière de comédien au théâtre en 1941 dans Le Loup-Garou de Roger Vitrac. Il interprète ensuite Britannicus auprès de Jean Marais, puis joue dans Les Parents terribles de Jean Cocteau[3].

En 1943, il rencontre, sur le tournage de Le Carrefour des enfants perdus de Léo Joannon, la comédienne Janine Darcey qu'il épouse en 1945. Ils ont deux enfants, Stéphan et Carine, à qui Serge Reggiani transmet la fibre artistique. Ils divorcent en 1955[3].

Après la guerre, il apparaît très souvent au théâtre ou au cinéma : Les Portes de la nuit en 1946, Casque d'or en 1952, qui lui permet de rencontrer celle qui va rester toujours son amie, Simone Signoret et qu'il retrouve dans L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville. Il est un comédien reconnu. Il est naturalisé français en 1948[4].

Il excelle dans des personnages troubles dans Manon d'Henri-Georges Clouzot en 1948 et dans Marie-Octobre de Julien Duvivier en 1958. En 1957, il épouse la comédienne et metteur en scène Annie Noël. Entre 1958 et 1963, ils auront ensemble trois enfants, Célia, qui deviendra pianiste, Simon et Maria.

À partir de 1964, Serge Reggiani s'oriente vers la chanson grâce à Jacques Canetti qu'il rencontre chez ses amis Simone Signoret et Yves Montand. Jacques Canetti lui propose de participer à l'intégrale 100 chansons de Boris Vian et lui fait découvrir des chansons dont la plupart des textes sont inédits à l’exception de Le Déserteur.

En pleine période Yé-Yé, son premier disque sort en 1965 et connaît un succès très encourageant pour cet interprète qui débute dans la chanson. Soutenue par RTL la chanson Arthur où t'as mis le corps fait l'objet d'un concours où les auditeurs doivent deviner l'interprète-mystère. Toutes les réponses s'orientent vers Louis de Funès ![réf. nécessaire].

Au théâtre, sa performance dans Les Séquestrés d'Altona de Jean-Paul Sartre est particulièrement saluée.

En 1966, Barbara séduite par son premier album de chansons de Boris Vian, lui propose de faire la première partie de son tour de chant. Il entre alors sans le vouloir en concurrence avec son fils Stéphan qui tente de percer en tant que chanteur. Les textes de Vian séduisent la jeunesse de l'époque[réf. nécessaire]. Reggiani est aussi très apprécié par la jeunesse « soixante-huitarde » pour son engagement à gauche[réf. nécessaire]. Barbara l'aide à travailler sa voix. En 1967 il enregistre avec Jacques Canetti son second album ; pour cet opus, Serge Reggiani précède certains titre par un poème mis en musique qui introduit le thème de la chanson. Il y interprète avec son timbre de baryton Le Petit Garçon - écrit à sa demande par Jean-Loup Dabadie, dont c'est la première chanson - Le Déserteur et Quand j'aurai du vent dans mon crâne de Boris Vian, Les loups sont entrés dans Paris, Ma Liberté et Sarah (deux chansons écrites par Georges Moustaki), Paris ma rose... L'album connaît un succès foudroyant et lance la carrière de chanteur de Serge Reggiani.

Entre 1966 et 1968, Serge Reggiani et Barbara entretiennent une liaison longtemps restée secrète (Noëlle Adam, la veuve du chanteur, le révèle dans un entretien à France Dimanche en 2010 : « Leur aventure aurait commencé en 1966 lorsque Barbara lui a demandé de faire la première partie de son tour de chant. Par amour pour elle, Serge s'est séparé de sa femme Annie Noël. Puis, deux ans plus tard, il quittait Barbara alors qu'elle était encore très amoureuse de lui. Ce sont les enfants de Serge et Annie qui m'ont confirmé l'existence de cette liaison[5]. »

Il travaille aussi bien avec des compositeurs reconnus - Jacques Datin notamment - qu'avec de nouveaux auteurs dont certains deviendront célèbres : Pierre Tisserand, Serge Bourgois, Albert Vidalie, Georges Moustaki et Jean-Loup Dabadie (qu'il retrouvera de nouveau sur le tournage de Vincent, François, Paul et les autres en 1974), ou encore Maxime Le Forestier et Serge Gainsbourg dans les années 1970. Son fils Stéphan et sa femme, Annie Noël, écriront également pour lui.

Dans les années 1970, Claude Lemesle lui écrit de nombreux textes : Venise n'est pas en Italie, Le Souffleur et Le Barbier de Belleville. Le parolier assure la direction artistique des derniers albums. De jeunes paroliers, tels Philippe Sizaire, Jacques Roure ou Marilena Orlando écrivent pour lui dans les années 1990. Reggiani chante également les mots de Didier Barbelivien. Michel Legrand et Alain Goraguer ont aussi composé pour lui.

Il tourne deux polars à succès de Roger Pigaut : Comptes à rebours en 1970 et Trois milliards sans ascenseur en 1972. Après 16 ans de vie commune, Serge Reggiani et Annie Noël s'éloignent. Ils divorcent en 1973. En 1975 il tourne pour Claude Lelouch, Le chat et la souris. À la fin des années 1970, il se produit sur scène avec son fils Stéphan, puis avec sa fille Carine. Un album est publié, la critique n'est pas tendre[réf. nécessaire]. Noëlle Adam partage ensuite sa vie (en 2009, elle publie Dans les yeux de Serge - éditions Archipel).

En 1980, à l'âge de 35 ans, son fils Stéphan met fin à ses jours dans la maison de Mougins où il se trouve avec sa femme et sa grand-mère. Serge utilisera sa voix pour jouer le Ramoneur dans Le Roi et l'oiseau. Bien qu'il ressente moins de goût pour la chanson, Serge Reggiani, soutenu par ses amis, trouve dans le travail la force de lutter contre la dépression et l'alcoolisme pourtant présents. Il continue ainsi de produire des albums qui bénéficient de la faveur du public et rencontre également un grand succès à l'Olympia en 1983 et 1989. En 1986 il tourne dans L'Apiculteur de Theo Angelopoulos.

Au cours de la décennie 1990, il reprend goût à la vie et se produit sur de nombreuses scènes : le Palais des congrès, les Francofolies, l'Olympia. Il sort un album par an dont 70 balais, puis un tous les deux ans. Il peint également et expose ses œuvres.

Il tient en 1991 le premier rôle du film De force avec d'autres, réalisé par son fils Simon Reggiani. En 1995, il participe au Concert des Enfoirés, Les Enfoirés à l'Opéra-Comique. Il se produit à Reggio d'Émilie, sa ville natale, puis encore à Paris à la fin des années 1990.

Le , il meurt d’une crise cardiaque à l'âge de 82 ans[6]. Il repose au cimetière du Montparnasse, 9e division, auprès de ses parents et de son fils Stephan.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • En 2002, l'année de ses 80 ans, de nombreuses personnalités lui rendent hommage au travers d'un album nommé Autour de Serge Reggiani[7]. Il reçoit l'année suivante une Victoire d'honneur[8] ainsi que la cravate de commandeur de l'Ordre du Mérite, remise par Jacques Chirac. Il se produit encore la même année sur de nombreuses scènes françaises et internationales. Il continue aussi d'exposer sa peinture.
  • En 2015, la chanteuse Isabelle Boulay reprend le répertoire de Serge Reggiani dans un album intitulé Merci Serge Reggiani[9].

Carrière[modifier | modifier le code]

Le comédien[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Révélé par Marcel Carné et André Cayatte, Serge Reggiani incarne à ses débuts les jeunes premiers au destin dramatique. En 1952, il joue avec Simone Signoret dans Casque d'or réalisé par Jacques Becker[10]. Il tourne par la suite avec Duvivier, Melville, Visconti, Chabrol, Ferreri, Costa Gavras, Angelopoulos, Rouffio, (...), mais c'est certainement avec Claude Sautet et Claude Lelouch qu'il trouve ses meilleurs rôles[11].

Filmographie[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Filmographie de Serge Reggiani.

Le chanteur[modifier | modifier le code]

Il a collaboré notamment avec Georges Moustaki dans la chanson « Ma liberté » qui lui était destinée mais qui, finalement, a été chantée par Georges Moustaki[12]. Il a aussi chanté « Il suffirait de presque rien », « Le temps qui reste », « Les loups sont entrés dans Paris », « Le Déserteur ».

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Serge Reggiani.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La question se pose (Éditions Robert Laffont, 1990) : "Autoportrait" cosigné avec Simon Reggiani et Blaise N'Djehoya (ISBN 2221059549)
  • Dernier courrier avant la nuit (Éditions de l'Archipel, 1995) (ISBN 2909241998 et 2841875253), recueil de lettres écrites à des personnalités qu'il aime ou qu'il admire.
  • Un enfant de mon âge (Marque Pages Éditions, 2003) ouvrage autobiographique largement illustré, par Serge Reggiani et Rémi Bouet.
  • Serge Reggiani - C'est moi, c'est l'Italien... (Hors Collection Éditions, 2005) : biographie, par Jean-Dominique Brierre.
  • Dans les yeux de Serge (Éditions de l'Archipel, 2009), par Noëlle Adam-Reggiani, avec la collaboration de Christian Mars.
  • Serge Reggiani - L'acteur de la chanson (Éditions Fayard, 2014), biographie, par Daniel Pantchenko.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait de naissance n° 896I/1922.
  2. Extrait de décès n°624/2004 : l'acte précise que le décès a eu lieu le 22 juillet 2004 « à vingt heures quarante minutes ». Mais l'acte n'a été dressé que le lendemain 23 juillet « à 12 heures 26 minutes ».
  3. a, b et c Biographie de Serge Reggiani Universal Music
  4. Serge Reggiani sur rfimusique.com
  5. « Serge Reggiani et Barbara : leur histoire d'amour secrète enfin dévoilée ! », sur www.purepeople.com,‎ (consulté le 6 mars 2015)
  6. Olivier Corriez, Serge Reggiani est mort, TF1 News, 23 juillet 2004
  7. Album autour de Serge Reggiani (Crédit)
  8. Article évoquant la victoire d'honneur
  9. Isabelle Boulay chante Serge Reggiani sur son nouvel album sur le site Evous.fr.
  10. Carrière cinématographique de Serge Reggiani Cinéma Encyclopédie
  11. Jean Tulard Dictionnaire du cinéma : Les acteurs, ed. Robert Laffont collection !bouquins
  12. Georges Moustaki: la liberté en étendard Le Figaro, 23 mai 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]