Camille Claudel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Claudel.
Camille Claudel
Description de cette image, également commentée ci-après

Camille Claudel âgée de 20 ans, en 1884.

Nom de naissance Camille Claudel
Naissance
Fère-en-Tardenois (Aisne)
Décès (à 78 ans)
Montdevergues (centre hospitalier de Montfavet, Vaucluse)
Nationalité Drapeau de France Française
Profession
Activité principale
Formation
Académie Colarossi. Élève des sculpteurs Alfred Boucher, puis Auguste Rodin
Conjoint
Auguste Rodin (son amant)
Famille
Paul Claudel (son frère)

Camille Claudel[1] née à Fère-en-Tardenois (Aisne), le , et morte à Montdevergues, au centre hospitalier de Montfavet (Vaucluse), le , est une sculptrice française, sœur du poète, écrivain, diplomate et académicien Paul Claudel. Elle entretient une relation artistique passionnelle et tumultueuse avec le sculpteur Auguste Rodin, de vingt-quatre ans son aîné. Cet amour impossible, ainsi que son internement psychiatrique en 1913, la murant dans un silence total, contribue à sa célébrité.

En 1988, le succès du film Camille Claudel de Bruno Nuytten, avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu, contribue à la sortir de l'oubli.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Camille Claudel naît à Fère-en-Tardenois de Louis Prosper Claudel (né à La Bresse, dans les Vosges, le 26 octobre 1826), conservateur des hypothèques, et de Louise-Athanaïse, née Cerveaux, fille du médecin et nièce du prêtre du village. En raison de la disparition de Charles-Henri (né en août 1863)[2], le premier-né du couple, mort à seize jours, Camille devient l’aînée d'une famille qui comptera deux autres naissances.

Par la suite, le couple s'installe à Villeneuve-sur-Fère, petit village proche de Fère-en-Tardenois. Camille y passe son enfance entourée de sa sœur Louise, née en et de son jeune frère Paul, né en . La famille Claudel s'installe ensuite pour trois années à Nogent-sur-Seine (Aube), de 1876 à 1879. Camille y fait ses premiers pas d'artiste et rencontre le sculpteur Alfred Boucher qui lui fera prendre conscience de ses dons exceptionnels.

Parcours artistique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Le sculpteur Alfred Boucher (1850-1934) (portrait non daté).
Camille Claudel et Jessie Lipscomb dans leur atelier rue Notre-Dame-des-Champs en 1887.

Depuis son adolescence, Camille est passionnée par la sculpture et commence très jeune à travailler la glaise. Appuyée constamment par son père qui prend conseil auprès d'Alfred Boucher, Camille doit affronter la très forte opposition de sa mère, laquelle aura toujours une violente aversion pour cet art qui passionne sa fille aînée.

De 1879 à 1881, les Claudel habitent à Wassy (Haute-Marne). Camille persuade sa famille d'emménager à Paris, à l'exception de son père retenu par ses obligations professionnelles. Cela, afin de perfectionner son art auprès des maîtres. Avec sa mère, sa sœur Louise, son frère Paul, elle habite au 135bis, boulevard du Montparnasse de 1882 à 1886. Elle suit, tout d'abord, des cours à l'Académie Colarossi. En 1882, elle loue un atelier au 117, rue Notre-Dame-des-Champs[3], où d'autres femmes sculpteurs viendront la rejoindre, la plupart anglaises, dont Jessie Lipscomb avec qui elle se liera d'une profonde amitié. Une photo de 1887, prise par William Elborne, mari de Jessie, les montre travaillant ensemble dans leur atelier[3] (voir photo).

En 1882, Camille a d'abord étudié avec Alfred Boucher, qu'elle avait rencontré adolescente à Nogent-sur-Marne. Celui-ci était à Paris pour mettre en place La Ruche, un phalanstère, une communauté d'artistes[4]. Mais, lauréat du Prix du Salon[3], il doit partir pour Rome et s'installe à la Villa Médicis afin d'honorer des commandes (il n'a jamais gagné le Prix de Rome, étant toujours arrivé second ; c'est seulement à l'aide de la fortune amassée grâce aux commandes de l'État — notamment la Piété Filiale —, qu'il peut entreprendre ce voyage) il demande à Auguste Rodin de le remplacer pour son cours de sculpture qu'il donne au groupe de jeunes filles. Ainsi Camille et Rodin font connaissance, en 1882[5].

Les années Rodin[modifier | modifier le code]

Les premières œuvres que Camille montre à son maître Rodin « lui font forte impression »[3], comme Vieille Hélène et Paul à 13 ans. Vers 1884, elle intègre son groupe de praticiens[3], et elle participe à plusieurs sculptures des œuvres de Rodin, comme l'imposant groupe statuaire Les Bourgeois de Calais[6]. Très vite, la connivence puis la complicité artistique s'installent ; devant le génie de Camille, l'originalité de son talent et sa farouche volonté, Rodin ne résiste pas longtemps ; tel qu'il le dit lui-même :

« Mademoiselle Claudel est devenue mon praticien le plus extraordinaire, je la consulte en toute chose. »

Et à ceux qui la critiquent, Rodin répondra :

« Je lui ai montré où trouver de l'or, mais l'or qu'elle trouve est bien à elle. »

Camille « exerce une certaine influence sur son maître »[3], et elle modèlera L'Éternelle idole, Le Baiser (ils y travaillèrent à deux), ainsi que la monumentale Porte de l'Enfer. Suivront également des œuvres comme La Danaïde ou Fugit Amor.

Ils vivent une passion amoureuse durant une dizaine d'années, mais Rodin, à leur rencontre, vit depuis plus de deux décennies avec sa compagne, son ancien modèle Rose Beuret[7], qu'il a rencontrée en 1864[8], année de naissance de Camille, et qu'il ne voudra jamais quitter — et qu'il épousera à 76 ans[8], quelques mois avant sa mort, en 1917 — ce qui entraîne de violents épisodes de jalousie chez Camille.

Rodin, « fasciné »[9] par le visage de Camille, en réalise plusieurs portraits, comme Camille aux cheveux courts, Camille au bonnet ou Masque de Camille Claudel[9], ou en « reprend des traits dans des portraits allégoriques, comme L’Aurore ou La France »[9], après la rupture des amants[10].

« Femme de Gérardmer (Vosges) », étude de 1885.
Auguste Rodin, Camille Claudel (1886) (bronze 7/12, fonderie Rudier, 1969).
Auguste Rodin, La France ou Saint-Georges, portrait inspiré des traits de Camille Claudel[9], vers 1902-1903, musée des beaux-arts de Dijon.
1891 : Auguste Rodin à 51 ans, aux dernières années de son histoire avec Camille Claudel, qui en avait alors 27 (photographie de Nadar).
Camille Claudel, Buste de Rodin, sculpture (Bronze), 1897, musée Rodin, Paris.
Camille Claudel, Sakountala, sculpture (Marbre), 1905, musée Rodin, Paris.

Vers 1886, elle réalise La Jeune Fille à la gerbe — déclarée trésor national en novembre 2003[11] — qui influence Rodin[3] et se rapproche de la sculpture postérieure de Rodin, La Galatée.

En 1886, en pleine passion avec Rodin, elle commence sa sculpture d'un couple pétri de désir, Sakountala, couple sur lequel elle travaille sans relâche durant deux ans[12]. La sculpture est exposée en 1888 et connaît un certain succès public et critique, et elle obtient le Prix du Salon[3].

Elle habite occasionnellement au 31, boulevard de Port-Royal de 1886 à 1892[13].

Camille Claudel glisse de l'expressivité passionnée et exclusive du corps nu, propre à ce dernier, à une science des attitudes plus originale et maîtrisée qui relève de son génie propre. Des drapés très art nouveau enveloppent de plus en plus les corps. Un chef-d'œuvre tel que La Valse[14] (qui compte plusieurs versions) montre l'étendue de son talent. Mais l'artiste ne s'arrête pas là, elle explore une nouvelle voie, profondément originale. « J'ai beaucoup d'idées nouvelles », confie-t-elle à son frère Paul. Elle en donne quelques croquis étonnants, parmi lesquels on reconnaît Les Causeuses. Des œuvres nombreuses et remarquables naissent alors sous ses doigts. C'est l'invention d'une statuaire de l'intimité qu'elle seule a pu atteindre. La voie amorcée par Camille Claudel vise à saisir sur le vif le vécu d'un geste simple, dans l'intensité de l'instant. Elle s'attarde au moment qui s'échappe et tente d'en faire sentir toute la densité tragique.

Entre 1882 et 1905, elle sculpte également plus d'une vingtaine de bustes[15], souvent de ses proches, comme son frère Paul, sa sœur Louise, ou son amant Rodin.

Rodin, pour son travail autour d'une commande d'une sculpture d'Honoré de Balzac, doit régulièrement se rendre dans la région de l'écrivain, à Tours (Indre-et-Loire). En 1891, il invite donc Camille au Château de l'Islette où il séjourne[16], où « loin des yeux de la ville, ils ont trouvé un refuge discret, où leur amour pourrait se développer dans le bonheur et la sérénité. »[17] Camille y élabore son projet de buste de la petite-fille du propriétaire du château, La Petite Châtelaine, terminé en 1896. Les trois étés passés dans cette « retraite paisible »[18] ont marqué un tournant dans le travail de l'artiste[16].

Rodin se détache peu à peu de Camille ; celle-ci est déchirée entre ses envies d'engagement de Rodin, et sa soif d'indépendance artistique. Le couple se sépare en 1892[5], Rodin décidant de rester auprès de Rose Beuret, après une décennie de passion avec Camille. Il tente toutefois de poursuivre à recommander les œuvres de Camille, mais sans grand succès, les comparaisons entre les deux artistes continuent de faire de l'ombre à son ancienne élève[19].

Hypothèse de maternité[modifier | modifier le code]

D'après Serge Gérard[20] :

« En lisant les mémoires de Jessie (Lipscomb), on découvre avec stupeur que Rodin et Camille auraient eu deux enfants non reconnus — comme Auguste — par Rodin, et que Camille aurait subi plusieurs avortements. »

Selon sa petite-nièce Reine-Marie Paris, ils auraient eu quatre enfants, et un des proches collaborateurs de Rodin fut plusieurs fois chargé de régler la pension de deux enfants[21].

Un avortement clandestin de Camille en 1892 — année de leur rupture[5] — est évoqué par Paul Claudel dans une lettre en 1939 à Marie Romain-Rolland[22] et contribue à la précipiter dans la folie[23].

L'après Rodin[modifier | modifier le code]

Camille Claudel, L'Âge mûr, sculpture (Bronze), 1899, Musée Rodin, Paris.

La sculpture L'Âge mûr, de 1899, est une sorte de double allégorie, et du temps, et de la fin de leur passion[19]. Elle représente en effet un homme mûr qui abandonne la jeunesse implorante, pour se tourner vers la vieillesse, voire la mort. Parallèlement, Camille peut alors figurer la jeunesse — elle est encore vingtenaire à leur rupture — et Rodin l'homme mûr, qui choisit de rester avec sa compagne Rose Beuret, qui figure alors la vieillesse[19]. « L’Âge mûr correspond à un moment-clé de la carrière de Claudel : elle est alors dans la parfaite maîtrise de ses moyens, et connaît un début de reconnaissance officielle, qui toutefois n’aura jamais l’ampleur que l'artiste est en droit d’espérer. »[3]

En 1893, la vieillesse était déjà représentée, dans la sculpture Clotho[24] : « cette représentation terrible de la vieillesse et du temps reflète les tourments dont Claudel est alors la proie ; elle est aussi une allusion à Roset Beuret »[3]. L'oeuvre est exposée à la Société Nationale des Beaux-Arts, dans sa version en plâtre, et en 1899, dans sa version en marbre[25].

Entre 1893 et 1905, Camille essaie de s'éloigner encore de l'influence du travail de Rodin, avec la série qu'elle nomme elle-même « croquis d'après nature »[26], inspirée de la vie quotidienne, avec des sujets de petite taille, et des matériaux différents. Les œuvres Les Causeuses en 1895, et La Vague en 1897, en font partie.

Rodin de son côté recommence à travailler sur le visage de Camille, dès 1895, où il reprend ses travaux des portraits des années 1880 de son ancienne maîtresse, pour la « sublimer »[10], dans des sculptures où, comme évoqué supra, il en « reprend des traits dans des portraits allégoriques, comme L’Aurore ou La France »[9], sculptures qui sont personnelles, et peu exposées de son vivant[10] — exceptée celle de La France.

Hôtel de Jassaud, 19, quai de Bourbon où Camille Claudel habita et travailla de 1899 jusqu'à son internement.

Camille rencontre en 1897 la comtesse Arthur de Maigret[27], qui la fait travailler, ce qui permet enfin à l'artiste de pouvoir être autonome et financièrement, et psychologiquement, après l'emprise et les relations professionnelles ou artistiques de Rodin. La comtesse lui commande plusieurs œuvres, dont son portrait en marbre, un buste de son fils Christian, et un exemplaire en marbre de Persée et la Gorgone[3]. Cependant, les deux femmes se brouillent en 1905, la faute sans doute à l'instabilité psychologique de Camille[27], qui perd alors cette riche commanditaire.

Elle vit et travaille alors dans son nouvel atelier, à l'Hôtel de Jassaud du 19, quai de Bourbon, sur l'île Saint-Louis, de 1899 jusqu'à son internement en 1913 — ce que rappelle une plaque souvenir apposée sur cette maison. Elle travaille seule, et connaît des soucis financiers. Elle rencontre le marchand d'art Eugène Blot[28], qui devient rapidement son agent. Entre 1905 à 1908, il fait produire des tirages de bronze de plusieurs de ses sculptures[28], comme L'Implorante, organise trois expositions de ses œuvres[28], et tente d'obtenir des aides de l'État pour son artiste.

Camille continue de produire, mais ne recevra aucune commande de l'État (commandes demandées à grands cris par son admirateur enthousiaste Octave Mirbeau, qui proclama à trois reprises son génie dans la grande presse). En effet, Camille défie la morale sexiste du monde de l'art de l'époque en sculptant le nu avec la même liberté que les hommes. Par ailleurs, elle professe des idées antirépublicaines[29]. Cependant elle reçoit enfin une commande de l’État lorsqu'elle sculpte le nu d'une femme seule et mourante, Niobide blessée[30], achevée en 1907. L'état achète également un bronze de l'Abandon..

À partir de 1905, Camille connaît de profonds troubles, des obsessions et des idées paranoïaques[31]. Elle a beaucoup moins d'inspiration, et s'échine à sculpter et à polir le marbre pour des œuvres qui sont plutôt des variations de ses anciennes sculptures[31],[3]. Elle ne reçoit plus personne dans son logement et atelier de l'Hôtel de Jassaud, où elle vit « recluse »[32].

Assistant et praticien de Camille Claudel[modifier | modifier le code]

Internement durant ses trente dernières années[modifier | modifier le code]

L'internement psychiatrique en 1913[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative, 19, quai de Bourbon à Paris.

Vivant misérablement, Camille Claudel s'enferme bientôt dans la solitude et sombre peu à peu dans la paranoïa. Son frère Paul écrit en février 1913 :

« J'ai tout à fait le tempérament de ma sœur, quoiqu'un peu plus mou et rêvasseur, et sans la grâce de Dieu, mon histoire aurait sans doute été la sienne ou pire encore[35]. »

Son père est son unique « protection : l'homme est vieux, mais il a toujours défendu sa fille contre sa femme. Paul, l'écrivain-diplomate, lui, a vécu subjugué et traumatisé à l'ombre de cette sœur aînée[32]. » Tout s’accélère lorsque son père meurt — elle a alors quarante-huit ans — le . Elle semble ne pas en être prévenue[36] — elle n'assistera d'ailleurs pas à l'inhumation. À l'instigation de son frère Paul, qui décide d'agir immédiatement après la mort de leur père, sa famille demande à la faire interner. Sa mère, âgée de 73 ans, signe « une demande de placement volontaire »[32].

Elle est diagnostiquée pour une démence paranoïde[37],[32] avec « délire systématisé de persécution basé principalement sur des interprétations et des fabulations » selon les docteurs Truelle et Broquère, dont l'origine pathologique est discutée : malnutrition, alcoolisme, syndrome de Korsakoff[38]. Le 7 mars 1913, le docteur Michaux diagnostique :

« Je soussigné, docteur Michaux, certifie que Mademoiselle Camille Claudel est atteinte de troubles intellectuels très sérieux ; qu'elle porte des habits misérables ; qu'elle est absolument sale, ne se lavant certainement jamais… ; qu'elle passe sa vie complètement renfermée dans son logement et privée d'air ; que depuis plusieurs mois elle ne sort plus dans la journée mais qu'elle fait de rares sorties au milieu de la nuit ; que d'après ses lettres […] elle a toujours la terreur de la bande à Rodin que j'ai déjà constatée chez elle depuis 7 à 8 ans, qu'elle se figure être persécutée, que son état déjà dangereux pour elle à cause du manque de soins et même parfois de nourriture est également dangereux pour ses voisins. Et qu'il serait nécessaire de l'interner dans une maison de santé.[32] »

Elle est internée à l’asile de Ville-Évrard (Seine-Saint-Denis) le 10 mars, et sa famille demande à ce que soient restreintes ses visites et sa correspondance[36],[39]. Elle restera internée trente ans[40], jusqu'à sa mort.

Controverses autour de l'internement psychiatrique[modifier | modifier le code]

Dès les mois qui suivent son internement psychiatrique, celui-ci est condamné par les admirateurs de Camille Claudel, qui y voient un « crime clérical ». Ainsi, le journal L'Avenir de l'Aisne publie le 19 septembre 1913 une tribune s'indignant de ce qu'« en plein travail, en pleine possession de son beau talent et de toutes ses facultés intellectuelles, des hommes [soient] venus chez elle, l'ont jetée brutalement dans une voiture malgré ses protestations indignées, et, depuis ce jour, cette grande artiste est enfermée dans une maison de fous. » Une campagne de presse est alors lancée contre la « séquestration légale », accusant en particulier la famille de Camille Claudel de vouloir se débarrasser[36] d'elle et demandant l'abrogation de la loi du 30 juin 1838 sur les aliénés.

Bouleversé, Rodin tentera de faire en sorte d'améliorer le sort de Camille, sans grand succès[36]. En 1914, Rodin consacre une salle à l'œuvre de Camille Claudel dans l'hôtel Biron[41], aujourd'hui musée Rodin. Rodin meurt en novembre 1917.

Enfermée à l'asile de Montfavet, Vaucluse[modifier | modifier le code]

En 1914, la Première Guerre mondiale éclate et les hôpitaux sont réquisitionnés : après un bref séjour dans un hôpital d'Enghien[32], elle est transférée le 12 février 1915[32] à l'asile d'aliénés de Montdevergues, à Montfavet, dans le Vaucluse, où elle restera jusqu'à la fin de ses jours. Elle y est affreusement malheureuse, ne sculpte plus, et ne recevra jamais une seule visite de sa mère, qui meurt en 1929, ni de sa sœur. Seul son frère Paul viendra la voir, mais très rarement, à douze reprises[39] durant ces trente années.

En 1919, son état semble s'améliorer, mais sa « mère refuse violemment dans les courriers adressés au directeur de Montdevergues »[35] toute éventualité de sortie. Elle écrit de nombreuses lettres à son frère et à sa mère, dans lesquelles elle se plaint des conditions de son internement, et reçoit en retour de la nourriture et des affaires diverses.

Son amie sculpteur Jessie Lipscomb viendra la voir deux fois avec son mari William Elborne en mai 1924 et en décembre 1929. Une photographie de Camille assise sur une chaise prise par Elborne[42] durant leur dernière visite sera le seul témoignage visuel de ces années d'asile : elle a 65 ans[40].

Lettre de Camille Claudel demandant sa libération[modifier | modifier le code]

Camille Claudel, Paul Claudel à seize ans, sculpture (bronze), 1895, Musée des Augustins, Toulouse.
Stèle commémorative au cimetière de Montfavet.

Le 25 février 1917, depuis Montdevergues, Camille Claudel adresse au docteur Michaux cette lettre :

« Monsieur le docteur,

Vous ne vous souvenez peut-être pas de votre ex-cliente et voisine, Mlle Claudel, qui fut enlevée chez elle le 13 mars 1913[43] et transportée dans les asiles d'aliénés d'où elle ne sortira peut-être jamais. Cela fait cinq ans, bientôt six, que je subis cet affreux martyre, je fus d'abord transportée dans l'asile d'aliénés de Ville-Evrard puis, de là, dans celui de Montdevergues près de Montfavet (Vaucluse). Inutile de vous dépeindre quelles furent mes souffrances. J'ai écrit dernièrement à Monsieur Adam, avocat, à qui vous aviez bien voulu me recommander, et qui a plaidé autrefois pour moi avec tant de succès ; je le prie de vouloir bien s'occuper de moi. Mais, dans cette circonstance, vos bons conseils me seraient nécessaires car vous êtes un homme de grande expérience et, comme docteur en médecine, très au courant de la question. Je vous prie donc de bien vouloir causer de moi avec M. Adam et réfléchir à ce que vous pourriez faire pour moi. Du côté de ma famille, il n'y a rien à faire : sous l'influence de mauvaises personnes, ma mère, mon frère et ma sœur n'écoutent que les calomnies dont on m'a couverte. On me reproche (ô crime épouvantable) d'avoir vécu toute seule, de passer ma vie avec des chats, d'avoir la manie de la persécution ! C'est sur la foi de ces accusations que je suis incarcérée depuis cinq ans et demi comme une criminelle, privée de liberté, privée de nourriture, de feu, et des plus élémentaires commodités. J'ai expliqué à M. Adam dans une longue lettre les autres motifs qui ont contribué à mon incarcération, je vous prie de la lire attentivement pour vous rendre compte des tenants et des aboutissants de cette affaire.

Peut-être pourriez-vous, comme docteur en médecine, user de votre influence en ma faveur. Dans tous les cas, si on ne veut pas me rendre ma liberté tout de suite, je préférerais être transférée à la Salpêtrière ou à Sainte-Anne ou dans un hôpital ordinaire où vous puissiez venir me voir et vous rendre compte de ma santé. On donne ici pour moi 150 F par mois, et il faut voir comme je suis traitée, mes parents ne s'occupent pas de moi et ne répondent à mes plaintes que par le mutisme le plus complet, ainsi on fait de moi ce qu'on veut. C'est affreux d'être abandonnée de cette façon, je ne puis résister au chagrin qui m'accable. Enfin, j'espère que vous pourrez faire quelque chose pour moi, et il est bien entendu que si vous avez quelques frais à faire, vous voudrez bien en faire la note et je vous rembourserai intégralement.

J'espère que vous n'avez pas eu de malheur à déplorer par suite de cette maudite guerre, que M. votre fils n'a pas eu à souffrir dans les tranchées et que Madame Michaux et vos deux jeunes filles sont en bonne santé. Il y a une chose que je vous demande aussi, c'est quand vous irez dans la famille Merklen, de dire à tout le monde ce que je suis devenue. »

Décès dans l'indigence[modifier | modifier le code]

Camille Claudel meurt à l'asile de Montfavet le 19 octobre 1943 à h du matin, d'un ictus apoplectique[44], vraisemblablement par suite de la malnutrition sévissant à l'hôpital[39], à l'âge de 78 ans. Selon Max Lafont, entre 1940 et 1944, 40 000 malades mentaux meurent de faim dans les hôpitaux psychiatriques en France. Deux mois avant la mort de Camille, le directeur de l'hôpital psychiatrique avait affirmé à Paul Claudel : « Mes fous meurent littéralement de faim : 800 sur 2 000[45]. » En août 1942 il lui écrivait que l'état général de Camille « a marqué un fléchissement net depuis les restrictions qui touchent durement les psychopathes. Votre sœur […] en juillet, a dû être alitée pour œdème malléolaire en rapport avec une carence et le déséquilibre alimentaire »[46]. »

Elle est inhumée quelques jours après sa mort au cimetière de Montfavet, accompagnée seulement du personnel de l'hôpital, ni sa famille ni son frère Paul ne s'y rendent. Ses restes seront transférés dans une fosse commune, son corps n'ayant pas été réclamé par ses proches qui s'étaient progressivement détachés d'elle[47].

Camille Claudel, La Vague, sculpture (marbre-onyx et bronze), 1897, musée Rodin, Paris.

Ses œuvres et sa mémoire[modifier | modifier le code]

Les recherches de sa petite-nièce[modifier | modifier le code]

Quinze ans après le décès de Camille Claudel, en 1958[48], sa petite-nièce (petite-fille de Paul Claudel), Reine-Marie Paris, alors âgée de 20 ans, découvre que sa grande-tante Camille avait été une artiste sculpteur, dans un contexte familial difficile, dû au « tabou qui continue d'entourer la grand-tante artiste, dévergondée, folle, enterrée dans une fosse commune »[48]. Elle s'intéresse de près à son œuvre, désirant la faire découvrir et la mettre en valeur.

Elle tente de répertorier toutes ses œuvres, rédige un mémoire, un catalogue raisonné, et une biographie, parue en 1984 chez Gallimard. Suite à cette biographie, elle rencontre Isabelle Adjani pour un projet de film dont elle a rédigé un projet de scénario[48]. L'actrice s'implique dans le projet, est coproductrice du film, joue le rôle-titre du long-métrage, qui est réalisé par le père de son enfant, Bruno Nuytten : le film Camille Claudel, tiré de la biographie éponyme écrite par Marie-Reine Paris[49], et dont elle est « conseiller historique et documentaire »[49], sortira en 1988, et son succès public et critique aura une grande retombée sur la découverte de la vie et l’œuvre de Camille. Le film sera couronné de cinq César aux César du cinéma 1989, dont celui du Meilleur film, et celui de la Meilleure actrice pour Isabelle Adjani, qui obtiendra également l'Ours d'argent de la meilleure actrice au Festival de Berlin 1989. Par ailleurs, à la 62e cérémonie des Oscars, elle sera nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice, et le film pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère.

Reine-Marie Claudel écrit ensuite d'autres ouvrages, et acquiert plusieurs œuvres de sa grande-tante, qu'elle fait reproduire. Elle connaîtra des déboires judiciaires à ce sujet durant quinze ans — voir la section consacrée — mais les faits seront jugés prescrits en décembre 2014[50]. Elle crée l'Association pour la promotion de l’œuvre de Camille Claudel[51]. Elle acquiert de nombreuses autres œuvres de sa grande-tante, et participe à la construction du projet du Musée Camille Claudel[52] à Nogent-sur-Seine, dont l'ouverture est prévue à l'automne 2015.

Camille Claudel est considérée aujourd'hui comme une artiste majeure de la fin du XIXe siècle, « artiste en phase avec l'art de son temps »[53].

Les œuvres de Camille Claudel[modifier | modifier le code]

Reine-Marie Paris, sa petite-nièce, a recensé 67 sculptures[54] de Camille Claudel, réalisées entre 1879 et 1906, sans compter les différentes évolutions ou versions modifiées, qui porteraient alors ce nombre à 110[54], et qui se prolongent jusqu'en 1910. Il existe en effet, par exemple, sept versions de La Valse, ou dix du buste de La Petite Châtelaine, avec notamment, des différences de coiffure.

Elle a également pu retrouver et recenser 21 dessins ou peintures[54] de Camille.

Le , les œuvres de Camille Claudel sont entrées dans le domaine public[55].

Conservation de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Reine-Marie Paris a listé tous les lieux où sont conservées les œuvres de Camille Claudel[56]. Parmi eux, on peut citer ceux qui suivent :

Musée Rodin[modifier | modifier le code]

Le Musée Rodin possède une salle consacrée à Camille Claudel[57] : Auguste Rodin, léguant une partie de ses œuvres à l’État, demande en effet, en 1914[3], trois ans avant sa mort — Camille est alors enfermée depuis l'année précédente — qu'une salle soit réservée aux œuvres de son ancienne élève et maîtresse, dans son futur musée. « Cette volonté ne pourra être respectée qu’en 1952, quand Paul Claudel fait don au musée de quatre œuvres majeures de sa sœur. »[3]

  • L'Abandon (bronze)
  • L'Âge mûr (1re version en plâtre, 2e version en bronze.)[58]
  • Buste de Rodin (version en plâtre, version en bronze)
  • Les Causeuses (version en plâtre, version en onyx, version en bronze)[59]
  • Clotho (plâtre)[60]
  • L'Implorante (réduction, bronze)
  • Jeune femme aux yeux clos (argile ?)
  • La Jeune Fille à la gerbe (terre cuite) — déclarée trésor national en novembre 2003[11]
  • La Niobide blessée (bronze)
  • Paul Claudel à trente-sept ans (bronze)
  • Pensée (marbre)
  • La Petite Châtelaine (marbre)
  • Profonde Pensée (bronze)
  • Profonde Pensée (marbre)
  • Shâkountalâ (statue mutilée en glaise)
  • La Vague (marbre-onyx et bronze)[61]
  • La Valse[14] (bronze)
Camille Claudel, La Valse, sculpture (Bronze), 1905, Musée Rodin, Paris.
  • Vertumne et Pomone (marbre)[62]
Exposition temporaire

Le Musée Rodin lui consacre une exposition et divers ateliers, pour le 70ème anniversaire de sa mort : Camille Claudel sort de ses réserves, du 1er octobre 2013 au 5 janvier 2014[63], en présentant une vingtaine d’œuvres de l'artiste[54].

Musée Camille-Claudel[modifier | modifier le code]

Après plusieurs reports, en septembre 2015[52], la municipalité de Nogent-sur-Seine (Aube) ouvrira un musée consacré entièrement à Camille Claudel[64],[65]. C'est dans cette commune que Camille a passé son adolescence et a rencontré Alfred Boucher.

Le site du futur musée indique que « le fonds est constitué des collections rassemblées par Reine-Marie Paris et Philippe Cressent, acquises en 2008, auxquelles il faut ajouter des achats sur le marché de l’art grâce au fonds du Patrimoine et la générosité de mécènes. En nombre, c’est le fonds le plus important au plan mondial »[52] avec « quarante œuvres exposées »[52].

Parmi elles, œuvre acquise en 2008 et jusqu'alors exposée au Musée Paul Dubois-Alfred Boucher de la commune :

Autres lieux[modifier | modifier le code]

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Associations[modifier | modifier le code]

Diverses associations ont été créées pour promouvoir le travail et l’œuvre de l'artiste :

  • Association pour la promotion de l’œuvre de Camille Claudel[51], par Reine-Marie Paris, petite-fille de Paul Claudel et petite-nièce de Camille Claudel[70].
  • Association Camille Claudel à Nogent-sur-Seine[71], créée en 2004[72].
  • Association Camille Claudel, créée en 1991[73]

Expositions récentes[modifier | modifier le code]

Le site de Reine-Marie Claude a recensé toutes les expositions de 1882 à 2008[74]. Pour les plus récentes, on peut citer :

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Recueil et publication
    • Camille Claudel, Correspondance, édition d'Anne Rivière et Bruno Gaudichon, Gallimard, Collection Art et Artistes, 2003, et rééditions. L'ouvrage connaît une troisième édition revue et augmentée, en janvier 2014[77], avec entre autres l'ajout de 36 lettres écrites à Léon Gauchez, découvertes en 2011[78], 368 pages, 82 illustrations (ISBN 9782070143252).

Quinze ans de procès pour contrefaçon (1999-2014)[modifier | modifier le code]

Sa petite-nièce (petite-fille de Paul Claudel), Reine-Marie Paris, après sa découverte, à l'âge adulte, en 1958[48], de l’œuvre de sa grande-tante Camille — décédée quinze ans auparavant — s'acharne à la faire découvrir. Entre autres efforts, elle acquiert plusieurs sculptures, avec leur droit de reproduction, et en fait réaliser des tirages, dès 1989[50]. La succession Claudel, surprise de ces tirages, accepte toutefois un accord en 1995[48].

Cependant, en 1999, une procédure au civil est lancée[48] pour des tirages de La Vague, puis, en 2002, deux procédures au pénal[48], pour La Vague, de nouveau, et pour La Valse : Reine-Marie Paris est poursuivie pour « contrefaçon, certains ayants-droit du sculpteur contestant la validité d'une dizaine de tirages posthumes »[79] de ces deux sculptures, les ayant reproduites, certes légalement, au vu de la Loi de droit de reproduction d’œuvres cédées avant 1910[79], mais, d'une, de façon non conforme aux originales, « les plaignants défendent un "respect scrupuleux" de l'intégrité de l’œuvre »[48], et, de deux, les tirages posthumes étant paradoxalement accompagnés par un certificat d'authenticité, un acheteur belge s'est donc estimé « floué »[79] par ce certificat, ayant appris a posteriori que sa sculpture achetée n'était pas authentique.

Après divers renvois, et « 15 ans de procédure judiciaire »[50], en décembre 2014, « le tribunal correctionnel de Paris a jugé prescrits les faits de contrefaçon reprochés. »[50] Le jugement souligne qu'« il n'existe aucun élément permettant de prouver que l'artiste avait la volonté de préserver la taille ou la composition de l’œuvre »[50]. Cependant, concernant les certificats d'authenticité, « si Reine-Marie Paris exerçait certes son droit de reproduction, elle « ne pouvait en aucun cas présenter les œuvres ainsi créées comme des œuvres originales », selon les juges. »[50] Pour finir, « Reine-Marie Paris était également poursuivie pour "contrefaçon par représentation" d'un exemplaire de La Vague en 2008 à Dijon, faits pour lesquels elle a été relaxée. »[50]

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Ballet[modifier | modifier le code]

Lieux et bâtiments[modifier | modifier le code]

Camille Claudel, Les Causeuses, sculpture (onyx et bronze), 1897, Musée Rodin, Paris.
  • L'institut de formation en soins infirmiers Camille-Claudel, à Argenteuil (Val-d'Oise)
  • Le centre hospitalier Camille-Claudel à Angoulême (Charente)

Autres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Delbée, Une femme, Paris, Presses de la Renaissance, 1982.
  • Anne Rivière, L'Interdite. Camille Claudel 1864 - 1943, Paris, Éditions Tierce, 1983.
  • Reine-Marie Paris, Camille Claudel, 1864-1943, Paris, Gallimard, 1984 (ISBN 2-07-011075-3)
  • Jacques Cassar, Dossier Camille Claudel, (lettres, documents, articles de presse parus à son époque), Paris, Librairie Séguier/Archimbaud, 1987.
  • Hélène Pinet et Reine-Marie Paris, Camille Claudel, le génie est comme un miroir, Paris, Gallimard, 2003.
  • Antoinette Lenormand-Romain, Camille Claudel et Rodin: la rencontre de deux destins, Paris, Hazan, 2005.
  • Dominique Bona, Camille et Paul : la passion Claudel, Paris, Grasset, 2006 (ISBN 2246706610).
  • Paola Ferrantelli, Camille Claudel (L'idolo eterno), (pièce de théâtre italienne), Irradiazioni, 2007.
  • Claude Pérez, L'Ombre double, Montpellier, Fata Morgana, 2007.
  • Odile Ayral-Clause, Camille Claudel: sa vie, Paris, Hazan, 2008.
  • Anne Rivière et Bruno Gaudichon, Camille Claudel: correspondance, Paris, Gallimard, 2008.
  • Pablo Jimenez Burillo et coll., Camille Claudel 1864-1943, Paris, Gallimard, 2008.
  • Florence de la Guérivière, La main de Rodin, (roman), Paris, Séguier, 2009.
  • Reine-Marie Paris, Chère Camille Claudel, éditions Economica 2012, (ISBN 978 2 7178 6440 3)
  • C. Claudel, Martigny (Suisse), Fondation Pierre Gianadda, 167 p.
    troisième édition. Commissaire de l’exposition (16 novembre 1990 – 24 février 1991) : Nicole Barbier.
  • Michel Deveaux,Camille Claudel à Montdevergues, L'Harmattan, 2012.
  • Jean-Paul Morel, Camille Claudel. Une mise au tombeau, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2009 (ISBN 9782874490743).
  • Ingrid Goddeeris, « D'une découverte à l'autre : la précieuse collection d'autographes de Léon Gauchez et les 36 lettres inédites de Camille Claudel », in In monte artium, n° 5 : tiré à par, 2012.
  • Véronique Mattiussi, Mireille Rosambert-Tissier, Camille Claudel, itinéraire d'une insoumise. Idées reçues sur la femme et l'artiste, Éditions Le Cavalier Bleu, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance aux Archives de ligne de l'Aisne, Mi 1158, vue 88/476, acte 138.
  2. Chronologie de Camille Claudel.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o « Rencontre : Rodin et Claudel », article site du Musée Rodin.
  4. Marta Buissan, La Ruche. Une cité d'artistes centenaire aujourd'hui Mémoire Dess, Lyon 2, 2003.
  5. a, b et c « De 1882, date de leur première rencontre à 1892, date de la rupture, Camille Claudel et Auguste Rodin sont condamnés à ne jamais partager le repos et la stabilité. » Article sur le site du Musée Rodin, pour l'Exposition sur Camille Claudel 2013-2014.
  6. (en) « The Burghers of Calais », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  7. (en) « “Camille, My Beloved, in Spite of Everything” », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  8. a et b « Rose Beuret », article musée Rodin.
  9. a, b, c, d et e Article autour de l’œuvre de Rodin Tête de Camille Claudel coiffée d'un bonnet, site du Musée Rodin.
  10. a, b et c (en) « Camille Sublimated », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  11. a, b et c Renaud Donnedieu de Vabres, « Un trésor national La Jeune fille à la gerbe de Camille Claudel entre au musée Rodin grâce au mécénat de Natexis Banques Populaires », Communiqué de presse, sur www.culture.gouv.fr, Ministère de la Culture,‎ (consulté le 4 avril 2015).
  12. (en) « A Mutual Passion », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  13. Album Claudel par Guy Goffette, bibliothèque de la Pléiade, éditions Gallimard, 2011, (ISBN 978-2-07-012375-9), p. 40 et 53-54.
  14. a, b et c La Poste édite La Valse en timbre postal, en 2000, en hommage à l'artiste..
  15. (en) « Camille Claudel the Portraitist », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  16. a et b (en) « The Stays at l’Islette », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  17. (en) Citation en anglais : « There, away from the eyes of the city, they found a discreet refuge, where their love could develop in happiness and serenity. » ; article « The Stays at l’Islette », op. cit.
  18. (en) Citation en anglais : « peaceful retreat » ; article « The Stays at l’Islette », op. cit.
  19. a, b et c (en) « The Age of Maturity », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  20. Serge Gérard, Rodin, l'homme d'airain, Paris, Cheminements, 2004, p. 58.
  21. Reine-Marie Paris, Camille Claudel, Paris, Gallimard,‎ 1984, p. 67
  22. Paul Claudel : « Sachez qu’une personne dont je suis très proche a commis le même crime que vous et qu’elle l’expie depuis 26 ans dans une maison de fous. Tuer un enfant, tuer une âme immortelle, c’est horrible ! », cité dans Anne Rivière, Camille Claudel, Bruno Gaudichon, Danielle Ghanassia, Camille Claudel, Adam Biro,‎ 2001, p. 33
  23. Silke Schauder, Camille Claudel. De la vie à l'oeuvre - Regards croisés, Éditions L'Harmattan,‎ 2008, p. 33
  24. (en) « Osteology of Old Women », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  25. Clotho, sur le site du Musée Rodin.
  26. « Des sculptures de Camille Claudel au Musée Rodin », dossier de présentation, site du Musée Rodin.
  27. a et b (en) « A Patron: Countess de Maigret », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  28. a, b et c (en) « “Take this Helping Hand I Am Holding Out to You.” », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  29. Elle déclare en septembre 1878, que son plus grand bonheur serait d'épouser le général Boulanger et que son héroïne favorite dans la vraie vie est l'anarchiste Louise Michel, cité in Anne Rivière, Bruno Gadichon, Danielle Ghanassia, Camille Claudel, catalogue Raisonné Adam Biro,1996 p196
  30. Odile Ayral-Clause, Camille Claudel, sa vie, Hazan, 2008, p. 202-203.
  31. a et b (en) « A Niobid Wounded by an Arrow », article sur l'exposition Camille Claudel & Rodin, site du musée Detroit Institute of Arts.
  32. a, b, c, d, e, f et g « Camille Claudel, Asile Année zéro » de Eric Favereau, journal Libération du 15 septembre 2000.
  33. Camille Claudel, cat. Gallimard 2008 p. 137.
  34. François Pompom ou le retour du lisse, cat. exposition musée d'Orsay, 1994.
  35. a et b « Camille Claudel est jetée à l'asile à la demande de sa mère et de son frère Paul », article magazine Le Point, du 10 mars 2012.
  36. a, b, c et d Jacques Cassar, Dossier Camille Claudel, Maisonneuve & Larose,‎ (ISBN 2706817046). Aperçu limité sur Google Books.
  37. Pablo Jimenez Burillo et coll., Camille Claudel 1864-1943, Paris, Gallimard, 2008.
  38. Michel Deveaux, Camille Claudel à Montdevergues: Histoire d'un internement (7 septembre 1914/19 octobre 1943- L'harmattan).
  39. a, b et c Jean-Paul Morel, Camille Claudel : une mise au tombeau, Les Impressions nouvelles,‎ (ISBN 978-2-87449-074-3).
  40. a et b Camille et Paul, La passion Claudel de Dominique Bona, p 315.
  41. Anne Rivière, Bruno Gaudichon, Danielle Ghanassia, Camille Claudel. Catalogue raisonné, Adam Biro, 1996 p. 206.
  42. La photo, sur le site de l'exposition « Camille Claudel & Rodin », 2005-2006, site dia.org du Detroit Institute of Arts.
  43. Il s'agissait en fait du 10 mars.
  44. Hélène Pinet et Reine-Marie Paris, Camille Claudel, Le Génie est comme un miroir, 2003, Gallimard, p. 14.
  45. Max Lafont, L'Extermination douce, Bord de l'eau, 2000, p. 13 et p. 112.
  46. Joseph Boly, Marie-Claire Bolly et François Claudel, « Camille Claudel: Lettres de l'asile », in Silke Schauder, Camille Claudel: de la vie à l'œuvre : regards croisés : actes du colloque, L'Harmattan, 2008, p. 239.
  47. Silke Schauder, Camille Claudel. De la vie à l'œuvre : regards croisés, Éditions L'Harmattan,‎ 2008, p. 176.
  48. a, b, c, d, e, f, g et h « Camille Claudel, le procès sans fin », article magazine Le Point, du 17 décembre 2014.
  49. a et b Générique du film Camille Claudel.
  50. a, b, c, d, e, f et g « Les faits de contrefaçon reprochés à la petite-nièce de Claudel jugés prescrits », article magazine L'Express, du 19 décembre 2014.
  51. a et b Site de l'association..
  52. a, b, c et d Site du futur musée Camille Claudel.
  53. Selon sa biographie sur le Site du musée Rodin.
  54. a, b, c, d et e Liste des œuvres de Camille Claudel, sur le site Camille Claudel de R.M. Paris.
  55. Véronique Boukali et Alexis Kauffmann, « Domaine public : Camille Claudel en 3D sur ta cheminée », Libération,‎ (lire en ligne).
  56. Liste des lieux de conservation des œuvres de Camille Claudel, site Camille Claudel de R. M. Paris.
  57. Renée-Marie Paris, Camille Claudel, Les Éditions du Musée Marmottan Monet, Paris, 2005, catalogue p. 75 à 83.
  58. L’âge mûr sur le site officiel du Musée Rodin.
  59. Les Causeuses de Camille Claudel sur le site officiel du Musée Rodin.
  60. Clotho de Camille Claudel sur le site officiel du Musée Rodin.
  61. La Vague de Camille Claudel sur le site officiel du Musée Rodin.
  62. Vertumne et Pomone sur le site officiel du Musée Rodin. .
  63. a et b Page de l'exposition, sur le site du Musée Rodin..
  64. Valeurs actuelles Nogent capitale de la sculpture. 19 mai 2011.
  65. Site officiel de Nogent-sur-Seine Camille Claudel à Nogent-sur-Seine.
  66. Site officiel du musée Sainte-Croix.
  67. Sur le site officiel du musée Calvet.
  68. Collection du musée Roger-Quilliot, site officiel.
  69. La Jeune Fille à la gerbe, site officiel du National Museum of Women in the Arts.
  70. Biographie de Reine-Marie Paris sur le site de son association.
  71. Site de l'association..
  72. Président d'honneur : Patrick Poivre d'Arvor.
  73. Site de l'association..
  74. Liste des expositions depuis 1882, site Camille Claudel, de R.M. Paris.
  75. L'exposition, site officiel du DIA.
  76. Page de l'exposition, site du musée de La Piscine..
  77. L'ouvrage, sur le site de l'éditeur..
  78. Présentation de l'ouvrage, Le Bulletin Gallimard n°500, novembre-décembre 2013, p.10.
  79. a, b et c « La petite-nièce de Camille Claudel jugée pour contrefaçon », article magazine Le Point, du 30 janvier 2012.
  80. Prologue de Camille Claudel. Le génie est comme un miroir d'Hélène Pinet et Marie-Hélène Paris.
  81. Le court-métrage, sur le site estudipuche.com..
  82. Boris Eifman sur le site des productions Sarfati..
  83. Site du collège de Latresne..
  84. Espace Camille Claudel, sur le répertoire culturel Le Figaro.fr.
  85. La bibliothèque, sur le site de la commune..

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]