Tristan et Iseut

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L’histoire de Tristan et Iseut (ou Iseult, Yseut, Yseult, Isolde, Ysolde) est d’origine celtique[1], mais ce sont les poètes normands qui en ont fait les premières rédactions qui nous sont conservées. L'histoire de Tristan et Iseut est considérée comme un mythe.

Tristan et Iseut à la fontaine

Origine du mythe[modifier | modifier le code]

Les textes[modifier | modifier le code]

Issue de la tradition orale, la très populaire histoire de Tristan et Iseut fait son entrée dans la littérature écrite au XIIe siècle. Plusieurs textes différents ont vu le jour, dont les célèbres versions de Béroul et de Thomas d'Angleterre, certains ont été perdus, comme celui de Chrétien de Troyes ; aucun de ceux qui nous sont parvenus n'est intégral. Entre 1900 et 1905, Joseph Bédier a reconstitué une version « complète » de la légende à partir de Béroul, Thomas d'Angleterre, Eilhart von Oberge et de fragments anonymes. Son ouvrage a fait redécouvrir l'histoire et est devenu la version de référence pour les lecteurs non spécialistes du XXe siècle.

  • Le Roman de Tristan est l'œuvre du Normand Béroul. Les critiques diffèrent sur la date de sa rédaction. La version communément admise est que la première partie (jusqu'au réveil dans le Morrois) date de 1170, et que la deuxième partie a été rédigée plus tardivement. Incomplet, le manuscrit conservé est une copie de la fin du XIIIe siècle. Il constitue ce qu'on appelle généralement la « version commune » de la légende de Tristan.
  • Le Tristan de Thomas d'Angleterre date de 1175. On l’a baptisé « version courtoise », en raison de la profondeur du développement de la psychologie des personnages. Cependant, la matière même du mythe de Tristan fait que cette version s’inscrit en opposition avec nombre de codes de la tradition courtoise. Le texte est divisé en deux parties, la première conte les amours des parents de Tristan Rivalen et Blancheflor, la seconde se consacrant à Tristan et Iseut. On retrouve cette structure dans le roman de Chrétien de Troyes intitulé Cligès[2].
  • Deux manuscrits racontent un épisode où Tristan s’est déguisé en fou pour revoir Iseut ; ils s’appellent tous deux Folie Tristan. La Folie Tristan d’Oxford est généralement rattachée au roman de Thomas et la Folie Tristan de Berne à la version dite commune de Béroul.
  • Marie de France traite aussi cette histoire dans le Lai du Chèvrefeuille. Il a sans doute été composé entre 1160 et 1189.
  • Lanzelet de Ulrich von Zatzikhoven, écrit vers l'an 1200, où Tristan est un chevalier de la cour d'Arthur.
  • Dans Le Bel Inconnu de Renaud de Beaujeu, écrit également vers 1200, Tristan organise, avec le Roux de Montescler, le tournoi de Valedon, où s'illustrent de nombreux chevaliers, dont Tristan lui-même, Gauvain et surtout Guinglain, le fils de Gauvain.
  • Le poète allemand Eilhart von Oberge compose entre 1170 et 1190, en grande partie d'après Béroul, la première version de l'histoire en moyen haut allemand, Tristrant.
  • Le poète allemand Gottfried von Strassburg a composé un Tristan und Isold (de) vers 1210, sans doute inspiré de la version de Thomas d’Angleterre.
  • La saga de Tristan et Iseut, écrite en 1226 par Frère Robert à l'intention du roi Håkon IV de Norvège, est un récit complet reprenant de nombreux éléments du Tristan de Thomas d'Angleterre et du Roman de Tristan de Béroul, auxquels ont été ajoutées quelques traces de mythologie scandinave.
  • Le Roman de Jaufré (Anonyme, début du XIIIe siècle), fait évoluer le personnage de Tristan pour en faire un chevalier de la Table Ronde, à la cour du roi Arthur.
  • Dans le Tristan en prose (Luce del Gat et Hélie de Boron, deux chevaliers-écrivains, XIIIe siècle) et le cycle Post-Vulgate qui le reprend en partie, Tristan participe à la Quête du Graal.
  • Version anglaise de Thomas Malory, The Book of Sir Tristram de Lyones (aussi appelé Le Morte D'Arthur, XVe siècle)

Une origine celtique[modifier | modifier le code]

L’origine de l'histoire est incertaine, mais la légende serait pour une bonne partie due aux apports de différents peuples celtes (dont les Gallois, les Cornouaillais, les Bretons armoricains) de l’aire culturelle brittonique. Certains critiques comme Bédier, Golther ou Schoeperle situent le texte initial de la légende dans la première moitié du XIIe siècle, d’autres comme Carney le font remonter au VIIIe siècle. Cependant, l’existence même d’un premier récit unique et complet à la base de ceux qui nous ont été conservés est sujette à caution. La légende ne s'est probablement pas constituée en une seule fois, mais développée progressivement de manière orale et transmise de génération en génération, puis au fil des réécritures, des réinterprétations et d’enrichissements ou déformations culturels ou géographiques. En se fondant notamment sur les éléments les plus archaïques de la légende, on peut cependant supposer que les bardes gallois, à l'origine des premiers écrits connus sur Tristan (les triades), se sont eux-mêmes inspirés d'une légende de la littérature celtique, qui a pour protagonistes les amoureux Diarmaid et Grainne. Nombre de motifs présents dans cette légende se retrouvent dans les récits de Tristan. On a aussi pu donner comme autre source du mythe la légende de Deirdre et de Noise.

Parmi les origines possibles de la légende, Philippe Walter, citant un récit gallois, l'Ystoria Trystan, évoque une lecture saisonnière du mythe tristanien où « Yseut appartient à Marc durant les mois sombres de l'année et elle appartient à Tristan durant la saison claire »[3].

« Alors Arthur lui fit faire la paix avec March ap Meirchion. Il s'entretint avec eux d'eux tour à tour, mais aucun d'eux ne voulait se passer d'Essylld. Alors Arthur décida que l'un l'aurait pendant qu'il y a des feuilles sur les arbres ; l'autre quand il n'y en a pas : au mari de choisir. March choisit l'époque où les arbres n'ont pas de feuilles parce qu'alors les nuits sont plus longues[4]... »

Influence des romans antiques[modifier | modifier le code]

Même si les motifs de Tristan sont directement liés à ceux de mythes celtiques, il n'est pas difficile d’établir des relations entre les romans antiques et les romans de Tristan, notamment celui de Thomas. En effet, les caractéristiques les plus originales de ce dernier par rapport à la version commune, comme la multiplication des monologues et des commentaires au détriment du récit pur, semblent empruntées au roman antique. Elles sont la base d’une réflexion sur l’amour au sein même du roman qui se rapproche des préoccupations de certains romans antiques. Surtout, et ici de façon plus générale, les romans de Tristan, même si aucun n'est complet, retracent le parcours du héros de sa naissance jusqu’à sa mort. Ils se caractérisent par ce que Baumgartner appelle dans son étude Tristan et Iseut : de la légende aux récits en vers une « structure biographique » qui calque « le temps du récit sur le modèle du temps humain ». Cette structure est héritée en droite ligne des romans antiques.

Les romans de Tristan et la tradition courtoise[modifier | modifier le code]

Tristan et Iseut d'Edmund Blair Leighton (1902)

La présence du terme de fin'amor dans le manuscrit de Béroul comme celle d’un véritable discours sur l’amour chez Thomas peuvent induire en erreur et amener à rapprocher trop rapidement les romans de Tristan du genre du roman courtois. La différence majeure tient à ce que dans la tradition courtoise, le désir est unilatéral (de l’homme vers la femme objet de désir) et est absolument maîtrisé et canalisé dans le but de produire le discours amoureux qui constitue la matière même de l'œuvre. Or ce qui fonde les romans de Tristan et au-delà la légende même de Tristan et Iseut, c'est l’incapacité des deux amants à maîtriser leur désir. Quand le désir dans la tradition courtoise est fécond parce qu’il n'est jamais réalisé et permet au poète de chanter son amour, le désir dans les romans de Tristan, en raison du philtre, est toujours déjà réalisé, et constitue une source d’angoisse plus qu’un sujet d’exaltation. Au culte du désir de la tradition courtoise les romans de Tristan substituent l’image d'un désir destructeur, qui constitue même un contre-modèle dont on doit détourner les jeunes générations. Le récit de cette passion funeste doit chez Thomas prévenir les nouveaux amants.

Encuntre tuiz engins d'amur !

(Contre tous les pièges de l'amour). Cependant, une interprétation purement négative du désir dans les romans de Tristan serait biaisée ; on peut également voir dans la mort des amants la réalisation suprême d’un amour qui dépassait nécessairement les bornes du monde des hommes. Il reste que le désir dans les romans de Tristan est, contrairement à sa position dans les romans courtois, à la fois réciproque et impossible à maîtriser.

La légende (résumé)[modifier | modifier le code]

Ce résumé n’est qu’une courte synthèse tant la légende connaît de versions et de développements différents, parfois contradictoires.

  • Rivalen, roi de Loonois en Écosse a épousé Bleunwenn (nom breton signifiant «’’Blanche-Fleur’’ »), la sœur de Marc’h, roi de Cornouaille en Armorique[5]. Il confie sa femme à son maréchal Rouhault. Plus tard, Rivalen se fait tuer par son ennemi, Morgan, lors d'un guet-apens, avant la naissance de Tristan. Il faut noter que Blanchefleur, la mère de Tristan, meurt peu après l'accouchement.
Tristan est alors recueilli par Rohalt, le maréchal de Rivalen. Rohalt l'élève pendant sept ans, puis le confie à Gouvernal (écuyer). Plus tard, il est recueilli par son oncle, le roi Marc’h, en Bretagne armoricaine[6]. Ce dernier devait s’acquitter du paiement d’un tribut auprès du roi d’Irlande. Quelques années plus tard, Tristan décide d’en finir avec cette coutume et quand il arrive dans l’île, il doit combattre le géant Morholt, le beau-frère du roi. Tristan reçoit un coup d’épée empoisonnée, mais il blesse mortellement le géant qui, dans un dernier souffle, lui indique qu’Iseut, la fille du roi, a le pouvoir de neutraliser le poison. La jeune fille guérit Tristan de ses maux sans qu’elle sache qu’il a tué son oncle Morholt. Une fois rétabli, il reprend la mer et retourne près de son oncle.
  • Marc’h souhaite que son neveu lui succède à la tête de la Cornouailles, mais des seigneurs s’y opposent, préférant une succession directe. Le roi décrète qu’il épousera celle à qui appartient le cheveu d’or, déposé le matin même par deux hirondelles. Tristan se souvient d’Iseut et suggère une ambassade auprès du roi d’Irlande. À peine débarqué, surgit un terrible dragon qu’il doit combattre et occire non sans avoir été blessé. Pour la seconde fois, il est soigné par la fille du roi. Iseut voit que l’épée du chevalier porte une marque qui correspond à un morceau de fer, retrouvé dans le crâne de Morholt ; elle comprend que c’est Tristan qui a tué son oncle, mais renonce à toute idée de vengeance. Il s’acquitte de sa mission et le père accepte que sa fille épouse le roi de Cornouaille, ce qui est une manière d’effacer les différends entre les deux royaumes. Iseut éprouve quelque ressentiment du peu d’intérêt que lui manifeste Tristan, mais s’embarque pour la Bretagne.
  • La reine d’Irlande remet un philtre magique à Brangien, la servante d’Iseut qui est du voyage. Il est destiné aux nouveaux mariés le soir de leur nuit de noces. La puissance du philtre est telle qu’après absorption, les amants sont épris et heureux pendant trois ans, et qu’une séparation leur serait insupportable, voire fatale. Durant la navigation entre l’île et le continent, par une chaude soirée de la Saint-Jean, croyant se désaltérer avec de l’eau, Tristan boit du breuvage magique et en offre à Iseut. L’effet est instantané. En dépit de ce nouvel amour indéfectible, la jeune fille épouse le roi Marc’h, mais le soir des noces, c’est la servante Brangien (la servante irremplaçable, vraie magicienne) qui prend place dans le lit du roi car elle est toujours vierge, ce qui n’est pas le cas d’Iseut, qui reviendra se glisser dans les draps de son mari (qui lui aussi a bu le philtre et est donc amoureux aveugle) au petit matin après avoir passé la nuit dans les bras de Tristan.
  • Après de multiples péripéties, les amants prennent la fuite et se réfugient dans la forêt sombre et impénétrable du Morrois, fuyant toute âme qui vive. Au bout de trois ans, comme l’avait décidé la reine d’Irlande, mère d’Iseut, la magie du philtre s’éteint le jour de la Saint-Jean. Après un long temps de recherche, le roi les surprend endormis dans la grotte qui les abrite, l’épée de Tristan plantée dans le sol entre eux deux. Le roi pense qu’il s’agit d’un signe de chasteté et respecte la pureté de leurs sentiments. Il remplace l’épée par la sienne, met son anneau au doigt d’Iseut et s’en va. Au réveil, ils comprennent que le roi les a épargnés et leur a pardonné. Le charme ayant cessé d’agir, ils conviennent à « grande douleur » de se séparer, Iseut retourne près du roi Marc’h. Mais si après trois ans ils ne s’aiment plus de manière magique, ils continuent cependant à s’aimer de manière « humaine » avec maintenant le venin de la jalousie qu’ils n’avaient pas connu avant.
  • Le roi Marc'h reprend sa femme en grand honneur mais bannit néanmoins Tristan à cause de la jalousie de certains de ses barons. Après avoir longuement hésité Tristan s’en va dans l’île de Bretagne où il finit par épouser Iseut aux mains blanches, dont la beauté et le nom (qui a un caractère magique) lui rappelle celle d’Iseut la Blonde. Son occupation principale est la guerre et lors d’une expédition, il est gravement blessé. Une fois de plus, seule Iseut la Blonde peut le sauver. Il la fait réclamer en convenant que le bateau revienne avec une voile blanche si elle accepte de le secourir. Iseut arrive alors dans un vaisseau à la voile blanche, mais l’épouse de Tristan, Iseut aux Blanches Mains qu’il n’a jamais « honorée », malheureuse de jalousie, lui annonce que la voile est noire. Se croyant abandonné par celle qu’il aime, il se laisse mourir. Iseut la Blonde, arrivée près du corps de Tristan, meurt à son tour de chagrin. Le roi Marc’h prend la mer, ramène les corps des amants et les fait inhumer en Cornouaille, l’un près de l’autre. Une ronce pousse et relie leurs tombes. D’autres disent que c’est un rosier qui fleurit sur la tombe d’Iseut et une vigne qui orna celle de Tristan, et tant ils sont liés l’un à l’autre que quiconque ne sut et ne saura les séparer.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « D’origine bretonne, l’histoire de Tristan et Iseult se répandit en Cornouailles, en Irlande et en Grande Bretagne », Arthur Cotterell, Mythologie Celtique, Celiv, Paris, 1997, (ISBN 2-86535-336-2) ; Dictionnaire d’histoire de Bretagne, page 737, article « Tristan », Skol Vreizh, Morlaix, 2008, (ISBN 978-2-915623-45-1)
  2. (en) Joseph J. Duggan, The Romances of Chrétien de Troyes, Yale University Press,‎ 2001, 390 p. (ISBN 9780300133707, lire en ligne), p. 393
  3. Walter 2006, p. 88
  4. Walter 2006, p. 26
  5. Jean Balcou, ‘‘Le Légendaire breton : les héros’’, chapître 3 pages 107 à 135, éditions Christian Pirot, 2005, (ISBN 2-86808-219) ; Jean-Paul Persigout, ‘‘Dictionnaire de mythologie celte’’, pages 290 à 292, Brocéliande/éditions du Rocher, Monaco, 1996, (ISBN 2-268-00968-8)
  6. Le héros a laissé son nom à l’île Tristan, au large de Douarnenez, qui sera, au XVIe siècle le repaire de Guy Eder de La Fontenelle. Voir Gwenc’hlan Le Scouëzec, ‘‘Le Guide de la Bretagne’’, page 203, Coop Breizh, Spézet, 1997, (ISBN 2-84346-026-3).

Compléments[modifier | modifier le code]

Écrits contemporains[modifier | modifier le code]

  • Tristran, poème de Gérard Cartier (Obsidiane, 2010), restitue l’ambigüité que les altérations du temps donnent aux anciens manuscrits. L'auteur interprète librement la légende, transportée à la fin du dernier siècle, au milieu de la crise irlandaise qui secoue alors le Royaume-Uni : mais seul importe l’amour sauvage et désespéré unissant les amants, qui ne peut se résoudre que dans la mort : Ils veulent subir cette passion qui les blesse / Et que toute leur raison condamne...
  • Yann Brekilien, dans son roman Iseult et Tristan (noter l’inversion des prénoms), replace l’histoire dans son contexte mythologique afin de montrer le mythe dans son sens primitif. Il redonne à Iseut la place qu’avait la femme celte dans la société, c’est-à-dire l’égale de l’homme (voir la reine Medb qui déclenche la Razzia des vaches de Cooley, pour égaler en patrimoine son époux, le roi Ailill). Elle est l’initiatrice de la fuite avec son amant, affirmant son indépendance, ce qui était inconcevable pour les trouvères normands.
  • La restitution de René Louis est aussi très intéressante dans la mesure où l'auteur a adopté un point de vue plus archaïque, moins courtois, moins chrétien aussi, en un mot plus celtique que celui de Joseph Bédier. Ceci apparait particulièrement dans le chapitre nommé Le serment ambigu - où c'est la ruse d'Iseut et plus encore celle de Brangien qui est à l'œuvre, et non Dieu comme dans Bédier avec le fer rouge - ainsi que dans l'épisode de L'eau hardie qui renvoie directement à la tradition irlandaise à travers le conte de Diarmaid et Grainne. N'oublions pas que Iseut est la fille du roi d'Irlande, que son frère le Morholt est un géant, et sa mère une magicienne experte en boires herbés. Or Iseut a appris la science de sa mère. Quand à la fin, Tristan blessé la requiert c'est par amour bien sûr mais aussi parce qu'elle est la seule à pouvoir trouver le remède à la blessure empoisonnée (comme la Reine d'Irlande l'avait fait des années auparavant avec la blessure qu'il avait subie du Morholt). Iseut est un des plus beaux exemples de ces femmes que nous montre la tradition celtique : femmes libres qui choisissent leur destin, dut-il les mener à la mort, et n'hésitant pas pour cela à user d'artifices puisque par essence, chez les Celtes toutes les femmes sont fées. Très intéressants à ce sujet les notes et commentaires en fin d'ouvrage notamment à propos des rapports entre le philtre d'amour et la geis (parole aux vertus magiques) si prégnante dans la tradition irlandaise. Chez René Louis, Brangien la servante ne se trompe pas, elle sert le vin herbé en toute connaissance de cause (avec l'accord plein et entier d'Iseut) en prononçant bien haut "Reine Iseut, prenez ce breuvage qui a été préparé en Irlande pour le roi Marc !" Or Tristan n'entend rien. Ce qui montre également que Brangien est bien autre chose qu'une simple servante. Elle nous renvoie aux innombrables "pucelles" du cycle arthurien, toutes qualifiées de sages, preuses et avisées qui sont un avatar tardif des innombrables fées omniprésentes dans les mythes celtiques (voir Lunet dans Yvain de Chrestien de Troyes).

Tristan et la musique[modifier | modifier le code]

  • Richard Wagner a composé un opéra intitulé Tristan und Isolde (création en 1865).
  • Karol Szymanowski dans l’une des pièces de ses Masques, Tantris le bouffon, où Tantris, inversion de Tristan, se déguise en bouffon afin d’essayer d’approcher Iseut ; ce morceau est inspiré par la pièce de théâtre d’Ernst Hardt (en).
  • Ẁurdah Ïtah de Magma (bande originale du film Tristan et Iseult) en 1974.
  • Frank Martin a composé un opéra intitulé Le Vin herbé, dont le livret est inspiré par la légende médiévale.
  • Joel Cohen, Tristan et Iseult : une légende du Moyen Âge en musique et en poésie, enregistré en 1987 à Boston, Church of the Covenant, avec Andrea von Ramm (mezzo-soprano), Anne Azéma (soprano), Henri Ledroit (haute-contre), Ellen Hargis (soprano), Richard Morrison (baryton), William Hite (ténor), édité par Warner en 1989.
  • Bruno Giner a composé en 2003 une musique de scène pour La Chambre aux images, spectacle pour conteur, flûtes à bec, viole de gambe et petites percussions, dont le livret de Clément Riot est inspiré par la légende médiévale.
  • Jean-Louis Murat reprend l'histoire de Tristan et Iseut dans son album Tristan, sorti en 2008.
  • Gwennyn a composé une chanson bilingue -français/breton- inspirée de la tragédie des deux amants, intitulée Tristan et Yseult dans son album B e o, sorti en 2013 (Coop Breizh).

Spectacles musicaux[modifier | modifier le code]

  • 2001 : Tristan et Yseult, légende musicale de Pierre Cardin.
  • Tristan & Yseult, le Ballet Symphonique Celtique d'Alan Simon (création le 7 mars 2014 au Zénith de Nantes).

Adaptations théâtrales[modifier | modifier le code]

  • 2005 : Tristan et Yseult de Pierre-Yves Lemieux, Lanctôt Éditeur (Montréal) dans une mise en scène de Alice Ronfard.
  • 2007 : Tristan et Yseut de Paul Emond, Maelström Éditions, création au Festival de Théâtre de Spa, par les « Baladins du Miroir », dans une mise en scène de Nele Paxinou.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis de Rougemont, L'Amour et l'Occident (1939, édition définitive 1972).
  • Jean-Charles Huchet, Tristan et le sang de l'écriture, Paris, P.U.F, 1990.
  • Emmanuèle Baumgartner, Tristan et Iseut, De la légende aux récits en vers, Paris, P.U.F., 1993.
  • Michel Zink, Introduction à la littérature française du Moyen Âge, Paris, Le livre de poche, 1993.
  • Jacques Ribard, Le Tristan de Béroul, un monde de l'illusion ?, in Du mythique au mystique. La littérature médiévale et ses symboles, Paris, Champion, 1995.
  • Philippe Walter, Tristan et Yseut. Le porcher et la truie, Paris, Imago,‎ 2006.

Romans/récits[modifier | modifier le code]

  • Gottfried de Strasbourg, Tristan, traduit du moyen haut allemand pour la première fois en vers assonancés par Louis Gravigny, Göppingen, Kümmerle Verlag, 2008, (ISBN 978-3-86758-00-7).

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • Xavier Josset, Frédéric Bihel, La quête de la fille aux cheveux d'or, Éditions du Lombard, coll. « Histoires et légendes », Bruxelles, 1991 (ISBN 2-8036-0908-8).
  • Chauvel, Lereculey, Simon, Arthur une épopée celtique, Tome 5 : Drystan et Esyllt, Éditions Delcourt, coll. « Conquistador », Paris, 2002 (ISBN 2-84055-806-8).

Gallica[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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