Madeleine Robinson

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Madeleine Robinson
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Madeleine Robinson en février 1947.
Nom de naissance Madeleine Yvonne Svoboda
Surnom Madeleine Robinson
Naissance
Paris, France
Nationalité Drapeau de France Française
Tchèque (d'origine)
Suisse (naturalisée)
Décès (à 86 ans)
Lausanne, Suisse
Profession Actrice
Films notables La Grande Maguet
Une si jolie petite plage
À double tour
Le Gentleman d'Epsom
Le Procès
Camille Claudel

Madeleine Yvonne Svoboda, dite Madeleine Robinson, née le à Paris et morte le à Lausanne[1], en (Suisse), est une actrice franco-tchèque naturalisée suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et famille[modifier | modifier le code]

Madeleine Robinson naît le au sein de Hôpital de la Charité dans le 6e arrondissement de Paris[2]

Son père et sa mère, Victor et Suzanne Svoboda, sont des immigrés tchèques venus très jeunes en France. Son père est ouvrier pâtissier et sa mère receveuse de tramway.

Étudiante[modifier | modifier le code]

Madeleine a trois frères et elle passe son enfance au Pré-Saint-Gervais, une banlieue au nord-est de Paris (Seine-Saint-Denis), dans un minuscule 2 pièces au 3e étage d'un immeuble. Elle dort avec son frère Serge sur un lit de camp datant de la Première Guerre mondiale. À 5 ans elle est mise en pension à Marines dans le Vexin Français. Puis elle part pour l'Italie. 4 ans plus tard elle revient, en compagnie de son frère Serge, à Marines où elle passe, et réussit avec la mention très bien, son certificat d'études[3]. Ses parents se séparent lorsqu'elle a dix ans et la famille, très pauvre, se serre dans deux petites pièces sur cour. De ce fait, Madeleine commence à travailler dès l'âge de 14 ans comme ouvrière en usine puis comme vendeuse et bonne à tout faire[4].

Parcours[modifier | modifier le code]

Elle se présente au Conservatoire où elle est refusée. Puis elle est admise comme auditrice libre (étant donné qu'elle a peu de ressources) par Charles Dullin pour suivre les cours d'art dramatique qu'il dispense dans son Théâtre de l'Atelier. Pour subvenir à ses besoins, elle pose comme modèle pour des photos et commence à faire un peu de figuration.

Comme elle l'écrit dans ses mémoires, elle choisit le pseudonyme « Robinson » après avoir d'abord songé à « traduire littéralement mon nom [Svoboda] et m'appeler Madeleine Liberté ? Difficile à une époque où la bourgeoisie avait si peur des rouges »[5], puis à un mot représentatif de liberté, ce qui aurait donné « Madeleine Bastille, joli, bien sonnant, mais ridicule en un temps où l'omnibus du même nom était encore très populaire »[5]. Elle en arrive finalement au souvenir de ses lectures d'enfance, notamment de Robinson Crusoé, « je gardais de lui l'image d'un homme libre »[5].

Carrière au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Sa carrière devant la caméra commence en 1934 dans Tartarin de Tarascon, film réalisé par Raymond Bernard suivi d'un premier rôle dans Mioche de Léonide Moguy en 1936.

Elle a tourné ensuite dans 80 films au cinéma et dans de nombreux feuilletons télévisés et téléfilms (sa dernière apparition à l'écran eut lieu en 1995 dans L'Enfant en héritage, téléfilm réalisé par Josée Dayan).

Dès les années 1930, la carrière de Madeleine Robinson est prolifique. Elle est notamment Grisou dans le film de Maurice de Canonge réalisé en 1938.

Durant les années 1940, elle tient notamment les rôles-titres des films Douce de Claude Autant-Lara en 1943 et La Grande Maguet en 1947 puis partage la tête d'affiche de nombreux films avec de célèbres acteurs, comme en 1948 pour les films Entre onze heures et minuitavec Louis Jouvet ou Une si jolie petite plage aux côtés de Gérard Philipe et sous la direction d’Yves Allégret.

Actrice de premier plan durant les années 1950, elle domine Dieu a besoin des hommes (1950) de Jean Delannoy qu’elle retrouvera l’année suivante pour Le Garçon sauvage qui lui permet de remporter la Victoire du cinéma français 1952. Suivront notamment L'Homme de ma vie (1952) avec Jeanne Moreau, Leur dernière nuit (1953) avec Jean Gabin, Le Couteau sous la gorge (1955) avec Jean Servais ou encore À double tour (1959) réalisé par le jeune Claude Chabrol et avec Jean-Paul Belmondo. Elle reçoit pour ce film la Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine à la Mostra de Venise 1959.

Durant la décennie suivante, Madeleine Robinson participe entre autres au film Le Gentleman d'Epsom en 1962 de Gilles Grangier avec Jean Gabin et Louis de Funès ou encore le film à sketches Le Diable et les Dix Commandements réalisé par Julien Duvivier où elle côtoie les plus grandes vedettes de l’époque.

Devenant par la suite un solide second rôle, elle impressionne souvent avec des rôles de femme de tête comme dans Une histoire simple de Claude Sautet en 1978, J'ai épousé une ombre de Robin Davis en 1982 ou encore Camille Claudel de Bruno Nuytten en 1988.

A partir des années 1980, la comédienne est aussi très présente à la télévision dans de nombreux téléfilms où elle est notamment dirigée par Jean-Claude Brialy, Yves Boisset ou Robin Davis.

Carrière au théâtre[modifier | modifier le code]

Parallèlement à sa carrière pour le septième art, Madeleine Robinson a également brûlé les planches et joué dans un grand nombre de pièces de théâtre, notamment deux grands succès, Adorable Julia d'après Somerset Maugham (pièce représentée à plusieurs reprises entre 1954 et 1972, avec télédiffusion), et Noix de coco de Marcel Achard (1960, avec télédiffusion).

Elle a aussi incarné « Martha » dans la pièce Qui a peur de Virginia Woolf ? d’Edward Albee, mise en scène par Franco Zeffirelli, une production qui provoqua une polémique, « l'affaire Virginia Woolf », à cause des difficultés relationnelles de l'actrice avec son partenaire Raymond Gérôme, d'où une légende qui attribua « un sale caractère » à Madeleine Robinson[6]. Elle est récompensée pour cette pièce par le Prix de la meilleure comédienne du Syndicat de la critique (1965).On retiendra également la reprise notable des Parents terribles de Jean Cocteau, où elle joue « la tante Léo » avec Jean Marais comme partenaire et metteur en scène (1977).

Elle reçoit en 2001 un Molière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. La comédienne était en outre Officier de la légion d'honneur, de l'ordre national du mérite et commandeur des Arts et des Lettres.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Madeleine Robinson a été mariée avec l'acteur Robert Dalban (dont elle a eu un fils, Jean-François, né en 1941), puis avec Guillaume Amestoy le 16 avril 1947 (mariage célébré dans la stricte intimité à Chennevières sur Marne où ils étaient domicilié au 28 rue de Champigny) , et a vécu avec l'acteur-écrivain espagnol José Luis de Vilallonga. De sa relation avec Jean-Louis Jaubert, chanteur des Compagnons de la chanson, elle a eu une fille, Sophie-Julia (1955-1993), décédée à 38 ans du sida et pour laquelle, malgré le chagrin, elle témoignera à la télévision.

Elle s'était retirée depuis des années à Montreux en Suisse. Elle meurt à Lausanne à l'âge de 87 ans, en 2004.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Années 1930[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980 et 90[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]


Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lesgensducinema.com/biographie/ROBINSON%20MADELEINE.htm
  2. Archives de Paris 6e, acte de naissance no 2225, année 1917 (page 12/31) (avec mentions marginales de mariage et sans mention marginale de décès)
  3. Vivre en Val d'Oise no 64, page 64.
  4. Hebdomadaire Télé 7 Jours no 284, semaine du 28 août au 3 septembre 1965, pages 54 et 55, portrait-interview de Madeleine Robinson intitulé « Madeleine Robinson : J'ai tourné mon premier grand rôle parce que je n'avais pas mangé depuis deux jours. »
  5. a b et c Source : son autobiographie Belle et Rebelle.
  6. Source : dans son autobiographie Belle et Rebelle, Madeleine Robinson consacre un chapitre entier (Autopsie d'un accident) à cette pièce, où elle se remémore d'« une presse générale qui parlait du « scandale », et cela durant un long mois, où il était question de « l'abominable Madeleine Robinson » qui torturait ses partenaires, qui apportait la guerre sur le plateau... » (pages 111 à 152).
  7. Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 212
  8. André Roussin s’inspira de son aventure amoureuse avec Madeleine Robinson durant les répétitions de la pièce Musique légère de Louis Ducreux pour écrire Une grande fille toute simple. Sources : Belle et Rebelle, mémoires de Madeleine Robinson, et bio d’Olivier Barrot, Éditions Grasset, http://www.edition-grasset.fr/chapitres/ch_barrot.htm. Mais, dans l'adaptation cinématographique de la pièce, le rôle spécialement écrit pour Madeleine Robinson fut confié à Madeleine Sologne (Une grande fille toute simple de Jacques Manuel, 1948).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus, Éditions cinéma, Mormoiron, 2008, 1185 p. (ISBN 978-2953113907).

Liens externes[modifier | modifier le code]