Marina Vlady

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Marina Vlady
Marina Vlady-2009.jpg
Marina Vlady en 2009 lors de la présentation de son livre Le Fol Enfant à Strasbourg.
Biographie
Naissance
(84 ans)
Clichy, Seine
Nom de naissance
Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff
Surnom
Marina Vlady
Nationalité
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoints
Robert Hossein (de à )
Jean-Claude Brouillet (de à )
Vladimir Vyssotski (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Taille
1,68 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Distinctions
Films notables

Marina Vlady, née Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff le à Clichy (Hauts-de-Seine[1]), est une actrice, chanteuse et écrivaine française d'origine russe.

D'abord petit rat à l'Opéra de Paris, elle se tourne rapidement vers le cinéma, obtenant son premier rôle dans Orage d'été de Jean Gehret en 1949. En 1954, André Cayatte la fait tourner dans le film Avant le déluge, pour lequel elle obtient le prix Suzanne-Bianchetti. Elle travaille également avec Giuseppe De Santis dans le film Jours d'amour (1954).

Sous la direction de Robert Hossein, qu'elle épouse en 1955, elle joue dans quatre films : Les salauds vont en enfer et Pardonnez nos offenses (1956), Toi, le venin et La Nuit des espions (1959). Elle travaille également avec André Michel dans la Sorcière (1956), Georges Lampin dans Crime et Châtiment (1956) et Luciano Emmer dans la Fille dans la vitrine (1961).

Avec Jean Delannoy, elle interprète le rôle-titre de La Princesse de Clèves (1961). Marina Vlady reçoit plusieurs distinctions, notamment le prix d'interprétation du festival de Cannes, pour Le Lit conjugal de Marco Ferreri (1963). Elle oscille par la suite entre productions commerciales et films d'auteur (Que la fête commence).

En plus de sa carrière d'actrice, elle a mené une carrière de chanteuse avec cinq albums et a publié treize livres. Dans les années 1970, elle est proche du chanteur russe Vladimir Vyssotski (1938-1980), après la mort duquel elle écrit Vladimir ou le vol arrêté (1987), et, par la suite, du professeur de médecine Léon Schwartzenberg (1923-2003).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et formation[modifier | modifier le code]

Née en France, Marina Vlady est la fille d'immigrés issus de la noblesse provinciale russe, mais artistes de profession : en Russie, son père, Vladimir de Poliakoff, est chanteur d'opéra et sa mère, Militza Envald, danseuse étoile. Vladimir de Poliakoff arrive en France en 1915 en s'engageant pour combattre l'Empire allemand[pas clair][2] au début de la Première Guerre mondiale. De conviction anarchiste, Militza Envald arrive en France en 1919, fuyant la Russie comme des milliers de ses compatriotes de toutes opinions, la dictature du parti bolvevique de Lénine.

De leur mariage, naissent quatre filles, qui se sont ensuite tournées vers des métiers artistiques :

Selon l'édition du de Paris Match, l'initiale V, commune aux quatre pseudonymes choisis avec ses sœurs correspondrait au V de « Victoire ».

Vladimir de Poliakoff et Militza Envald, avec leurs quatre enfants à charge, ont une situation économique difficile en France. Vladimir travaille comme ouvrier à l'usine Frigorifique de Clichy[3].

Marina entre dans l'école de danse de l'Opéra, menant aussi des études secondaires adaptées.

Carrière cinématographique[modifier | modifier le code]

Marina Vlady débute au cinéma en 1949 (dans le rôle de « Marie-Tempête ») et perce dès 1954 dans Avant le déluge d'André Cayatte, remarquée notamment pour sa beauté. Elle devient aussitôt une des principales jeunes premières du cinéma français, aussi à l'aise dans la comédie (Sophie et le Crime de Pierre Gaspard-Huit) que dans le drame et le film noir, même si La Sorcière d'André Michel avec Maurice Ronet (l'un des films dont elle demeure très fière[3]) ne rencontre pas un grand succès public.

Elle tourne ensuite plusieurs films diversement accueillis sous la direction de Robert Hossein, avec qui elle forme un des couples très en vue, notamment Toi, le venin (1959, où Marina a pour partenaire sa sœur Odile Versois). Selon le Dictionnaire du cinéma français[4], le premier de ces films, Les salauds vont en enfer, écrit par Frédéric Dard, « a au moins le mérite de la nouveauté » et un « climat étrange, violent, érotique » qui le caractérise. Le couple se retrouve aussi dans Crime et Châtiment de Georges Lampin, La Sentence de Jean Valère et Les Canailles de Maurice Labro d'après James Hadley Chase. Les quatre films de Hossein « permettent [à Marina] de relancer une image de marque qui avait beaucoup de mal à convaincre le public[4]. »

En 1961, La Princesse de Clèves de Jean Delannoy, adaptation luxueuse de l'œuvre de Madame de La Fayette, mais qu'une certaine critique française juge « trop académique », réaffirme son statut de star capable de porter un film sur ses seules épaules. Le film met en évidence la « distinction » de Marina Vlady jusque-là plutôt considérée comme une sorte de « bombe érotique » dotée d'un tempérament dramatique[4].

icône image Image externe
Photographie du Prix d'interprétation féminine attribué à Marina Vlady en 1963 : broche Palme d'or dessinée par Lucienne Lazon.

Suivent Adorable Menteuse et On a volé la Joconde de Michel Deville, et le très cynique Les Bonnes Causes du vétéran Christian-Jaque.

En Italie, la star s'illustre dans La Fille dans la vitrine de Luciano Emmer et surtout, avec Ugo Tognazzi, dans Le Lit conjugal (1963) de Marco Ferreri (sa composition dans ce dernier film lui vaut une large reconnaissance critique et un prix d'interprétation à Cannes), sous la direction de Steno dans Les Aventures et les Amours de Casanova et, plus tard, aux côtés d'Alberto Sordi dans Contestation générale de Luigi Zampa (1970) et dans Le Malade imaginaire de Tonino Cervi (1979) ;

En 1965, son ami Orson Welles lui offre le rôle de Kate Percy, Lady Hotspur, dans Falstaff. L'année suivante, Atout cœur à Tokyo pour OSS 117 de Michel Boisrond fait déjà figure d'exception dans une carrière essentiellement vouée aux films d'auteur.

Au cours de sa carrière de star à l'écran, Marina Vlady a interprété notamment Caroline Esterházy dans Symphonie inachevée (1954) et Marie-Antoinette dans La Nuit de l'été de Jean-Claude Brialy à la télévision en 1979.

Au milieu des années 1960, Marina Vlady apparaît en tête d'affiche du film de Jean-Luc Godard, Deux ou trois choses que je sais d'elle, et fait montre d'une exigence rare, en privilégiant des œuvres d'auteurs français et étrangers, : Mona, l'étoile sans nom d'Henri Colpi, Le Temps de vivre de Bernard Paul, Un amour de Tchekhov de Sergueï Ioutkevitch, Sirocco d'hiver de Miklós Jancsó, La Nuit bulgare de Michel Mitrani

Parallèlement à sa carrière d'actrice, Marina Vlady chante. Entre 1967 et 1968, avec ses sœurs, sous le nom de scène « Les Sœurs Poliakoff », elle enregistre deux disques de chansons dont Le Poirier, le sorbier, Dounia, Chanson Orange, obtient le grand prix international du disque Charles-Cros. En 1973, Marina Vlady enregistre seule, entre autres titres, Le Voleur de chevaux, qui connaît un succès à la radio.

Dans les années 1970 et 1980, elle alterne comédies populaires (Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil de Jean Yanne, Twist again à Moscou de Jean-Marie Poiré) et films d'auteurs internationaux, au succès moindre (Elles deux de Marta Meszaros, Tangos, l'exil de Gardel de Fernando Solanas).

En 1976, elle joue la maîtresse du Régent (Philippe Noiret) dans Que la fête commence... de Bertrand Tavernier et, en 1989, donne la réplique à Marcello Mastroianni (35 ans après Jours d'amour de Giuseppe De Santis) dans Splendor d'Ettore Scola.

Son éclectisme la pousse aussi vers des entreprises atypiques à caution littéraire telles que Les Jeux de la comtesse Dolingen de Gratz de Catherine Binet (d'après Bram Stoker et Jules Verne) et l'adaptation libre du roman érotique d'Apollinaire, Les Exploits d'un jeune Don Juan de Gianfranco Mingozzi, ou vers des films plus politiques — Le Complot de René Gainville ou Follow Me de Maria Knilli — travaillant aussi bien en Russie qu'au Japon ou en Grèce.

En 2011, après quatorze années d'absence sur les grands écrans, Marina Vlady revient dans un des rôles principaux de Quelques jours de répit de et avec Amor Hakkar.

Le Dictionnaire du cinéma français évoque « les traits réguliers et lumineux, le visage botticellien, la grâce naturelle » de Marina Vlady, en s'interrogeant sur la responsabilité de sa beauté dans le déroulement d'une carrière en deçà des promesses.

En 2018, elle est présidente du jury du Festival 2 Cinéma 2 Valenciennes.

Télévision, théâtre et écriture[modifier | modifier le code]

Marina Vlady a considérablement ralenti son activité sur le petit écran qui lui a offert, depuis Les Petites Demoiselles de Michel Deville (1964), de très nombreuses occasions de mise en valeur. Ici encore l'actrice privilégie l'exigence, à travers la littérature et l'histoire. Elle paraît ainsi dans Le Roman du samedi : L'Agent secret de Marcel Camus (1981) d'après Joseph Conrad, Lorelei de Jacques Doniol-Valcroze (1982) d'après Maurice Genevoix, Les Secrets de la princesse de Cadignan de Jacques Deray, adaptation d'Honoré de Balzac par Jean-Claude Carrière, Fort comme la mort d'après Guy de Maupassant, La Chambre des dames de Yannick Andréi adapté du roman de Jeanne Bourin qui remporte un triomphe, Les Beaux Quartiers adapté de Louis Aragon, Condorcet écrit par Élisabeth Badinter, Victoire ou la Douleur des femmes de Nadine Trintignant, Résurrection de Paolo et Vittorio Taviani (2001) d'après Léon Tolstoï. Douze ans après ce dernier, elle revient sur le petit écran dans le téléfilm 3 femmes en colère, tiré du roman de Benoîte Groult.

Ces dernières années, la comédienne se consacre surtout à l'écriture (treize livres depuis 1979, dont un essai, plusieurs romans et ses mémoires en 2005) et à la scène, où elle avait débuté avec Robert Hossein en 1957 : depuis 1992, elle a interprété Éric-Emmanuel Schmitt, Tchekhov, une adaptation de son livre Vladimir ou le vol arrêté (1987) consacré à son compagnon disparu, le poète Vladimir Vyssotski, en 2009, Jacques Audiberti en 2014.

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Marina Vlady se marie avec le comédien et metteur en scène Robert Hossein[5], avec qui elle a deux enfants, Pierre et Igor.

Elle épouse ensuite Jean-Claude Brouillet, aviateur, ancien Résistant et entrepreneur dans le transport aérien, dont elle a un enfant, Vladimir.

Elle se marie en troisièmes noces avec Vladimir Vyssotski (1938-1980), poète, acteur et chanteur soviétique, avec lequel elle vit douze années en URSS jusqu'à la mort prématurée de celui-ci, à 42 ans, en 1980. En 2006, elle chantera son amour pour Vladimir Vyssotski au théâtre des Bouffes-du-Nord dans un récital intitulé Vladimir ou le vol arrêté, titre issu de son livre éponyme paru en 1987.

Elle vit ensuite pendant vingt-trois ans avec le cancérologue Léon Schwartzenberg, qui meurt en 2003.

Engagements[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, elle est membre de la présidence de l'association France-URSS[6].

Engagée à gauche[7] et pour le féminisme, elle est l'une des signataires du manifeste des 343, paru dans Le Nouvel Observateur, le .

Le , elle est parmi les signataires de l'Appel des 58 : « Nous manifesterons pendant l'état d'urgence »[8],[9].

Jeu d'actrice[modifier | modifier le code]

Marina Vlady est décrite dans la biographie que lui consacre Première en ces termes : « Blonde, réservée, sachant jouer de son charme slave, [...]. Ses traits réguliers et lumineux, son visage "botticellien", sa grâce naturelle ont certes été un atout dans sa carrière mais aussi peut-être un handicap. On l'a toujours soupçonnée d'être à la recherche d'un rôle qui lui convienne parfaitement, aussi bien au cinéma qu'au théâtre ou à la télévision. Cette actrice "rare" n'acceptait on le sent bien qu'à contrecœur de se plier comme tant d'autres à des interprétations standardisées. »[5]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marina Vlady, une star, une femme, film documentaire de Sylvie Carlier (2014).
  • Marina Vlady, deux ou trois choses qu'on ne savait pas d'elle, entretiens avec Maylis Besserie, cinq épisodes de 29 min, émission "À voix nue" de France-Culture (2021).
  • Une vie d'amours, de colères et de résistances, avec Marina Vlady : "Une journée particulière", émission de radio de 49 mn de France-Inter, dimanche , par Zoé Varier.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1938, Clichy faisait partie du département de la Seine.
  2. Voir pdd.
  3. a et b « La belle enfant de la balle - Ép. 1/5 - Marina Vlady : deux ou trois choses qu'on ne savait pas d'elle », sur France Culture (consulté le ).
  4. a b et c Jean-Loup Passek (dir.), Dictionnaire du cinéma français, Larousse.
  5. a et b « Marina Vlady », sur Premiere.fr (consulté le )
  6. France-URSS magazine, organe mensuel, années 1970-1982 : 12e (1970), 13e (1973), 14e (1977), 15e (1980) congrès.
  7. Yvan Foucart, « Marina Vlady - La beauté slave dans tout son éclat… », in Dictionnaire des comédiens français, 2008 (lire en ligne sur le site lesgensducinema.com, page consultée le 23 mai 2013).
  8. Collectif, « L'appel des 58 : "Nous manifesterons pendant l'état d'urgence" », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne).
  9. AFP, « État d'urgence : 58 personnalités revendiquent la liberté de manifester », Le Point,‎ (lire en ligne).
  10. Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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