Institut Pasteur

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Institut Pasteur
Image illustrative de l'article Institut Pasteur

Création 1888
Siège 25-28, rue du Docteur-Roux
75015 Paris
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 50′ 24″ Nord, 2° 18′ 42″ Est
Directeur Christian Bréchot
Disciplines Microbiologie
Site web www.pasteur.fr
Médaille gravée par Oscar Roty pour financer la construction de l'Institut Pasteur
Bâtiment le plus ancien de l'Institut à Paris. Ce bâtiment comprend les appartements privés de Pasteur, une crypte où il repose et un centre de documentation. Cela forme le musée Pasteur.

L’Institut Pasteur est une fondation française privée à but non lucratif qui se consacre à l'étude de la biologie, des micro-organismes, des maladies et des vaccins.

Créé en 1887 grâce à une souscription publique internationale, il est ainsi nommé d'après Louis Pasteur, son fondateur et premier directeur qui, en 1885, a mis au point le premier vaccin contre la rage.

Depuis plus d’un siècle, l’Institut Pasteur est à la pointe de la lutte contre les maladies infectieuses. Cette organisation internationale de recherche, basée à Paris, a été la première à isoler en 1983 le VIH, virus qui provoque le SIDA. Au fil des années, il a été à l'origine de découvertes révolutionnaires qui ont permis à la médecine de contrôler des maladies virulentes, telles que la diphtérie, le tétanos, la tuberculose, la poliomyélite, la grippe, la fièvre jaune et la peste épidémique, le SIDA. Depuis 1908, dix scientifiques de l’Institut ont été récompensés par un prix Nobel de physiologie ou médecine.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

En 1886, les premiers dons en vue de la création d'un Institut antirabique sont reçus en janvier et la souscription pour la fondation d'un Institut vaccinal contre la rage est lancée le . Le 11 mai suivant, un gala se tient au Trocadéro en faveur de l'Institut Pasteur[1].

Créé par un décret du 4 juin 1887, l'Institut est inauguré le par le président Sadi Carnot.

Le fondateur[modifier | modifier le code]

L’Institut Pasteur est fondé par Louis Pasteur, scientifique français que ses premières expériences sur la fermentation, réalisées pour les industries de la bière, ont mené à des recherches fondamentales en bactériologie. En effet, au moment où il fonde son Institut, Pasteur a déjà découvert le principe de la stérilisation, connu sous le nom de pasteurisation et qui régit aujourd'hui la pratique universelle de l’antisepsie. D’autre part, il a déjà développé des techniques de vaccination contre les infections bactériennes et il est connu pour avoir mis au point un vaccin efficace contre la rage.

Louis Pasteur lui destine alors trois objectifs : « [Il] sera à la fois un dispensaire pour le traitement de la rage, un centre de recherche pour les maladies infectieuses et un centre d'enseignement pour les études qui relèvent de la microbie »[2]. »

Pasteur s’intéresse tout autant à la recherche fondamentale qu’à ses applications pratiques, et les cinq premiers départements de son Institut sont dirigés par des savants de formation très diverse. Un normalien, Émile Duclaux, est chargé de la recherche en microbiologie, un autre, Charles Chamberland, de la recherche sur les micro-organismes appliquée à l’hygiène. Un biologiste, Ilya Ilitch Metchnikov, s’occupe de la recherche en morphologie des micro-organismes et deux médecins, Jacques-Joseph Grancher et Émile Roux, de la recherche en technique microbienne. Un an après l'inauguration de l’Institut, Roux inaugure le premier cours de microbiologie jamais dispensé, alors intitulé cours de microbie technique.

Après Pasteur[modifier | modifier le code]

Durant l'Occupation, la direction de l'Institut Pasteur couvre l'activité résistante d'environ 10 % de ses chercheurs[3], mais échoue à empêcher l'arrestation en ses murs du pastorien Eugène Wollman qui sera, ainsi que son épouse, déporté et assassiné à Auschwitz[4].

Une histoire associée à de nombreuses découvertes[modifier | modifier le code]

Les successeurs de Pasteur maintiennent la tradition, comme le montre cette chronologie de quelques réalisations de l'Institut :

Une erreur importante de l'Institut sera d’ignorer, en 1897, le mémoire d'Ernest Duchesne sur l'utilisation de Penicillium glaucum pour soigner les infections. L'exploitation précoce de cette découverte aurait pu sauver des millions de vies.

L'Institut ouvre une nouvelle ère de médecine préventive avec le développement de vaccins contre la tuberculose, la diphtérie, le tétanos, la fièvre jaune, la poliomyélite et l’hépatite B. Pour ce qui est de la médecine curative, c'est en 1911 qu'elle prend son essor à l'Institut, année où Ernest Fourneau crée le laboratoire de chimie thérapeutique, qu'il dirige jusqu'en 1944, et d'où sortent de très nombreux médicaments, parmi lesquels on peut citer le Stovarsol, premier arsenical thérapeutique pentavalent, le Prosympal, premier adrénolytique alpha de synthèse, le Pipéroxane, premier antihistaminique, le Dacorène, premier médicament actif sur le rythme cardiaque, le Dilvasène, premier médicament de synthèse à effet muscarinique commercialement exploitable, ou le Flaxédil, premier curarisant de synthèse. La découverte des propriétés thérapeutiques du sulfamide, par J. et Th. Tréfouël, F. Nitti et D. Bovet, dans le laboratoire de Fourneau, ouvre la voie de la sulfamidothérapie.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les chercheurs de Pasteur se sont essentiellement concentrés sur la biologie moléculaire. Leurs réussites ont été reconnues en 1965, lorsque le prix Nobel a été attribué collectivement à François Jacob, Jacques Monod et André Lwoff pour leurs travaux sur la régulation des virus. En 1985, le premier vaccin humain obtenu par génie génétique à partir de cellules animales, le vaccin contre l’hépatite B, est développé par Pierre Tiollais et ses collaborateurs.

Une organisation à travers les temps[modifier | modifier le code]

L'Institut Pasteur connaît une situation financière délicate dans les années 1960 qui le pousse à demander des subventions de l’État français en 1965. Cet appui lui est accordé sous la condition que les activités de production et de commercialisation soient clairement distinctes de la recherche. Après un premier accord avec le laboratoire Roger Bellon, l'Institut finit par créer sa propre entreprise en 1972, Institut Pasteur Production (IPP). En 1974, Sanofi entre à hauteur de 35 % dans le capital d'IPP, cette participation devient majoritaire en 1980.

En janvier 1985, les deux secteurs de production sont séparés entre Pasteur-Sanofi diagnostics à qui revient la production des produits de diagnostic (réactifs biologiques) et Pasteur-Mérieux, pour la production de vaccins et de sérums. L'institut Mérieux devient, lui aussi, majoritaire (51 %) dans son association avec l'Institut Pasteur[6].

L’Institut Pasteur aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Aujourd’hui, l'Institut Pasteur compte parmi les meilleurs centres de recherche mondiaux [réf. nécessaire].

Il est composé de 100 unités de recherche et de près de 2 700 personnes. On dénombre 500 scientifiques permanents, et 600 de passage chaque année, originaires de 70 pays différents. L'Institut est aussi un réseau mondial de 24 instituts hors de France qui se consacrent aux problèmes médicaux dans les pays en voie de développement ; il comprend aussi un centre d'étude diplômant et une unité de ciblage épidémiologique.

Le Réseau international des instituts Pasteur est présent dans les villes et pays suivants :

Centres de recherche[modifier | modifier le code]

L’Institut Pasteur de Paris possède onze départements de recherche :

  • Biologie cellulaire et infection
  • Biologie du développement et cellules souches
  • Biologie structurale et chimie
  • Génomes et génétique
  • Immunologie
  • Infection et épidémiologie
  • Microbiologie
  • Mycologie
  • Neuroscience
  • Parasites et Insectes Vecteurs
  • Virologie

En plus de l’isolement des virus VIH-1 et VIH-2 dans un passé récent, les chercheurs de l’Institut Pasteur ont développé un test pour la détection précoce du cancer du côlon, un vaccin contre l’hépatite B grâce au génie génétique et un test de diagnostic rapide pour la détection de la bactérie Helicobacter pylori qui est impliquée dans la formation des ulcères de l’estomac. D’autres recherches en cours concernent l’étude du cancer et plus particulièrement la détermination du rôle des oncogènes, l’identification des marqueurs tumoraux pour des tests de diagnostic et le développement de nouveaux traitements. Un domaine d’intérêt particulier est l’étude des virus des papillomes humains (VPH) et leur rôle dans les cancers génitaux. Les chercheurs sont actuellement concentrés sur le développement de différents vaccins contre de nombreuses maladies, incluant le SIDA, la malaria, la dengue et la bactérie Shigella.

Actuellement, un vaste champ de recherche vise à déterminer les séquences complètes du génome de plusieurs organismes d’importance médicale, dans l’espoir de trouver de nouvelles approches thérapeutiques. L’Institut a ainsi contribué aux projets de séquençage génétique de la levure commune (Saccharomyces cerevisiae, un organisme qui fut si important dans l’histoire de Pasteur), terminé en 1996, de Bacillus subtilis terminé en 1997 et de Mycobacterium tuberculosis terminé en 1998.

Centre d’enseignement[modifier | modifier le code]

Depuis sa fondation, l’Institut Pasteur a réuni des scientifiques de nombreuses disciplines différentes pour des études supérieures. Aujourd’hui, approximativement 300 étudiants diplômés et 500 stagiaires postdoctoraux de 40 pays différents participent à des programmes d’études supérieures à l’Institut. Il y a des pharmaciens et des vétérinaires, aussi bien que des médecins, des chimistes et d’autres scientifiques.

Centres de référence[modifier | modifier le code]

Des échantillons de bactéries et de virus en provenance de nombreux pays sont envoyés aux centres de référence de l’Institut pour être identifiés. L'Institut Pasteur de Paris héberge 19 centres nationaux de référence (CNR) sur des maladies ou pathogènes particuliers (grippe, rage, Listeria, etc.) ainsi que sept centres collaborateurs de l'OMS (CCOMS).

En plus de servir de centre épidémiologique, l’Institut a une action de conseil auprès du gouvernement français et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies. Les scientifiques de l’Institut aident aussi à surveiller les épidémies et à contrôler les éruptions de maladies infectieuses dans le monde entier. Ces activités ont créé une collaboration rapprochée entre L’Institut et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis.

Vaccins et produits d’aide au diagnostic[modifier | modifier le code]

La production et la vente de tests de diagnostic développés dans les laboratoires de l’Institut sont sous la responsabilité de Sanofi Diagnostics Pasteur, une filiale de la firme pharmaceutique française Sanofi, alors que la production et la vente des vaccins sont sous la responsabilité de Pasteur Mérieux, Sérums et Vaccins.

Structure et ressources[modifier | modifier le code]

Direction de l'Institut[modifier | modifier le code]

En tant qu’organisation privée à but non lucratif, l'Institut est dirigé par un conseil d'administration présidé par Rose-Marie Van Lerberghe depuis 2013[7]. Le directeur général est Christian Bréchot depuis le .

Directeurs[modifier | modifier le code]

Période Nom Notes
1887 - 1895 Louis Pasteur Mort en fonction.
1895 - 1904 Émile Duclaux Mort en fonction.
1904 - 1933 Émile Roux Mort en fonction.
1934 - 1940 Louis Martin
mai-décembre 1940 Gaston Ramon Démissionnaire, directeur honoraire en 1941.
1940 - 1964 Jacques Tréfouël Directeur honoraire en décembre 1964.
1964 - 1965 Charles Gernez-Rieux Démissionnaire.
janvier - juin 1966 Hubert Marneffe Intérim.
1966 - 1971 Pierre Mercier
1971 - 1976 Jacques Monod[8] Mort en fonction.
1976 - 1982 François Gros
1982 - 1987 Raymond Dedonder
1988 - 1999 Maxime Schwartz
2000 - 2005 Philippe Kourilsky Démissionnaire le 31 juillet 2005.
2005 - 2013 Alice Dautry
Depuis 2013 Christian Bréchot

Sous-directeurs[modifier | modifier le code]

Période Nom
1887 - 1895 Émile Duclaux
1895 - 1904 Émile Roux et Charles Chamberland
1917 - 1934 Louis Martin
1919 - 1933 Albert Calmette
1934 - 1940 Gaston Ramon
1940 - 1945 Noël Bernard
1945 - 1958 René Dujarric de la Rivière
1959 - 1971 Hubert Marneffe
1966 - 1985 Élie Wollman
1966 - 1981 Bernard Virat
1971 - 1974 Robert Néel
1985 - 1987 Maxime Schwartz

Ressources[modifier | modifier le code]

Financé par de nombreuses sources, l’Institut assure son autonomie et garantit l’indépendance de ses scientifiques. Les fonds de l’Institut viennent, entre autres, des subventions du gouvernement français, des honoraires de consultation, des droits de licence, des revenus de différents contrats et de dons privés.

Pour promouvoir son action auprès du public et lui permettre de faire appel au don en confiance, la section française de l’organisation, en tant qu’association, adhère au Comité de la Charte.

Chaque année au mois d’octobre, l’Institut Pasteur organise le Pasteurdon, événement solidaire faisant appel à la générosité publique pour participer au financement des travaux de recherche de l’Institut.

Sources[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les statuts et la déclaration de souscription, datés du 15 mai et déposés chez Me Maurice Guérin, sont conservés aux Archives nationales à Paris sous la cote MC/ET/XLVI/1255
  2. M. Faure, Histoire des cours de l'Institut Pasteur, Institut Pasteur, n.d. p. 3. Sur l'histoire de l'Institut Pasteur voir M. Morange (dir.), L'Institut Pasteur. Contributions à son histoire, Paris : La Découverte, 1991, p. 89-102
  3. Nicolas Chevassus-au-Louis, « La Résistance à l'Institut Pasteur (1940-1944) - Une confrontation de la mémoire pastorienne aux sources d'archivistiques », Association des anciens élèves de l'Institut Pasteur, no 192,‎ , p. 118-127
  4. Nicolas Chevassus-au-Louis, Savants sous l'Occupation. Enquête sur le vie scientifique française entre 1940 et 1944., Paris, Le Seuil,
  5. « L'hôpital de l'Institut Pasteur » ésumé d'un article d'Elisabeth Lemaire in Bull. Soc. hist. & arch. du XVe arrondt de Parisno 33.
  6. a et b Les bonnes affaires de l'Institut Pasteur - L'Express, 1er septembre 1994
  7. « Rose-Marie Van Lerberghe élue à la présidence de l'Institut Pasteur », Le Parisien, 30 avril 2013
  8. Jacques Monod avait reçu le prix Nobel de physiologie ou de médecine en 1965 conjointement avec François Jacob et André Lwoff

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sandra Legout, « La famille pasteurienne en observation : histoire et mémoire », Histoire, économie et société, vol. 20, 2001, p. 339-354, consultable sur le site Persée.
  • Maxime Schwartz et Annick Perrot, Le génie de Pasteur au secours des Poilus, Odile Jacob, Paris, 2016 (sur l'action de l'Institut Pasteur pendant la Première Guerre mondiale).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]