Hôtel de Crillon

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Hôtel de Crillon
Hôtel de Crillon 25 08 2007 n3.jpg

L'hôtel de Crillon en 2007.

Localisation
Adresse
Pays
Coordonnées
Architecture
Ouverture
1909
Architecte
Statut patrimonial
Équipements
Étoiles
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Chambres
124
Gestion
Propriétaire
Mutaib Ben Abdullah Ben Abdulaziz, membre de la famille royale saoudienne Drapeau : Arabie saoudite
Site web
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L’hôtel de Crillon, à Paris, est l'un des plus anciens et des plus luxueux hôtels au monde. Il est situé au pied des Champs-Élysées, au no 10 au nord de la place de la Concorde.

Depuis 2010, le Crillon est la propriété de Mutaib Ben Abdullah Ben Abdulaziz, membre de la famille royale saoudienne[1].

Fermé en mars 2013 pour travaux, l'hôtel fait sa réouverture le 5 juillet 2017[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1758, le roi de France, Louis XV commanda à son architecte Jacques-Ange Gabriel, la réalisation sur la « place Louis XV » de deux façades identiques de part et d'autre de la rue Royale : la façade orientale qui fut occupée par l'hôtel de la marine, tandis que le premier hôtel de la Monnaie devait prendre possession de la façade occidentale. Mais cet emplacement fut en définitive jugé trop éloigné du quartier des affaires et un arrêt du Conseil décida que le nouvel édifice s’élèverait à son emplacement actuel sur le quai de Conti. Le terrain situé derrière la colonnade occidentale fut alors divisé en quatre lots qui furent cédés à des particuliers, à charge pour eux d'élever des hôtels particuliers derrière la façade de Gabriel :

  • l'hôtel de Coislin (no 4), le plus proche de la rue Royale, qui ne conserve du décor original que des boiseries en chêne ornées de guirlandes et de fleurs dans les salons de l'étage ;
  • l'hôtel du Plessis-Bellière (no 6), appelé aussi hôtel Pastoret, construit par l'architecte Pierre-Louis Moreau-Desproux pour un de ses amis, Rouillé de l'Estang (écuyer, secrétaire du roi et trésorier-général des deniers de la police) et qui fut la demeure du neveu de ce dernier, l'avocat, homme de lettres et homme politique Emmanuel de Pastoret ;
  • l'hôtel Cartier (no 8), appelé aussi hôtel Moreau, également œuvre de Moreau-Desproux qui se le fit bâtir pour lui-même ;
  • l'hôtel d'Aumont (no 10), à l'angle de la rue Boissy d'Anglas, occupé de nos jours par l'hôtel de Crillon, a été construit par l'architecte Louis-François Trouard, le décor intérieur étant réalisé par Pierre-Adrien Pâris. Il devient l'écrin de sculptures délicates, de boiseries ciselées, et de tapisseries monumentales. C'est là notamment que la reine Marie-Antoinette prenait ses leçons de piano.

Rebaptisée « place de la Révolution » après le 10 août 1792, l'ancienne place Louis-XV prendra sa dénomination actuelle sous le Directoire en 1795.

En 1788, l'hôtel d'Aumont est acquis par François Félix de Crillon, qui lui donnera son nom. Confisqué par le gouvernement pendant la Révolution française, il est finalement rendu à la famille de Crillon qui l'occupera jusqu’en 1907. En 1900, la façade de l'hôtel Crillon est classée monument historique[3].

Hôtel de prestige[modifier | modifier le code]

En 1907, l'hôtel est racheté avec deux immeubles qui lui font suite dans la rue Boissy-d'Anglas, par la Société des grands magasins et des hôtels du Louvre (actuel Groupe du Louvre) qui décide de le transformer en palace. Le bâtiment subit alors une longue rénovation qui dura deux ans sous la conduite de l'architecte Walter-André d'Estailleur. Il laisse intact l'escalier d'honneur, édifie les façades sur cour dans le style de Gabriel, mais fait démonter la plupart des décors intérieurs d'origine. Ainsi, dans le salon des Aigles du premier étage, modèle de salle à l'antique conçue par Pâris, il ne laisse en place que la sculpture du plafond mais fait copier les boiseries, les six portes monumentales et leurs encadrements et la glace, œuvre de l'ébéniste Bellangé, tandis que les originaux sont réinstallés dans l'hôtel de La Tour d'Auvergne (actuelle ambassade du Chili), avenue de La Motte-Picquet. D'autres boiseries se trouvent au Metropolitan Museum of Art de New York, à Middlebury College dans le Vermont et à la villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

L’hôtel de Crillon.

À son inauguration le , l'hôtel de Crillon est le premier grand « hôtel de prestige » parisien doté d'une situation exceptionnelle, d'un confort luxueux et d'une renommée qui attira au fil des ans la préférence des têtes couronnées et des chefs d'États. C'est au Crillon que fut élaboré, du 3 février au , par le président américain Woodrow Wilson et les délégués alliés, le pacte constitutif de la Société des Nations (une plaque commémorative y a été apposée).

En 1964, deux salons à l’étage sont classés monuments historiques[3].

En 1973, les hôtels de prestige que sont Le Crillon, Le Lutetia, Le Louvre à Paris ou Le Martinez à Cannes sont réunis au sein de la filiale Concorde Hotels & Resorts du Groupe Taittinger (une des filiales hôtelières du Groupe du Louvre détenue majoritairement par la famille Taittinger).

Une grande rénovation a eu lieu de 1980 à 1982, qui coûta 5 millions de francs et vit l'inauguration du sol en marbre de l'entrée, jaune ivoire de Sienne et noir de Portor, du comptoir du bar réalisé par le sculpteur César (style Art déco) et du restaurant L'Obé[4].

Le groupe Taittinger et la Société du Louvre ont été vendus en 2005 par la famille Taittinger au groupe américain Starwood Capital Group. L’hôtel de Crillon fait partie des sept palaces parisiens, et est répertorié dans de nombreux guides comme l’un des plus prestigieux hôtels au monde.

En , Le Crillon fut cédé pour 250 millions d’euros par Starwood à un membre de la famille royale saoudienne[5].

Du fait de l'augmentation de la concurrence dans l'hôtellerie de luxe à Paris dans les années 2010 et de la création du statut de « palace » en France que convoite le Crillon, une fermeture complète pour quatre ans des travaux intervient le 31 mars 2013[6]. Les travaux ont été conduits par l'architecte Richard Martinet et la décoratrice Aline d'Amman[1]. Karl Lagerfeld y a également participé[7]. Un grand nombre de pièces du mobilier (de style Louis XV) et de services sont alors vendues aux enchères, comme le comptoir du bar réalisé par le sculpteur César, la console en cristal de Philippe Starck, des lits, des bergères, des draps de bains, des couverts, ainsi qu'une partie de la cave à vin. Le projet de réaménagement, piloté par l'architecte libanaise Aline d'Amman, prévoit notamment moins de chambres, une piscine en sous-sol et un spa, mais celle-ci de préciser à propos de l'hôtel : « On ne le casse pas. On crée une architecture à la hauteur de son mythe ». Resteront notamment en place, l'éléphant-armoire à liqueur en cristal de Baccarat tout comme les deux fontaines marbres qui viendraient du château de Versailles. À la suite d'un accord signé avec la CGT, syndicat majoritaire au sein du comité d'entreprise, les 360 salariés obtinrent le maintien de leur poste et le versement de leur salaire pendant les travaux, sans contrepartie[4]. L'hôtel rouvre le 5 juillet 2017.

L’hôtel de Crillon sur la place de la Concorde à Paris.

Chambres et suites[modifier | modifier le code]

Avant la rénovation des années 2010, l'hôtel disposait de 103 chambres et 44 suites. Depuis 2017, il offre 81 chambres et 43 suites[1]. Les suites les plus connues se situent au cinquième étage de l’hôtel : la suite Bernstein et la suite Louis XV donnant sur la place de la Concorde. Ces deux suites associées à la chambre 552 forment la Grande Bernstein.

Les suites présidentielles du troisième étage peuvent toutes communiquer et possèdent également une vue sur la place.

Restauration[modifier | modifier le code]

Le jeune et talentueux Christopher Hache a pris ses fonctions de chef des cuisines de l'hôtel de Crillon au mois de janvier 2010, prenant ainsi la suite de Jean-François Piège. En avril 2010 le restaurant Les Ambassadeurs rouvre ses portes dans un décor revu. Il décroche une nouvelle étoile au Guide Michelin en 2011.

  • Restaurant L’Obélisque
  • Le Jardin d’Hiver
  • Le Patio en été.

Le bar de l'hôtel a été créé par le sculpteur César. Celui-ci dû revenir réécrire sa signature, après qu'une femme de ménage l'eut effacé, la prenant pour un « gribouillis »[4].

Direction[modifier | modifier le code]

Luc Delafosse succède à Jean-Claude Messant le 19 janvier 2010. Il a notamment précédemment dirigé le Ritz de Londres et l’hôtel Burj Al Arab à Dubaï.

Événements[modifier | modifier le code]

Le prince Henri de Polignac y est né, le 2 janvier 1878.

L'imitateur Thierry Le Luron occupa la suite 440/41/43 de l'hôtel du début des travaux dans son appartement de la rue du Cherche-Midi à sa mort dans la nuit du 12 au 13 novembre 1986.

En 1998, l'équipe de France de football, vainqueur de la Coupe du monde, salue la foule depuis le balcon du salon Marie-Antoinette[4].

Miss France s’y fait photographier le lendemain de son élection.

Associations importantes[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Crillon fut le lieu d’accueil historique du Bal des débutantes, classé par le magazine Forbes comme l'un des 10 événements les plus prestigieux au monde, de 1992 à 2012.

Si les prix de littérature sont traditionnellement reliés aux restaurants, le prix Femina est particulièrement distingué. Car depuis longtemps il s'agit de l'Hôtel de Crillon auprès duquel le jury présente ses lauréats, au début du mois de novembre. Les prix sont attribués à la fin d'un repas consacré à cet événement.

Curiosité[modifier | modifier le code]

Ancienne plaque de rue sous verre indiquant « PLACE LOUIS XVI ».

À l’angle de la rue Boissy-d’Anglas et de la place de la Concorde au-dessus de la plaque actuelle, une plaque indique son ancien nom de place Louis XVI qui fut le sien pendant quatre ans à partir de 1826.

En 2013, Éric Abergel, voiturier au Crillon, sort un album de rock sur son métier : Le Roi du palace[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Marion Tours, « Hôtel de Crillon : J - 2 », lepoint.fr, 3 juillet 2017.
  2. « Paris : l'hôtel de Crillon annonce sa réouverture pour le 5 juillet après quatre ans de travaux », France Bleu,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Hôtel Crillon », notice no PA00088825, base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. a, b, c, d et e Valérie Sasportas, « Le Crillon en 3500 pièces », Le Figaro, encart « Culture », jeudi 21 février 2013, page 28.
  5. Un Saoudien rachète le Crillon au Groupe du Louvre, La Tribune, 23 décembre 2010.
  6. http://www.lexpress.fr/tendances/voyage/l-hotel-de-crillon-ne-fermera-pas-ses-portes-avant-mars-2013_1175602.html
  7. Karl Lagerfeld, interviewé par Élisabeth Lazaroo, « Karl Lagerfeld : "Brigitte Macron a les plus belles jambes de Paris" », parismatch.com, 21 juillet 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]