Auguste Rodin

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Auguste Rodin
Rodin-cropped.png
Naissance
Décès
(à 77 ans)
Meudon
Nom de naissance
René François Auguste Rodin[1]
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
École Spéciale de Dessin et de Mathématiques, dite la Petite École (École nationale supérieure des arts décoratifs)
Maître
Élève
Saar de Swart (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mouvement
Conjoint
Rose Beuret (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Concubine
Distinctions
Œuvre réputée
signature d'Auguste Rodin

signature

Auguste Rodin (René François Auguste Rodin), né à Paris le , et mort à Meudon, le , est l'un des plus importants sculpteurs français de la seconde moitié du XIXe siècle, considéré comme un des pères de la sculpture moderne[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Rodin en 1905, par Gertrude Käsebier.
Rodin, 1898.

Auguste Rodin naît dans une famille modeste, le au no 3, rue de l'Arbalète, dans le 5e arrondissement de Paris[3],[4], et meurt à Meudon le 17 novembre 1917. Son père Jean-Baptiste, d'origine normande, s'était installé à Paris en 1830, comme garçon de bureau à la préfecture de police ; sa mère, Marie Cheffer, était d'origine lorraine. Du premier mariage de son père avec Gabrielle Cateneau, il eut une demi-sœur, Clothilde, qui semble être écartée de la famille après le second mariage de Jean-Baptiste. Auguste eut également une sœur aînée, Maria[5].

Formation[modifier | modifier le code]

En partie à cause de sa forte myopie, il mena des études médiocres, et il gardera longtemps le handicap d'une faible maîtrise du français. Étant donné qu'il préfère griffonner des dessins sur ses cahiers, ses parents l'inscrivent gratuitement en 1854, à 14 ans, à l'École Spéciale de Dessin et de Mathématiques, dite la Petite École (devenue École nationale supérieure des arts décoratifs), où il suit les cours du talentueux Horace Lecoq de Boisbaudran, dont la méthode consiste à préserver la sensibilité de chaque élève en lui enseignant à utiliser sa vue et sa mémoire visuelle, et du peintre Belloc. C'est là qu'il fait la connaissance d'Alphonse Legros. Sa vocation se révèle lorsqu'il pousse la porte d'une salle de cours où les élèves sont en train de pétrir la glaise[6].

En 1855, il découvre la sculpture avec Antoine-Louis Barye, puis Albert-Ernest Carrier-Belleuse. Il se rend alors régulièrement au musée du Louvre pour dessiner d'après l'antique, au Cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale, et au cours de dessin de la Manufacture des Gobelins, où il y travaille le nu[7].

En 1857, il quitte la Petite École et, fort d'un talent reconnu par ses professeurs, suivant l'avis du sculpteur Hippolyte Maindron, il tente le concours d'entrée à l'École des beaux-arts, dont il réussira l'épreuve de dessin ; mais il échouera trois fois de suite à celle de la sculpture, son manque de culture humaniste lui faisant préjudice et son style n'étant pas conforme aux traditions néo-classiques qui y régnaient.

Il est alors contraint de travailler pour se nourrir et s'engage comme artisan-praticien dans des ateliers de divers sculpteurs, staffeurs ornemanistes et décorateurs, tels que Garnier, Blanche ou Cruchet. C'est chez l'un d'eux que débute son amitié avec Jules Dalou[8]. L'activité de cette époque est particulièrement stimulée par les travaux d'urbanisme du préfet de Paris, le baron Haussmann, comme par le développement du goût de l'époque pour l'ornementation.

Le , fortement touché par le décès de sa sœur Maria, Rodin entre au noviciat de la congrégation du Très-Saint-Sacrement. Au terme d'un an, le père Pierre-Julien Eymard l'encourage vivement à poursuivre dans la voie artistique. Durant cette période, il réalise un buste du père Eymard. L'anecdote rapporte que l'œuvre n'obtint pas satisfaction et fut mise au grenier.

Collaboration avec Carrier-Belleuse et Van Rasbourgh[modifier | modifier le code]

En 1864, il rencontre Rose Beuret, fille d'un cultivateur de Haute-Marne. Cette ouvrière couturière, âgée de 20, ans lui servira de modèle et deviendra sa maîtresse ; il l'épouse le 29 janvier 1917, à la fin de leur vie, récompense pour cette femme discrète, dévouée et fidèle alors qu'il eut de nombreuses liaisons (Camille Claudel, Isadora Duncan, la duchesse de Choiseul, de 1907 à 1912)[9],[10]. En 1866, il aura d'elle un fils, Auguste Eugène Beuret, qu'il ne reconnaîtra jamais. Rose fut plusieurs fois le modèle de Rodin, témoignant de son évolution stylistique, de Jeune fille au chapeau fleuri en 1865, particulièrement imprégné par le style charmant du XVIIIe siècle, en passant par Mignon en 1869, puis Bellone, exécutée en 1878 après son retour de Belgique.

Son Homme au nez cassé est refusé au Salon de Paris, où Rodin ne sera exposé qu'en 1875.

C'est dans la période de 1865-1870 qu'il débute sa collaboration avec Albert-Ernest Carrier-Belleuse, sculpteur renommé du Second Empire, formé lui aussi à la Petite École. Carrier-Belleuse porte la sculpture vers la production en série, stimulé par la forte demande de la haute bourgeoisie de l'époque. Rodin travailla dans l'atelier de Carrier-Belleuse, qui produisit de nombreuses ornementations de qualité, pour les décors architecturaux de grands chantiers, tels que l'Opéra Garnier, l'hôtel de la Païva sur les Champs-Élysées, ou le théâtre des Gobelins.

En 1870, Rodin accompagne le sculpteur belge, Antoine-Joseph Van Rasbourgh, à Bruxelles, où il participe aux travaux de décoration de la Bourse du Commerce. Il est mobilisé comme caporal dans la Garde nationale au moment de la guerre franco-prussienne de 1870, puis réformé pour myopie. Il retourne alors en Belgique avec Carrier-Belleuse, avec lequel il collaborera jusqu'en 1872.

Il s'associe par contrat à Van Rasbourgh en 1873 et participe entre autres au décor du palais des Académies à Bruxelles.

Voyage en Italie et étude de Michel-Ange[modifier | modifier le code]

En 1875, il réalise un de ses grands rêves en voyageant en Italie, pour découvrir les trésors artistiques de Turin, Gênes, Pise, Venise, Florence, Rome, Naples, et « découvrir les secrets » de Donatello, et surtout, de Michel-Ange. À son retour en France, il visite les cathédrales françaises.

Première grande œuvre et succès[modifier | modifier le code]

En 1877, âgé de 37 ans, de retour à Paris, il réalise sa première grande œuvre, L'Âge d'airain, la statue en grandeur nature en plâtre d'un jeune homme, qu'il expose au Cercle artistique et littéraire de Bruxelles et au Salon des artistes français de Paris. Sa statue donne une telle impression de vie, qu'on l'accuse d'avoir fait un moulage sur un modèle vivant. Ce succès retentissant au parfum de scandale amorce sa fortune et ses quarante ans de carrière. Les commandes officielles abondent et Rodin devient portraitiste mondain.

En 1878, Rodin crée son Saint Jean Baptiste, plus grand que nature pour prouver définitivement qu'il n'a pas recours au moulage. Rodin influence alors la sculpture, par l’expressivité des formes, des sentiments, de la sensualité et du soin apporté à restituer l'émotion, par l'expression donnée à des parties du corps comme les mains, les pieds, etc. Il participe à l'invention d'un style en développant de nouvelles techniques de sculpture comme l’assemblage, la démultiplication ou la fragmentation, en totale contradiction avec l’académisme d'alors.

En 1879, il participe à un concours pour l'érection d'une statue commémorative de la guerre de 1870, à Courbevoie, mais voit son projet pour La Défense de Paris rejeté ; ses amitiés avec des communards auront pu également influencer le jury[11]. Il intègre la Manufacture nationale de Sèvres de porcelaine, jusqu'en décembre 1882. À cette époque, il noue une relation passionnelle et tumultueuse avec la sculptrice de génie, Camille Claudel, de vingt-quatre ans sa cadette.

En 1880, il installe son atelier au Dépôt des marbres, 182, rue de l'Université dans le 7e arrondissement de Paris (un lieu de travail qu'il gardera toute sa vie), et l'État français lui commande La Porte de l'enfer, inspirée par la Divine Comédie de Dante Alighieri, et une transposition des Fleurs du mal, de Charles Baudelaire, pour le futur musée des arts décoratifs du musée du Louvre, son œuvre la plus monumentale de 7 m de haut et 8 tonnes, qui ne sera ni livrée ni fondue en bronze de son vivant, et à laquelle il travaillera seul jusqu’à la fin de ses jours. L'œuvre sera fondue en bronze en 1926 ; elle est exposée au musée Rodin en 2013.

Il part en voyage en Angleterre où il apprend la gravure avec Alphonse Legros, à Londres. À son retour en France, il réalise notamment les figures sculptées d'Adam, d'Ève et Le Penseur en 1882.

Camille Claudel[modifier | modifier le code]

En 1882, Rodin remplace Alfred Boucher comme professeur d'un groupe de jeunes sculptrices, dont Camille. Il remarque les dons de celle-ci, qui a alors dix-neuf ans. En 1884, il l'embauche comme praticienne, chargée de tailler pour lui le marbre, elle partage son atelier et participera activement, — entre autres travaux menés en commun —, à la création du monument Les Bourgeois de Calais (commandé en 1885 par la municipalité de Calais, à la mémoire d'Eustache de Saint Pierre). Rodin et Camille vont entretenir une relation artistique et amoureuse passionnée et tumultueuse, qui durera de dix à quinze ans. Il réalise, en 1884, la sculpture L'Éternel Printemps, probablement inspirée de cette passion pour Camille. En dépit d'une promesse faite par lettre, Rodin refusera les demandes de mariage de Camille, qui finira par s'éloigner avant d'être internée par sa famille.

Consécration[modifier | modifier le code]

La Pensée (musée d'Orsay, avec Camille Claudel en modèle)
La Tempête

En 1887, il est fait Chevalier de la Légion d'honneur et illustre de dessins l'édition originale des Fleurs du mal, de Baudelaire, éditée par Paul Gallimard. L'État français lui commande Le Baiser, en marbre pour l'Exposition universelle de Paris de 1889. Dans son atelier, il reçoit les visites de nombreux artistes et célébrités (le roi d'Angleterre Edouard VII lui rendra visite le 6 mars 1908[12]).

En 1889, Auguste Rodin est un des membres fondateurs de la Société nationale des Beaux-arts et reçoit la commande du monument à Victor Hugo, pour le Panthéon de Paris (assis, puis debout). Il expose avec Claude Monet à la galerie Georges Petit.

En 1891, la Société des gens de lettres lui passe commande d'un monument pour Honoré de Balzac.

Il est promu officier de la Légion d'honneur, en 1892, et succède à Jules Dalou au poste de président de la section sculpture et vice-président de la Société nationale des beaux-arts.

En 1893, il s'installe avec Rose, à Meudon, 8, chemin Scribe, dans la Maison des Chiens-Loups. En 1895, il achète la villa des Brillants, à Meudon, où il commence à constituer sa collection d'antiques et de peintures (devenue depuis 1919 une partie du musée Rodin de la rue de Varenne).

Claude Monet l'invite chez lui, en 1894, à Giverny en Normandie, où il rencontre Paul Cézanne.

En 1897, par la publication de l’Album Goupil (du nom de l'éditeur-imprimeur), contenant 142 dessins ; il y divulgue ses techniques de travail novatrices.

En 1900, une rétrospective de son œuvre organisée au Pavillon Rodin de la place de l'Alma pour l'Exposition universelle de Paris lui vaut une consécration internationale. Il est nommé Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique.

Cette même année, il fait la connaissance de Hélène von Beneckendorff und Hindenburg, nièce du futur maréchal et président du Reich, Paul von Hindenburg, qui épousera, en 1904, Alfred von Nostitz. Rodin se rend en Italie avec elle, reprenant ainsi contact avec les chefs-d'œuvre sculptés de Pise, Lucques, Florence et Rome. Le portrait d'Hélène qu'il exécute en marbre sera envoyé à Berlin et à Vienne, où il sera admiré et loué par les artistes du mouvement dit « de la Sécession ».

À la clôture de l'Exposition, en 1901, le pavillon est démonté et transféré dans sa propriété de Meudon (la villa des Brillants) et devient son atelier.

En 1903, il est fait Commandeur de la Légion d'honneur.

En 1904, Rodin devient l'amant de la peintre et femme de lettres britannique, Gwendolen Mary John (sœur du peintre Auguste John), qui lui servira de modèle pour la Muse Whistler, puis il rencontre la duchesse de Choiseul (née Claire Coudert, issue d'une très riche famille américaine), dont il devient l'amant jusqu'en 1912. Claire de Choiseul le mettra en contact avec de nombreux Américains fortunés et aura une certaine influence sur lui.

Rodin rencontre, en 1905, le poète Rainer Maria Rilke, qui devient son secrétaire jusqu'en 1906, et écrit à propos du sculpteur un essai, Sur Rodin.

En 1906, Le Penseur est placé devant le Panthéon de Paris. Rodin s'installe en 1908 à l'hôtel Biron que Rilke lui a fait découvrir (actuel musée Rodin). Rodin voyage en Espagne avec Rilke et le peintre basque Zuloaga, son ami.

Il est nommé Grand officier de la Légion d'honneur, en 1910[13].

En 1911, l'État commande un buste de Pierre Puvis de Chavannes pour le Panthéon de Paris et l'Angleterre acquiert Les Bourgeois de Calais, pour les jardins du palais de Westminster de Londres (Parlement du Royaume-Uni). L’Homme qui marche est installé au palais Farnèse (ambassade de France à Rome). La salle Rodin du Metropolitan Museum de New York est inaugurée en 1912.

En 1914, il est à nouveau en Angleterre avec Rose Beuret. En 1915, il commence le buste du pape Benoît XV, lors d'un voyage à Rome, au cours duquel il croise à nouveau Albert Besnard (qui a aussi une commande d'un portrait du pape), mais en désaccord avec le souverain pontife sur les temps de pose, il part sans achever la commande[14].

Il est victime d'une nouvelle attaque fin mars 1916, suivie d'une congestion cérébrale en juillet. Il fait en septembre trois donations successives de son hôtel particulier, de son atelier et de ses collections d'art à l'État, dans la perspective de la création d'un musée Rodin. La Chambre des députés et le Sénat votent l'établissement du musée Rodin à l'hôtel Biron, aboutissement de la démarche de Judith Cladel, future biographe du sculpteur.

Il reçoit une commande pour un monument à la mémoire des combattants de Verdun.

« Et c'est la fin dérisoire et solitaire des deux vieillards dans la maison mal chauffée[15] », que représente la photographie d'A. de Combettes, publiée dans L'Illustration, montrant à cette époque un Rodin, debout et massif, dans le parc de la villa, tenant la main de sa vieille compagne au regard perdu.

Mort[modifier | modifier le code]

Il revient en France à la fin de l'année 1916. Le 29 janvier 1917, âgé de 77 ans, « poussé par Loïe Fuller[16] », il épouse à Meudon, après cinquante-trois ans de vie commune, Rose Beuret. Elle est très affaiblie et meurt d'une pneumonie le , à 73 ans, suivie le 17 novembre par Rodin, qui est inhumé à ses côtés à Meudon, le 24 novembre. Leur sépulture est surplombée par Le Penseur.

Le musée Rodin, au 79, rue de Varenne, dans le 7e arrondissement de Paris, est inauguré le . La villa des Brillants à Meudon, au 19, avenue Auguste-Rodin, deviendra également un musée en son honneur.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Monument pour Balzac (1898), jardin du musée Rodin (Paris).

Il a révolutionné la sculpture par une liberté de forme inconnue jusque-là. Il sculpte un danseur (Mouvement de danse H[17]) sans tête, et dont les membres forment des lignes s'élançant vers le haut, exprimant ainsi l'oubli de soi et la libération du corps dans la danse. Son célèbre Penseur[18] est tout en déséquilibre, composé de cinq triangles dans un arrangement précaire, exprimant ainsi la nature du cours de la pensée et son lien au corps.

Réexplorant le maniérisme tout en l'associant à un travail de la matière, il exprime avec des sculptures, comme Le Baiser, une sensualité qui choque parfois le public de l'époque. Contrairement aux traditions néo-classiques, ses sculptures sont sans socle ou sur un socle surélevé[19]. On reconnaît souvent ses œuvres à une forme achevée, qui reste partiellement prise dans un bloc plus rustique et partiellement dégrossi. Le résultat toujours frappant est un équilibre entre un modèle englué dans la masse brute et un élan donné à l'œuvre qui semble ainsi prête à s'en échapper.

Rodin, à l'avant-garde de son art, a laissé les moules de ses sculptures à la disposition du public. Il avait aussi préparé des copies de sa signature. Une manière pour lui de laisser d'autres prolonger son œuvre après son décès.

Sa statue d'Honoré de Balzac fit scandale (pour son apparence et sa préparation interminable) et la Société des gens de lettres, commanditaire de l'œuvre, la refusa. Rodin fit porter la sculpture « debout comme un menhir à masque humain » (Bernard Champigneulle) dans sa villa de Meudon et c’est là que, quelques années plus tard, un jeune photographe allemand en découvrira la beauté et fera naître un mouvement d'opinion pour lui rendre sa juste place dans le monde de l'art.

Le modèle en plâtre et des maquettes parurent, entre autres, en 1908 lors de l'inauguration du musée de la maison de Balzac, rue Berton à Paris. Georges Clemenceau aurait usé de son influence pour l'imposer à Paris et, en 1926 Georges Grappe, conservateur du musée Rodin, en fit fondre deux épreuves en bronze, mais ce n'est que le 1er juillet 1939 qu'un tirage en bronze, érigé à l'angle du boulevard Raspail et du boulevard du Montparnasse, fut dévoilé par deux de ses familiers, Maillol et Despiau.

Rodin écrivait en 1908 : « Cette œuvre dont on a ri, qu’on a pris soin de bafouer parce qu’on ne pouvait pas la détruire, est la résultante de toute ma vie, le pivot de mon esthétique[20]. »

Quand Rodin ne sculpte pas, il dessine. « C'est bien simple, mes dessins sont la clef de mon œuvre, ma sculpture n'est que du dessin sous toutes les dimensions », écrit-il dans ses carnets. Au-delà du simple travail préparatoire, le dessin est pour Rodin une autre pratique, un autre champ de réflexion artistique qu'il découvre avant même la sculpture, à l'âge de dix ans. Inventeur du premier jet, Rodin prend l'habitude de laisser le modèle bouger devant lui sans lui indiquer de pose artificielle, pour capter ainsi sur la feuille le naturel des mouvements[21].

Rodin s'est lié avec de nombreux artistes comme le peintre Ignacio Zuloaga, la danseuse Loïe Fuller, le peintre américain Whistler, le peintre Alphonse Legros, Albert Besnard (avec lequel il échangera une correspondance et qui fera de lui un portrait à l'eau-forte[22]), etc.

Il a eu, au cours de sa vie artistique, quelques élèves et collaborateurs, dont sa collaboratrice la plus fameuse, Camille Claudel, chargée initialement de dégrossir les marbres d'après un modèle en plâtre. Tout à la fois assistante, muse et maîtresse, elle lui servira aussi de modèle, lui inspirant des œuvres comme La Convalescente, La France ou La Pensée… En 1913, Claudel est internée à l'hôpital de Ville-Évrard, puis à l'hôpital de Montfavet où elle décédera trente ans plus tard, le , malheureuse, misérable, rejetée de tous, après avoir sombré dans la démence.

Un débat fait rage entre rodiniens et claudeliens quant à la possible réalisation de certaines œuvres — jusque-là attribuées à Rodin — par Camille Claudel. Les recherches les plus récentes menées à l'occasion de l'exposition itinérante « Camille Claudel et Rodin, rencontre de deux destins » (Musée national des beaux-arts du Québec, Detroit Institute of Art, Fondation Pierre Gianadda, Martigny, 2005-2006), montrent la grande complexité des rapports entre les deux sculpteurs travaillant ensemble, dans le même atelier, aux mêmes sujets. Tous deux ont vécu une passion stimulante mais orageuse, relatée de manière romanesque dans le film Camille Claudel.

De 1898 à 1905, il a comme élève, puis maîtresse, la jeune aristocrate polonaise, Sophie Postolska, qui mourut misérable à Nice, en 1942[23].

Parmi les modèles les plus connus de Rodin, il y a Marianna Russell, épouse du peintre australien John Peter Russell ; elle posa pour le buste en argent de 1888 (collections du Musée d'Orsay en dépôt au Musée de Morlaix), pour celui de Mrs Russell de 1890, et en 1896 pour Pallas au Parthénon, pour Minerve et pour Cérès (musée Rodin).

En 1957-1958, le photographe Carol-Marc Lavrillier photographie pendant un an, juché sur des échafaudages, La Porte de l'enfer, dans les moindres détails, en s'attachant à comprendre l'œuvre et le désir de l'artiste. Ces photographies, qui sont conservées dans les collections du musée national d'art moderne, ont fait l'objet de nombreuses expositions[24], et ont été publiées en 1988 par les Éditions Pont Royal, à Lausanne, dans un livre intitulé Rodin, « La Porte de l'enfer ».

Le marché de l'art a connu un scandale important au cours des années 1990, avec la découverte d'un réseau de faussaires — dont Guy Hain — condamnés par la justice française en 2001, mais dont l'activité a inondé le marché de centaines d'œuvres contrefaisant les œuvres de Rodin. Il existe plusieurs projets de catalogues raisonnés des œuvres du sculpteur, menés par le musée Rodin et par le Comité Auguste-Rodin à Paris.

Trois œuvres de Rodin, qui se trouvaient dans le World Trade Center à New York, ont été sérieusement endommagées lors des attentats du 11 septembre 2001[25]. Lors des fouilles qui ont eu lieu après les attentats, on a retrouvé en mauvais état Le Buste de Jean d'Aire (travail préparatoire aux Bourgeois de Calais) et Les Trois Ombres. En revanche, une reproduction du Penseur, ayant été retrouvée par un pompier de New York, a été perdue, probablement volée.

Plusieurs lieux et bâtiments portent le nom du sculpteur à Paris, dont la place Rodin, dans le 16e arrondissement de Paris et le lycée Rodin, dans le 13e arrondissement de Paris, rue Corvisart, ainsi que le musée Rodin, situé aussi à Paris.

L'atelier et les assistants de Rodin[modifier | modifier le code]

Rodin travaillait avec de nombreux assistants, praticiens et mouleurs, tailleurs de marbre, photographes, etc., qui l'accompagnaient dans son atelier de Meudon, la villa des Brillants, aujourd'hui musée, où il est enterré. Ainsi, les Ombres, Ugolin, Iris, Le Penseur, ou encore La Porte de l'enfer, ont été agrandis (ou réduits) par Henri Lebossé, son principal assistant depuis 1894. En 1904, il demanda au jeune sculpteur tchèque, Josef Maratka, de sculpter La Main[26]. Ève au rocher fut taillée dans le marbre par Antoine Bourdelle ; Le Baiser fut taillé en marbre par Jean Turcan.

Entre 1884 et 1900, Jean Escoula exécute les marbres d’Ève, Éternelle idole, Madame Alfred Roll (vers 1887, en collaboration avec Louis Cornu), Madame Vicuna (en 1888, avec Louis Cornu), Danaïde (vers 1889), ainsi que les chevaux du Monument de Claude Gellée (en 1892, en collaboration avec Victor Peter)[27].

Les metteurs au point sont payés 10 à 12,5 francs par jour, les praticiens, 20 francs. Les assistants de Rodin travaillent dix heures par jour, un peu moins le dimanche[28].

Les bronzes sont fondus au sable ou à la cire perdue, entre autres par Barbedienne, Hébrard ou Rudier (de 1902 à 1952)[29]. Les patines des bronzes étaient travaillées selon un procédé spécial par Jean Limet.

La méthode de travail suivait trois étapes : la fragmentation, l’assemblage et la démultiplication. Rodin dessinait puis modelait de sa main une sculpture en terre crue à une échelle donnée. La sculpture était ensuite moulée par ses assistants ouvriers mouleurs et plâtriers, puis tirée en plâtre, avant d'être reproduite par les techniques d'Henri Lebossé, à une échelle différente (démultiplication). Rodin procédait alors à des assemblages inattendus de morceaux par fragmentation des plâtres précédents qui, s'ils lui convenaient, donnaient jour à un original en plâtre, lui-même ensuite moulé et tiré en bronze en nombre limité, mais à différentes échelles. Enfin, elle pouvait être sculptée en marbre par un praticien marbrier (cf. liste ci-dessous).

Liste des assistants[modifier | modifier le code]

Rodin dans l'atelier de son assistant, Henri Lebossé

Rodin est entouré de 5 à 26 sculpteurs-assistants, suivant les périodes de son activité. Certains ne font qu'un travail. D'autres resteront plus longtemps, tels Antoine Bourdelle qui lui, travaillera pendant dix ans pour Rodin ; Jean Escoula, douze ans ; le metteur aux points Ganier, douze ans ; Bertrand-Jacques Barthélemy, dix-huit ans ; Louis Mathet, vingt et un ans et Victor Peter, vingt-trois ans[30].

Élèves[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Sculptures[modifier | modifier le code]

  • 1877, L'Âge d'airain. L'œuvre est tellement réaliste que Rodin a été suspecté de moulage sur nature. Plusieurs années ont été nécessaires pour qu'il soit totalement disculpé, en présentant le modèle.
Le Penseur (taille originale) (1881-1882), musée Rodin, Paris
  • 1878, Saint Jean Baptiste. L'œuvre est sculptée plus grande que nature pour prouver qu'il n'a pas recours au moulage et prouver son génie en sculpture.
  • 1879, La Défense ou L'Appel aux armes.
  • La Porte de l'enfer, œuvre commandée en 1880. C'est une sorte de compilation de nombreuses œuvres. Rodin est blessé et meurtri qu'on ait pu le suspecter de moulage pour L'Âge d'airain. Même disculpé, il en aura toujours un ressentiment. La Porte de l'enfer, dont son chantre Octave Mirbeau nous a laissé, en février 1885, la seule description complète, sera une sorte d'exutoire où il veut montrer qu'il est capable de reproduire ses œuvres en miniature, dans tous leurs détails et par là même, que les grandes réalisations sont authentiquement faites de sa main. La Porte de l'Enfer est une sorte de point d'orgue de l'ensemble de son œuvre. « Elle restera très vraisemblablement inachevée », notait Gustave Coquiot, l'un de ses secrétaires, dans Le Vrai Rodin (1913).
  • 1882, Le Penseur. Un des originaux se trouve dans le cimetière Bruxellois de Laeken (à l'arrière de l'église Notre-Dame et de la crypte royale). Un autre se trouve dans le jardin de la villa de Meudon, au-dessus de la tombe de Rodin et de son épouse ; bronze, fonte par Alexis Rudier, 1904 (H : 180 cm x L : 98 cm x P : 145 cm), œuvre confiée au musée Rodin, en 1922 (no inv. : S.1295).
  • 1882, Adam.
  • 1882, Ève.
  • 1882, Ugolin et ses enfants.
Ugolin et ses enfants (vers 1882), musée Rodin, Paris
  • 1884, L'Éternel Printemps, bronze et marbre, Musée Rodin
  • 1884 (vers), Tête de Camille Claudel coiffée d'un bonnet. Terre cuite (H : 7 cm x L : 15 cm x P : 17,7 cm), musée Rodin (no inv. : S.208).
  • 1885, Jeune mère à la grotte. Plâtre (H : 36 cm x L : 28,2 cm x P : 24 cm), musée Rodin (no inv. : S.1196).
  • 1886, Le Baiser.
Jean d'Aire (1887)
  • 1887-1888, Les Sirènes, plusieurs exemplaires en bronze et au moins quatre en marbre[39]. 18 exemplaires dont 4 en marbre. Plâtre, Trois sirènes enlacées chantent (exposition Monet-Rodin à la galerie Georges-Petit à Paris, en 1889. Don de la famille Huntly Redpath Drummont, MBAM.
  • 1888, Les Limbes et les Sirènes, édition de 1934. Vase en porcelaine dure (H : 24,7 cm x L : 13,3 cm x P : 13,3 cm), musée Rodin (no inv. : S.2415), don d'Eugène Rudier, 1945.
  • 1889, La Danaïde.
  • 1889, Les Bourgeois de Calais. Plâtre (H : 219,5 cm x L : 266 cm x P : 211,5 cm), musée Rodin (no inv. : S.153)
  • 1890-1893, Éternelle idole. Plâtre (H : 73,2 cm x L : 59,2 cm x P : 41,1 cm), musée Rodin (no inv. : S.1044).
  • 1894, Le Christ et la Madeleine. Maquette plâtre et bois ; un tissu trempé dans du plâtre liquide entoure les jambes de la Madeleine (H : 84,5 cm x L : 74 cm x P : 44,2 cm), repères de mise aux points musée Rodin (no inv. : S.1097).
  • 1895 (vers), Iris. Bronze, fonte Alexis Rudier avant 1916 (H : 82,7 cm x L : 69 cm x P : 63 cm), musée Rodin (no inv. : S.1068).
  • 1895 (vers), Assemblage. Masque de Camille Claudel et main gauche de Pierre de Wissant. Plâtre (H : 32,1 cm x L : 26,5 cm x P : 27,7 cm), musée Rodin (no inv. : S.349).
  • 1895-1897, L'Aurore. Marbre (H : 56 cm x L : 58 cm x P : 50 cm), musée Rodin (no inv. : S.1019).
  • 1896, La Méditation ou La Voix intérieure. Plâtre patiné (H : 147 cm x L : 76 cm x P : 55 cm), musée Rodin, (no inv. : S.1125).
  • Mignon.
  • L'Art.
Le Baiser, vers 1881-1882 (terre cuite), musée Rodin, Paris
  • 1899, Les Ombres de La Porte de l'enfer.
  • 1907 (vers), Amour et Psyché. Marbre, musée des Beaux-Arts de Nancy.
  • 1907 (vers), Buste de Henry Becque. Plâtre (H : 69,2 cm x L : 46,5 cm X P : 47 cm), musée Rodin (no inv. : S.1827).
  • 1908, La Duchesse de Choiseul (version pensive). Terre cuite (H : 39,4 cm x L : 36 cm x 22,2 cm), musée Rodin (no inv. : S.1041).
  • 1908, La Cathédrale. Pierre (H : 64 cm x L : 29,5 cm x P : 31,8 cm), musée Rodin (no inv. : S.1001).
  • Claude Gellée dit Le Lorrain. Bronze, parc de la Pépinière (Nancy).
  • Balzac. Commandée à la fin du XIXe siècle par la Société des gens de lettres, la statue d'Honoré de Balzac, à la fois majestueuse et fantomatique, donna lieu à une vive polémique. D’abord refusée par ses commanditaires qui demandèrent aussitôt une autre statue à Alexandre Falguière, elle ne fut exposée que longtemps après sa première présentation. On lui reprochait de n'avoir conservé de Balzac que l'aspect « moribond ». Émile Zola, grand admirateur de Balzac et de Rodin, fut un ardent défenseur de cette œuvre. On peut la voir aujourd'hui sur le quai de la station de métro Varenne, à Paris, ainsi que dans le jardin du musée Rodin, rue de Varenne. Le modèle fut un Italien nommé Nardone, qui posa bien plus tard, alors octogénaire, pour Germaine Richier, en 1947[40].
  • L'homme qui marche, bronze, salle Camille Claudel de l'espace culturel André Siegfried, à Barentin (Seine-Maritime).
  • Buste d'homme grimaçant. Plâtre (22 × 28 × 15 cm), Musée d'art de Toulon.
  • Buste de jeune fille. Bronze patiné, socle en verre, musée des arts décoratifs (Paris).
  • 1908, Muse Whistler nue, bras coupés. Bronze, fonte Coubertin, 1986 (H : 223,5 cm x L : 90 cm x P : 109,5 cm, fonte réalisée pour les collections du musée (no inv. : S.3005).
  • V. H. Rochefort, Galerie nationale de Prague, 1881.
  • 1911, Le Baiser de l'Ange, également nommé Le Rêve.
  • 1911, Hélène de Nostitz. Pâte de verre (H : 23,2 cm x L : 21,5 cm x P : 9,7 cm), musée Rodin (no inv. : S.991).

Dessins[modifier | modifier le code]

Dessin de Rodin

Il créa environ 10 000 dessins, dont 7 000 sont conservés au musée Rodin.

  • 1856 (vers), Squelette et crâne. Crayon noir sur papier, plume et encre noire sur papiers découpés, collés en plein sur un support (25,3 × 11 cm), musée Rodin (no inv. : D.100, D.102).
  • 1875-1876, Feuilles d'études. Crayon, plume et encre brune, lavis brun et gouache, sur cinq papiers découpés et collés sur une page d'un album désassemblé par la suite (26,4 × 3 cm), musée Rodin (no inv. : D.274 à D.279, au verso).
  • 1879-1882, Vase aux putti. Fusain sur papier (38,4 × 33,1 cm), musée Rodin (no inv. : D.7676).
  • 1880 (vers), Ugolin entouré de trois enfants. Crayon, plume et lavis, encre et gouache sur papier, Sbd (17,3 × 13,7 cm), musée Rodin (no inv. : D.7627).
  • 1880 (vers), La Force et la Ruse. Plume, encre, lavis et gouache sur papier collé sur un support contrecollé sur carton (15,5 × 19,2 cm), musée Rodin (no inv. : D.5087).
  • 1880 (vers). Dans la m…. Crayon, plume et encre, lavis d'encre et gouache sur papier collé, sur un papier réglé de registre (18,2 × 13,6 cm), musée Rodin (no inv. : D.7616). Ancienne collection Maurice Fenaille, acquis en 1929.
  • 1881-1884, Portail de l'église de l'abbaye Saint-Pierre d'Auxerre. Plume et encre, lavis d'encre brune sur papier quadrillé (18,2 × 14,4 cm), musée Rodin (no inv. : D.5916-5918).
  • 1884 (vers), Ève. Plume et encre noire, lavis d'encre brune sur papier (25,4 × 18,7 cm), legs Marcel Guérin, musée Rodin (no inv. : D.7142).
  • 1900, Naissance de Vénus. Crayon graphite, encre et aquarelle sur papier, Sbg (signé en bas à gauche) (000 × 000 cm), musée Rodin (no inv. : D.4093).

Peintures[modifier | modifier le code]

Crépuscule d'or sur les dunes en forêt de Soignes
Maisons rouges
  • 1871-1877, Chemin de terre à Watermael en forêt de Soignes. HS, papier collé sur carton (36,5 × 27 cm), musée Rodin (p. 7240).
  • 1871-1877, Crépuscule d'or sur les dunes en forêt de Soignes. HS, papier collé sur carton (27 × 34 cm), musée Rodin (p. 7225).

Gravures[modifier | modifier le code]

  • 1884, Victor Hugo de trois-quarts. Gravure à la pointe sèche, 4e état sur 10 (partie gravée 22,2 × 15 cm), acquis en 1991, musée Rodin (no inv. : G.7750).
  • 1885, Henry Becque. Gravure pointe sèche (22,5 × 16 cm), musée Rodin (no inv. : G.9343).

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • 1887-1888, Les Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire, illustrations d'Auguste Rodin.
  • 1902, Le Jardin des Supplices, d'Octave Mirbeau, illustrations d'Auguste Rodin, Paris, Ambroise Vollard.
  • 1914, Les Cathédrales de France, éditions Armand Colin, illustrations d'Auguste Rodin.

Publication[modifier | modifier le code]

Rodin a fait publier un unique ouvrage, Les Cathédrales de France, avec cent dessins reproduits en fac-similé par Auguste Clot[41],[42].

Musées, monuments[modifier | modifier le code]

Musées Rodin[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1877, Bruxelles: L'Âge d'airain, accusé de modelage sur nature.
  • 1889, galerie Georges Petit, à Paris : « Monet-Rodin ».
  • 1902, du 10 mai au 15 juillet, Prague.
  • 2001, « Rodin en 1900. Le Pavillon de l’Alma », Musée du Luxembourg (Paris). Réplique de l'exposition organisée par Rodin en 1900[44].
  • 2006, de janvier à février : exposition d'une soixantaine de sculptures, bronzes, moulages et dessins originaux de l'artiste à la galerie Brame & Lorenceau[45].
  • 2007, avril à juin : exposition de sculptures, bronzes, moulages et dessins originaux de l’artiste (Vidéo de RTC Liège), château de Waroux près de Liège, en Belgique.
  • 2009 à 2012, d'octobre à octobre, exposition de 62 sculptures originales de l'artiste au Palais des Arts, dans le quartier de Graça, à Salvador/Bahia (Brésil).
  • 2011 : « Rodin. Le plaisir infini du dessin, au musée départemental Matisse, Le Cateau-Cambrésis (59, France).
  • 2013 : « Rodin. La lumière de l'antique », Arles.
  • 2014 : « Carrier-Belleuse, le maître de Rodin », au Musée national du Palais, Compiègne.
  • 2015 : « Rodin-Métamorphoses », du 30 mai au 18 octobre, au musée des beaux-arts de Montréal, la plus grande exposition de Rodin au Canada.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Albert Besnard fit de lui un portrait en 1900 (gravure à l'eau-forte)[46].

Auguste Rodin au musée Grévin

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Plusieurs villes de France ont donné son nom à une rue de leur commune.
  • En 1937, vingt ans après la mort de Rodin, la Poste française émet un timbre-poste [47].
  • En 2001, un ferry de la compagnie française MyFerryLink (anciennement SeaFrance), est baptisé à son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité de la BnF, consultée le 11 juin 2013.
  2. « Rodin et Michel-Ange », Revue de l'art, no 160,‎ , p. 59
  3. « Auguste Rodin. Jeunesse et formation », Musée Rodin
  4. Jeanne Fayard, Auguste Rodin. Naissance d'une vocation, éditions Riveneuve, 2014 (ISBN 978-2-3601-3239-3), [présentation en ligne]
  5. Sandor Kuthy et Judith Cladel, Camille Claudel, Auguste Rodin, Office du Livre, , p. 50
  6. Hélène Pinet, Rodin. Les mains du génie, cf. bibliographie, p. 17.
  7. « Jeunesse et formation », sur musee-rodin.fr
  8. Gustave Coquiot, Rodin à l'Hôtel de Biron et à Meudon, Ollendorff, Paris, 1917, p. 109 [lire en ligne].
  9. Michel Deveaux, Camille Claudel à Montdevergues, Éditions L'Harmattan, , p. 76.
  10. Auguste Rodin, Valérie Pénicaut, Auguste Rodin. Les érotiques, Éditions Sauret, , p. 113
  11. « Les Amis communards de Rodin »
  12. « Après avoir travaillé jusqu'à onze heures avec son secrétaire dans ses appartements de l'hôtel Bristol, Edouard VII est monté en automobile et s'est rendu chez le sculpteur Rodin, à Meudon. L'ambassadeur d'Angleterre l'accompagnait. Le roi a visité l'atelier du maître et l'a interrogé sur l'état de ses travaux. Il eût désiré voir le buste d'une grande dame anglaise, exécuté par Rodin, mais cette pièce était au moulage. » — « Edouard VII chez M. Fallières », Le Petit Parisien, no 11452, 7 mars 1908, p. 2.
  13. « Notice no LH/2779/35 », base Léonore, ministère français de la Culture
  14. Sous le ciel de Rome, Albert Besnard, Éditions de France, Paris, 1925
  15. Gilles Néret, op. cit., p. 92.
  16. Gilles Néret, op. cit.
  17. Bronze, Paris, musée Rodin.
  18. 1880, Bronze, Paris : musée Rodin.
  19. Ses sculptures actuelles exposées sur des socles classiques trahissent son œuvre.
  20. Hélène Pinet, Rodin, les mains du génie, op. cit..
  21. Exposition Rodin « Le plaisir infini du dessin », au musée Matisse, au Cateau-Cambrésis, analyse de l'exposition sur Lintermede.com.
  22. no 130 au catalogue Godefroy de l’œuvre gravé d'Albert Besnard
  23. Ruth Butler, Rodin: The Shape of Genius, Yale University Press, 1996, p. 346 et 544 (en ligne). Marc Toledano, La Polonaise de Rodin, Paris, France-Empire, 1986, 294 p. (ISBN 2704805040).
  24. Carol-Marc Lavrillier, photographie de la Porte de l'enfer, de Rodin, 1958, centrepompidou.fr, consulté en janvier 2014.
  25. Rodin Work From Trade Center Survived, and Vanished, 20 mai 2002.
  26. Musée Rodin, Josef Maratka
  27. Site du musée d'Orsay.
  28. Dossier documentaire « Rodin. La chair, le marbre », musée Rodin, p. 35, dans http://www.musee-rodin.fr/sites/musee/files/editeur/REDUIT_121124_MR_DD_LA%20CHAIR,%20LE%20MARBRE-BD.pdf
  29. Élisabeth Lebon, Dictionnaire des fondeurs de bronze d'art. France, 1890-1950, Perth, Marjon Editions, 2003.
  30. Isabelle Bissière, dossier documentaire, « Rodin. La chair, le marbre », 2013. http://www.museerodin.fr/sites/musee/files/editeur/REDUIT_121124_MR_DD_LA%20CHAIR,%20LE%20MARBRE-BD.pdf
  31. Bourdelle fut l'assistant de Rodin pendant quinze ans, de 1893 à 1912. Il fut en particulier le metteur au point de la sculpture Ève de Rodin, qu'il sculpte sur pierre et du portrait de Rose Beuret. Rodin-Bourdelle. Correspondance (1893-1912), cf. bibliographie.
  32. Sculpteur statuaire suisse (1879-1968), qui après avoir été l'assistant et l'élève de Bourdelle, devient assistant de Rodin, de 1904 à 1908. Rodin-Bourdelle. Correspondance (1893-1912), op. cit.
  33. Il réalisa pour Rodin le monument à Claude Lorrain. Rodin-Bourdelle. Correspondance (1893-1912), op. cit.
  34. Emmanuel Dolivet réalisa, en 1902, la troisième version en marbre du Baiser, présenté à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague.
  35. Il réalise pour Rodin la seconde version du Baiser, en marbre, aujourd'hui à la Tate Modern de Londres, voir http://www.tate.org.uk/art/artworks/rodin-the-kiss-n06228/text-illustrated-companion
  36. Il réalise pour Rodin la première version du Baiser en marbre, aujourd'hui au musée Rodin.
  37. Idem, note 14.
  38. Irène Laksine, « David Laksine, dit “Laxine” (1888-1911) », dans Martine et Bertrand Willot, Alphonse Quizet et ses amis, La Vie d'artiste, 86 p., Dictionnaire des peintres de Montmartre (ISBN 978-2913639058).
  39. Antoinette Le Normand-Romain, « Les Rodin du musée. L'avis du spécialiste », Revue M du Musée des beaux-arts de Montréal,‎ , p. 26 (ISSN 1715-4820)
  40. Source : Jean-Louis Prat, notice no 30 (de l'œuvre L'Orage, de Germaine Richier) du catalogue de la rétrospective Germaine Richier, organisée par la fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, avril-juin 1996 (ISBN 2-900923-13-1).
  41. INHA
  42. BBF Auguste Clot.
  43. Fédération nationale des offices du tourisme et syndicats d'initiative, Aix-les-Bains, office du tourisme.
  44. Site de la Réunion des musées nationaux [lire en ligne].
  45. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/doclvr_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=MATR&VALUE_98=%27Rodin%20Auguste%27&DOM=All.
  46. no 130 au catalogue de Louis Godefroy de l'œuvre gravé du peintre, Paris, 1926.
  47. Voir la fiche du timbre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ruth Butler, La Solitude du génie, Paris, Gallimard, 1998.
  • Judith Cladel, Rodin, sa vie glorieuse, sa vie inconnue, Paris, Éditions Bernard Grasset, 1936.
  • (en) Frederic V. Grunfeld, Rodin, Paris, Fayard, (ISBN 2213022569).
  • Dominique Jarrassé, Rodin. La passion du mouvement, Éditions Pierre Terrail, 2001.
  • Rosalind Krauss, Passages. Une histoire de la sculpture de Rodin à Smithson, Paris, Macula, 1997.
  • Carol-Marc Lavrillier, Rodin. « La Porte de l'enfer », textes de Yann Le Pichon, Lausanne, Éditions Pont Royal (ISBN 2-88260-005-4) ; diffusion Éditions Robert Laffont.
  • Antoinette Le Normand-Romain, Rodin et le bronze, catalogue des œuvres conservées au musée Rodin, Paris, éditions du musée Rodin, Réunion des musées nationaux, 2007, 2 tomes.
  • Antoinette Le Normand-Romain et Christina Buley-Uribe, Dessins et aquarelles, Paris, Hazan, 2006.
  • Raphaël Masson et Véronique Mattiussi, Rodin, Paris, Éditions du musée Rodin, Flammarion, 2004.
  • Gilles Néret, Auguste Rodin, 1840-1917. Sculptures et dessins, Cologne, Taschen, (ISBN 3822887439 et 978-3822887431).
  • Hélène Pinet, Rodin. Les mains du génie, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard. Arts », (ISBN 2070348776 et 978-2070348770).
  • Rainer Maria Rilke, Auguste Rodin, Paris, La Part Commune, 2007.
  • Auguste Rodin, L'Art, entretiens réunis par Paul Gsell, Paris, Grasset, 1999.
  • Auguste Rodin, Éclairs de pensée. Écrits et entretiens, édition établie par Augustin de Butler, Éditions du Sandre, 2008.
  • Leo Steinberg, Le Retour de Rodin, Paris, Macula, (ISBN 2865890295 et 978-2865890293).
  • Rodin-Bourdelle. Correspondance (1893-1912), Gallimard, coll. « Arts et artistes », 2013, 416 p. (ISBN 978-2-07-014009-1).
  • Marc Tolédano, La Polonaise de Rodin, Paris, Éditions France-Empire, (ISBN 2704805040 et 978-2704805044).
  • (en) Dominique Viéville et Aline Magnien, Guide des collections du Musée Rodin, Paris, Éd. du Musée Rodin, (ISBN 9782353770083), p. 256.

Documentaire jeunesse[modifier | modifier le code]

Catalogues d'expositions (classés par ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

  • François Blanchetière et Bénédicte Garnier (dir.), Rodin. Le rêve japonais, Paris, Éditions du musée/Rodin Flammarion, coll. « CATALOGUES D'EX », , 239 p. (ISBN 2081205149 et 978-2081205147).
  • Hélène Pinet (dir.), Rodin et la photographie, Paris, Gallimard Musée Rodin, (ISBN 9782070119097 et 2070119092).
  • Aline Magnien et Maria Lopez Fernandez, Camille Claudel, 1864-1943 : Madrid, Fundación Mapfre, 7/XI/2007-13/I/2008 ; Paris, musée Rodin, 15/IV/2008-20/VII/2008, Paris Madrid, Gallimard Musée Rodin Fundación Mapfre, (ISBN 9782070120413).
  • Aline Magnien, Rodin. La fabrique du portrait, Paris, Skira-Flammarion Musée Rodin, (ISBN 9782081224575).
  • François Blanchetière et William Saadé (directeur), Rodin. Les arts décoratifs, Paris, Éditions du musée Rodin, Alternatives, (ISBN 9782862275994).
  • Christina Buley-Uribe, Auguste Rodin. Eugène Carrière, Flammarion, 2006.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]