Le Bossu

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Le Bossu
Image illustrative de l'article Le Bossu
Page de titre de la première parution en volume (1858).

Auteur Paul Féval
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman historique
Éditeur Bureaux du Siècle
Date de parution 1858
Chronologie

Le Bossu est un roman de cape et d'épée de Paul Féval, initialement publié sous la forme de feuilleton dans le journal Le Siècle du 7 mai au 15 août 1857. Il est considéré comme l'une de ses œuvres les plus marquantes et comme un modèle du genre[1].

L'action, répartie en six parties et soixante-deux chapitres, se déroule en deux temps bien distincts, en 1699 et 1717, principalement en France et notamment à Paris, et met en scène l'histoire du Chevalier Henri de Lagardère.

Outre divers personnages de fiction, on croise dans le roman plusieurs personnages historiques, tels que le Régent Philippe d'Orléans, l'abbé Dubois, le banquier et économiste John Law et même le tsar Pierre le Grand, dont certains se voient, en outre, mêlés à des péripéties romanesques totalement inventées.

Résumé[modifier | modifier le code]

Première partie : Les Maîtres en fait d'armes[modifier | modifier le code]

Lagardère sauve l'enfant de Philippe de Nevers et jure de retrouver son meurtrier.

En 1699, dans la vallée du Louron. Le vieux marquis de Caylus, qui fut jadis courtisan à la cour de Louis XIV, vit dans son château avec sa fille Aurore (Elle s'appelle Blanche au théâtre ou au cinéma[réf. nécessaire]) qu'il destine au puissant Philippe de Gonzague, cousin de Philippe d'Orléans et de Philippe de Nevers. C'est pourtant avec ce dernier qu'Aurore s'est mariée clandestinement et a eu une fille prénommée Aurore. Philippe de Gonzague est l'invité du marquis depuis plusieurs jours et trame, avec l'aide de son fidèle Peyrolles, un complot contre son cousin Nevers. Décidé à l'assassiner, pour s'accaparer sa femme et sa fortune, il a fait recruter une poignée de fines lames et fait porter un mot à son cousin pour l'attirer au château de Caylus. Deux anciens maîtres d'armes, Cocardasse et Passepoil, font partie de cette équipe de mercenaires et vantent, dès qu'ils apprennent le nom de celui qu'ils doivent tuer, sa botte secrète que l'on dit imparable : un seul homme pourrait en venir à bout, le chevalier Henri de Lagardère, qu'ils ont connu à Paris. Le voici d'ailleurs qui arrive, sur la route de l'exil, attendant lui aussi Nevers pour un combat singulier. Écœuré d'apprendre ce que l'on trame à son encontre, Lagardère prend le parti de prévenir son adversaire, et se voit confier Aurore et l'acte de naissance prouvant qu'elle est la fille du duc de Nevers d'Aurore de Caylus. Lagardère et Nevers affrontent seuls, dans l'obscurité, les hommes payés pour tuer le duc. Dans sa grande lâcheté et devant l'habileté des deux hommes à repousser les attaques, Gonzague frappe son cousin de son épée, dans le dos, le laissant pour mort aux pieds de Lagardère qui jure de le venger et parvient à blesser la main de l'assassin. Alors qu'il emporte l'enfant dans ses bras, Lagardère déclare :

« Qui que tu sois, ta main gardera ma marque. Je te reconnaitrai. Et, quand il sera temps, si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! »

Deuxième partie : L'Hôtel de Nevers[modifier | modifier le code]

En 1717, Philippe d'Orléans est Régent du Royaume de France en attendant la majorité de Louis XV et son cousin Philippe de Gonzague est devenu le troisième personnage le plus important de France. Il habite désormais dans l'hôtel de Nevers, à Paris, qu'il transforme presque intégralement en place de commerce, louant à prix d'or des emplacements pour des offices de change. Cocardasse et Passepoil, qui ne s'étaient pas revus depuis l'assassinat de Nevers, se retrouvent par hasard lors d'une énième vente aux enchère d'offices, où le dernier disponible est acheté par un bossu nommé Ésope. Bien que marié à Aurore de Nevers, Gonzague ne peut adresser la parole à celle qui vit recluse dans le souvenir de son mari et de sa fille, ni jouir des biens du défunt. C'est pour cette dernière raison qu'il convoque un conseil de famille et fait entrer celle qu'il prétend être la fille de Nevers - en réalité Dona Cruz, une espagnole qu'il tient au secret. Contre toute attente, Aurore de Nevers assiste au conseil et refuse de reconnaître sa prétendue fille, arguant qu'elle sait où elle se trouve. Quand Gonzague apprend que Lagardère et la fille de son cousin sont à Paris, le bossu prétend l'aider à préparer un enlèvement et parvient à se faire inviter au bal du Régent.

Personnages[modifier | modifier le code]

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

  • Philippe de Nevers : Cousin de Philippe d'Orléans, futur Régent de France, et de Philippe de Gonzague, Philippe de Lorraine, duc de Nevers est décrit comme l'un des « plus brillants serviteurs de la cour de France » et possède une immense fortune faite de nombreux domaines. Âgé de 23 ans lorsque débute le roman[2], il est craint pour un coup d'épée redoutable, la botte de Nevers (une étoile de sang au front de l'adversaire) qu'il inflige en duel à ses assaillants après avoir crié sa devise, J'y suis ! Il a épousé secrètement Aurore de Caylus (dont la famille est ennemie mortelle de la sienne) qui lui a donné une fille, Aurore, confiée à une domestique. Alors qu'il vient soustraire sa fille à la vindicte de son beau-père, il est lâchement assassiné par Gonzague.
    Avec la sauvegarde d'Aurore, ce meurtre sera l'objet principal de la vengeance — et donc des longues aventures du chevalier Henri de Lagardère, le Bossu.
  • Cocardasse&Passepoil
  • Aurore de Caylus

Postérité[modifier | modifier le code]

Les suites[modifier | modifier le code]

Le roman a donné lieu à l'écriture d'une suite, Le Fils de Lagardère, écrite par Paul Féval fils en 1893 avec la collaboration de A. d'Orsay.

Ce fils fort prodigue et polygraphe donnera encore (entre nombre d'autres) : Les Jumeaux de Nevers en 1895, Les Chevauchées de Lagardère en 1909, Le Fils de d'Artagnan en 1914, Mademoiselle de Lagardère en 1929, La Petite-fille du Bossu en 1931, La Jeunesse du Bossu en 1934, œuvre posthume, Paul Féval fils étant mort le 17 mars 1933.

Les Presses de la Cité ont publié, en 1991 (ISBN 2-7028-0712-7) l'édition complète des diverses parties (1380 pages !) dans l'ordre chronologique de l'action romanesque sous le titre : « Le Bossu, le roman de Lagardère » de Paul Féval Père et Fils préfacé par Claude Aziza et complété par un appareil d'annexes chronologiques, historiques, biographiques, bibliographiques et scénographiques.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Vareille, Le roman populaire français, 1789-1914 : idéologies et pratiques, Limoges, PUL, 1994, p. 57.
  2. Le véritable et beaucoup moins flamboyant duc de Nevers (et nullement de Lorraine) était à l'époque Philippe Mancini, neveu de Mazarin, âgé de 58 ans et qui mourra en 1707. Seul le prénom est exact.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Analyses[modifier | modifier le code]

  • René Garguilo, « Le Bossu... Modèle du roman de cape et d'épée », dans Paul Féval, romancier populaire, colloque de Rennes, 1987, Rennes, PUR, 1993, p. 115-124.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]