Nicole Croisille

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Nicole Croisille
Surnom Tuesday Jackson
Naissance (79 ans)
Neuilly-sur-Seine
Activité principale Chanteuse
Activités annexes Actrice
Genre musical Chanson française, comédie musicale
Années actives depuis 1950
Labels Fontana, Disc'AZ, La Compagnie, Butterfly, Tréma, Spot, Gérard Tournier, Panda, Pathé, RCA, WEA, CY Records, Wagram, Panda, MVS

Nicole Croisille est une chanteuse, danseuse et actrice française, née le à Neuilly-sur-Seine. Danseuse à la Comédie-Française, Nicole Croisille a été tour à tour mime avec Marcel Marceau, meneuse de revue, actrice de théâtre, de cinéma et de comédie musicale, mais c'est surtout dans la chanson qu'elle s'est illustrée auprès du grand public. Après avoir commencé à chanter dans les caves de Saint-Germain-des-Prés et dans les clubs de Chicago, Nicole Croisille a connu un succès fulgurant en 1966 avec Un homme et une femme, la chanson du film Un homme et une femme de Claude Lelouch. Elle s'est ensuite affirmée comme l'une des grandes chanteuses françaises des années 1970 avec des titres comme Une femme avec toi ou Téléphone-moi. Ces succès ont largement mis en valeur sa voix profonde et puissante et ses capacités d'interprétation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Nicole Croisille nait en 1936 à Neuilly-sur-Seine d'un père directeur d'agence de tourisme et d'une mère pianiste. Elle est attirée très tôt par la scène et elle montre des dispositions pour le chant et la danse. Elle est danseuse à l'Opéra de Paris dès l'âge de huit ans. Néanmoins, son père ne veut pas que sa fille devienne une artiste professionnelle, et il refuse qu'elle se présente au concours des petits rats. Nicole Croisille délaisse son rêve de devenir danseuse classique et prend des cours de dactylographie pendant son adolescence. En parallèle, elle suit toutefois les classes de la Comédie-Française et elle intègre le ballet de la compagnie[1].

Débuts[modifier | modifier le code]

Pendant les années 1950, Nicole Croisille suit les cours de Marcel Marceau et devient mime ; en 1957, elle effectue une première tournée en Amérique du Sud. Déjà fascinée par le jazz, elle découvre les États-Unis en 1960, lors d'une autre tournée en compagnie du mime Marceau. Elle assiste à des concerts dans des clubs de Chicago et, aidée par ses aptitudes en anglais, elle accompagne parfois des musiciens au chant [1].

En France, Nicole Croisille poursuit sa carrière de danseuse et participe à la revue de Joséphine Baker ainsi qu'à des représentations du Bourgeois gentilhomme. Elle joue aussi dans la comédie musicale L'Apprenti fakir avec Jean Marais, une pièce avant-gardiste qui s'arrête après un mois d'exploitation seulement[1]. En 1961, elle est assistante chorégraphe dans le spectacle Jour de fête à l'Olympia monté par Bruno Coquatrix et Jacques Tati à l'occasion de la sortie du film Jour de Fête dans sa première version colorisée. Nicole Croisille chante également en amateur dans les caves de Saint-Germain-des-Prés à la même époque[1].

Nicole Croisille acquiert une certaine notoriété au début des années 1960, avec la sortie de ses premiers disques. Elle interprète notamment une reprise de Halleluya, I Love Her So de Ray Charles, et Nous les amoureux, chanson présentée par Jean-Claude Pascal à l'Eurovision pour le Luxembourg. En 1961, elle fait la première partie de Jacques Brel à l'Olympia[1]. Cette même année, elle fait la connaissance de Claude Nougaro qui devient son ami et qui souhaite lui écrire des chansons. Face au succès qu'il rencontre avec ses albums en solo, il abandonne toutefois ce projet[2]. Néanmoins, en cette époque où la mode est aux chanteurs dit « Yéyé », Nicole Croisille ne trouve pas encore sa place auprès du public[1].

Nicole Croisille retourne aux États-Unis, en 1964, pour y travailler en tant que meneuse de revue. Elle présente ainsi plusieurs tableaux d'un spectacle des Folies bergères à Broadway. Elle reste un an à New York[1].

Succès dans la chanson[modifier | modifier le code]

À son retour des États-Unis en 1966, Nicole Croisille connaît un succès planétaire avec la chanson du film Un homme et une femme de Claude Lelouch. Cette chanson, souvent titrée Chabada bien que ce mot ne figure pas dans les paroles, est composée par Francis Lai et interprétée en duo avec Pierre Barouh[1]. C'est la première chanson française à devenir disque d'or aux États-Unis, avec des ventes représentant plus d'un million de dollars[3]. Nicole Croisille retrouve ensuite le réalisateur et le compositeur pour d'autres films : Vivre pour vivre en 1968 et Itinéraire d'un enfant gâté en 1988[1].

En 1968, la chanteuse prend un pseudonyme éphémère, Tuesday Jackson, pour interpréter la chanson I'll never leave you du film Les Jeunes Loups de Marcel Carné[1]. Dans les années 1960, elle est l'une des deux voix de Anna livia plurabelle, jazz cantata d'André Hodeir, adaptée de Finnegans Wake de James Joyce, enregistrement auquel participèrent des musiciens de la scène jazz française comme Pierre Michelot, Michel Portal, Bernard Lubat, Jean-Luc Ponty et bien d'autres. En 1970, elle est sur la scène du théâtre de la Porte-Saint-Martin dans la comédie musicale La Neige en été aux côtés de Mouloudji et Régine.

Il faut toutefois attendre les années 1970 pour que Nicole Croisille retrouve un succès aussi important qu'en 1966. La chanteuse, alors âgée d'une quarantaine d'années, trouve enfin un répertoire taillé sur mesure pour sa voix[1] lorsqu'elle signe avec le producteur Claude Dejacques et l'éditeur Claude Pascal. Ses principaux compositeurs, Francis Lai, Jean-Pierre Lang, Pierre Grosz, Jean Musy et Laurence Matalon, lui assurent une suite de grands succès au fil des années 1970, avec des titres comme Parlez-moi de lui (Il ne pense qu'à toi) en 1973, et Une femme avec toi et Téléphone-moi en 1975, mais aussi Avec le soleil sur la peau en 1973, La vie facile et L'été en 1974, L'amour, l'amour et Je ne suis que de l'amour en 1975, Emma (Je m'appelle Emma), J'ai besoin de toi, j'ai besoin de lui et C'est comme un arc-en-ciel en 1976, Si l'on pouvait choisir sa vie en 1977, La Garonne et Fané, fini, foutu en 1978, Je n'ai pas dit mon dernier mot d'amour et Dansez pour moi en 1979

Nicole Croisille présente son premier spectacle en vedette à l'Olympia en 1976 et elle y retourne deux ans plus tard.

Au cours des années 1980, malgré le succès avec sa reprise du Blues du businessman en 1985, elle se tourne vers ses genres préférés : les musiques noires-américaines, et notamment le jazz, ainsi que le métissage musical en général. Tout comme Nicoletta à qui elle peut être comparée pour son timbre profond et ses influences noires-américaines, Nicole Croisille reste tributaire des compositeurs puisqu'elle n'écrit ni ne compose, ce qui fragilise sa carrière musicale. Aussi, après sa reprise elle ne connaît plus de grand succès dans la chanson[1]. Les compositeurs privilégient les chanteurs plus jeunes de leur propre génération[4]. Elle reprend le chemin de la comédie, en participant à plusieurs pièces de boulevard ainsi qu'à quelques films, téléfilms et séries télévisées.

En 1983, elle quitte momentanément la France pour le Québec où elle enregistre un disque[1].

En 1984, elle publie l'album Nicole Croisille chante Francis Lai - Cinéma, en hommage à son ami Francis Lai. Fin 1985, elle participe, avec un groupe de vingt-quatre femmes, à l'enregistrement d'une chanson pour l'association caritative CARE France. La Chanson de la vie est commercialisée début 1986. On peut aussi la voir dans Itinéraire d'un enfant gâté de Claude Lelouch, sorti en 1988, dans lequel elle interprète Qui me dira.

En 2003, Nicole Croisille est à l'Olympia lors du festival de la Rose d'Or en compagnie de Gérard Blanc, Dave, Alice Dona, Jacqueline Dulac, Esther Galil, Francis Lalanne, Herbert Léonard, Gilbert Montagné, Julie Pietri, Stone et Charden.

En 2004, elle revient à l'Olympia, lors du festival de la Rose d'Or, en compagnie de Daniel Guichard, Jeane Manson, Michel Mallory, Julie Piétri, Jacqueline Dulac, Audrey Valorzi, Esther Galil, Yves Lecoq, Christian Delagrange et Gilles Dreu. Elle travaille également avec le musicien André Manoukian, auteur-compositeur, arrangeur et membre du jury de La Nouvelle Star,. En 2006, au théâtre de Dix heures, dans le spectacle Nougaro, le jazz et moi, elle reprend, outre quelques chansons de son répertoire, des standards de jazz, et surtout les plus grandes chansons de Claude Nougaro. Elle reprend le spectacle en tournée en province puis au Grand Rex à Paris. Un album-homonyme sort par la suite.

Elle enregistre en 2008, en collaboration avec le compositeur Daniel Mercure, un nouveau disque Bossa d'hiver. Au cours des années 2010, Nicole Croisille décide de se consacrer à la comédie musicale.

Le 7, 8 et 9 octobre 2011, Nicole donne une série de concerts à l'Alhambra à Paris où elle revient le 22 janvier 2012.

En septembre 2013, elle est en concert avec 450 choristes à Saint-Gervais en (Gironde). Elle se produit au Casino de Paris le 13 octobre 2014.

Diversification[modifier | modifier le code]

En 1998, elle joue dans Deux mamans pour Noël le rôle d'une chanteuse confrontée à la détresse d'un homme (Antoine Duléry) qui recherche sa mère.

En 2005, Nicole participe à la saga de l'été Dolmen où elle campe le rôle d'Yvonne Le Bihan, patronne de la faïencerie de Ty Kern et excellente mégère qui cache de gros secrets…

Elle participe au jeu télévisé Le Grand Tournoi de l'Histoire sur France 3, le 26 décembre 2006 : elle fait alors partie de la catégorie Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Le 15 décembre 2010, elle est faite chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur par Frédéric Mitterrand.

Le 25 juillet 2011, celle-ci participe à une célébration en hommage à Denise Filiatrault au Festival Juste pour rire de Montréal.

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

  • 1971 : Climats, 33 tours compilation, Butterfly
  • 1973 : Ses grands succès, vol. 1, 33 tours compilation, Musidisc
  • 1974 : Ses grands succès, vol. 2, 33 tours compilation, réédité en CD en 1992, également sorti sous la forme d'un album double
  • 1980 : Compilation Disque d'or, 33 tours, EMI
  • 1986 : Nicole Croisille, les plus belles chansons, Éditions 23
  • 1988 : Nicole Croisille, ses plus belles chansons, CD compilation, Melody
  • 1991 : Les Plus Grands Succès de Nicole Croisille, CD, Carrère
  • 1992 : Super Croisille, triple CD compillation, Flarenash
  • 2001 : De vous à moi, CD et long box 4 CD, ULM
  • 2003 : Nicole Croisille, CD compilation, Wagram
  • 2003 : Collection Légende, CD, Wagram

En public[modifier | modifier le code]

  • 1976 : Olympia 76 (en public), 33 tours, Panda
  • 1978 : Olympia 78, 33 tours, Panda
  • 1981 : Nicole Croisille au Théâtre des Champs-Elysées, double 33 tours en public, RCA
  • 1997 : Une femme, CD en public, BMG

Bandes originales de film[modifier | modifier le code]

  • 1966 : Un homme et une femme (BO), 33 tours, AZ
  • 1967 : Vivre pour vivre (BO), 33 tours, AZ
  • 1978[Lien à corriger] : Peter et Elliott le dragon (Pete's Dragon, doublage français) Voix de Nora & chansons :
    • Comme un petit point de lumière (Candle on the water, générique d'ouverture)
    • 'Un dragon ! (I Saw a Dragon) - Lampie, Nora et chœur'
    • 'Ce n'est pas rien (It's not Easy) - Peter et Nora'
    • 'Y'a du bonheur (There's Room for Everyone) - Nora, Peter et chœur'
    • 'Belle Journée (Brazzle Dazzle Day) - Nora, Peter et Lampie'
    • 'Un acte de vente (Bill of Sale) - Lena Gogan, Nora'
    • 'Un dragon ! (reprise) - Lampie, Nora et chœur'
    • 'Belle Journée (reprise) - Nora, Peter et Lampie.'
  • 1981 : Les Uns et les Autres (BO), double 33 tours, RCA
  • 1987 : Itinéraire d'un enfant gâté (BO), Pathé
  • 1990 : Il y a des jours... et des lunes (BO) CD, CBS

Théâtre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Pédagogie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m « Nicole Croisille », RFI Musique,‎
  2. « Nicole Croisille fait revivre Nougaro », La Dépêche du Midi,‎
  3. Billboard, , p. 62
  4. Michel Drucker, Hors antenne: Conversation avec Maurice Achard, Calmann-Lévy, (ISBN 9782702151532)
  5. [1] - "Entre comédies musicales, musiques de films et tournées, Madame Croisille trouve encore le temps d'être la marraine -active- du Centre des Arts Vivants : une vie qui swingue !" SantéPlant.fr, 19 décembre 2001

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]