Michel Cournot

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Michel Cournot, né le à Paris et mort le à Paris, est un écrivain, journaliste, critique cinématographique et réalisateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né de père à la fois professeur et ingénieur et d’une mère au foyer, il est élève au lycée Louis-le-Grand avant de poursuivre ses études à la faculté de lettres de Paris. Il est issu d'une fratrie de 8[1].

En novembre 1940, il participe à la manifestation en faveur du général de Gaulle et se retrouve incarcéré pendant plusieurs semaines. Puis à sa sortie il suit des études de lettres, et enseigne le latin et le grec à l'École alsacienne entre 1943 et 1944. Il est ensuite rédacteur d'ordonnances au ministère de l'agriculture et à la Compagnie générale transatlantique[1].

Après une rencontre avec Pierre Lazareff, Michel Cournot entame sa carrière journalistique à France-Soir où il revient après un passage à L'Express. Il est aussi documentariste avec Le Premier Spectateur, making-of du film Les Espions[2].

Dès le lancement du journal en 1964, il entre au Nouvel Observateur comme critique cinématographique. En concurrence avec Robert Benayoun, ancien de France Observateur et soutenu par André Breton, il est choisi grâce à l’intercession d’Henri Michaux auprès de Jean Daniel.

Il réalise en 1968 le film Les Gauloises bleues où il impose, dans le premier rôle, son épouse l'actrice Nella Bielski, alors que la production préfère Annie Girardot, plus connue, et sur le nom de qui il est plus facile de financer un film[3]. Le film est pris en sélection officielle au festival de Cannes 1968. Il est soutenu par Gilles Jacob, à l'époque critique de cinéma, qui a pu le voir avant le festival et qui titre en une des Nouvelles littéraires  : « L'Année Cournot. » Mais le festival est définitivement interrompu par les événements de Mai 68 avant que Les Gauloises bleues ait été projeté[3]. Quelques mois plus tard, à sa sortie, Les Gauloises bleues remporte un maigre succès d'estime mais n'obtient aucun succès commercial. Le film est accueilli par des moqueries, comme en témoigne par exemple l'article du Canard enchaîné avec son titre « Les Gauloises bleues… fumeuses » ; certains auteurs de cinéma, notamment Michel Audiard qu'il attaquait en tant que critique, ne se privent pas de le tourner en dérision[4]. Le film, à l'image soignée, témoigne pourtant d'une grande poésie, dans la veine de jeunes cinéastes de l'époque, comme Philippe Garrel[5].

Michel Cournot passe en 1969 aux rubriques littéraires du Nouvel Observateur où, comme Mona Ozouf, Claude Roy ou France Huser, il est en adéquation avec les jugements de Jean Daniel en ce domaine. Pour ce dernier, son « style insolite et limpide exprime toujours une idée inattendue » dans des articles qui sont autant de « chefs-d’œuvre d’honnêteté, de culture, de discernement ».[réf. souhaitée]

Il soulève l’admiration autant que l’indignation du lectorat par le caractère très tranchant dans ces jugements de ces critiques cinématographiques. Personnage « insupportable de prétention intellectuelle, d’arrogance et de violence dans ses jugements », il apparaît alors avec Maurice Clavel comme la véritable star du journal, arbitre du bon goût cinématographique pour les uns et « clown absolu[6] » pour les autres. Gilles Jacob le décrit comme un critique d'une grande liberté, aimant la poésie et la Russie, et n'hésitant pas à revenir plusieurs fois sur des cinéastes dont il appréciait l'œuvre, tels que Jean-Luc Godard, Claude Lelouch ou José Varela[3]. Il écrit qu'il a « inventé un style de journalisme moderne, fait de mots simples et d'expressions familières, d'allusions à tout ce qui lui traversait la tête, le poisson rouge de sa concierge, une cascade dans la montagne ou une jeune fille en robe claire dans un bois de bouleaux. L'émotion passait[3]. »

Il quitte Le Nouvel Observateur en 1973 pour une place de critique dramatique au Monde[5].

Michel Cournot est mort en des suites d'un cancer[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Martinique, Collection Métamorphoses, Gallimard, 1949
  • Le Premier Spectateur, Gallimard, 1957, Prix des Deux Magots 1958
  • Les Enfants de la justice, Gallimard, 1959
  • Histoire de vivre, Paris, Maeght, (ISBN 2869412452)
  • Au cinéma, Leo Scheer, 2003
  • De livre en livre, Gallimard, 2012

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Brigitte Salino, « Michel Cournot, critique et écrivain », sur Lemonde.fr,‎ (consulté le 20 juin 2016)
  2. « La mort de Michel Cournot », sur Nouvelobs.com,‎ (consulté le 20 juin 2016)
  3. a, b, c et d Gilles Jacob, La Vie passera comme un rêve, Robert Laffont, , 385 p., p. 139-141
  4. Audiard par Audiard, éditions René Chateau.
  5. a, b et c Mathilde la Bardonnie, « Gournot. Calme bleu. », sur Liberation.fr,‎ (consulté le 20 juin 2016)
  6. Entretien de Bernard Guetta avec François Kraus le 25 mai 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]