Jean-Louis Barrault

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Jean-Louis Barrault
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean-Louis Barrault en 1952.
Naissance
Vésinet, Yvelines
Nationalité Drapeau de la France France
Décès (à 83 ans)
Paris
Profession comédien, metteur en scène
Films notables

Drôle de drame (1937)

Les Enfants du paradis (1945)

Jean-Louis Barrault, né le au Vésinet, dans les Yvelines, et mort le à Paris, est un comédien, metteur en scène et directeur de théâtre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève du Lycée Chaptal, Jean-Louis Barrault est d'abord élève de Charles Dullin et acteur de sa troupe de 1933 à 1935. À vingt-cinq ans, sa rencontre avec Étienne Decroux le pousse à se passionner pour le mime.

Carrière[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Barrault, Madeleine Renaud

Théâtre[modifier | modifier le code]

Grenier des Augustins[modifier | modifier le code]

De 1932 à 1936 Barrault anime le "Grenier des Augustins", studio et troupe expérimentale qui travaille dans le grenier du bâtiment sis au numéro 7 de la rue des Grands Augustins, près des quais de la Seine dans le quartier de Saint Germain des Prés. Ce bâtiment du XVIIe siècle avait été l'hôtel particulier de la maison de Savoie, fut ensuite subdivisé, tomba en décrépitude, et hébergeait depuis le 19e siècle des ateliers d'artistes. Balzac y situa l’atelier du peintre de sa nouvelle Le Chef-d’œuvre inconnu, et Pablo Picasso y installa son atelier de 1937 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, et c'est là qu'il produisit son célèbre tableau Guernica. Barrault y vécut de 1932 à 1936[1].

Au temps de Barrault, le numéro 7 abritait au rez-de-chaussée une salle syndicale, au 1er étage un atelier de tissage, et au grenier (troisième étage) un studio d'artistes. Le grenier avait été loué par Jean-Louis Barrault, qui avait transformé ses trois grandes salles en une salle de théâtre, une salle d'habitation commune, et un modeste studio pour lui-même. La salle principale était vaste, mesurant 12 mètres de long sur 8 de large, avec un haut plafond traversé par d'anciennes poutres en bois[2]. Picasso dira plus tard que cette salle lui rappelait un navire, avec des passerelles, une cale et une quille - une référence aux poutres anciennes qui en composaient la charpente[3]. Barrault y hébergea en 1932 le Groupe Octobre de Jacques Prévert, et depuis ce temps la grande salle servait à des représentations artistiques, dans une atmosphère assez bohémienne, comme l'a rapporté Prévert: "On montait des spectacles, et un tas de gens venaient. Aussi bien des gens qui faisaient du théâtre que d’autres... qui ne foutaient pas grand-chose. Et quelqu’un venait lire une pièce, ou des choses de ce genre... C’était un endroit très agréable et Barrault en a gardé davantage même que le souvenir, par exemple."[4] S’y tinrent aussi en 1936 plusieurs réunions du mouvement « Contre-attaque » dirigé par Georges Bataille avec André Breton, dont une cérémonie pour commémorer la décollation de Louis XVI.[1]

À côté de la grande salle, le «dortoir», une longue salle mince mesurant 14 x 4 mètres, hébergeait un assortiment de personnages transitoires qui y dormaient, mangeaient et y faisaient leurs besoins. Enfin, la troisième pièce, mesurant 8 x 4 mètres, était le studio privé de Barrault.

Autres projets[modifier | modifier le code]

Barrault entre à la Comédie-Française en 1940 et en devient le 408e sociétaire le . Il y met en scène Le Soulier de satin et Phèdre, deux pièces qui assureront sa célébrité. Il démissionnera le .

En 1946, il fonde avec sa femme Madeleine Renaud la Compagnie Renaud-Barrault et s'installe pour dix ans au Théâtre Marigny. Ils engagent André Brunot, Pierre Bertin, Catherine Fonteney, Georges Le Roy, Jean Desailly, Jacques Dacqmine, qui viennent de la Comédie-Française, ainsi que Marie-Hélène Dasté, Régis Outin, Pierre Renoir, Simone Valère, Jacqueline Bouvier-Pagnol, Gabriel Cattand, Jean-Pierre Granval, et les musiciens Pierre Boulez et Maurice Jarre. En 1954, il emménage dans le théâtre le Petit Marigny.

Avec André Frank, il crée en 1953 la revue les Cahiers Renaud Barrault, publiés aux Éditions Julliard, puis chez Gallimard.

En 1958, il fonde le « Nouveau Cartel » avec André Barsacq, Jean Mercure et Raymond Rouleau.

En 1959, il se voit confier par André Malraux le Théâtre de l'Odéon, qui devient L'Odéon-Théâtre de France, et dont il est le directeur. Jean-Louis Barrault y manifeste un éclectisme qui pourra lui être reproché : il monte les grandes œuvres du répertoire classique (Racine, Shakespeare), mais crée aussi des pièces contemporaines : Rhinocéros de Eugène Ionesco en 1960, Oh les beaux jours de Samuel Beckett en 1963 [5], Des journées entières dans les arbres de Marguerite Duras en 1965, Les Paravents de Jean Genet en 1966 (cette pièce, créée peu après fin de la guerre d'Algérie, fait scandale). Il continue aussi à populariser le théâtre de Paul Claudel.

En , il ouvre le théâtre de l'Odéon aux étudiants, qui l'occupent pendant plus d'un mois. André Malraux ne le lui pardonne pas, et Barrault doit quitter l'Odéon. Il installe sa compagnie dans une salle de catch, l'Élysée Montmartre, puis dans la Gare d'Orsay [6], qu'il aménage en Théâtre d'Orsay et présente dans Italiques[7], et enfin au Théâtre du Rond-Point. Jean-Louis Barrault y signe des créations originales à partir de sa lecture des grands auteurs (Rabelais, Ainsi parlait Zarathoustra, Zadig).

Cinéma[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Barrault a été aussi un très grand acteur de cinéma.

1937 : Dans Drôle de drame de Marcel Carné, il joue le rôle de William Kramps, tueur de bouchers.

1944 : Dans Les Enfants du paradisde Marcel Carné, son interprétation inoubliable de Baptiste-Debureau, popularise son génie du mime.

1961 : Dans Le Testament du docteur Cordelier de Jean Renoir, il joue le double rôle du docteur et d'Opale.

1964 : Dans La Grande Frousse de Jean-Pierre Mocky (titre initial), d'après le roman La Cité de l'Indicible Peur de Jean Ray sorti en 1943. Puis le film est rebaptisé en 1972 du titre du roman éponyme dont il inspiré, selon la volonté du réalisateur. Jean-Louis Barrault y joue le rôle de M. Douve, employé de mairie ; personnage qui s'avèrera porter un autre rôle sous-jacent d'importance, ce qui démultiplie l'intérêt et la réussite du jeu de Jean-Louis Barrault, dans sa justesse et sa pertinence.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Barrault a été l'époux de Madeleine Renaud. Ils sont inhumés ensemble au Cimetière de Passy à Paris. Il était en outre l'oncle de Marie-Christine Barrault.

De 1940 à 1994, il vit avec Madeleine Renaud au 18 avenue du Président-Wilson (16e arrondissement de Paris). Une plaque leur rend hommage.

Conception du théâtre[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Barrault s'est toujours résolument installé dans le présent. Le théâtre est pour lui un art total, proche de la vie, qui fait au spectateur le cadeau de ces instants à saisir, dans l'immédiateté de l'émotion. La vie s'exprime d'abord par le langage du corps, qu'il a découvert grâce au mime ; Barrault se veut le disciple d'Antonin Artaud.

Théâtre : Comédien[modifier | modifier le code]

Théâtre de l'Atelier
Comédie-Française
Théâtre Marigny
Théâtre Sarah Bernhardt
  • Tournée aux États-Unis et Canada
Théâtre du Palais-Royal
Odéon-Théâtre de France
Élysée Montmartre

Théâtre : Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Comédie-Française (1940-1946)[modifier | modifier le code]

Théâtre Marigny (1946-1956)[modifier | modifier le code]

Étranger, Festivals[modifier | modifier le code]

Théâtre Sarah Bernhardt (1957)[modifier | modifier le code]

Théâtre du Palais-Royal (1958-1959)[modifier | modifier le code]

Odéon-Théâtre de France (1959-1968)[modifier | modifier le code]

Saison 1959-1960
Saison 1960-1961
Saison 1961-1962
Saison 1962-1963
Saison 1963-1964
Saison 1964-1965
Saison 1965-1966
Saison 1966-1967
Saison 1967-1968

Élysée Montmartre[modifier | modifier le code]

Théâtre d'Orsay (1972-1981)[modifier | modifier le code]

Théâtre Renaud-Barrault (1981-1991)[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Réflexions sur le théâtre, J. Vautrain éditeur, 1949
  • A propos de Shakespeare et du théâtre, Éditions de la Parade, 1949
  • Phèdre, mise en scène et commentaires, Éditions du Seuil, 1946
  • Journal de bord : Japon, Israël, Grèce, Yougoslavie, R. Julliard, 1961
  • Le Phénomène théâtral, Clarendon press, 1961
  • Je suis un homme de théâtre, Éditions du Conquistador, 1955
  • Nouvelles réflexions sur le théâtre, préface d'Armand Salacrou, Flammarion, 1959
  • Souvenirs pour demain, Éditions du Seuil, 1972
  • Correspondance Paul Claudel - Jean-Louis Barrault, Gallimard, 1974
  • Comme je le pense, Gallimard, 1975
  • Saisir le présent, avec la collaboration de Madeleine Renaud, Robert Laffont, 1984

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Prix, récompenses et hommages[modifier | modifier le code]

Inauguration de la place Jean-Louis Barrault à Tournus, le 17 janvier 2013.
  • 1979 : Prix Plaisir du théâtre
  • 2013 : la ville de Tournus, à laquelle la famille Barrault est liée depuis le XVIIIe siècle, a inauguré le 17 janvier une place Jean-Louis Barrault, en présence de la nièce de l'acteur, Marie-Christine Barrault, et des frère et neveu de celle-ci.
  • Novembre 2014 : Mémorandum Théâtral en hommage à Jean-Louis Barrault au Théâtre Le Proscenium (Paris 11°), écrit et interprété par Marie Den Baës.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.la-croix.com/Culture/Actualite/Coups-de-theatre-au-Grenier-des-Grands-Augustins-ancien-atelier-de-Picasso-2013-07-12-985387
  2. J.-L. Barrault, Souvenirs pour demain, Paris: Éditions du Seuil, 1972.
  3. Brassai, Conversations avec Picasso, Gallimard.
  4. Jacques Prévert, “Prévert sur le Grenier des Augustins”, vidéo filmée le 14 janvier 1967, consultable sur www.ina.fr.
  5. Mise en scène de Roger Blin. Le rôle de Winnie restera comme l'un des plus célèbres de Madeleine Renaud
  6. l'actuel musée d'Orsay
  7. À l'occasion de la présentation des pièces Le Suicidaire et Ainsi parlait Zaratoustra, Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 26 avril 1974
  8. Vagabonds imaginaires sur EncycloCiné

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antonin Artaud, Lettres à Jean-Louis Barrault, Bordas, 1952
  • André Frank, Jean-Louis Barrault, Éditions Seghers, Collection Théâtre de tous les temps, 1971
  • Christian Genty, Histoire du Théâtre national de l'Odéon : journal de bord, 1782-1982, Éditions Fischbacher, 1982
  • Gérard Bonal, Les Renaud-Barraud, Éditions du Seuil, 2000.
  • Paul-Louis Mignon, Jean-Louis Barrault, Éditions du Rocher, 2003

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]