Pierre Brisson

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Pierre Brisson
Biographie
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Pierre Anatole François BrissonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Pierre Brisson (5 juin 1896 - 30 décembre 1964) est un journaliste et directeur du Figaro.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Brisson est petit-fils de l'éditeur de presse Jules Brisson, et le fils d'Adolphe Brisson (journaliste et écrivain) et de Madeleine Brisson (Yvonne Sarcey) et le petit-fils de Francisque Sarcey (critique de théâtre). Il était l'époux de l'actrice Yolande Laffon.

Il est un temps directeur pour Les Annales politiques et littéraires, après la mort de son père en 1925.

Après avoir été chef des pages littéraires du journal Le Figaro, il en prend la tête puis saborde le journal en novembre 1942 lorsque les Allemands occupent la zone libre.

A Lyon où le journal se « replia », il vit passer Jérôme et Jean Tharaud, Paul Valéry, Jean Giraudoux, et un jour la toute récente veuve d'Henri Bergson qui fuyait Paris ; selon son collaborateur Vladimir d'Ormesson, Brisson assura le départ de la vieille dame pour la Suisse.

Ayant repris la direction du Figaro à la Libération, Brisson imprima au journal ses convictions : anticommunisme, défense de la démocratie parlementaire, réconciliation avec l'Allemagne, unité européenne, alliance atlantique[1]. Ces convictions font préférer Le Figaro au Monde pour Raymond Aron qui rejoint Brisson en 1947. Dès 1934 pour François Mauriac et André Siegfried et plus tardivement André Gide, collaboreront au Figaro de Pierre Brisson, qui représente une sorte d'âge d'or du journal.

Sous la IVe République, Brisson exerce une importante influence sur la classe politique; par delà son anticommunisme, il combat farouchement le RPF de Charles de Gaulle et n'admet la décolonisation de l'Algérie qu'en 1960[2]. Néanmoins, converti aux idées des partisans de l'indépendance du Maroc par un petit frère de Jésus, Patrice Blacque-Belair[3], fils de son ancienne maîtresse, il publie un article retentissant de François Mauriac le 13 janvier 1953[4], et envoie des journalistes enquêter sur place, ce qui ne plaira pas aux abonnés du Figaro et provoquera une vive réaction du maréchal Juin en pleine séance de l'Académie française[5].

Au Figaro, il s'oppose à l'actionnaire principal, Yvonne Cotnareanu, sur la gestion du journal, formulant sa position : « en accord avec le capital, mais indépendant de lui[6] ». Pour régler le conflit, il fait voter une mesure législative taillée sur mesure : l'article 2 de la loi du 28 février 1947, dite Lex brissonis[7] qui précise en substance que demeurent sans effet tous les actes qui porteraient atteinte aux droits de ceux qui détiennent une autorisation de faire paraître un journal et en assurent la direction et la rédaction[8].

Il meurt des suites d'un accident vasculaire cérébral en 1964[9].

En tant qu'écrivain, Pierre Brisson appréciait beaucoup le genre du roman à clés, qui lui permettait de régler commodément ses comptes sans danger de procès et faisait rire les initiés. C'est le cas pour Le Lierre ou Les Lunettes vertes. Dans le premier, il prend pour cible le ménage formé par Misia Sert et son dernier mari, José Maria Sert. Misia est la tante de la maîtresse de Brisson, Mimi Blacque-Belair, née Godebska. Autant il restera attaché à cette dernière jusqu'à sa mort, autant il déteste la tante et son mari dont il dresse un portrait-charge absolument féroce[10]. Dans Les Lunettes vertes, c'est André Maurois et sa femme Simone qu'il vise. Dominique Bona écrit à propos de cette dernière : « Pour Brisson, elle serait une perverse, qui trouverait une compensation au bonheur qu'elle n'a pas dans la destruction de l'amour des autres [11]». Il est vrai qu'elle nourrit pour Brisson un béguin non payé de retour[12], qui peut la rendre vindicative. Il écrit donc qu'elle est méchante, c'est sa fonction, elle se donne même un mal inouï, elle astique ses perfidies comme une batterie de cuisine[13]. Quant à Maurois, Brisson a un compte à régler avec lui depuis qu'il a refusé d'intervenir auprès de son beau-père, Maurice Pouquet[14], qui avait reçu en quarante une procuration des Cotnareanu pour gérer le Figaro et avec lequel il a été en procès[15]. Il traite du coup Maurois dans le roman de clergyman défroqué, sans doute en raison de son anglophilie. Il a eu l'audace d'en envoyer un exemplaire à ce dernier, lequel l'a visiblement passé à sa femme[16].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Vingt ans de Figaro 1938 - 1958
  • Au hasard des soirées;
  • Du meilleur au pire;
  • Molière sa vie dans ses œuvres;
  • Les Deux Visages de Racine;
  • Tchékov et sa vie;
  • Autre Temps;
  • Sycorax;
  • Les Lunettes vertes;
  • Le Lierre;
  • Le Théâtre des années folles;
  • Propos de Théâtre

Hommages[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Raymond Aron, in Mémoires, éd.1983 p.301 et 307
  2. Raymond Aron, in Mémoires, éd.1983 p.301
  3. Charles-André Julien, Le Maroc face aux impérialismes, p. 265
  4. La vocation des chrétiens dans l'Union française
  5. Réponse de Mauriac dans le Figaro du 30 juin : Le Coup de bâton étoilé
  6. rapporté par Raymond Aron, in Mémoires, éd.1983 p.305
  7. Patrick Eveno. Histoire du journal "Le Monde" 1944-2004. Albin Michel, 2004, p. 103.
  8. Loi n°47-345 du 28 février 1947 portant suppression de l'autorisation préalable de faire paraître un journal ou écrit périodique. JORF du 1er mars 1947, p. 1904.
  9. https://books.google.com/books?id=ak6Gt3LeGm0C
  10. Philippe Champy, Les Blacque-Belair, p. 104 à 108
  11. Dominique Bona, Il n'y a qu'un amour, p. 471
  12. Dominique Bona, op. cit., p. 200
  13. Les Lunettes vertes, p. 23
  14. Rappelons que Jeanne de Caillavet avait épousé en deuxièmes noces son cousin Maurice Pouquet
  15. Philippe Champy, op. cit., p. 120-121
  16. Philippe Champy, op. cit., p. 120. L'exemplaire en question est dans le fonds Maurois de l'Institut