Adolphe Garrigou

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Adolphe Garrigou
Alias
Le patriarche du Sabarthez
Naissance
Tarascon-sur-Ariège
Décès 1893
Tarascon-sur-Ariège
Nationalité française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession
Autres activités
maire de Tarascon
administrateur de l'Ariège
archéologue et écrivain
Descendants

Adolphe Garrigou, né en 1802 à Tarascon-sur-Ariège et mort en 1893 dans cette même ville[1], est un industriel, homme politique, journaliste et écrivain français qui s'est particulièrement illustré dans le domaine de l'archéologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cercle de Vente forestière

Né en 1800 à Tarascon-sur-Ariège dans une famille républicaine qui a joué un rôle lors de la Révolution de 1789, Adolphe Garrigou s'affilie vers 1819 à la société secrète des Carbonari créée au XVIe siècle en lien avec le catharisme. Intronisé en 1822 dans la grotte de Lombrives il se trouve à la tête de la Vente Les compagnons du Sabarthez. La révolution de 1848 le promeut maire de Tarascon puis adminisrateur du département de l'Ariège[2]. Fondateur à Saint-Paul-de-Jarrat des usines métallurgiques Saint-Antoine équipées de hauts-fourneaux[3], il dispose de moyens importants pour mener à bien ses projets.

Le pont du diable

Avec son beau-frère le polytechnicien et historien Léo Lamarque[4] (1808-1849) il est ainsi le constructeur en 1836 du « pont du Diable » à Montoulieu[5]. Léo Lamarque, qui a travaillé avec le mathématicien Jean-Victor Poncelet y expérimente une roue hydraulique de son invention[6]. Adolphe Garrigou meurt en 1893[7]. Sa bibliothèque et ses archives sont dispersées et disparaissent. Durant ses dernières années, il influence beaucoup son jeune voisin Antonin Gadal qui rédige sa biographie[2]. Son fils Joseph Louis Félix Garrigou, né le à Tarascon-sur-Ariège et mort le , médecin, préhistorien, spéléologue et hydrologue poursuit certaines de ses recherches, notamment dans la grotte de Lombrives.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Entrée de la grotte de Lombtives

Membre correspondant de l'Académie des Sciences[8], il se consacre à la préhistoire et l'histoire régionales de l’Ariège notamment en rapport avec les Cathares. Avec l'archiviste départemental Rambaud il entreprend les fouilles de la grotte de Lombrives en 1822. Les deux hommes mettent au jour des crânes et divers ossements disposés en cercle autour d'une impressionnante concrétion stalagmitique, dite "Le Mammouth", sur un arc d'une centaine de mètres.

Adolphe Garrigou découvre, outre une grande quantité de graffitis, une stèle discoïdale sur laquelle est gravée l'étoile à cinq branches. Adolphe Garrigou se livre ensuite à l'exploration des spoulgas d'Ussat, d'Ornolac et de Bouan. Ces recherches sur le terrain lui apportent la preuve que les montagnes du Sabarthès avaient bien servi de refuge aux Cathares. À Ussat, dans la grotte de "Bethléem", il découvre le pentagramme inscrit dans la roche. Dans la spoulga d'Ornolac, il trouve une plaque de bronze sur laquelle est sculptée en relief une colombe identique à celles trouvées plus tard à Montségur[2].

Adolphe Garrigou a cherché à démontrer la présence en Ariège des Sotiates, peuple aquitain mystérieux mentionné dans la Guerre des Gaules. Il sera président d’honneur de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts dès sa fondation en 1882[9].

Publications[modifier | modifier le code]

Adolphe Garrigou a publié une vingtaine d'ouvrages[10],[11], dont :

  • Ibères, Ibérie, étude sur l'origine et les migrations de ces Ibères, premiers habitants connus de l'occident de l'Europe, in-16, XV-183 p., Foix, impr. de Vve Pomiès, 1884, réédité chez Lacour Recovia
  • Études historiques sur l'ancien pays de Foix et le Couseran, première partie de la période romaine, Les Sotiates du temps de César (reproduction en fac-similé), 1 vol. de 137 p., éditions Lacour, Nîmes, 2010
  • Sabar. Histoire de l'église de Sabar dans le canton de Tarascon-sur-Ariège ; Documents inédits et des plus intéressants relatifs à cette église et à tout le haut pays de Foix anciennement connu sous le nom de Sabartès, imprimerie d'Auguste de Labouisse-Rochefort, Toulouse, 1849 (lire en ligne)
  • 78 ans avant l'ère chrétienne. Première campagne des Romains contre les Sotiates, Euskes ou Aquitains. In-8°, 16 p, Édition : Gadrat aîné, Foix, 1889.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Nécrologie », Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 5, N°20.,‎ , page 549. (lire en ligne)
  2. a b et c Antonin Gadal, Papa Garrigou, Patriarche du Sabarthez : Biographie d’Adolphe Garrigou, revue Les Archives de Montségur (lire en ligne)
  3. « Saint-Paul de Jarrat, aperçu historique et patrimonial », sur histariège.com (consulté le 4 septembre 2018)
  4. Léo Lamarque, De la conquête et de la colonisation de l'Algérie, Ancelin, 1841
  5. Pont du Diable, mythes et réalités par J. J. Pétris
  6. Patrimoine : Le Pont du Diable, un monument du XIXe siècle, et non du XIIIe, 6 octobre 2008, AriègeNews.
  7. Nécrologie, Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 5, N°20, 1893. pp. 548-549.
  8. « BnF Catalogue général », sur Bnf.fr, impr. de Pomiès (Foix), (consulté le 30 juillet 2020).
  9. Arnauld Chandivert (doctorant en ethnologie, CERCE), « Les territoires du patrimoine, Réinvention du « terroir » et politiques de patrimonialisation en Couserans (Ariège-Pyrénées) », Mission à l’ethnologie – CERCE – université Paul Valéry, Montpellier III.,‎ , pp 76-77 (lire en ligne)
  10. « Adolphe Garrigou (1802-1893) », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le 3 septembre 2018)
  11. Adolphe Garrigou sur abebooks

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]