Abkhazie

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec le gouvernement en exil de la République autonome d'Abkhazie, reconnu par la Géorgie.

République d'Abkhazie

Аҧсны (ab)

აფხაზეთი (ka)

Абхазия (ru)

Drapeau
Drapeau de l'Abkhazie.
Blason
Armoiries de l'Abkhazie.
Description de l'image  Abkhazia map-fr.svg.
Hymne national Aiaaira
Administration
Forme de l'État République semi-présidentielle et unitaire
Revendiqué par Drapeau de la Géorgie Géorgie (république autonome d'Abkhazie)
Reconnu par Russie et quatre autres États
Président Aleksandr Ankvab
Premier ministre Leonid Lakerbaia
Langues officielles abkhaze, géorgien, russe[1]
Capitale Soukhoumi

43° 01′ N 41° 02′ E / 43.017, 41.033 ()

Géographie
Superficie totale 8 653 km2
Fuseau horaire UTC +3
Démographie
Gentilé Abkhazien(ne)
Population totale (2011[2]) 240 705 hab.
Densité 28 hab./km2
Économie
Monnaie Lari
Rouble russe
Divers
Code ISO 3166-1

L’Abkhazie (en abkhaze Aphsny, Аҧсны, en géorgien Apkhazeti, აფხაზეთი, en russe Abkhazia, Абхазия), est une entité dont le statut est disputé. Elle est située entre les montagnes du Caucase et les bords de la mer Noire.

Pour l'Organisation des Nations unies, l’Abkhazie est située dans les frontières internationalement reconnues de la Géorgie[3], pour laquelle elle constitue la République autonome d'Abkhazie.

L'Abkhazie a déclaré son indépendance de la Géorgie en tant que République d'Abkhazie en 1992. Cette indépendance n’a, à ce jour, été reconnue que par cinq États : la Russie[4], le Nicaragua[5], le Venezuela[6], Nauru[7] et Tuvalu[8].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Abkhazie a une superficie d'environ 8 600 km2. Elle est située à l'extrême ouest de la Géorgie, sur la côte Nord de la Mer Noire. Les monts du Caucase, au nord et au nord-ouest, séparent l'Abkhazie de la Circassie (en Russie). La rivière Psoou marque la frontière avec le kraï de Krasnodar et la ville de Sotchi. Au sud-est, elle est limitée par la Mingrélie et au sud-ouest par la mer Noire.

La république est très montagneuse (presque 75 % de sa superficie est considérée comme montagnes ou piémont). Les installations humaines sont pratiquement confinées sur la côte et dans les vallées bien irriguées. Le climat est très doux (climat subtropical humide), ce qui fit de l'Abkhazie une destination populaire connue par les Soviétiques sous le nom de « Riviera géorgienne ». Elle est aussi réputée pour sa production agricole : thé, tabac, vin et fruits.

Les montagnes abkhazes abritent actuellement (depuis 2004) la cavité naturelle la plus profonde du monde : le gouffre Krubera-Voronja, dont la profondeur dépasse les 2 000 mètres. Les spéléologues du monde entier participent à l'exploration de ce gouffre, notamment des Russes et des Ukrainiens.

Elle possède 215 kilomètres de façade maritime, 98 kilomètres de frontières terrestres et 39 kilomètres de frontières fluviales.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

L'Abkhazie est divisée en sept districts :

Il y a neuf villes, qui sont (par ordre d'importance) : Soukhoumi (la capitale), Gagra, Gali (ou Gal), Goudaouta, Goulrypch, le Nouvel Athos, le port d'Otchamtchire, la station balnéaire de Pitsounda et Tkouartchal dans les montagnes. Il existe également 29 villages ou bourgs.

Démographie[modifier | modifier le code]

La démographie de l'Abkhazie a connu de profonds changements depuis les années 1990. Lors du dernier recensement soviétique en 1989, la population se montait à 500 000 habitants, dont 48 % de Géorgiens (principalement des Mingrèles) et seulement 17 % d'Abkhazes.

En 1992, l'Abkhazie fait sécession de la Géorgie. Pendant cette période troublée, la population géorgienne (environ 250 000 personnes) fut expulsée, opération qualifiée par les Géorgiens de purification ethnique. Ce contentieux n'était pas encore réglé en 2008.

Après la guerre de 1992-1993, les Abkhazes représentent 29 % de la population, tout comme les Géorgiens. Les Arméniens représentent 20 % et les Russes 16 %. Il existe aussi des Grecs[9] et d'autres peuples caucasiens. La religion majoritaire est le christianisme orthodoxe.

Recensement de 2003[modifier | modifier le code]

  • Population totale : 215 275
  • Abkhazes : 94 606 (43,947 %)
  • Géorgiens : 45 953 (21,346 %)
  • Arméniens 44 870 (20,843 %)
  • Russes : 23 420 (10,879 %)
  • Grecs : 1 486 (0,690 %)
  • Estoniens : 300 (0,139 %)[10]

60 % des citoyens d'Abkhazie se déclarent chrétiens orthodoxes et 16 % musulmans sunnites, 8 % sont indécis et le reste, 16 %, indifférents ou athées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les premières traces archéologiques d'un établissement humain dans le Caucase occidental remontent à environ 4 000 ans avant J.-C., mais vue l'ancienneté de l'homme de Dmanissi voisin, cette présence est certainement beaucoup plus ancienne.

Premier millénaire avant J.-C.[modifier | modifier le code]

Du IXe au VIe siècles av. J.-C., le territoire de l'Abkhazie moderne fait partie du royaume antique de Colchide.

En 63 avant J.-C., l'Abkhazie, qui, dans les sources classiques grecques et latines, est appelée Asbagie, fait partie du royaume d'Egrisie. Les commerçants grecs établirent des comptoirs le long du rivage de la mer Noire (alors appelée Pont-Euxin). Ils fondèrent la cité de Dioscurias, qui devint par la suite la ville moderne de Soukhoumi, capitale historique de l'Abkhazie.

Époques romaine et byzantine[modifier | modifier le code]

L'Egrisie (ou : Lazica) est conquise par l'Empire romain au Ier siècle, et en fit partie jusqu'au VIIe siècle, alors que cet empire, christianisé sous le règne de l'empereur byzantin Justinien Ier au milieu du VIe siècle, devient byzantin. Au VIIe siècle les régions caucasiennes de l'Empire deviennent des principautés autonomes : l'Asbagie est l'une d'elles.

Du IXe au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle, l’Asbagie s'unit au royaume géorgien d'Iméréthie et prend le nom d’Abkhazie. Bagrat III de Géorgie réunit les différents royaumes géorgiens pour former le premier royaume de Géorgie en unifiant la Colchide (1350 av. J.-C. – 164 av. J.-C.) et le royaume d'Ibérie (299 av. J.-C. – 600 ap. J.-C.).

Au XVIe siècle, le royaume géorgien se déchire entre les principales familles aristocratiques et est conquis par l'Empire ottoman sous lequel une partie des Abkhazes se convertit à l'Islam. Les Ottomans sont chassés par les Géorgiens, qui rétablissent la principauté autonome d'Abkhazie sous la dynastie des Sharvashidze, ou Charvachidzé selon la transcription française traditionnelle.

Article détaillé : Liste des souverains d'Abkhazie.

L'Abkhazie russe[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, l'Empire russe conquiert le Caucase après une farouche résistance des populations musulmanes telles que les Balkars, les Karatchaïs ou les Tchétchènes. Chrétien, le prince d'Abkahzie fait appel aux Russes en 1810 pour libérer la région du joug turc, mais les Russes ne s'emparent graduellement de l'Abkhazie qu'entre 1829 et 1842, car de nombreux seigneurs musulmans leur résistent. Les Russes ne contrôlent vraiment la région qu'après 1864, lorsque la principauté abkhaze est absorbée par la Géorgie, déjà russe depuis 1810. Beaucoup d'Abkhazes turcisés après le XVIe siècle et donc musulmans (constituant 60 % de la population de la région selon les recensements de l'époque) émigrent vers l'Empire ottoman entre 1864 et 1878.

Les historiens abkhazes et turcs contemporains affirment que cet exil massif a laissé de nombreuses régions inhabitées et que ces dernières se sont ensuite peuplées d'Arméniens, de Géorgiens, de Pontiques venus d'Anatolie et de Russes. En revanche, pour les historiens géorgiens, grecs et européens, les Abkhazes actuels sont les descendants des Adyguéens et des Abazes descendus du versant nord du Caucase lors de la conquête russe, pour peupler l'Abkhazie où, depuis l'époque du royaume de Colchide, vivaient déjà des Géorgiens, principalement des Mingrèles et des Svanes[11]. Quoi qu'il en soit, les Abkhazes sont minoritaires dans la région au début du XXe siècle[12] et en 1990, ils ne composent que 17 % de la population abkhaze (contre 44 % de Géorgiens)[13].

Sous l'Empire russe, l'Abkhazie fait partie du district géorgien de Koutaïs.

L'Abkhazie soviétique[modifier | modifier le code]

Après la révolution russe de 1917, l'Abkhazie fait partie de la république géorgienne proclamée en juin 1918 (et reconnue par les Alliés en janvier 1920)[14], avant d'obtenir, une fois la Géorgie conquise par l'Armée rouge en janvier 1921, un statut de république fédérée dans la nouvelle République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie.

Lorsque la RSFS de Transcaucasie est divisée en trois, le pouvoir soviétique pratique en Abkhazie une politique pro-géorgienne : en 1931, Staline, lui-même Géorgien, fait de l'Abkhazie, une république socialiste soviétique autonome subordonnée à la RSS de Géorgie, ferme les écoles abkhazes, fait écrire l'abkhaze en alphabet géorgien et impose l'utilisation du géorgien dans l'enseignement. Encouragés par Lavrenti Beria, alors secrétaire du Parti communiste géorgien, de nombreux Géorgiens et Russes immigrent en Abkhazie. Les Abkhazes protestent contre cette « géorgisation » de l'Abkhazie lors de manifestations en 1932, 1957, 1964 et 1967 et 1978, qui sont autant d'échecs dont l'effet le plus immédiat est d'envoyer les participants et leurs familles en déportation[15].

Après la mort de Staline et de Beria, le pouvoir politique penche cette fois en faveur des Abkhazes : les écoles rouvrent, la langue s'écrit désormais en alphabet cyrillique (adapté), leurs propres radios et télévisions émettent en abkhaze et leur représentation ethnique dans l'appareil de la RSSA augmente. Cette évolution permet de raffermir la « conscience ethnique » abkhaze[13].

La guerre en Abkhazie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Guerre d'Abkhazie et Guerre d'Abkhazie (1998).

Alors que l'Union soviétique commence à se désintégrer à la fin des années 1980, il se produit en Géorgie, avec l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, le même phénomène qu'en Azerbaïdjan avec le Haut-Karabakh, en Ukraine avec la Crimée ou en Moldavie avec la Transnistrie et la Gagaouzie[16]: face aux mouvements centrifuges et indépendantistes des Républiques unionales (Géorgie, Azerbaïdjan, Ukraine ou Moldavie), le pouvoir russe encourage et soutient l'autonomie des minorités locales (Abkhaze et Ossète en Géorgie, Arménienne en Azerbaïdjan, Russe en Ukraine et Moldavie). Cela a pour effet de dresser les habitants les uns contre les autres, et de poser l'armée soviétique en arbitre.

Les tensions ethniques augmentent dans toutes ces régions. Lorsqu'en 1989, les Géorgiens manifestent à Tbilissi demandant l'indépendance de la Géorgie (Abkhazie incluse) beaucoup d'Abkhazes s'y opposent, craignant qu'une Géorgie indépendante n'inaugure une nouvelle période de « géorgisation », et réclament l'indépendance de l'Abkhazie. Le litige devient violent quand des émeutes entre Géorgiens et Abkhazes éclatent à Soukhoumi le 16 juillet 1989. On compte au moins 18 morts et 137 blessés à la suite de l'ouverture d'une antenne de l'université de Tbilissi à Soukhoumi. Après plusieurs jours de violences, les troupes soviétiques entrent dans la ville et accusent des milices nationalistes de provoquer ces affrontements.

La Géorgie proclame son indépendance le 19 avril 1991, et l'ancien dissident soviétique Zviad Gamsakhourdia devient président en mai. Gamsakhourdia défend une ligne nationaliste et centralisatrice à l'égard des minorités nationales (Ossètes, Abkhazes, Adjares, Avars, Russes). En décembre, la Garde nationale géorgienne, sous le commandement du chef de guerre Tenguiz Kitovani, assiège les bureaux de Gamsakhourdia à Tbilissi. Après deux mois de combats et de paralysie de l'État, Gamsakhourdia quitte le pouvoir et se réfugie dans sa région, la Mingrélie voisine de l'Abkhazie.

Le 21 février 1992, le Conseil militaire de Géorgie qui gouverne le pays annonce qu'il abolit la constitution soviétique et qu'il rétablit la constitution de la république démocratique de Géorgie de 1920. Beaucoup d'Abkhazes interprètent cela comme une abolition de leur statut d'autonomie. En réponse, le 23 juillet 1992, le gouvernement abkhaze déclare l'indépendance, bien que celle-ci ne soit pas reconnue internationalement. Le gouvernement géorgien accuse les partisans de Gamsakhourdia d'avoir kidnappé le ministre de l'Intérieur géorgien et de le retenir captif en Abkhazie. Les autorités abkhazes rejettent les demandes du gouvernement, déclarant que ce n'était qu'un prétexte pour l'invasion.

Chevardnadze, un ancien ministre soviétique des Affaires étrangères est nommé président en mars 1992 par le Conseil militaire.

Le 14 août 1992, le gouvernement géorgien envoie 3 000 hommes dans la région. Après un bref cessez-le-feu obtenu par les Russes, les Géorgiens continuent leur offensive vers le nord de l'Abkhazie et occupent Soukhoumi. Le front se stabilise entre octobre 1992 et mars 1993. Des centaines de volontaires viennent de Russie (principalement des Caucasiens, Cosaques, Ossètes, Tchétchènes (dont Bassaïev) se joindre aux séparatistes abkhazes pour combattre les forces gouvernementales géorgiennes.

En juillet 1993, les paramilitaires abkhazes et russes lancent une offensive majeure. Soukhoumi est encerclée et lourdement bombardée, Chevardnadze lui-même étant bloqué dans la ville. Une trêve est conclue sous l'égide de la Russie le 27 juillet.

Le gouvernement géorgien doit alors faire face à une seconde menace : un soulèvement des partisans du leader déchu Zviad Gamsakhourdia dans la province de Mingrélie.

Profitant de ce second front, les Abkhazes rompent la trêve à la mi-septembre et contrôlent Soukhoumi le 27 septembre. Le président de Géorgie, Edouard Chevardnadze, échappe de peu à la mort : alors qu'il s'était juré de rester dans la ville quelles que soient les circonstances, il est finalement contraint de fuir quand des tireurs d'élite séparatistes atteignent l'hôtel où il réside. Chevardnadze doit s'en remettre à la marine russe pour l'évacuer de Soukhoumi.

Les Abkhazes rejettent les forces géorgiennes hors d'une grande partie du territoire de la république. Le gouvernement de Chevardnadze accuse la Russie d'apporter un support logistique aux indépendantistes dans le but de « détacher de la Géorgie un territoire historique et de déplacer la frontière russo-géorgienne ». À la fin de l'année, les indépendantistes contrôlent l'Abkhazie à l'ouest de Soukhoumi.

Près de 100 000 Géorgiens et environ 200 000 Abkhazes, Russes et Arméniens quittent l'Abkhazie pendant la guerre.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

La position des dirigeants abkhazes a changé avec les gouvernements : une partie des dirigeants souhaite une indépendance complète et une autre, une association avec la Russie. Le gouvernement russe a toujours éludé cette dernière proposition, craignant l'effet négatif d'une telle action sur ses relations avec la Géorgie. Le 28 novembre 2003, le parlementaire russe Jirinovski a proposé une telle résolution à la Douma, mais elle est rejetée. Néanmoins beaucoup de citoyens d'Abkhazie possèdent la citoyenneté russe, et les Abkhazes, au contraire des Géorgiens allant en Russie, n'ont pas besoin de visa.[réf. nécessaire]

L'OSCE, l'UE et l'ONU soutiennent que l'Abkhazie dépend de la Géorgie et que les nombreux réfugiés géorgiens qui ont fui après la guerre de 1992-1993 doivent être autorisés à retourner chez eux avant qu'un vote acceptable sur l'indépendance ne soit organisé.[réf. nécessaire]

La position du gouvernement géorgien est ferme sur la réunification de l'Abkhazie avec la Géorgie, mais les modalités de règlement proposées ont varié, particulièrement sous le gouvernement du président Saakachvili.

Il a fait, au fil du temps, deux propositions de plan de paix : le premier consiste à diviser la Géorgie en sept entités, chacune avec les pouvoirs sur l'économie et la police, la défense et les affaires étrangères étant du ressort du gouvernement fédéral. Le second propose une fédération entre la Géorgie et l'Abkhazie, sur un modèle approchant celui de Serbie-et-Monténégro.

Après la démission forcée, en 2004, du chef adjar Aslan Abachidzé, Saakachvili propose que l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud soient réintégrées de la même manière. Dans les mois qui suivent, il ne propose plus cette solution.

Saakachvili a aussi essayé de représenter le litige abkhaze comme une affaire entre la Géorgie et la Russie, à la suite de l'aide de cette dernière aux séparatistes. Il a présenté le gouvernement séparatiste comme une marionnette soumise aux Russes. Il a poussé à un retrait complet des soldats russes de la mission CISPKF de la force maintien de la paix de la CEI, ou au moins à une redéfinition de son mandat, ainsi qu'à la fermeture des bases militaires russes du territoire abkhaze. En 2003, les Russes ont fermé leurs bases, ne laissant que la force de maintien de la paix.

Le gouvernement abkhaze et l'opposition parlementaire abkhaze s'opposent résolument à une réunification avec la Géorgie, quels qu'en soient les termes.

Depuis août 2004, l'État géorgien tente de reprendre le contrôle de cette République d'Apsny en tirant sur tout navire s'approchant des côtes abkhazes et du port de Soukhoumi, la capitale.[réf. nécessaire]

En octobre 2004, le candidat de l'opposition Sergueï Bagapch remporte l'élection présidentielle face à Raul Khadjimba avec 50,8 % des voix. Khadjimba conteste cette élection et le 12 janvier 2005, une nouvelle élection a lieu : Bagapch est élu président et Khadjimba vice-président.

Lors des affrontements russo-géorgiens, l'Abkhazie récupère militairement les gorges de Kodori à l'armée géorgienne[17].

Le 17 février 2010, un accord pérennise la présence de l'armée russe, 1 700 militaires à cette date, pour 49 ans[18].

Le , le président Bagapch meurt à Moscou[19], le vice-président Alexandre Ankvab assure alors l'intérim avant d'être élu président le 26 août suivant.

En 2013, la République d'Abkhazie aurait accueilli sur son sol 400 réfugiés syriens d'origine abkhaze ou abkhazo-tcherkesse, alors que ceux-ci fuient la guerre civile dans leur pays, leur garantissant automatiquement la citoyenneté abkhaze. Un total de 1 000 citoyens syriens d'origine abkhaze vivent en Syrie[20].

Reconnaissance du pays[modifier | modifier le code]

Outre l'Abkhazie, la Russie a également reconnu directement ou indirectement l'indépendance de la Transnistrie, de l'Ossétie du Sud, du Haut-Karabagh et de la Crimée.
  •      Russie
  •      anciennes Républiques socialistes soviétiques
  •      territoires post-soviétiques ayant déclaré leur indépendance et reconnus par la Russie
  •      territoires post-soviétiques ayant déclaré leur indépendance et reconnus seulement par des territoires devenus indépendants eux-mêmes reconnus par la Russie

Après une attaque de la Géorgie sur l'Ossétie du Sud, le Parlement de la Fédération de Russie vote une motion invitant Moscou à reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie le 25 août 2008. Le lendemain, le président Dmitri Medvedev signe les décrets reconnaissant l'indépendance de ces deux pays[21].

La Biélorussie a annoncé en 2008 qu'elle allait reconnaître prochainement l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie[22], ce qu'elle n'a pas fait mi-2011. L'OTSC, l'OCS, l'ALBA ont annoncé leur soutien à la décision de la Russie sans pour autant lui emboîter le pas. Pour la Serbie, qui observe la même attitude, les indépendances de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie sont comparables à celle du Kosovo.

Les puissances occidentales, la France en premier lieu, ont immédiatement réagi en annonçant qu'elles ne reconnaissaient pas l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie. De son côté, la Géorgie a dénoncé « une annexion » par la Russie.

Pays ayant reconnu l'indépendance[modifier | modifier le code]

Pays ayant annulé leur reconnaissance de l'indépendance du pays[modifier | modifier le code]

  • Vanuatu Vanuatu a reconnu l'Abkhazie en juin 2011 mais l'élection du gouvernement de Sato Kilman est annulée. Le gouvernement intérimaire d'Edward Natapei annule la reconnaissance de l'Abkhazie[25] mais Kilman redevient premier ministre en juillet et reconnaît une nouvelle fois l'Abkhazie. Le gouvernement de Moana Carcasses Kalosil arrivé au pouvoir en 2013 annule la reconnaissance de l'Abkhazie en mai 2013[26][27].

États statuant sur l'indépendance[modifier | modifier le code]

Entités non reconnues par la communauté internationale ayant reconnu l'indépendance[modifier | modifier le code]

Économie sous dépendance russe[modifier | modifier le code]

La banque nationale abkhaze à Soukhoumi.

Le tourisme est au cœur de l'effort de relance de l'économie par le gouvernement abkhaze.

Les touristes reviennent depuis 2004, et sont russes à 97 %, représentant 400 000 touristes. Le volume de nuitées est passé de 220 000 en 2004 à 900 000 en 2007, en partie grâce à l'amélioration rapide des conditions de vie en Russie et surtout de la levée du blocus économique total auparavant imposé par la Géorgie[35].

L’économie abkhaze dépend aujourd'hui à 70 % de donations russes et fonctionne avec des roubles. La perspective des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, en 2014, permet à l'Abkhazie d'améliorer ses structures touristiques.

Outre le tourisme, l'Abkhazie est un pays vinicole, depuis au moins le IIIe siècle av. J.-C., à l'époque des Grecs pontins, puis des Romains. Strabon évoque Dioskurias (l'actuelle Soukhoumi) comme une région de viticulture. Du temps des Romains ensuite son vin demi-doux était célèbre.

Au XIXe siècle, le prince abkhaze Nicolas Atchba avait de grands domaines produisant du vin. Aujourd'hui parmi les vins abkhazes, on peut citer le Radeda rouge, issu du cépage Isabelle du vitis labrusca, exploité depuis 2002 ; le Bouquet d'Abkhazie rouge demi-doux, cultivé depuis 1929, issu du cépage Isabelle ; le Lykhny demi-doux ; l'Apsny, mélange de sapéravi et de cabernet, etc... parmi les blancs, on peut citer le Psoou demi-doux. La production vinicole a été entièrement réorientée en 2002, pour aboutir à des vins mieux vinifiés correspondant à une meilleure qualité[36].

L'agriculture est présente avec la production de mandarines, d'oranges, de citrons, de thé, de tabac, de noix, de maïs...

Cependant 60 % de l'économie abkhaze est issue du commerce de détail.

Les ressources énergétiques ne sont pas à la hauteur des besoins à cause du récent blocus, mais toutefois un barrage électrique sur la rivière Ingour fonctionne. 50 % de son énergie va à la Géorgie et 50 % à l'Abkhazie qui en revend 20 % au Krai de Krasnodar en Russie.

Une source de pétrole a été découverte au large des côtes abkhazes[37].

L'Abkhazie possède deux aéroports, celui de Soukhoumi et celui de Bombora, près de Goudaouta.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'abkhaze est langue officielle par la constitution de la Géorgie ; le russe est utilisé de facto par le gouvernement séparatiste.
  2. Le recensement effectué par l'Abkhazie en 2011 donne 240705 habitants mais les résultats du recensement sont contestés. Les estimations en 2006 donnaient entre 157 000 et 190 000 habitants.
  3. Résolution de l'Assemblée Générale de l'ONU 63/307, ONU, 17 mai 2011.
  4. « La Russie reconnaît l'indépendance sud-ossète et abkhaze », Le Point, 26 août 2008.
  5. «Nicaragua: le président Ortega reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie », Le Point, 3 septembre 2008.
  6. "Ossétie-Abkhazie: Caracas contribuera à élargir la reconnaissance (Chavez), RIA Novosti, 10 septembre 2009.
  7. a et b «L'île de Nauru reconnaît l'Abkhazie», Le Journal du dimanche, 15 décembre 2009
  8. a et b http://www.liberation.fr/monde/01012361592-le-tuvalu-reconnait-l-abkhazie-et-l-ossetie-du-sud
  9. Généralement émigrés d'Anatolie au XIXe siècle. Un bon nombre d'entre eux s'est réinstallé en Grèce (notamment du Nord-Est) après 1992.
  10. (en) Site du gouvernement d'Abkhazie
  11. Lortkipanidze M., The Abkhazians and Abkhazia, Tbilisi 1990.
  12. La ville de Soukhoumi ne compte qu'un tiers d'Abkhazes au début du XXe siècle selon l'Encyclopædia Britannica de 1911.
  13. a et b Viatcheslav Avioutskii, Géopolitique du Caucase, Armand Colin, 2005.
  14. Jean & André Sellier, Atlas des Peuples d'Orient, La découverte, p. 102, ISBN 978-2-7071-2222-3
  15. Nikolaï Feodorovitch Bugaï, Депортация народов из Закавказья, Мockвa, 1992 (Déportation des peuples de Trancaucasie, Moscou 1992); Депортация народов (конец 30- начало 40-х годов), Мockвa, 1994 (Déportation des peuples entre la fin des années 1930 et le milieu des années 1940, Moscou 1994); Сталинские кризис на Кавказе, Германия: Баден-Баден, 1995 (Le stalinisme et la crise du Caucase, Baden-Baden, Allemagne, 1995).
  16. Hélène Carrère d'Encausse: La Gloire des nations ou La fin de l'empire soviétique, Paris, Fayard, 1990, et Victorieuse Russie, Paris, Fayard, 1992.
  17. Géorgie • Les combats s'étendent en Abkhazie, 11 août 2008
  18. Les militaires russes s'enracinent, Courrier International, 19 février 2010
  19. « Le président abkhaze meurt à Moscou », LeMonde.fr, 29 mai 2011 ; page consultée le 29 mai 2011.
  20. L’Abkhazie accueille des réfugiés syriens, La Voix de la Russie, 1er mai 2013
  21. a et b « Moscou reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie », Le Figaro, 26 août 2008.
  22. Ria Novosti
  23. Nicaragua: le président Ortega reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, AFP, 3 septembre 2008.
  24. Le Venezuela reconnaît l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, RIA Novosti, 10 septembre 2009.
  25. « Vanuatu power struggle deepens political uncertainty », RadioAutralia, 21 juin 2011.
  26. Vanuatu scraps recognition Georgia breakaway region
  27. Georgia says Vanuatu has withdrawn recognition of Abkhazia
  28. Biélorussie
  29. Équateur
  30. http://themoscowtimes.com/news/article/370554.html
  31. http://french.ruvr.ru/2012_05_27/76119816
  32. http://www.todayszaman.com/tz-web/detaylar.do?load=detay&link=151456&bolum=102
  33. http://www.regnum.ru/news/1057659.html Gagaouzie
  34. La Transnistrie reconnaît l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, Le Point, 31 août 2008.
  35. Fabrice Nodé-Langlois, « En Abkhazie, une Côte d'Azur en état de guerre », Le Figaro, 12 août 2008 ; chiffres par Tenguiz Laguerbaï, Comité du tourisme de Soukhoumi.
  36. cf d'Abkhazie
  37. « L'Abkhazie vers un accord pour l'exploitation du pétrole sur la côte abkhaze »

Bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Delorca, Abkhazie : à la découverte d'une « République » de survivants, Éditions du Cygne, Paris, 2010, 162 p. (ISBN 978-2-84924-184-4)
  • Thomas Balivet, Géopolitique de la Géorgie : souveraineté et contrôle des territoires, L'Harmattan, Paris, Turin, 2005, 180 p. (ISBN 978-2-7475-8384-8)
  • Pierre Binette, « La Crise en Abkhazie : acteurs et dynamique », Études internationales, décembre 1998, p. 831-865
  • Mathilde Damoisel et René Genté, « Ni guerre ni paix en Abkhazie », Le Monde diplomatique, octobre 2003
  • Michel Guénec, « L’Abkhazie, république autonome de Géorgie, entre dérives mafieuses et conflit ethnique », Le Courrier des pays de l’Est, n° 1018, septembre 2001
  • Liudmila Khroushkova, Les Monuments chrétiens de la côte orientale de la Mer Noire : Abkhazie : IVe - XIVe siècles, Brepols, Turnhout, 2006, 340 p. (ISBN 978-2-503-52387-3)
  • Alain Dugrand, Les Cendres de l’Empire, Hoëbeke, coll. Étonnants voyageurs, 2006 (ISBN 2-84230-249-4) (pp. 13-46)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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