Armand Marc de Montmorin Saint-Hérem

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Armand Marc, comte de Montmorin Saint-Hérem.

Armand Marc, comte de Montmorin Saint-Hérem[1], né à Paris le 13 octobre 1745, et mort à Paris, dans la prison de l'Abbaye, le 2 septembre 1792 lors des massacres de Septembre, est un homme politique français du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après avoir été ambassadeur de France auprès de Clément Wenceslas de Saxe, Électeur de Trèves, l'oncle maternel de Louis XVI (1774), il est envoyé en poste (1778-1784) à Madrid comme ambassadeur où il est notamment chargé de négocier l'entrée en guerre du royaume d'Espagne aux côtés de la France et des insurgents nord-américains contre le royaume d'Angleterre.

Sa mission, menée avec ténacité, vient à bout des réticences du vieux roi Charles III d'Espagne et du gouvernement espagnol qui craignaient à juste titre que les aspirations des colons anglais à l'indépendance se propagent à leurs colonies sud-américaines. Le 12 avril 1779, le traité d'alliance est signé à Aranjuez[2].

L'intérêt du comte de Montmorin pour la question américaine perdure bien après son ambassade à Madrid si l'on en croit les mémoires de l'agent américain Gouverneur Morris, ambassadeur des États-Unis à Paris sous la Révolution, qui relate ses nombreux contacts avec Montmorin dans le but de développer les échanges commerciaux entre les deux nations[3].

Nommé, en 1784, gouverneur de Bretagne, il est nommé par Louis XVI ministre des Affaires étrangères le 12 février 1787. Il est Secrétaire d'État à la Marine, par intérim du 25 août au 24 décembre 1787, en attendant que César Henri de La Luzerne, alors gouverneur général des Isles sous le vent, rentre à Paris.

Renvoyé le 12 juillet 1789 en même temps que Necker, il est rappelé après la journée du 14 juillet 1789.

Armes des Montmorin de Saint-Hérem.

On peut le qualifier de « monarchiste », c'est-à-dire de contre-révolutionnaire modéré, convaincu qu'il est de la nécessité d'accepter un nombre de réformes pour sauver la monarchie.

Pendant son ministère, il met sur pied avec Mirabeau le « fameux atelier de police » dont Danton est l'un des agents.

Sorti du ministère le 20 novembre 1791, il forme avec Malouet, Molleville et quelques autres une sorte de conseil privé que le journaliste Carra dénonça dans son journal sous le nom de Comité autrichien.

Après le 10 août 1792 et l'incarcération de la famille royale, il essaya de se cacher, mais fut découvert, envoyé en prison[4]. Jugé par le tribunal du 17 août et à nouveau emprisonné, il est massacré par la foule le 2 septembre 1792.

Son épouse, Françoise de Tane (1741-1794), et son fils Calixte (1772-1794), âgé de 22 ans et sous-lieutenant au 5e Chasseurs, d'abord recueillis par Antoine Mégret, comte de Sérilly, et son épouse Anne-Louise de Domangeville sont guillotinés le 10 mai 1794 avec leur protecteur dans la même charrette que Madame Élisabeth, sœur du roi.

Sa fille Victoire, comtesse de La Luzerne, qui avait quitté son mari et ses deux enfants par amour pour Charles-Michel de Trudaine, dont elle avait eu une fille en 1793, ne fut pas condamnée à mort car elle avait sombré dans la folie. Soutenue dans sa prison par la comtesse de Sérilly, qui, elle aussi, avait de peu échappé à la guillotine, elle se laissa mourir, tandis que son amant, le marquis Charles Michel de Trudaine, fut guillotiné quelques semaines plus tard le même jour que son frère et que leur ami, le poète André Chénier.

Ne survécut à la période révolutionnaire que la seconde fille du ministre, Pauline de Beaumont, qui sera le grand amour de François-René de Chateaubriand avant de mourir prématurément en 1803.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Généalogie », sur gw1.geneanet.org (consulté le 12 octobre 2010)
  2. Histoire de la participation de la France à l'établissement des États-Unis d'Amérique. Correspondance diplomatique et documents (6 volumes, 1886-1899) Texte en ligne 1 2 3 4 5 6
  3. (en) The Diary and Letters of Gouverneur Morris, Minister of the United States to France; Member of the Constitutional Convention, éd. Anne Cary Morris (1888). 2 vols. online version
  4. Luc-Normand Tellier, Face aux Colbert : les Le Tellier, Vauban, Turgot et l'avènement du libéralisme (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arnaud de Maurepas, Antoine Boulant, Les Ministres et les ministères du siècle des Lumières (1715-1789). Étude et dictionnaire, Paris, Christian-JAS, 1996, 452 p.
  • A. Bardoux, Pauline de Montmorin, comtesse de Beaumont : études sur la fin du XVIIIe siècle (Paris, 1884), pour une défense de la politique de Montmorin
  • F. Masson, Le Département des affaires étrangères pendant la révolution, 1787-1804, ch. ii. (Paris, 1877)
  • A. de Bacourt, Correspondance entre Mirabeau et le comte de La March, 1789-1791, (3 vols., Paris, 1851), contient de nombreuses lettres de Montmorin
  • « Correspondance du Comte de Moustier avec le Comte de Montmorin », dans The American Historical Review, vol. VIII. (1902-1903).
  • Jean-Philippe Zanco, Dictionnaire des Ministres de la Marine 1689-1958, S.P.M. Kronos, Paris 2011.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Familles subsistantes de la noblesse française