Traité de San Ildefonso (1800)

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Le traité de San Ildefonso de 1800 est un traité secret, signé le 1er octobre 1800, par lequel le royaume d'Espagne cède la Louisiane à la France.

Il était secret, et Bonaparte en a éventé une partie pour sa politique américaine. Les signataires étaient Don Mariano Luis de Urquijo pour l'Espagne et Louis Alexandre Berthier pour la France.

L'Espagne subissait alors la pression de Napoléon Bonaparte, qui venait de prendre le pouvoir après avoir réussi le coup d'État du 18 brumaire (novembre 1799) et lancé la campagne d'Italie (1799-1800). L'empire espagnol, en difficulté dans ses colonies sud-américaines, souhaitait se recentrer sur l'Europe. Napoléon lui promettait la création d'un Royaume d'Étrurie en Italie, qui dépendrait directement de Madrid, en échange de la mise à sa disposition de la Flotte royale espagnole (Armada Real Española) pour la guerre contre le Royaume-Uni et de la déclaration de guerre contre le Portugal (Guerra de las Naranjas ou Guerre des Oranges).

La France récupérait en outre le territoire de la Louisiane, cédé auparavant en 1762 à l'Espagne. Le traité ne précisait pas les frontières du territoire rétrocédé, ce qui fut source d'un contentieux entre les États-Unis et l'Espagne après la vente de la Louisiane en 1803 par Napoléon aux États-Unis. Ce contentieux a été utilisé par les planteurs de coton esclavagistes du sud des États-Unis, pour alimenter un élan de patriotisme réclamant l'extension de leurs territoires vers l'ouest du continent.

En reprenant le Mississippi, mais secrètement, Bonaparte s'offrait la possibilité d'un empire américain au cas où l'expédition de Saint-Domingue réussissait et une base de repli pour les planteurs de Saint-Domingue en cas d'échec. Dans un cas comme dans l'autre, le traité secret facilitait l'élection à la présidence américaine de son allié Thomas Jefferson, favorable à la Conquête de l'Ouest, alors que le parti fédéraliste, au pouvoir jusque là, ne la souhaitait pas. De plus, les fédéralistes avaient fait alliance avec le révolutionnaire haïtien Toussaint Louverture via la convention commerciale tripartite de 1799, combattue par la piraterie des années 1800 dans la Caraïbe. En rachetant le Mississipi, Bonaparte offre une base de repli à ces pirates français. Lors de l'expédition de Saint-Domingue, le soutien écrit du président américain élu en 1800 Thomas Jefferson.

L'Espagne cédait pour la première fois des terres, par ce traité, dans son empire américain, dans la partie la plus touchée par la spéculation foncière. Ce traité a affaibli les administrations espagnoles un peu partout dans l'empire, à commencer par la Louisiane. Dans un souci d'ordre, le gouverneur espagnol Francisco Luis Hector de Carondelet, venait d'y interdire toute importation d'esclaves, ce qui lui avait valu l'inimité d'autres bureaucrates espagnols, tels que Juan Ventura Morales, ami et associé de l'affairiste américain Daniel Clark. Par le Traité de Madrid (1795), créant la zone franche de la Nouvelle-Orléans, l'Espagne avait dans un premier temps voulu tirer profit du virage dans l'histoire de la culture du coton suscité par l'invention du cotton gin d'Eli Whitney.

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