Hortense de Beauharnais

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Hortense de Beauharnais

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Hortense de Beauharnais par François-Pascal-Simon Gérard

Titre

Reine consort de Hollande


(&&&&&&&&&&&014874 ans, 0 mois et 26 jours)

Prédécesseur Wilhelmine de Prusse
Successeur Wilhelmine de Prusse
Biographie
Titulature Duchesse de Saint-Leu
Dynastie Maison de Beauharnais
Nom de naissance Hortense Eugénie Cécile de Beauharnais
Naissance
Paris (France)
Décès (à 54 ans)
Arenenberg, Thurgovie (Suisse)
Père Alexandre de Beauharnais
Mère Joséphine de Beauharnais
Conjoint Louis Bonaparte
Enfants Napoléon Charles Bonaparte
Louis II Red crown.png
Napoléon III Red crown.png
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Reines consorts néerlandaises

Hortense Eugénie Cécile de Beauharnais, reine consort de Hollande (1806-1810), duchesse de Saint-Leu (Saint-Leu-la-Forêt) (1814), née le à Paris et morte le au château d'Arenenberg dans le canton de Thurgovie en Suisse, était un membre de la famille impériale française, et la fille de Joséphine de Beauharnais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fille de Marie-Josèphe Tascher de La Pagerie et de son premier mari le vicomte Alexandre de Beauharnais, elle a pour beau-père l'empereur Napoléon Ier, qui épouse sa mère en 1796, après la mort sur l'échafaud du vicomte en 1794.

Ses parents vivent séparément lorsqu'éclate la Révolution française. En 1789, son père est élu député de la noblesse aux États généraux et préside l'Assemblée Constituante durant les journées de la fuite à Varennes de la famille royale.

Sous la Terreur, le ci-devant vicomte est arrêté puis guillotiné et sa mère est emprisonnée mais, libérée après la chute de Robespierre, elle reprend sa vie mondaine et devient la maîtresse de Barras, l'homme le plus influent du Directoire.

En 1795, Hortense entre à douze ans dans la pension de Mme Campan à Saint-Germain-en-Laye puis fréquente à sa majorité la haute société consulaire. La même année, le général Bonaparte se fait remarquer en réprimant au canon une insurrection royaliste sur les marches de l'église Saint-Roch à Paris.

L'année suivante, le général Bonaparte se voit confier par Barras le commandement de l'armée d'Italie et épouse la maîtresse du directeur dont, par jalousie masculine, il modifie le prénom : Marie-Josèphe devient Joséphine.

Après le mariage de sa mère avec Napoléon, le , celui-ci décide d'adopter Hortense et son frère aîné, Eugène.

En 1799, Bonaparte prend le pouvoir et donne à la France un nouveau type de gouvernement : le Consulat. À 16 ans, Hortense est la fille de l'homme le plus puissant de France.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Hortense de Beauharnais et son fils Napoléon Charles par François Gérard (1806)

Joséphine, qui tient à se concilier la famille Bonaparte qui la jalouse, voire la hait, souhaite une nouvelle union pour sceller l'alliance des familles Bonaparte et Beauharnais.

Elle fait marier sa fille, Hortense, le à Louis Bonaparte (1778-1846), l'un des frères cadets du Premier Consul. La cérémonie est célébrée par le cardinal Caprara, rue de la Victoire. Hortense devient ainsi la belle-sœur de sa mère et de son beau-père. Le couple a trois fils :

En 1804, Louis et Hortense font l'acquisition du château de Saint-Leu, qu'elle conserve jusqu'en 1815 et où elle donne des fêtes brillantes.

Le mariage se révèle désastreux : Hortense est follement éprise du général Duroc, aide de camp de l'empereur (certains prétendent qu'ils ont même été amants), tandis que Louis souffre d'une obsession de la persécution et d'une maladie vénérienne jamais soignée. Il tourmente sa femme de sa jalousie morbide.

Belle, séduisante et intelligente, Hortense tombe amoureuse de Charles de Flahaut, aide de camp de Murat et fils naturel de Talleyrand, dont elle eut un fils naturel, Charles (1811-1865), futur duc de Morny.

Napoléon disait à son propos :

« Hortense, si bonne, si généreuse, si dévouée, n’est pas sans avoir quelques torts avec son mari ; j’en dois convenir, en dehors de toute l’affection que je lui porte et du véritable attachement que je sais qu’elle a pour moi. »

Reine de Hollande[modifier | modifier le code]

Louis devenant roi de Hollande en 1806, elle-même devient reine de Hollande (d'où son surnom de reine Hortense). Elle règne jusqu'en 1810, date à laquelle le royaume de Hollande est annexé par Napoléon Ier. Malgré le divorce de l'empereur, son tact lui permet de devenir une des rares intimes de la nouvelle impératrice Marie-Louise d'Autriche de 8 ans sa cadette.

La reine Hortense, amatrice de musique, compose la mélodie de Le Beau Dunois plus connue sous le titre de Partant pour la Syrie. Cette romance composée à Malmaison en 1807, dont les paroles furent écrites par le comte Alexandre de Laborde, eut rapidement un grand succès. Son origine comme sa popularité en feront sous la Restauration un chant de ralliement pour les bonapartistes.

La chute de l'Empire[modifier | modifier le code]

Hortense de Beauharnais, par Jean-Baptiste Isabey. 1813.

Pendant la Première Restauration, elle flirte quelque temps avec le tsar Alexandre Ier de Russie qui lui accorde sa protection. À la demande de celui-ci, Louis XVIII la fait duchesse de Saint-Leu. Sa mère meurt pendant cette période.

Fidèle à l'Empereur pendant les Cent-Jours, elle est contrainte de gagner la Suisse en 1817 et se réfugie à Arenenberg où elle élève seule ses fils.

Ses seuls soutiens sont son frère, réfugié auprès de son beau-père, le roi Maximilien Ier de Bavière (qui l'a créé duc de Leuchtenberg) et leur cousine la grande-duchesse douairière de Bade, Stéphanie. Grâce à la succession de sa mère et à l'intercession de son frère, Eugène, elle dispose d'une fortune de 3 millions qui lui assure un revenu confortable de 120 000 francs.

Exils et deuils[modifier | modifier le code]

Tombeau de la Reine Hortense (église Saint-Pierre-Saint-Paul de Rueil-Malmaison)

À partir de 1810, elle se rendit chaque année à Aix-les-Bains (Savoie), en cure, elle y reviendra par la suite avec son fils, le futur Napoléon III. En 1813 elle fait une donation à la ville d'Aix-les-bains pour fonder un hôpital, le futur hôpital de la Reine Hortense.

En 1821 Napoléon meurt en exil, puis en 1824 son frère Eugène et en 1825 le tsar de Russie. Elle perd son fils Napoléon-Louis pendant la révolte italienne en mars 1831.

Cependant, peu après, à la fin d'avril 1831, elle se rend à Paris et, par l'entremise du général d'Houdetot, aide de camp du nouveau roi des Français Louis-Philippe Ier et ancien ami d'Eugène de Beauharnais, elle obtient une entrevue secrète avec le souverain, qui n'oublie pas qu'elle est intervenue en faveur de sa mère, la duchesse d'Orléans, et de sa tante, la duchesse de Bourbon, durant les Cent-Jours.

Il est probable qu'elle voulait discuter des conditions d'un établissement durable en France pour elle et pour son fils ; on a évoqué une possible élévation de Louis-Napoléon à la pairie avec le titre de duc de Saint-Leu La Forêt.

Quoi qu'il en soit, après avoir assisté avec son fils le , jour du dixième anniversaire de la mort de l'Empereur, au défilé des bonapartistes venus en pèlerinage à la colonne Vendôme depuis les fenêtres de l'hôtel où elle est descendue rue de la Paix, elle repart rapidement pour l'Angleterre[1].

Elle ne reviendra plus en France puisque la première loi d'exil du frappera également, comme famille ayant régné sur la France, les membres de la famille Bonaparte.

La même année, la mort du duc de Reichstadt fait de son fils l'héritier des prétentions bonapartistes.

En 1836, à la suite de sa vaine tentative de soulèvement de la garnison de Strasbourg, son dernier fils, Louis-Napoléon, est arrêté et expulsé vers les États-Unis.

Gravement souffrante, Hortense lui fait part, par le docteur Henri Conneau, de sa maladie. Il rentre aussitôt, juste à temps pour assister sa mère dans ses derniers instants ; elle meurt le . Le docteur Henri Conneau pratiqua l'autopsie et l'embaumement du corps de la reine Hortense. Un Requiem est célébré dans l'église d'Ermatingen le 11 octobre, le corps est ensuite ramené dans la chapelle d'Arenenberg, en attendant l'autorisation du gouvernement français de la ramener à Rueil-Malmaison où elle souhaitait être enterrée près de sa mère dans l'église Saint-Pierre-Saint-Paul. Elle est déposée dans l'église de Rueil le 19 novembre.
Le 9 janvier, son corps est enfermé dans 3 cercueils de plomb, d'acajou et de chêne. Un service funèbre officiel a lieu le 11 janvier 1838, en présence de la famille Tascher de la Pagerie et d'un seul membre de la famille Bonaparte, Caroline.
Le 16 décembre 1856, elle est transférée dans la crypte[2].
Des projets de mausolée sont proposés par David d'Angers, puis un monument est réalisé par Bartolini, mais il ne donne pas satisfaction. Le monument définitif, en marbre blanc, est finalement réalisé par Jean-Auguste Barre et inauguré officiellement le 27 juin 1858, en présence de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie.

Toute sa vie, Louis-Napoléon, devenu empereur, garda dans son portefeuille la dernière lettre de sa mère.

Œuvres[modifier | modifier le code]

La reine Hortense a composé des romances ; qu'on peut entendre au château de Arenenberg[3],[4]. Partant pour la Syrie a été l'hymne national non-officiel.

Joaillerie[modifier | modifier le code]

Le diamant Hortensia.

Ce diamant de couleur pêche de 20 carats a été baptisé du nom de Hortense de Beauharnais, il fait partie des joyaux de la Couronne depuis son achat par Louis XIV, grand collectionneur, entre autres, de pierres précieuses. On peut l'admirer au musée du Louvre.

Odonymie[modifier | modifier le code]

Sous le Second Empire, l’empereur Napoléon III donna le nom de sa mère à trois voies publiques de Paris, mais ces appellations ne furent pas conservées par la Troisième République :

  1. l’avenue de la Reine-Hortense qui devint l’avenue Hoche en 1879.
  2. la rue de la Reine-Hortense qui devint la rue de l’Élysée en 1880.
  3. le boulevard de la Reine-Hortense, qui devint le boulevard Richard-Lenoir.

Hortensia[modifier | modifier le code]

Le nom de la fleur est souvent rattaché à celui d’Hortense, reine de Hollande, fille de Joséphine de Beauharnais en l’honneur de laquelle la plante aurait été nommée mais cette étymologie est anachronique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Guy Antonetti, Louis-Philippe, Paris, Fayard, 2002, pp.770-771
  2. Source : Dominique Hélot-Lécroart, Autour du tombeau de la Reine Hortense, Bulletin de la société historique de Rueil-malmaison n°21, 1996, pp.18-34
  3. [1] Queen Hortense at Arenenberg
  4. [2] Suite

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Joseph Turquan, La reine Hortense, Paris, Tallandier, 1922, 2 volumes

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]