Rationalisation

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Une rationalisation est un phénomène psychologique par lequel des comportements ou des cognitions sont justifiés de manière logique ou rationnelle pour éviter d'expliquer la véritable cause des cognitions ou des comportements connue consciemment ou non. Ce discours est consciemment tolérable (ou même plus admirable ou supérieur)[1]

D'une manière générale, on pourrait parler de rationnalisation dans la plupart des champs disciplinaires des sciences humaines en ce que, selon certains courants de pensée l'Homme est un être rationnalisant. Comme le souligne Elliot Aronson en parlant de la théorie des dissonances cognitives dans son ouvrage The Social Animal (1972), l'homme est plutôt décrit, selon certains théoriciens, comme un animal rationalisant plutôt que comme un animal rationnel[2].


En psychologie[modifier | modifier le code]

C'est une tentative pour se dégager d'une situation de stress affectif en l'abordant par des termes de stress rationnel. La rationalisation va consister pour le sujet à attribuer à un phénomène des causes et une logique. On nomme rationalisation, dans un sens dépréciatif, le processus conscient ou non par lequel un individu va considérer comme des choix personnels dictés par une attitude rationnelle ce qui est souvent le résultat de concours de circonstances[réf. souhaitée]. En ce sens, la rationalisation désigne des causes fictives, sert à justifier des comportements en les fondant sur la raison quand leur ressort est passionnel. On considère ce mécanisme comme une conséquence de la recherche de rationalité, également nommée soif de structure (structure-hunger) par le psychiatre Eric Berne.

En psychologie sociale, le terme de "rationnalisation" est utilisé notamment dans le cadre de la théorie des dissonances cognitives de Léon Festinger[3]. Dans cette théorie, l'individu contraint à se comporter ou penser d'une manière allant à l'encontre de ses propres attitudes rationalisera ce comportement ou cette cognition pour ne pas se trouver en état de "dissonance cognitive". Dans le cadre de cette théorie, trois stratégies de rationalisation peuvent être, selon Festinger, employées : Réduire la dissonance en conservant ses attitudes ou ses comportements (Cesser le comportement, ou changer son attitude), ajouter des éléments consonnants à ses actes ou ses attitudes (aménagement de cognition conflictuelle), ou encore tâcher de ne pas accorder d'importance aux dissonances (trivialisation).[3]

La rationalisation prend parfois des chemins très tortueux. Une expérience consiste à mettre des sujets aux commandes d'un simulateur de vol qui est à leur insu en mode de démonstration, c'est-à-dire que l'avion qu'ils pilotent a une trajectoire sans rapport avec les commandes qu'ils appliquent. On constate que la plupart des sujets se créent des systèmes explicatifs de plus en plus sophistiqués pour justifier la différence entre le comportement de l'avion et les commandes qu'ils lui donnent (vent, inertie de réaction, dysfonctionnement de volets de direction ou du moteur, etc).[réf. souhaitée]

La manifestation extrême ou pathologique de la rationalisation est le délire compensatoire.[réf. souhaitée]

En économie[modifier | modifier le code]

La rationalisation consiste en une réorganisation des méthodes de production afin d'accroître l'activité économique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Definition of rationalization » (consulté le 25 septembre 2011)
  2. http://www.rawanonline.com/wp-content/uploads/2012/09/The-Social-Animal-Aronson-English.pdf, p.186.
  3. a et b Festinger, L. (1957). A Theory of Cognitive Dissonance. California: Stanford University Press.

Annexes[modifier | modifier le code]

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