Régicide

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Régicide contre Przemysl II.

Le régicide désigne soit l’assassinat d'un roi, soit la peine de mort prononcée contre lui par une assemblée législative érigée en tribunal d'exception.

Le terme de régicide a été surtout employé au moment de la Restauration pour désigner les conventionnels qui avaient voté la mort de Louis XVI et qui ont fait ultérieurement l'objet d'une loi d'indignité et de bannissement. Toutefois, le 24 juin 1795, le futur Louis XVIII, alors comte de Provence, à l'annonce de la mort de Louis XVII au Temple, envoya de Vérone un manifeste dans lequel il prévoyait en cas de retour au pouvoir le rétablissement des anciennes institutions politiques et religieuses ainsi que la « punition des régicides »[1].

Thomas d'Aquin, suivant en cela Aristote, considère que l'assassinat peut être licite contre un tyran, mais on parle alors de tyrannicide.

Sanction[modifier | modifier le code]

Dans la France de l'Ancien Régime, un régicide ou même une tentative de régicide est puni par l'écartèlement.

Au XVIIIe siècle, cependant, la peine prévue pour régicide avait été ramenée à la peine des parricides habituelle : la main droite coupée en signe d'expiation suivie de la décapitation.

Cette complication de la peine de mort, destinée à renforcer l'horreur du crime par celle du châtiment, fut abolie à la Restauration.

Régicides célèbres[modifier | modifier le code]

  1. 1589 Henri III, roi de Pologne (1573-1575) et de France (1574-1589) par Jacques Clément.
  2. 1610 Henri IV, roi de France et de Navarre par François Ravaillac.
  3. 1622 Osman II, sultan de l'empire ottoman par le Grand Vizir Davud Pasha.
  4. 1649 Charles Ier, roi d'Angleterre.
  5. 1792 Gustave III de Suède par un complot de Jacob Johan Anckarström.
  6. 1793 Louis XVI et Marie-Antoinette par les membres de la Convention nationale
  7. 1795 Louis XVII roi de France et des Français par les membres de la Convention nationale
  8. 1801 L'empereur Paul Ier de Russie par le comte Pahlen et ses complices.
  9. 1828 Chaka Zulu, roi des Zoulous par son demi-frère et successeur Dingane et ses complices.
  10. 1881 Alexandre II de Russie par Ignati Grinevitski (Ignacy Hryniewiecki), un membre de la Narodnaïa Volia (la volonté du peuple).
  11. 1896 Nasseredin Shah, chah d'Iran par Mirza Reza Kermani.
  12. 1898 Élisabeth de Wittelsbach, impératrice d'Autriche-Hongrie, par l'anarchiste Luigi Luccheni.
  13. 1900 Humbert Ier d'Italie par l'anarchiste Gaetano Bresci.
  14. 1903 Alexandre Ier de Serbie et sa femme Draga par un groupe d'officiers.
  15. 1908 Charles Ier de Portugal par Alfredo Costa et Manuel Buiça.
  16. 1914 L'Archiduc François-Ferdinand d'Autriche et son épouse Sophie Chotek par Gavrilo Princip.
  17. 1918 Nicolas II de Russie et Alix de Hesse-Darmstadt par les partisans bolchéviques.
  18. 1934 Le Roi Alexandre Ier de Yougoslavie à Marseille.

En Angleterre[modifier | modifier le code]

Guy Fawkes (tentative avec Jacques Ier)

En France[modifier | modifier le code]

Tentatives :

Noms de vingt députés célèbres ayant voté l'exécution du roi sans appel au peuple et sans sursis lors du vote sur la mort de Louis XVI :

En Suède[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Soboul, La Révolution française, Paris, Gallimard, 1962, 2 vol, tome 2 p. 182 ; François Furet, Denis Richet,La Révolution française, Paris Fayard, 1973, p. 308.
  2. Absent au vote sur la procédure d'appel au peuple qu'il condamna verbalement lors de la procédure suivante sur la peine.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Bouchard, Jean-Christian Petitfils. Henri IV un mythe français : L’énigme Ravaillac. Le Figaro Magazine, 7 mai 2010.