Tekrour

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Le Tekrour (ou Tekrur ou Takrur) était un petit État d'Afrique de l'ouest qui s'épanouit en même temps que l'empire du Ghana. Il se trouvait dans la vallée du fleuve Sénégal. Il vivait du commerce de l'or (exploité dans la région du Bambouk), du sel d'Awlil et des céréales du Sahel, ainsi que de la traite des Noirs. Le royaume se convertit à l'islam vers le VIIe siècle.

  • La déformation française de Tekrour a donné :Toucouleur.

Selon des sources portugaises, vers 1510, l’or du Tekrour alimente deux caravanes annuelles qui par le Fezzan amènent en Égypte le métal jaune « en grande quantité »[1].

La situation politique[modifier | modifier le code]

Le Fouta, depuis le IVe siècle, connaît des pouvoirs politiques plus ou moins liés aux empires constitués dans le Soudan Occidental. Cependant, dès le XIIIe siècle et le XIVe siècle, les dynasties sont indépendantes de ces empires.

La première dynastie est celle de Dia Ogo ou la dynastie des Diao, installée dans le Tekrur au IXe siècle. Elle aurait duré 130 ans d'après Siré Abbas Soh. Leur origine et leur installation dans la région ressortent de la légende. Ils gouvernèrent sous la suveraineté ou dépendance de l'Empire du Ghana. Voici ce qu'en dit Yoro Boly Dyâo de cette dynastie Dia Ogo : «... c'est cette migration qui aurait apporté avec elle dans le pays l'industrie métallurgique. Les forgerons donnent au fer obtenu dans leurs fourneaux le nom de hogo. Si l'on remarque que ce mot fait partie de « Dyahogo », on ne peut manquer de voir là un argument en faveur de la véracité de la tradition. Les gens de cette migration étaient armés de sagaies, sabres, poignards et couteaux en fer ; ceux des grandes familles avaient des armures complètes de ce métal. C’est également cette migration qui aurait inauguré la culture du sorgho( gros mil) dans les terrains d'inondation du Fleuve Sénégal. On dit que le roi d'Égypte sous lequel eut lieu cette migration se nommait Paté Lamine (Ptolomée). Ces deux noms réunis ou pris isolément sont d'un emploi fréquent chez les Sossé (Mandingues), les Malinké, les Peuls, les Khassonké, les Sarakhollé ; ils sont d'un emploi moins fréquent en pays ouolof. ».

La dynastie des Manna a succédé à celle des Dia Ogo. Elle serait d'origine Soninké et aurait duré trois siècles jusque vers 1300. Ses origines se situent à Nioro (Mali).

Les Tondyon 1300-1400 sont la troisième dynastie du Fouta.

Au XVe siècle, des familles autochtones se sont succédé pour constituer la quatrième dynastie, Lam-Termès et Lam-Taga, farba walaldé et Lam-Toro.

À ces dynasties a succédé celle des Dényankobé qui est fondée par Koli Tenguella (qui par huit fois échoua dans sa conquête du royaume de farba avant d'y parvenir à la neuvième et d'épouser une des filles du Farba et finalement laisser le pouvoir à Diam Diam Sargane), vers le milieu du XVIe siècle (1559) et durera jusqu'en 1776, date à laquelle une dynastie théocratique (dynastie Torodo) fondée par Souleymane Baal la remplacera.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) U. Naqar-al, « Takrûr the history of a name », The Journal of African History, 1969, vol. X n°3, p. 365-374
  • (fr) Hamady Bocoum, « Contribution à la connaissance des origines du Takrour », Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Dakar, Université de Cheikh Anta Diop, 1990, n° 20, p. 159-178
  • (fr) Bruno A. Chavane, Villages de l'ancien Tekrour : recherches archéologiques dans la moyenne vallée du fleuve Sénégal, Karthala-CRA, 2000 (1re éd. 1985)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John O. Hunwick, Timbuktu and the Songhay Empire : Al-Sa'Di's Ta'Rikh Al-Sudan Down to 1613 and Other Contemporary Documents, BRILL,‎ 2003 (ISBN 9789004128224, lire en ligne)