Laâyoune

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Laâyoune
العيون
Le centre-ville de Laâyoune
Le centre-ville de Laâyoune
Administration
Pays Sahara occidental - sous contrôle du Maroc
Région Laâyoune-Boujdour-Saguia el Hamra
Province Laâyoune
Maire Moulay Hamdi Ould Errachid (PI) (2009)
Démographie
Population 188 691 hab. (2008)
Géographie
Coordonnées 27° 09′ 13″ N 13° 12′ 12″ O / 27.1536, -13.203327° 09′ 13″ Nord 13° 12′ 12″ Ouest / 27.1536, -13.2033  
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Sahara occidental

Voir la carte administrative du Sahara occidental
City locator 14.svg
Laâyoune

Géolocalisation sur la carte : Sahara occidental

Voir la carte topographique du Sahara occidental
City locator 14.svg
Laâyoune
Route reliant Laayoune à El-Marsa (Laayoune Port)
Barrage à l'entrée de Laâyoune

Laâyoune (en arabe : العيون [Al ʿAīūn], El Aaiún ou El-Ayoun, littéralement « les yeux » ou « les sources ») est la ville la plus importante du Sahara occidental. Elle est située au bord de l'Atlantique, à 500 km au sud d'Agadir et à 400 km à l'ouest de Tindouf, sur la route menant à Dakhla. Elle est contrôlée et administrée par le Maroc depuis 1975 ; elle est le chef-lieu de la province de Laâyoune (une des « provinces du Sud »), dans la région Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra.

La ville est revendiquée comme capitale par la République arabe sahraouie démocratique. El Aaiún est également le nom d'un des camps de réfugiés sahraouis de Tindouf (Algérie).

La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) a son quartier général à Laâyoune.

Population[modifier | modifier le code]

La population de la ville a atteint les 190 000 habitants en 2008[1].

Nombre d'habitants :

Année Habitants
1982 (recensement) 93 875
1994 (recensement) 136 950
1999 (estimation) 169 000
2004 (recensement) 183 691
2006 (estimation) 188 084
2008 (estimation) 190 000

Économie[modifier | modifier le code]

Laayoune a profité de la volonté de l'État d'organiser le développement des provinces du Sud (le Sahara). À ce titre, elle a bénéficié de nombreux investissements. À partir de Tarfaya, et dans tout le Sud saharien, un grand nombre de produits sont subventionnés et les fonctionnaires jouissent d'un double salaire. Ces dispositions ont largement contribué à la venue de cadres des secteurs privé et public. On verra à Laayoune assez peu de Sahraouis vêtus des amples vêtements bleus traditionnels. On remarquera en revanche nombre de gadgets électroniques et autres produits de grande consommation dans les magasins.

La ville s'organise autour d'une vaste place de conception futuriste regroupant toutes les administrations. Les bâtiments ont été conçus dans un style moderne respectant l'architecture saharienne traditionnelle.

La bande transporteuse amenant le phosphate de Boukraa (le plus long tapis roulant du monde)[2], se termine au port à Laâyoune-plage, où celui-ci est traité avant d'être envoyé par bateau. Le groupe OCP, premier exportateur mondial de phosphate, en assure l'exploitation via sa filiale Phosboucraa. Compte tenu de la situation politique, certains clients ont réduit (le géant norvégien du phosphate Yara) ou cessé (l’armateur norvégien Arnesen Shipbrokers)[3] leurs achats de phosphates auprès de cette compagnie. En février 2010, le CSTS, syndicat de travailleurs sahraouis, a protesté contre les conditions de travail de Phosboucraa[4].

L'aéroport international Laâyoune-Hassan Ier la relie à l'aéroport international Mohammed V-Nouasser de Casablanca, ainsi qu'aux aéroports d'autres villes marocaines et étrangères.

La ville abrite un centre de broyage de la société Ciments du Maroc, filiale du groupe italien Italcementi[5]. Accolé à ce centre et destiné à l'alimenter en électricité, se trouve depuis 2011 un parc éolien également implanté par Ciments du Maroc[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1934, le lieutenant colonel espagnol Antonio de Oro y installa un baraquement pour un détachement de police coloniale, sur la piste entre le cap Juby et Villa Cisneros, puis il fonda officiellement la ville en 1938, lorsqu'il se rendit compte que la nappe phréatique était prometteuse[7].

Le 17 juin 1970, des manifestants conduits par Mohammed Bassiri amènent une pétition au gouverneur général du Sahara espagnol à Laâyoune[8]. Alors que la manifestation se disperse, la police tente d'arrêter les meneurs. Les manifestants résistant, le gouvernement fait intervenir la légion étrangère espagnole qui tire sur la foule, faisant 11 morts[réf. nécessaire]. Des centaines de personnes sont arrêtées dans les jours suivants, dont Bassiri qui disparaît en prison, vraisemblablement assassiné ou torturé à mort[8].

Le 10 octobre 2010, des Sahraouis installent le camp de « protestation » de Gdeim Izik à 12 km de Laâyoune[9]. Ils réclament l'amélioration de « leurs conditions de vie (...) des emplois et des logements »[10]. Le 24 octobre, un adolescent de 14 ans faisant partie d'un convoi armé est tué par la gendarmerie lorsque le convoi essaya de s'introduire dans le camp[11]. Le 8 novembre, les forces marocaines lancent un assaut sur un camp de 28 000 Sahraouis installé près de la ville, faisant plusieurs morts dont huit parmi les forces de l'ordre et des dizaines ou centaines de blessés selon les sources. Le campement aurait été entièrement démantelé[12],[13]. Les autorités marocaines annoncent la mort de 10 policiers et de 2 civils, tandis que le Front Polisario déclare 10 morts sarahouis et 169 « disparitions »[9]. Pour l'envoyée spéciale du quotidien français Le Monde, ces chiffres sont « invérifiables »[9].

Sport[modifier | modifier le code]

Le principal club de football de Laâyoune est la Jeunesse El Massira, qui utilise le stade Mohamed Laghdaf et évolue en Botola (GNF 2).

Il existe de nombreux autres clubs sportifs appartenant à des disciplines variées, telles le basket-ball, le tennis ou le handball.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Haut-Commissariat au plan
  2. http://www.tout-sur-google-earth.com/transports-divers-f82/le-plus-grand-tapis-roulant-convoyeur-du-monde-t11583.htm
  3. « Les exportations de phosphate », sur .wsrw.org, Western Sahara Resource Watch,‎ 18 septembre 2007
  4. « Les travailleurs Sahraouis du phosphate demandent l'embargo », sur .wsrw.org, Western Sahara Resource Watch,‎ 20 mars 2010
  5. (en) Italcementi
  6. L.B., « Coût du projet : 100 millions de DH : Laâyoune se dote d'un parc éolien », Libération,‎ 24 octobre 2011 (lire en ligne)
  7. (es) López Barrios, « El Lawrence de Arabia Español », El Mundo,‎ 23 janvier 2005 (lire en ligne)
  8. a et b Laurent Pointier, Sahara occidental, Karthala, 2004, p. 78
  9. a, b et c Isabelle Mandraud, « Sahara occidental : "jour de guerre" au camp d'Agdim Izik », Le Monde,‎ 12 novembre 2010
  10. « Démantèlement musclé d'un camp de Laayoune : bilan contradictoire », Jeune Afrique,‎ 8 novembre 2010 (lire en ligne)
  11. « Sahara occidental : un mort et cinq blessés aux abords d'un camp de Laâyoune », Jeune Afrique,‎ 25 octobre 2010 (lire en ligne)
  12. AFP, « Sahara occidental : une opération des forces marocaines fait 5 morts », Le Parisien,‎ 8 novembre 2010 (lire en ligne)
  13. AFP, « Au moins six morts dans l'assaut d'un camp au Sahara occidental », L'Express,‎ 9 novembre 2010 (lire en ligne)
  14. (es) Site officiel de Montevideo
  15. Maroc-Équateur : Laâyoune et Tena scellent leur jumelage, un article paru dans le quotidien marocain Le Matin, le 27-05-2007. Consulté le 28 mai 2007

Lien externe[modifier | modifier le code]