Bouaké

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Bouaké
Blason de Bouaké
Héraldique
La Cathédrale de Bouaké
La Cathédrale de Bouaké
Administration
Pays Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
District Vallée du Bandama
Région Gbéké
Département Bouaké
Maire Nicolas Djibo
Démographie
Gentilé Bouakéen(e)
Population 659 223 hab. (2010)
Densité 9 183 hab./km2
Géographie
Coordonnées 7° 41′ 00″ N 5° 01′ 59″ O / 7.68333, -5.03306 ()7° 41′ 00″ Nord 5° 01′ 59″ Ouest / 7.68333, -5.03306 ()  
Superficie 7 178,8 ha = 71,788 km2
Localisation

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Bouaké

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Bouaké

Bouaké, appelée Gbékékro jusqu'en 1900, est une ville du Centre de la Côte d'Ivoire, située à 350 km environ d'Abidjan. Chef-lieu du département homonyme et de la région du Gbéké, avec une population d'environ 695 000 habitants pour le département, et environ 1,5 million d'habitants avec toutes les localités agglomérées qui y sont rattachées, c'est la deuxième ville la plus peuplée du pays après Abidjan. Appelée capitale des populations d'ethnie Baoulé, Bouaké était restée, de 2002 à l’élection présidentielle de fin 2010 qui a vu la victoire de Alassane Ouattara, sous contrôle des Forces armées des forces nouvelles. Cette appellation désigne les adversaires du pouvoir central de l'ancien Président Laurent Gbagbo après le déclenchement de la crise politico-militaire de 2002.

Desservie par la ligne des chemins de fer Abidjan-Niger qui relie Abidjan à Ouagadougou au Burkina Faso et dont l'exploitation est présentement assurée par la Sitarail, Bouaké constitue un carrefour commercial. Elle abrite en effet un marché de renommée sous-régionale implanté sur le site de la cathédrale Sainte-Thérèse. Bouaké s'est également rendue célèbre à travers son carnaval, événement culturel fortement médiatisé jusqu'à une date récente.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Avant le XXe siècle, le nom de la ville était Gbékékro. Kro signifiant village en baoulé, Gbékékro signifie le « village de Gbéké » en référence au chef Gossan Gbéké, ancien roi de Gbékékro au XIXe siècle.

S'agissant du nom actuel, Bouaké, deux hypothèses[1] sont formulées :

  • Le nom du chef Kwa Gbéké a connu des déformations successives pour devenir Bouaké.
  • Le nom Bouaké proviendrait de deux mots baoulés : « Boua » qui signifie mouton et « Ké » qui signifie sec. En effet, à l'arrivée des Baoulés sur les lieux, ils auraient été étonnés de voir des Dioulas faire sécher des peaux de moutons.
  • Selon des Akans de la région, à l'arrivée des Français à Gbèkèkro, les Baoulés avaient de la viande de mouton séchée sur un foyer. L’administrateur blanc a demandé comment s’appelait le village, et le chef a répondu "boua kéhé"(mouton sec), croyant que le blanc lui demandait "qu’est-ce que c’est ?" L’administrateur a écrit Bouaké. C’est depuis ce jour que ce nom serait resté, à l'instar de ce qui s'est passé pour Abidjan.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Grains de café au stade de la maturation

La ville de Bouaké se trouve au centre de la Côte d'Ivoire, sur un relief plat (7° 41′ N 5° 02′ O / 7.69, -5.03 ()), avec une importante constellation de villages autour d'elle : 143 villages sont dénombrés dans un rayon de 20 kilomètres[2]. Bouaké est recouvert d'une savane arborée et traversée par des cours d'eau dont le Bandama et le Kan. Le centre de la Côte d'Ivoire étant un peu plus « touffu » que le nord, cela explique la présence de plantations de cacaoyers et de caféiers dans la région bouakéenne[3]

Bouaké, situé à la latitude 7°69 N et à la longitude 5°03 O, s'étend sur une superficie d'environ 72 km2[4]. Desservie par les autoroutes A3 et A8, elle se situe au nord des villes de Tiébissou et Didiévi, au sud de Dabakala et Katiola, à l'est de Béoumi, Botro, Konsou et Sakassou et à l'ouest de Gorobo (sur la A8), Santama-Sokoro, Santama-Soukoura, Alangouassou et M'bahiakro.

Rose des vents Katiola, Dabakala Rose des vents
Béoumi, Sakassou, Botro N M'bahiakro.
O    Bouaké    E
S
Didiévi, Tiébissou

Climat[modifier | modifier le code]

Bouaké est influencée par un climat tropical humide. Bouaké[5] possède un climat plus « sain » qu'Abidjan dont le climat est moins salubre[6]. Le climat du nord est plus contrasté que celui du sud : l'amplitude thermique est plus élevée (22° à 35° = 13)[6]. L'ensoleillement est plus constant et l'hygrométrie plus faible qu'au sud.

On distingue deux saisons pour le climat nordique : la saison des pluies allant de mai à novembre et la saison sèche allant de novembre à mai. L'Harmattan, le vent du Sahara, intervient dans la saison sèche vers janvier février, transportant du sable et desséchant tout sur son passage[6]. La période la plus confortable pour voyager est celle de novembre à mars : le ciel est bleu, l'air sec et les nuits plus fraîches.

On distingue quatre saisons pour la ville de Bouaké[7] :

Climat - Ville de Bouaké
Mois Température (C) Précipitations (mm)
Janvier 27.1 13
Février 28.0 46
Mars 28.4 92
Avril 27.9 140
Mai 27.2 154
Juin 26.1 135
Juillet 24.8 99
Août 24.5 108
Septembre 25.5 225
Octobre 26,0 140
Novembre 26.7 35
Décembre 26.7 23

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Histoire de la Côte d'Ivoire.

Histoire pré-coloniale[modifier | modifier le code]

Avant le XIXe siècle, la ville était un important marché aux esclaves des Portugais dans le cadre du commerce triangulaire[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14], les Portugais étant les premiers Européens apparaissant dans le golfe de Guinée à la fin du XVe siècle, à l'initiative du prince Henri le Navigateur[15].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Un chef traditionnel et sa délégation exécutant des pratiques « animistes ».

Au XIXe siècle, le village Gbekekro était dirigé par le chef charismatique, sage et connu pour son autorité, Gossan Kwa Gbeke[16], de la tribu des Assabous (groupe Akan). Il suit la Reine Pokou et sa nièce Akwa Boni dans leur épopée à travers la savane Baoulé jusqu'à l'installation définitive de la famille royale Baoulé dans la région de Oualébo.

Gossan Kwa Gbeke, préside la cérémonie officielle de conclusion du traité de non-agression avec son homologue Samory Touré ainsi qu'avec la médiation des « Touré » de Marabadiassa[16]. À la mort de K.G Gossan, Kouassi Blé lui succède[16]. En 1898, la France implante sous la conduite du capitaine Benoît un camp militaire dans la région de Gbekekro, puis après la victoire des Français sur le front soudanais contre l'Almamy Samory Touré, ces derniers décident de conquérir la ville fondée par Gossan[16]. De 1898 à 1900, il s'ensuit une guerre Franco-Gbekekroise qui se solde par une défaite Gbekekroise et pousse Kouassi Blé à émigrer 12 km à l'est de Gbekekro K. Blé crée alors Kouassi-Blékro où siège la grande chefferie Gossan de Bouaké[16].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Naissance de Bouaké[modifier | modifier le code]

À la suite de la défaite du peuple gbékékrois, les colons français s'installent. À Bouaké, au début du XXe siècle, existait seulement un poste militaire, un quartier européen et trois villages baoulés[2]. Les colons français décident de fonder une ville nouvelle, administrée et structurée. C'est ainsi qu'en 1900 des liaisons s'établissent entre Bouaké, Toumodi, Tiassalé, M'Bahiakro, Béoumi, Sakassou, Marabadiassa, Katiola[16]... Quatre ans plus tard, ouvre le premier bureau de poste de Gbekekro. En 1907, des liaisons télégraphiques sont établies[16]. C'est en 1910 que Gbekekro prend la forme de ville et devient Bouaké. Cette même année William Merlaud-Ponty, gouverneur-général de l'Afrique-Occidentale française, met en place l'approbation du premier plan de lotissement de Bouaké dont les travaux seront conduits par le capitaine Colombe[16]. Deux ans plus tard, les Français mettent en place la ligne de chemins de fer entre Dimbokro et Bouaké[16].

Au fil du XXe siècle[modifier | modifier le code]

De 1952 à 1966, le centre connaît une forte densification, la ville s'étend au nord et à l'ouest, certaines localités comme Koko ou liberté étant transformées en lotissements[2]. En 1957, le maire de Bouaké, Djibo Sounkalo et le maire de Villeneuve-sur-Lot Jacques Raphaël-Leygues expriment leur volonté de faire un partenariat des deux villes[17] : le 27 juillet 1957, cette expression de partenariat se solde par un jumelage des deux municipalités. De 1966 à 1982, Bouaké, nouvellement entrée dans la période indépendante[18], connaît des modifications spatiales importantes avec l'absorption de nouveaux villages[2]. Des localités périphériques intègrent la ville : il s'agit de Belleville, Broukro, Konankankro[2]. Dans cette atmosphère d'expansion, des riverains ruraux des quartiers péri-centraux sont déplacés afin de permettre la réalisation d'importants programmes de voirie[2]. En 1971, le Centre du riz pour l'Afrique est créé et elle installe son siège dans la ville.

Dans les années 1980, la transformation de Bouaké atteint sa « phase finale » et conduit à sa configuration actuelle[2]. Le rayon d'extension de Bouaké est de 7,6 kilomètres, tous les villages figurant dans cet espace sont intégrés à Bouaké[2]. Depuis 1980, la ville s'est étendue de plus de 1200 hectares[2].

Politiquement, de 1960 à 2000, Bouaké vit au rythme de la Côte d'Ivoire : 33 ans de « règne » de Félix Houphouët-Boigny, succession d'Henri Konan Bédié en 1993, puis coup d'État de Noël 1999, fomenté par Robert Guéï qui destitue H.K Bédié à la tête du « pays d'Eburnie ».

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Élections de 2000[modifier | modifier le code]

Laurent Gbagbo, Président de la République de 2000 à 2010

En 2000, Laurent Gbagbo remporte l’élection présidentielle avec 59 % des suffrages face à Robert Guéï, qui refuse sa défaite. À Abidjan, une révolte populaire éclate en faveur de Laurent Gbagbo. Celui-ci devient alors président de la république le 26 octobre et le général Guéï reconnaît sa légitimité le 13 novembre. Lors des élections législatives organisées le 10 décembre suivant, le FPI apporte au nouveau président une confortable majorité de 91 sièges, contre 70 au PDCI-RDA, l'ancien parti unique qui a dirigé le pays pendant plus de 30 ans, et 16 indépendants. La Côte d'Ivoire, et notamment sa capitale économique et principale métropole, Abidjan, devient, pendant ces élections, le théâtre de violents affrontements. Pour sa part, Bouaké, tout en prêtant une oreille attentive aux évènements, ne vibre pas au « son violent et sanguinaire » d'Abidjan[19].

2002 : la prise de Bouaké[modifier | modifier le code]

Deux ans plus tard, Bouaké devient le bastion des rebelles opposés au gouvernement central d'Abidjan qui occupent la moitié nord du pays. Le 19 septembre, des soldats rebelles venus du Burkina Faso tentent de prendre le contrôle de la ville d'Abidjan. Après l'échec de leur tentative, les putschistes sont repoussés et se replient sur Bouaké. La rébellion, qui prendra plus tard le nom de Forces nouvelles, occupe progressivement la moitié nord du pays le coupant ainsi en deux : le sud tenu par les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) et le nord tenu par les Forces nouvelles. Bouaké, la plus peuplée des villes sous le contrôle de la rébellion, devient alors la « capitale des rebelles ».

Bouaké, capitale des rebelles et rivale d'Abidjan[modifier | modifier le code]

Bouaké, capitale du pays nordique rebelle opposé à Abidjan, capitale du sud loyaliste.

Dès cet instant, Bouaké est symboliquement opposé à Abidjan, cette dernière devenant « Abidjan capitale des loyalistes et du sud » et « Bouaké capitale des rebelles et du pays nordique » (le territoire occupé par les rebelles représente 60 % du territoire national ivoirien). Bouaké qui n'a pas connu la violence de novembre 1999 et 2000, observe des combats entre rebelles et forces gouvernementales, et passe de mains en mains ; des exécutions sommaires se multiplient, de chaque côté. Les FN exécutent des centaines de militaires loyalistes notamment au Stade de Bouaké qui connaît alors sa « période noire ». Des recrutements de forces sont opérés chez les adolescents Bouakéens afin d'intégrer les Forces armées des Forces nouvelles. Durant les jours suivants et jusqu'au mois de novembre, de nombreux syndicalistes, étudiants, opposants politiques du RDR ou des partis proches du RDR, soupçonnés d'être à l'origine de la rébellion, ou militants d'organisations communistes sont exécutés par les forces de l'ordre ou par des miliciens. Trois cents personnes au total ont ainsi été assassinées à l'automne 2002. Des centaines d'étrangers ou de personnes suspectes sont également massacrées par les FANCI ou les mercenaires libériens.

Pour répondre à ces massacres loyalistes, des scènes similaires ont lieu à Bouaké entraînant la fuite vers le sud d'un million d'Ivoiriens alors appelés « déplacés de guerre ». Parmi les principaux dirigeants des rebelles, Guillaume Soro, chef du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), parti principal des rebelles, est issu du syndicat étudiant proche du FPI de Laurent Koudou Gbagbo mais a aussi été colistier d'une candidate RDR aux élections législatives de 2000, Henriette Diabaté. Les soutiens augmentent progressivement : Ouagadougou se positionne derrière Bouaké tandis que Pretoria se range derrière Abidjan.

Tentative de retour de paix[modifier | modifier le code]

Le 26 janvier 2003, les accords Kléber (dits « de Marcoussis »), sont signés et très vite contestés à Abidjan. Le 27 février 2004, dans sa résolution 1528, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise la formation de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), qui regroupe les forces françaises et celle de la CEDEAO (l'ECOMOG), pour une durée initiale de douze mois à compter du 4 avril 2004.

Exactions et crimes[modifier | modifier le code]

Bien que le nord de la Côte d'Ivoire soit considéré par les rebelles comme libéré, de nombreuses exactions ont été commises un peu partout. Plusieurs charniers et fosses communes ont été trouvés par l'ONU et des organisations non gouvernementales comme Amnesty International[20].

Parallèlement, les rebelles mettent à sac les banques de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) de Bouaké. Bien que le butin ne soit pas connu avec précision, il est estimé à plusieurs milliards de francs CFA (un milliard de francs CFA = un million et demi d'euros). Plusieurs militaires français de l'Opération Licorne sont arrêtés pour avoir ramassé des sacs remplis de billets abandonnés par les pillards[21].

Le retour des tensions[modifier | modifier le code]

Signe de tensions

Dès octobre 2004, la tension remonte entre Bouaké et Abidjan et des signes indiquent que les deux camps désirent en découdre à nouveau. Des soldats de l'ONU ouvrent le feu sur des manifestants défavorables au désarmement des rebelles le 11 octobre. Les Forces nouvelles (FN), annoncent le 13 octobre leur refus de se laisser désarmer face aux achats massifs d'armes des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (FANCI). Elles ont en effet intercepté deux camions des FANCI chargés d'armes lourdes faisant route vers la ligne de démarcation. Le 28 octobre, elles décrètent l'état d'urgence dans le nord du pays.

L'Opération dignité

Abidjan décide d’une contre-offensive, baptisée « opération Dignité » (parfois appelée « opération César »). Un film de propagande soutient que cette opération s'est faite avec l'accord de l'Élysée, mais sur ce point, les commentateurs politiques ne sont pas d'accord [22].

La responsabilité de la prise de décision du bombardement n’est toujours pas établie[23]. Le 4 novembre, l'aviation récente des FANCI commence des bombardements sur Bouaké. Des combats opposent les forces terrestres les jours suivants mais les FANCI ne parviennent pas à percer. Au total, les Forces nouvelles annoncent la mort de 85 civils[24] dans les bombardements du 4 au 6 novembre.

Les journées du 6 au 9 novembre 2004

Le 6 novembre 2004, un bombardement par l'aviation ivoirienne d'une position de l'armée française fait neuf morts et 39 blessés parmi les militaires du contingent français ainsi que la mort d'un scientifique américain du Centre du riz pour l'Afrique. L'armée française neutralise complètement l'aviation ivoirienne dans les jours qui suivent et la détruit. S'ensuivent de violents affrontements entre Jeunes Patriotes et armée française à Abidjan. Face à cette situation, Charles Blé Goudé fait une déclaration solennelle dans les médias, c'est l'Appel du 6 novembre[25].

La marche vers la paix[modifier | modifier le code]

Courant décembre, le président Gbagbo relance le processus de modification de la Constitution prévu dans les différents accords, de Marcoussis comme d'Accra III[26]. Le 17 décembre 2004, le projet est adopté par l'Assemblée nationale, 179 députés ayant voté oui contre 19 députés ayant voté non. Cette modification ne porte que sur un mot de l'article 35 ; la phrase « Le candidat doit […] être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père et de mère ivoirien d’origine » devenant « Le candidat doit […] être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d’origine » ce qui ouvre la candidature à l'élection présidentielle. En novembre 2004, le président sud-africain Thabo Mbeki est mandaté par l'Union africaine comme médiateur[27].

Les accords historiques de Ouagadougou[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accord de Ouagadougou (2007).
Le « facilitateur », Blaise Compaoré

Le 4 mars, de nouveaux accords de paix sont signés à Ouagadougou[28]. À la différence des précédents accords, un dialogue direct s'est établi entre les deux parties avec comme seuls médiateurs le président Blaise Compaoré, désigné comme facilitateur, et la communauté catholique Sant'Egidio qui a œuvré très discrètement depuis les Accords de Marcoussis.

Cet accord a conduit le président Laurent Gbagbo à nommer le 29 mars Guillaume Soro, secrétaire général du MPCI, chef d'un gouvernement de transition dont la liste des membres est fixée par décret le 7 avril. Dans la perspective d'une sortie de crise, une ordonnance[29] est publiée le 12 avril. Elle proclame une amnistie sauf pour les infractions économiques. Un des principaux points de l'accord de Ouagadougou est la mise en place d'une procédure de révision des listes électorales qui devrait permettre l’inscription de trois millions de nouveaux électeurs[30].

La « zone de confiance », qui désignait la zone de séparation entre zone rebelle et zone loyaliste, est progressivement démantelée à partir du 16 avril[31], comme prévu dans ces accords.

Attentat du 29 juin[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 2007, Guillaume Soro (Premier ministre ivoirien) échappe à un attentat à la roquette lors de l'atterrissage de l'avion dans lequel il était à l'aéroport de Bouaké. Quatre passagers sont décédés (deux gardes de corps de Soro, un membre de son cabinet et un journaliste) et plusieurs sont grièvement blessés[32].

Flamme de la paix[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Flamme de la paix.
Les chefs d'État africains lors de la Flamme de la paix

Le 30 juillet 2007, pour sceller la paix en Côte d’Ivoire, la cérémonie de la Flamme de la paix est organisée pour la première fois au Stade Municipal de Bouaké rebaptisé à ce jour Stade de la Paix. Ce jour est décrété férié dans le calendrier ivoirien.

Administration[modifier | modifier le code]

La ville est membre de l'Union des villes et communes de Côte d’Ivoire, de l'Union des villes africaines et de Association internationale des maires francophones dont le président actuel est Bertrand Delanoë. Elle est également membre de la Fédération Mondiale des Cités Unies (FMCU)[33].

La municipalité est devenue autonome en 1969[34]. En 1978 une loi[35] institua 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays. C' est en application de cette nouvelle organisation que Michel Konan Blédou du PDCI-RDA fut élu maire en 1980 pour succeder à Djibo Sounkalo (PDCI-RDA)[36]. Il est réélu en 1985 pour un second et dernier mandat. En 1990, Antoine Konan, du même parti politique, est élu maire de Bouaké. Cinq plus tard Denis Konan Konan, également membre du PDCI-RDA, est élu maire de Bouaké. Aux élections municipales de 2000, Fanny Ibrahima, du RDR, est élu maire de la ville et il devient ainsi le premier maire n'étant pas du PDCI-RDA, l'ancien parti unique au pouvoir dans le pays pendant 35 ans. Aux élections locales de 2013, les premières depuis la fin de la crise politico-militaire en Côte d'Ivoire, Nicolas Youssouf Djibo est à son tour élu maire de la ville en tant que candidat indépendant.

Liste des maires successifs
Date d'élection Identité Parti
1960 Djibo Sounkalo PDCI-RDA
1980 Michel Konan Blédou PDCI-RDA
1985 Michel Konan Blédou (réélu) PDCI-RDA
1990 Antoine Konan PDCI-RDA
1995 Denis Konan PDCI-RDA
2000 Fanny Ibrahima RDR
21 avril 2013 Nicolas Djibo RDR (élu sans étiquette)

Après la crise politico-militaire, Bouaké et la majeure partie des localités du centre, a été placée sous l'administration du MPCI, puis des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire[37] et se trouvait de fait sous l'autorité unique d'un « commandant de zone » ( « com-zone » ). Ce « commandant de zone » est désigné par le secrétaire général des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire et actuel premier ministre, Guillaume Soro, comme pour chacun des dix secteurs de la zone nord ivoirienne, Bouaké étant désignée depuis 2006 sous le terme de Zone no 3[38]. Actuellement, il s'agit de Chérif Ousmane qui a succédé à Tuo Fozié. Cette autorité existe toujours en 2008 et cohabite avec les fonctionnaires de l'état, préfet et sous-préfet, revenus dans la région.

Le département, collectivité territoriale, est administré par un conseil général conduit par son président en vertu de la Loi no 2001-477 du 9 août 2001 relative à l'organisation des départements en Côte d'Ivoire.

Conseillers généraux
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Jean-Claude Kouassi PDCI-RDA Homme politique élu

Comme dans la plupart des villes et villages africains, une organisation traditionnelle, dite coutumière, coexiste avec celle de l'état : c'est ainsi qu'un « Conseil des Anciens », dirigé par le « Chef de canton », siège périodiquement ou occasionnellement sous l’« arbre à palabres » [39],[40].

Représentation politique[modifier | modifier le code]

L'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire compte 223 députés élus pour cinq ans[41]. La ville de Bouaké comporte trois circonscriptions.


Députés de Bouaké commune
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Mme Djibo Aya Martine PDCI-RDA Femme politique élu
Députés de Bouaké commune
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Konan Konan Denis PDCI-RDA Homme politique élu
Députés de Bouaké commune
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2001 Ouattara Sounkalo PDCI-RDA Homme politique élu

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le 16 décembre 2005. Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction.

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

À la création de la ville, en 1910, Bouaké était essentiellement peuplée d'autochtones baoulé, d'africains émigrés et de troupes sous l'uniforme français. À l'indépendance de la Côte d'Ivoire, en 1960, les habitants étaient au nombre de 60 000. Dix ans plus tard cette population a doublé grâce à une immigration issue des pays voisins (Guinée Conakry, Mali, Burkina Faso, Niger et Sénégal) et à une forte natalité[42].

La population bouakéenne, est constituée essentiellement de Baoulés originaire du Ghana. Étant la deuxième ville la plus peuplée de la Côte d'Ivoire, Bouaké a bénéficié d'une immigration extra-nationale et d'une assez forte immigration régionale des peuples Dioula, Agni, Akyé, Bété, Mossi

Démographie de Bouaké
Année Population
1921 3 600
1945 22 000
1960 60 000
1970 120 000
1975 175 264
1988 332 998
1998 461 618
2005 573 000
2010 659 223

Langues[modifier | modifier le code]

Article connexe : Langues de Côte d'Ivoire.

La langue traditionnelle de la ville était le baoulé. Depuis l'indépendance, la langue officielle à Bouaké et dans toute la Côte d'Ivoire est le français. Le français parlé à Bouaké comme à Abidjan est appelé le français populaire ivoirien ou français de moussa. Celui-ci se distingue du français standard par la prononciation. Une autre forme de français parlé à Bouaké est le nouchi qui est une sorte d'argot parlé surtout par les jeunes. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population commerçante de Bouaké, est le dioula. Enfin, la ville accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays comme Abidjan, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées : l'attié, l'agni, le bété, le wobé

Éducation[modifier | modifier le code]

C'est à Elima, dans le sud du pays, que sera créée la première école officielle française en Côte d'Ivoire le 8 août 1887 avec pour instituteur Fritz-Emile Jeand'heur venu d' Algérie. Elle comptait alors 33 élèves africains qui seront les premiers lecteurs en langue française. Elle fonctionnera pendant trois ans avant d'être transférée en 1890 à Assinie par Marcel Treich-Laplène, le nouveau résident de France. D'autres écoles de village seront créées à partir de 1890, à Jacqueville, Grand-Bassam, Moossou, Tabou, Béttié, localités toutes situées sur le littoral du Golfe de Guinée. Elles fonctionnaient avec des maîtres d'écoles occasionnels et regroupaient environ deux cents élèves en 1895. Le premier mars 1904, il y avait 896 élèves en Côte d'Ivoire pour une population estimée un peu supérieure à deux millions d'habitants. Bouaké accueillera l'une des dix-huit écoles de village créées en 1903. Elle comportait 38 élèves encadrés par deux instituteurs. Ils deviendront les premiers « lettrés » de la région. Le premier instituteur ivoirien, Loua Beugré, sera diplômé en 1912, entré à l' école normale de Saint-Louis au Sénégal en 1909, après avoir été formé à Bingerville. En 1911, il y avait, en Côte d'Ivoire, un groupe scolaire central à Bingerville, 16 écoles régionales et 26 écoles de village. En 1915, l'ensemble des établissements scolaires en Côte d'Ivoire accueillait 3317 élèves encadrés par un corps enseignant qui, outre les étrangers, comportait 17 instituteurs ivoiriens et 50 moniteurs ivoiriens. En 1924, il y avait 4354 élèves dont seulement 211 filles. En 1932, 6722 élèves dont 627 filles étaient scolarisés.

Jusqu'au début des années 50, il n'existait pas d'école secondaire à la colonie. Les premiers élèves ivoiriens scolarisés dans un lycée le seront en France via l'Aventure 46, initiée par Félix Houphouët-Boigny, alors député du PDCI-RDA élu en novembre 1945 à l'Assemblée constituante[Note 1], et menée à bien avec l'appui du gouverneur André Latrille en dépit des fortes réticences de l'administration coloniale.

En 2008, la ville compte une université et le département comporte 27 lycées et 316 écoles primaires.

Enseignement supérieur
Publique

Enseignement primaire
Public

  • École primaire Publique Zone1
  • École Bambi
  • École espérance
  • Educative de Nimbo
  • Les Heures claires
  • EPP MTCI

Enseignement secondaire
Lycée Public

  • Lycée classique
  • Lycée technique
  • lycée Djibo Sounkalo (ex lycée Municipal)
  • Lycée moderne Belleville

Lycée privé

Collège public

  • College de jeunes filles
  • Collège moderne TSF
  • Lycée moderne de Nimbo (ex COB)
  • College G. Koko (ex-CEG KOKO)

Collège privé

  • Collège Marie-Thérèse-Yamousso
  • Collège Martin-Luther-King
  • Collège moderne Saint-Jacques
  • Collège Victor-Hugo
  • Collège Ruth-Fidèle
  • Collège Ouezzin-Coulibaly
  • Collège Renaissance
  • Collège Moderne N'Takpe
  • Collège Saint-Viateur
  • Collège international chrétien
  • Collège Adventiste

En Côte d'Ivoire, le taux de scolarisation est de 74 %[45] et l'accès à l'enseignement secondaire est réglé par un concours d'entrée en sixième à l'issue duquel un tiers des élèves est admis à poursuivre ses études.

À tous les niveaux d'enseignement, c'est l'usage du français qui prévaut en vertu de l'article 1 de la constitution de 1960 qui a fait du français la seule langue officielle[46]. Au primaire, les élèves doivent obligatoirement parler français « sous peine d'amende », y compris pendant les récréations. Les autorités affirment qu'au terme de leurs six années d'études primaires, les enfants ivoiriens auraient une maîtrise suffisante de la langue française. Au secondaire, l'anglais a été introduit comme seconde langue obligatoire ; au deuxième cycle, les élèves doivent apprendre une autre langue étrangère, l'espagnol ou l'allemand. Il en résulte que 40 % de la population est déjà « francisée », ce qui fait de la Côte d'Ivoire l'un des pays d'Afrique les plus « francophonisés »[Note 2].

Le département compte aussi trois Institutions de Formation et d'Éducation Féminine situées au chef-lieu, soit trois des 90 centres de cette nature existant dans le pays. Cette institution a pour objet de permettre aux femmes analphabètes, aux jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées, aux femmes agricultrices de trouver une opportunité pour le développement d'aptitudes nouvelles permettant leur insertion ou leur autonomisation[47].

Religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Archidiocèse de Bouaké.

Bouaké est le siège d'un archevêché catholique.

Santé[modifier | modifier le code]

La maternité de Koko

La ville dispose d'une offre de soins complète. Outre les centres de tradipratiques et de médecine traditionnelle, les officines illégales de ventes de médicaments en pleine rue, il existe plusieurs centres de santé et des pharmacies. La ville comporte des polycliniques, et des établissements spécialisés (vétérinaire, dermatologie, dentistes, optométrie, maternité, psychologie, pédiatrie, etc.).

Le CHU de Bouaké

Urbanisme et habitat[modifier | modifier le code]

La ville de Bouaké est composée de plusieurs quartiers et de quelques villages alentours. Ces villages, du fait des facteurs démographiques sont progressivement phagocytés par certains quartiers. Les différents quartiers de la ville sont les suivants :

  • Au Nord-Est : Dougouba; Liberté ;Kodiakoffikro ; Attienkro; Dar-es-salam 2 et 3 ; Camp Militaire; Belleville 1 et 2  ; Sokoura ; IDESSA; Kanakro ;
  • Au Nord-Ouest : Koko ; Lycée Municipal ; Zone industrielle ; Tièrèkro ; Gonfreville ; Niankoukro ; Aéroport ; Konankankro; Allokokro ; Mamianou ; Kamounoukro ; Dar-es-salam 1 ; Tolla Kouadiokro ;
  • Au Sud-Est : Nimbo ; Air France 1, 2 et 3 ; N'Gouatanoukro ; Kennedy
  • Au Sud-Ouest : N'Gattakro ; Ahougnanssou ; Broukro 1 et 2 ; Houphouët-ville

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la ville a été fortement sinistrée par ces années de crise militaro-politique. Cependant Bouaké reste la troisième économie du pays après Abidjan et San-Pédro. Le PIB de Bouaké est de 0,758 milliards de dollars soit un peu plus de 3 % du PIB ivoirien. Bouaké est située au carrefour des grands axes routiers et ferroviaires, et à la lisière de deux grandes zones à économies complémentaires, une situation géographique faisant d'elle un lieu privilégié d'échanges.

Article connexe : Économie de la Côte d'Ivoire.

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

La région comporte des plantations de cacaoyers[48],[49], et de caféiers[50],[51],[52]. L'agriculture locale produit aussi des ignames, des bananes plantains, du manioc, du sorgho, du mil, des ananas. Une première ferme-école a été créée à Bouaké en 1910.

Pêche[modifier | modifier le code]

Grâce à la retenue d'eau du barrage de Kossou qui couvre 1 750 km2, la pêche, qui était auparavant peu pratiquée en pays baoulé, a connu, à partir de 1969, un considérable essor. On y pêche des carpes et des capitaines destinés pour l'essentiel à la consommation locale.

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

Le premier atelier d'égrenage du coton a été créé dans la ville en 1912. Une usine textile, l'usine de Gonfreville, est installée dans la ville depuis 1921[53].

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Minicar de transport interurbain de voyageurs en Côte d'Ivoire

La ville de Bouaké dispose d'un aéroport (ICAO : DIBK et IATA : BYK) qui met Abidjan à 1 h 30 de vol. Des autocars de différentes compagnies assurent le voyage régulier aller-retour de Bouaké vers les autres villes ivoiriennes. Les villes voisines sont aussi reliées à Bouaké à l'aide de taxis brousse avec 9 à 22 places assises et des gbakas.

Quant au déplacement à Bouaké, vous avez le choix entre les taxis ordinaires et les moto-taxis.

Située sur la ligne du chemin de fer qui relie Abidjan à Ouagadougou au Burkina Faso, Bouaké dispose d'une gare ferroviaire exploitée par la Sitarail.

Train[modifier | modifier le code]
Origine Arrêt précédent Train Arrêt suivant Destination
Abidjan Adjamé Non précisé Ferkessédougou Ouagadougou


Commerce[modifier | modifier le code]

Pousse-pousse au marché de Bouaké

La ville est animée par un marché quotidien, appelé « Super Marché », le marché de la cathédrale Sainte-Thérèse où les villageois des alentours viennent s'approvisionner et vendre leur production, comme dans toutes les villes du pays. Comme partout en Afrique, il est d'usage de discuter le prix. Les marchandises, entre le taxi brousse et l'étal des vendeurs ou vendeuses, sont la plupart du temps transportées par des pousse-pousses, lesquels sont parfois tirés par des enfants, le travail des enfants[Note 3] étant ici très répandu, par la force des choses, puisque la scolarisation, pour beaucoup, cesse vers 13 ou 14 ans.

Après la prise de contrôle de tout le nord du pays par les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire en 2002, le commerce transfrontalier avec le Mali et surtout le Burkina Faso s'est considérablement développé, l'approvisionnement par le sud étant devenu très difficile et aléatoire. Il en a résulté une moindre taxation des marchandises, la vie devenant ainsi meilleur marché au nord qu'au sud, contrairement à la situation antérieure, même si la pratique de la « taxation directe à la source », très répandue dans les pays du tiers-monde, perdure comme dans la partie sud du pays, au détriment du niveau de vie de la population[54], [55]. Bouaké s'approvisionne pour l'essentiel en denrées alimentaires à partir des pays voisins (Burkina Faso, Mali, Guinée…) et s'astreint à consommer « local ». La viande de brousse est plus présente que celle de bœuf. Les prix sont globalement moins élevés qu'à Abidjan (le kilogramme de viande se vend ici à 1 000 F CFA, contre plus du double dans la capitale économique), la zone étant devenue un no man's land fiscal.

Banques[modifier | modifier le code]

La quasi-totalité des établissements du réseau bancaire ivoirien est représentée à Bouaké : SGBCI, BICICI, ECOBANK, BANK ATLANTIQUE, BNI(Banque Nationale d’Investissement), BCEAO (Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest), CECP (Caisse d’Épargne et de Chèques Postaux), COOPEC (Coopérative d’Épargne et de Crédit).

Tourisme[modifier | modifier le code]

Bouaké organise chaque année un célèbre carnaval dont l'apothéose se situe au Palais du carnaval.

Le Bouaké by night a longtemps été, avant 2002, organisé autour de l'emblématique maquis « Papagaye », où tous se rencontraient pour de longues nuits à la bière, aux plats d'attiéké, au poulet grillé ou au poisson braisé et du night-club Le Fokker 100. La ville, comme la plupart des villes d'Afrique, compte de nombreux autres maquis et des allocodromes.

Culture[modifier | modifier le code]

Bouaké dispose de deux salles de cinéma fermées, à la différence de beaucoup de villes africaines dotées de cinémas en plein air : le Capitol et le cinéma Liberté. L'essentiel de sa programmation propose des films de karaté, des films égyptiens ou des films indiens venus de Bollywood. Comme dans la plupart des pays du tiers-monde, le cinéma indien est très apprécié en Afrique de l'ouest. La ville est équipée d'un centre culturel, le Centre culturel Jacques-Aka.

Sports[modifier | modifier le code]

La ville compte de nombreux clubs de karaté et plusieurs piscines municipales. Elle compte aussi le Stade de la Paix consacré au football.

Football[modifier | modifier le code]

En 2008, Bouaké est représenté par le club de VAC Bouaké, actuellement en Championnat de division 3. Quatre autres clubs de football, le Bouake FC, l' Esperance Club De Bouaké, l'Alliance Bouaké et l'ASC Bouaké évoluent en Championnat de Division Régionale, équivalent d'une « 4e division » [56]. Ce dernier club a remporté la Coupe de Côte d'Ivoire de football face à l'EECI en 1988, succédant ainsi à Africa Sports et en a été finaliste en 1993, face à l'Africa Sports. Son retour sur la scène ne se fera qu'en 2001 où elle sera finaliste malheureux de la Coupe nationale face à l' Alliance Club De Bouaké qui remportera le derby sur un score de 2-0.

Bouaké possède également de nombreux centres de formations et académies de football[57] : le CF Amian Bouaké (CFAB), le CF Les Anges Noirs Bouaké, le CF de Football Caïman Bouaké, le CFD au métier du football Bouaké, le CF espoirs de Chao Bouaké, le CF Jumeaux de Bouaké, le CF de football de Koko, le CF Laboratoire de Bouaké, le CF Otto Sophie, le CF Santos Dar-es-Salaam, le CF Maxi-Foot, l'EF de l'Auberge Bouaké, EF de Dar-es-Salaam de Bouaké, EF Edgar Kouadio Kintonou, Nouvelle Génération de Bouaké.

Au niveau continental, Bouaké a accuelli avec Abidjan la Coupe d'Afrique des Nations de football 1984 remportée par le Cameroun face au Nigeria. À cette occasion, pour supporter l'équipe nationale, le gouvernement a décidé de fermer les écoles pendant la durée de la compétition. Bien que l'équipe nationale ait été éliminée dès le premier tour de l'épreuve, aucun cours n'a eu lieu pendant 2 semaines...

Le stade de Bouaké[modifier | modifier le code]

Le stade de la Paix en pleine réhabilitation en 2007 pour l'évenement Côte d'Ivoire-Madagascar.

Le stade municipal de Bouaké ou le stade de la Paix, d'une capacité de 35 000 sièges, d’une dimension de 119 x 73 (football-rugby), construit sous la forme d’une couronne ovale avec un profil en travers de 24 gradins est le mythique stade de la ville de Bouaké. Il a accueilli plusieurs grands événements sportifs, politiques et culturels : en 1984, il accueille, avec le stade Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan, la Coupe d'Afrique des nations de football 1984 ; en 1985, Alpha Blondy livre un gigantesque concert dans cette enceinte.

Pendant la crise ivoirienne de 2002 à 2007, c'est la « période noire » puisque ce stade a servi à l'exécution de prisonniers militaires et politiques.

La crise terminée, le stade subit une rénovation afin d'accueillir le 3 juin 2007 un match classé « historique » entre la Côte d'Ivoire et le Madagascar qui se solde par une victoire 5-0 de la « Séléphanto » ivoirienne.

Le 31 juillet 2007, ce stade accueille la grandiose cérémonie de la Flamme de la paix symbolisant la fin de la Crise politico-militaire en Côte d'Ivoire en présence de personnalités tels que : Guillaume Soro, Laurent Gbagbo, Amadou Toumani Touré, Blaise Compaoré, Yayi Boni, Faure Gnassingbe, Nino Viera, Thabo Mbeki, etc.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

  • La Gare Ferroviaire de Bouaké, construite par la Régie des chemins de fer Abidjan-Niger, constitue une étape sur la ligne Abidjan-Ouagadougou.
  • La ville est dotée de l'Aéroport de Bouake.
  • Créée vers 1921, l'usine textile, les Établissements Robert Gonfreville, qui comptait en son sein trois filatures, trois tissages, une teinturie fil, une teinturie tissus, une impression de pagne fancy et une confection ont été divisés en deux. La partie Filature tissage est devenu FTG (Filature tissage Gonfreville), la partie teinture impression de pagne est devenue TEXCODI.
  • Le marché de gros de Bouaké : l'investissement total de ce marché est de l'ordre de 23,5 millions USD, avec 10,5 millions USD pour la construction des infrastructures physiques. L'ensemble a été financé par l'Union européenne dans le cadre du 7e Fonds européen de développement (FED). Bouaké est déjà la plaque tournante dans le pays pour le commerce de l'igname. Le regroupement de l'offre se fait à Bouaké, ensuite la distribution se fait à travers tout le pays et vers le Mali et le Burkina Faso. Le marché de gros accueille le commerce d'igname et celui d'autres produits vivriers.

Personnalités liées à la région[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) D’où vient le nom de Bouaké ?
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i (fr)Valentin Kouassi N'Guessan - Processus d'Extension spatiale urbaine et subsistance des activités agricoles à Bouaké
  3. (fr) Côte d'Ivoire géographie et climat
  4. (fr) Direction régionale de Bouaké
  5. (fr) Le climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire Tourisme
  6. a, b et c Climat : la Côte d'Ivoire peut être divisée en deux zones climatiques
  7. (fr) Reprise post-partum et cyclicité des vaches trypanotolérantes en fonction de la variation saisonnière en région centre Côte d'Ivoire
  8. (fr) Présentation de la Côte d’Ivoire sur Diplomatie.gouv.fr
  9. L'holocauste noir
  10. Le monde diplomatique
  11. Après une lutte acharnée, la République française, sous l’impulsion de la députée de la Guyane, Mme Christiane Taubira-Delanon, a finalement reconnu en mai 2001, la traite négrière européenne comme un « crime contre l’Humanité »
  12. Bulletin officiel
  13. Le Monde
  14. Histoire de l'esclavage
  15. Au XVe siècle, le Traité de Tordesillas avait partagé le monde en deux : aux espagnols l'Amérique, à l'exception du Brésil, et aux portugais l'Afrique
  16. a, b, c, d, e, f, g, h et i (fr) l'Histoire de Bouaké sur Rezo-Ivoire.net
  17. (fr) Découvrez le jumelage
  18. Le 7 août, la France et F.H-Boigny proclament l'indépendance de la Côte d'Ivoire
  19. Chronologie de la Côte d'Ivoire
  20. Amnesty International, Côte d'Ivoire : Une suite de crimes impunis, 27 février 2003.
  21. Des militaires pilleurs de banque sur RFI actualité.
  22. Didier Fassio et Elio Comarin, dans leur reportage La Bataille d'Abidjan, Arte 2006, affirment que Paris était d’accord. Pour sa part Vincent Hugueux, de l'Express, rapporte l'opposition de la France article du 18 mai.. Quant au Nouvel Observateur il suppose que cet accord de la France serait un malentendu entre Laurent Gbagbo et Jacques Chirac
  23. Abidjan.net laisse entendre que c’est le chef d’état-major ivoirien qui aurait décidé seul d’attaquer l’armée française [1] (article du 12/12/2006), relayé par Bakchich info : Confidences d’une barbouze volante, 16 février 2007 [2], consulté le 4 juin 2007.
  24. Sur Vulgum.org, article 1173.
  25. Les événements entre le 31 octobre et le 9 novembre 2004 sur NouvelObs.com.
  26. Information sur Kas.de.
  27. Les bons offices de Thabo Mbeki sur RFI actualité.
  28. Les accords de paix de Ouagadougou sur Le Faso.net.
  29. Ordonnance N° 2007 457 du 12 avril 2007 portant amnistie.
  30. Sortir de la crise avant la fin de l’année sur RFI actualité.
  31. Début de démantèlement de la ZDC sur RFI actualité.
  32. Guillaume Soro échappe à un tir de roquette à Bouaké, dépêche de Reuters du 29 juin 2007.
  33. (fr) Bouaké Côte d'Ivoire
  34. (en) Bouaké -- Britannica
  35. Loi no 78-07 du 9 janvier 1978
  36. en vertu de la loi 11-1180 du 27 octobre 1980
  37. Le site officiel des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire
  38. Organisation des dix secteurs du nord ivoirien sous la tutelle du MPCI
  39. Le chef coutumier[PDF].
  40. Le rôle des chefs de village en Afrique.
  41. Liste des députés de Côte d'Ivoire
  42. (fr) Découvrez la ville de Bouaké
  43. On entend par école française une école qui a signé une convention avec l'ADFE
  44. Site de l'ADFE
  45. Scolarisation en Côte d'Ivoire
  46. Loi n° 60-356 du 3 novembre 1960, portant Constitution de la République de Côte d'Ivoire, Journal Officiel de la République de Côte d'Ivoire, n° 58, Abidjan, numéro spécial du 4 novembre 1960.
  47. Site du SNDI
  48. La Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial de cacao, devant le Ghana et la Malaisie
  49. Le marché du cacao
  50. La Côte d'Ivoire est le quatrième producteur mondial de café
  51. Le marché mondial du café
  52. Le caféier et le cacaoyer ont été introduits en Côte d'Ivoire par Assinie, respectivement en 1880 et 1861
  53. Article de Allafrica sur l'usine textile de Gonfreville
  54. Afrik.com
  55. Site chamco-ci
  56. Championnat de Football de Côte d'Ivoire
  57. (fr) Club et AFAF de Côte d'Ivoire

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En octobre 1945, le gouvernement français, décidé à faire participer ses colonies à l’Assemblée constituante, a organisé l’élection de deux députés en Côte d’Ivoire : l’un représentant les colons, l’autre les autochtones.
  2. Le monde francophone compte environ 200 millions de locuteurs.
  3. Le BIT considère comme « travail des enfants » le travail fait par les personnes de moins de 18 ans

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Romans et récits[modifier | modifier le code]

  • Patrick Grainville, Les Flamboyants,‎ 1976[1]
  • Pierre Frégeac, Carnaval sous les manguiers, Editions Hagège,‎ 1998[2]
  • Philippe De Baleine, Le petit train de la brousse, Paris, Filipacchi,‎ 1985
  • Philippe De Baleine, Nouveau voyage sur le petit train de la brousse, Paris, Filipacchi,‎ 1992

Bouaké[modifier | modifier le code]

  • P. Sirven, L'évolution des villages suburbains de Bouaké,‎ 1972
  • AG. Coche, Développement de la pêche dans le lac de Kossou (Côte d'Ivoire). Résultats et recommandations,‎ 1975
  • Collectif, République de Côte d'Ivoire : Recensement démographique de Bouaké Juillet-Août 1958, Sté EGMC,‎ 1958
  • Benoit Lootvoet, L'artisanat et le petit commerce dans l'économie ivoirienne - Éléments pour une analyse à partir de l'étude de quatre villes de l'intérieur : Agboville, Bouaké, Dimbokro, Katiola, Éditions de l'ORSTOM,‎ 1958

Langues[modifier | modifier le code]

  • Maurice Delafosse, Vocabulaires comparatifs de plus de 60 langues ou dialectes parlés à la Côte d'Ivoire et dans les régions limitrophes, Paris, E. Leroux,‎ 1904, p. 284

Monde baoulé[modifier | modifier le code]

  • P. De Salverte-Marmier, L'expansion Baoulé au XIXe siècle - Etudes régionales de Bouaké, Abidjan, Ministère du plan,‎ 1967

Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]
  • R. Borremans, Le grand dictionnaire encyclopédique de la Côte d'Ivoire, Nouvelles éditions africaines,‎ 1987
  • J.C. Arnaud, Le pays Malinké de Côte-d’Ivoire (aire ethnique et expansion migratoire) - Thèse es lettres, Rouen,‎ 1987, p. 270
  • Maurice Delafosse, Les frontières de la Côte d'Ivoire, de la Côte d'Or, et du Soudan ( avec 94 figures dans le texte d'après des photographies de l'auteur et une carte ), Paris, Masson,‎ 1908
Histoire[modifier | modifier le code]
  • Pierre Kipré, Histoire de la Côte d'Ivoire, Éditions AMI,‎ 1992
  • P. Duprey, Histoire des ivoiriens, naissance d'une nation,‎ 1985
  • Pierre Kipré, Côte d'Ivoire - La formation d'un peuple, Éditions AMI,‎ 2008
  • Henriette Diabaté, Mémorial de la Côte d’Ivoire, Volume1, époque précoloniale, AMI, 1987.
  • René Dégni Ségui, La succession d'états en Côte d’Ivoire - Thèse d'état, Université d'Aix-Marseille,‎ 1979
  • Gabriel Angoulvant, La Pacification de la Côte d’Ivoire, 1908-1915 : méthodes et résultats(lettre-préface du général Galliéni), Paris, Larose,‎ 1916, 395 p.
  • Jean Noël Loucou, Côte d’Ivoire : les résistances à la conquête coloniale, Abidjan, Éditions CERAP,‎ 2007, 150 p. (ISBN 2-915352-31-3)
Éducation[modifier | modifier le code]
  • Alice Ellenbogen, École primaire et citoyenneté en Côte d'Ivoire aujourd'hui,‎ 2004
  • Laurence Proteau, Passions scolaires en Côte-d’Ivoire. École, État et société, Kerthala,‎ 2002, p. 385
  • Firmin Guelade, Étude systémique de l'évolution culturelle de l'apprenant et du système éducatif primaire en Côte d'Ivoire, Université Laval,‎ 1984
Autres[modifier | modifier le code]
  • Clozel (F. J.), Dix ans à la Côte d'Ivoire, Paris,‎ 1906
  • Clément Bourque, L'intégration nationale en Côte d’Ivoire, Université Laval,‎ 1978
  • Marie Miran, Islam, histoire et modernité en Côte d'Ivoire, Éditions Karthala,‎ 2006
  • Ministère ivoirien des Affaires culturelles, Architecture coloniale en Côte d'Ivoire, Éditions CEDA,‎ 1985
  • Guy Cangah et Simon-Pierre Ekanza, La Côte d'Ivoire par les textes, Paris, Les Nouvelles Éditions Africaines,‎ 1978, 9 p.
  • François-Joseph Amon d'Aby, La Côte d'Ivoire dans la cité africaine, Paris, Editions Larose,‎ 1951
  • Collectif, Pays du monde : Côte-d’Ivoire. In Encyclopédie Bordas, Mémoires du XXe siècle, édition 1995. Tome 20 « 1990-1994 », Bordas,‎ 1995 (ISBN 9782706818530)
  • Gilbert Gonnin et René Kouamé Allou, Côte d’Ivoire : les premiers habitants, Éditions CERAP,‎ 2006 (ISBN 2915352305)
  • Maurice Delafosse, Traditions historiques et légendaires du Soudan occidental ( traduites d’un manuscrit arabe inédit ), Paris, Comité de l'Afrique française,‎ 1913, p. 104
  • Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée : par le pays de Kong et le Mossi / par le capitaine Binger, Paris,‎ 1892, p. 513
  • Simon Pierre Ekanza, Côte d’Ivoire : Terre de convergence et d’accueil (XVe-XIXe siècles), Abidjan, Éditions CERAP,‎ 2006, 119 p. (ISBN 2-915352-22-4)

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Alfred Marche, Trois voyages dans l'Afrique occidentale,‎ 1879
  • Albert Adu Boahen, Histoire générale de l'Afrique, Comité scientifique international pour la rédaction d'une histoire générale de l'Afrique (Unesco), l'Afrique sous domination coloniale 1880-1935, Présence africaine,‎ 1989 (ISBN 2708705199)
  • Jean Sauvy, Initiation à l'économie des pays en voie de développement, les cahiers de l'Institut international d'Administration publique,‎ 1968
  • Jean-Louis Monod, Histoire de l'Afrique Occidentale Française d'après les travaux et les indications de Maurice Delafosse, Paris, Delagrave,‎ 1926, p. 341

Références[modifier | modifier le code]

  1. Professeur de français et écrivain, Patrick Grainville a été coopérant en Côte d'Ivoire
  2. Le livre de Pierre Frégeac, publié en 1998, est très étonnamment prémonitoire sur la situation qui a prévalu dans le pays à partir de 2002