Fédération du Mali

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14° 41′ 34″ N 17° 26′ 48″ O / 14.6928, -17.4467 ()

Fédération du Mali

1959 – 1960

Drapeau
Drapeau.
Description de cette image, également commentée ci-après

LocationMaliFederation.png
Localisation de la Fédération du Mali, entre janvier et mars 1959 (en haut) et après mars 1959 (en bas).

Informations générales
Statut République autonome au sein de la Communauté française puis République indépendante
Capitale Dakar[1],[2]
Langue Français
Monnaie Franc CFA
Fuseau horaire UTC+0
Démographie
Population 7 450 000 hab. (1960)
Superficie
Superficie 1 436 190 km² (1960)
Histoire et événements
4 avril 1959 Union
20 juin 1960 Indépendance
20 août 1960 Sécession du Sénégal
22 septembre 1960 Indépendance du Mali

Entités précédentes :

Entités suivantes :

La Fédération du Mali a rassemblé le Sénégal et le Soudan français (actuel Mali) entre 1959 et 1960.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'aspiration fédéraliste des pays africains[modifier | modifier le code]

Après l'adoption de la loi-cadre Defferre du 23 juin 1956 et la disparition de l'Afrique-Occidentale française (AOF) et l'Afrique-Équatoriale française (AEF), le débat sur le fédéralisme divise la classe politique africaine. Ainsi, lors du congrès du Rassemblement démocratique africain (RDA) au collège technique de Bamako entre le 25 et le 30 septembre 1957, Félix Houphouët-Boigny et la section ivoirienne du parti défend contre le reste des cadres, une indépendance de chaque pays africains vis-à-vis des autres[3].

Le , les partis africains réunis au palais Bourbon à Paris refusent de s'unir sous la bannière du RDA et fondent à Dakar le 28 mars, face au RDA, le Parti du regroupement africain (PRA), partisan d'une unité fédérale africaine. Le 5 avril suivant, les élus du RDA au Grand conseil votent en faveur de la création d'un exécutif fédéral, suscitant la colère de la Côte d'Ivoire, mais obtenant le soutien du guinéen Sékou Touré[3].

Arrivée au pouvoir en mai 1958, Charles de Gaulle met sur pied avec Félix Houphouët-Boigny la Communauté française, unissant la France et ses anciennes colonies sans satisfaire pleinement les nationalistes africains, qui réclament l'indépendance totale et immédiate lors du congrès du PRA des 25, 26 et 27 juillet 1958 au centre international Unafrica de Cotonou[3].

Naissance de la Fédération du Mali[modifier | modifier le code]

À la Conférence de Bamako des 29 et initiée par Gabriel d'Arboussier, les représentants du Sénégal, du Soudan français, de la Haute-Volta (futur Burkina Faso) et du Dahomey (futur Bénin) écrivent l'acte de naissance de la Fédération du Mali, suivi le 14 janvier 1959 au palais du Grand Conseil de l’AOF, par la tenue de l'Assemblée constituante de la nouvelle fédération[3]. Celle-ci est ouverte par le discours du sénateur-maire de Dakar, Lamine Guèye : « Notre réunion, dans cette salle des délibérations du Grand Conseil, est un acte de foi dans le destin d'une Afrique forte de l'union de tous ses membres sans discrimination d'aucune sorte. ». Mahamane Alassane Haïdara prend ensuite la parole au nom du Soudan, suivi de Maurice Yaméogo, président de l'Assemblée constituante de Haute-Volta, et du Sénégalais Léopold Sédar Senghor, qui évoque un Commonwealth à la française[1]. Le président de l'Assemblée constituante fédérale est le Soudanais Modibo Keita, ses vices-présidents Maurice Yaméogo et Louis Guillabert[1].

Présentée par Doudou Thiam[1], la constitution est approuvée à l'unanimité par les 44 délégués des 4 États le 17 janvier 1959, puis adoptée par les Soudanais et les Sénégalais les 21 et 22 janvier, alors que la Haute-Volta et le Dahomey se retirent, dissuadés par la France[3] et par la Côte d'Ivoire qui crée avec eux le Conseil de l'Entente[1].

Le 4 avril suivant, Senghor préside l’Assemblée fédérale du Mali qui modifie la constitution fédérale et désigne le président, le Soudanais Modibo Keïta, et le vice-président, le Sénégalais Mamadou Dia, du gouvernement fédéral, formé le 15 avril, avec 4 ministres de chacun des deux pays membres[3].

Le 15 mai 1959, de Gaulle reçoit Keïta à l'Élysée et reconnaît la Fédération du Mali au sein de la Communauté. Puis, le président français répond favorablement le 13 décembre devant l’Assemblée fédérale siégeant à Dakar, à la requête de transfert des pouvoirs de la communauté à la Fédération formulée le 29 septembre précédent. Les négociations ouvertes à l'hôtel Matignon le aboutissent à la signature le 4 avril des accords sur l'indépendance de la Fédération, proclamée officiellement le à minuit à l'Assemblée fédérale, par son président Léopold Sédar Senghor[3].

L'éclatement de la Fédération[modifier | modifier le code]

Durant l’été, les dissensions entre Sénégalais et Soudanais se font jour sur leurs conceptions politiques et les nominations. Pis, le 18 août 1960, sur ordre de Keïta qui n'en n'informe pas Dia, le colonel Soumaré, chef des forces armées, mobilise les unités de l’armée malienne stationnées à Podor et Bignona pour sécuriser le prochain scrutin présidentiel, les Soudanais craignant une sécession des Sénégalais, qui eux, redoutent un coup de force soudanais. Le conseil des ministres extraordinaire du lendemain, en présence d'un seul ministre sénégalais, décharge Dia de ses fonctions et décrète l’état d’urgence[3].

En réponse, Senghor et Dia, soutenus par la gendarmerie dirigée par les Sénégalais, font arrêter le colonel Soumaré le 20 août par le commandant de la Garde républicaine sénégalaise. Le soir même, les députés sénégalais votent dans la nuit l'indépendance du Sénégal et l'état d’urgence, faisant reconduire le lendemain à la frontière, Modibo Keïta et les représentants maliens présents à Dakar[3].

Le 22 septembre, Modibo Keïta proclame l’indépendance de la République soudanaise qui garde néanmoins le nom de l'ancienne fédération et devient la République du Mali[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (fr) Création de la Fédération du Mali, Jeune Afrique, 12 janvier 2004.
  2. (fr) Le Sénégal, sur le site de la Pädagogische Hochschule Ludwigsburg (de).
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Laurent Correau, « Histoire de la Fédération du Mali et de son éclatement », RFI.fr, 2 avril 2010. D'après Sékéné Mody Cissoko, Un combat pour l’unité de l’Afrique de l’Ouest, la Fédération du Mali (1959-1960), Nouvelles éditions africaines du Sénégal, Dakar, 2005.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sékéné Mody Cissoko, Un combat pour l'unité de l'Afrique de l'ouest : la Fédération du Mali (1959-1960), Nouvelles Éditions africaines du Sénégal, Dakar, 2005, 257 p.  (ISBN 272361557X)
  • Michel Fatoux, La fédération du Mali : naissance et perspectives, Faculté de Droit, 1959, 137-VI p. (mémoire ou thèse)
  • Pierre Gam, Les causes de l'éclatement de la Fédération du Mali, 1962, 82 p.  (mémoire DES de Science politique)
  • Guédel Ndiaye, L'échec de la Fédération du Mali,Nouvelles Éditions africaines, 1980, 194 p.  (ISBN 2723602176)

Liens externes[modifier | modifier le code]