Armand Joseph Bruat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Armand Joseph Bruat
Armand Joseph Bruat, amiral de France (1796-1855), Pierre François Eugène Giraud, 1856, Musée historique de Versailles
Armand Joseph Bruat, amiral de France (1796-1855), Pierre François Eugène Giraud, 1856, Musée historique de Versailles

Naissance 27 mars 1796
Colmar
Décès 19 novembre 1855 (à 59 ans)
Messine (Sicile)
Origine Français
Allégeance Drapeau de l'Empire français Empire français
Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau français Empire français
Arme Pavillon de la Marine du Premier Empire Marine impériale française
Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Pavillon de la marine française Marine nationale française
Grade Amiral de France
Années de service 18111855
Conflits Campagne d'Algérie
Campagne du Levant
Guerre de Crimée
Autres fonctions Gouverneur des îles Marquises
Gouverneur des établissements de l'Océanie
Gouverneur des Antilles

Armand Joseph Bruat, né à Colmar le 27 mars 1796 et mort le 19 novembre 1855 à Messine en Italie, est un officier de marine français. Il sert dans la Marine française pendant la première moitié du XIXe siècle et parvient à la dignité d'Amiral de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Colmar le 27 mars 1796, il passe son enfance à Oberlarg, dans le sud de l'Alsace, près du château du Morimont qui était la propriété de son père[1]. En 1811, à l'âge de 15 ans, il entra au service de la marine, à bord du vaisseau-école de Brest.

En 1815, il fait une campagne à Copenhague, au Brésil et aux Antilles, sur le brick le Hussard. En 1817, il sert à bord de la corvette l'Espérance, qui tient trois ans la station du Levant, et est nommé enseigne de vaisseau.

De 1819 à 1824 il est officier de manœuvres sur le Conquérant, le Foudroyant, et sur la frégate la Diane.

En 1824, il fait une laborieuse campagne dans la mer du Sud (Océan Pacifique), à bord de la corvette la Diligente, et contribue à la prise du corsaire Général Quintanilla. Au retour, il est fait lieutenant de vaisseau, et embarqué sur le Breslaw comme officier de manœuvre.

En 1827, c'est le Breslaw qui, à Navarin, dégagea l'amiral russe, force le vaisseau qui combattait l'Albion de couper ses câbles et de se jeter à la côte, et fait couler la frégate que montait l'amiral turc et une autre frégate. Bruat est décoré pour sa conduite dans cette action.

L'année suivante il obtient le commandement du brick la Silène, c'est sur ce brick qu'il va croiser jusque sous les forts d'Alger, et exécuter de nombreuses prises en vue du port. C'est aussi alors qu'en suivant le commandant d'Assigny, qui montait le brick l'Aventure, il fait naufrage sur les côtes d'Afrique. Sur 200 hommes de l'équipage français, 110 sont massacrés. Le reste n'est sauvé que par le dévouement et l'énergie des deux capitaines.

Bruat, prisonnier à Alger, fait passer à l'amiral Duperré une note sur l'état de la place. Cet acte l'exposait aux plus grands dangers.

Depuis 1830, la carrière militaire du capitaine Bruat est des plus actives. Il est attaché à la station de Lisbonne. C'est dans le Tage qu'en mai 1838 il reçoit sa nomination de capitaine de vaisseau, et passe sous les ordres de l' amiral Lalande à bord de l'Iéna, et devint son capitaine de pavillon. C'est en cette qualité qu'il commande ce vaisseau de 92 canons et fait la campagne du Levant.

De l'Iéna, il passe sur le Triton sous l'amiral Hugon, le quitte en juillet 1841, et fait partie du conseil des travaux de la marine à Toulon.

Il est appelé, en 1843, à remplacer Jacques-Antoine Moerenhout au poste de consul à Tahiti[2], puis au gouvernement des îles Marquises et au commandement de la subdivision navale[3].

Tombe de l'amiral Bruat et de sa femme au cimetière du Père-Lachaise, par Hippolyte Maindron.

Il est nommé ensuite gouverneur des établissements de l'Océanie. Il réussit, sur les conseils de Moerenhout et malgré les intrigues anglaises, à faire accepter par la reine de Tahiti Pomare IV le protectorat de la France, est nommé en 1849, gouverneur des Antilles, maintint l'ordre et le travail dans les colonies, malgré la récente émancipation des esclaves, fut appelé en 1854, pendant la campagne de Crimée, à prendre le commandement en chef de la flotte française, et se distingua par une expédition hardie dans la mer d'Azov, ainsi que par la prise de Kinburn (15 octobre 1855).

Il meurt du choléra le 19 novembre 1855 à Messine. Ses funérailles se déroulent à Toulon le 5 décembre 1855[4] et sa dépouille est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (27e division)[5].

Sa veuve est nommée en 1856 gouvernante de la maison des enfants de France.

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1864 une statue de l'amiral Bruat est réalisée par Bartholdi à Colmar.

L'amiral Armand Joseph Bruat a très probablement inspiré le personnage du père de Marguerite Guyon tel qu'il apparaît dans Le Journal de Marguerite, roman de Victorine Monniot paru en 1857. De fait, la jeune communiante qui fait office de personnage principal emprunte par ailleurs son prénom à la seconde des trois filles de l'amiral, la plus jeune, Berthe, ayant donné le sien à une sœur de la jeune héroïne. Ces emprunts viennent de ce que l'auteur était l'institutrice de ces deux filles de l'amiral quand elle composa son œuvre[6].

Marguerite Bruat[7] (1844-1928) avait épousé, en 1877, Ernest Arrighi de Casanova (1814-1888), 2e duc de Padoue qui était veuf depuis l'année précédente.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Magazine En Alsace, Hors série 2010 Voyage en Haute-Alsace, Éditions Comemag/L'Ame, Mulhouse, 2010,
  2. Fiche de Jacques-Antoine Moerenhout sur le site de l'Assemblée de la Polynésie française.
  3. Gabriel BRAEUNER et Christophe HAMM, Colmar : un itinéraire à travers l'histoire, Guide découverte,‎ 2003, 128 p., p. 120
  4. « Télégraphie privée », Journal des débats politiques et littéraires,‎ 10 décembre 1855 (lire en ligne)
  5. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 155-156
  6. « “Le Journal de Maguerite” et les cahiers de Vitorine », C. Merlo, in Le Journal de Marguerite, Victorine Monniot, Océan ÉditionsISBN 978-2-916533-33-9.
  7. « Marguerite Bruat sur roglo.eu » (consulté le 11 septembre 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :