Économie du Sénégal

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Siège de la BCEAO à Dakar
Sénégal
Indicateurs économiques
Monnaie franc CFA
Année fiscale calendaire
Organisations internationales Banque mondiale, OMC, UEMOA
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 12.88 milliards $ (2010 est)
Produit intérieur brut en PPA 23.88 milliards $ (2010 est)
Rang pour le PIB en PPA 114e (2010 est)
Croissance du PIB 4,2 % (2010 est) [1]
PIB par habitant en PPA 1 900 $ (2010 est)
PIB par secteur agriculture : 15,9 % (2010 est)
industrie : 21,7 % (2010 est)
services : 62,4 % (2010 est)
Inflation (IPC) 5,4 % (2007)
Pop. sous le seuil de pauvreté 54 % (2001)
Indice de développement humain (IDH) 0,411 (144e sur 169 pays en 2010)) [2]
Population active 4,973 millions (2007)
Population active par secteur agriculture :
industrie :
services :
Taux de chômage 48 % (2010)[3]
Principales industries industries agroalimentaires, mines de phosphate, production d'engrais, raffinage de pétrole, matériaux de construction, constructions navales
Commerce extérieur
Exportations 2,062 milliards $ (2010 est)
Biens exportés pétrole, appareils électriques, contreplaqué, textiles, caoutchouc
Principaux clients Mali, Inde, Suisse, France, Gambie, Espagne
Importations 4,444 milliards $ (2010 est)
Biens importés
Principaux fournisseurs France, Italie, Royaume-Uni, Thaïlande, Chine
Finances publiques
Dette publique 22,9 % du PIB (2007)
Dette extérieure 34 % du PIB (2010)[4]
Recettes publiques 2,023 milliards $
Dépenses publiques 2,377 milliards $
Déficit public
Aide au développement
Sources :
https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/sg.html#Econ

Le Sénégal possède la quatrième économie de la sous-région ouest africaine après le Nigéria, la Côte d'Ivoire et le Ghana. Il fait cependant partie des Pays les moins avancés (PMA), son économie est très tournée vers l'Europe et l'Inde. Ses principaux partenaires économiques sont la France, l'Inde et l'Italie.

Comparé aux autres pays du continent africain, le Sénégal est très pauvre en ressources naturelles. Ses principales recettes proviennent de la pêche et du tourisme. Mais compte tenu de sa situation géographique et de sa stabilité politique, le Sénégal fait partie des pays africains les plus industrialisés avec la présence de multinationales majoritairement d'origine française et dans une moindre mesure américaine.

Le secteur agricole emploie environ 70 % de la population sénégalaise. Cependant la part du secteur primaire dans le Produit intérieur brut (PIB) ne cesse de décroître. La diminution de la pluviométrie et la crise du secteur de l'arachide, principale culture de rente du pays, ont réduit la contribution de l'agriculture à moins de 20 % du PIB. La pêche qui reste cependant un secteur clé de l'économie familiale sénégalaise subit également les conséquences de la dégradation des ressources halieutiques (surexploitées) et de l'augmentation récente de la facture énergétique. L'essentiel de la richesse produite se concentre dans les services et la construction et se localise à Dakar et dans sa périphérie.

Par ailleurs, les transferts financiers venus de la diaspora sénégalaise (l'émigration en Europe et aux États-Unis) représentent aujourd'hui une rente non négligeable. On estime que le flux financier généré par l'émigration sénégalaise est au moins égal au volume d'aides de la coopération internationale (soit 37 dollars par habitant et par an).

Le Sénégal est membre notamment de la Banque mondiale, de l'Organisation mondiale du commerce et de l'Union économique et monétaire ouest-africaine.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Transport[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Transport au Sénégal.

L'aéroport international de Dakar-Léopold Sédar Senghor est le principal point d'entrée aérien vers le Sénégal. Le 25 mai 1971, l'avion supersonique Concorde fait un premier vol de démonstration Paris-Dakar en 2h52mn (dont 2h07 en vol supersonique) et le 21 janvier 1976 ouvre pour la première fois sa ligne commerciale Paris-Dakar-Rio. Le président Senghor assiste à son arrivée à l’aéroport de Dakar ainsi que les premiers passagers supersoniques de l'histoire de l'aviation. Le 1er avril 1982, c'est la fin de la liaison Paris-Rio.

Depuis le 23 février 2001, la compagnie aérienne Air Sénégal International, filiale du groupe Royal Air Maroc, propose des destinations vers l'Europe et l'Afrique. Elle a été sacrée meilleure compagnie aérienne africaine en 2003. Elle est membre de l’IATA depuis le 28 mai 1996[5].

Le réseau routier est bon à l'ouest, mais se dégrade en allant de plus en plus profondément dans le pays. Le réseau de transport est bien développé dans les grandes villes avec les taxis, les bus[6] ou les « cars rapides » plus ou moins en bon état (dans les banlieues et villes secondaires, ce sont des taxis clandos collectifs ou des charrettes). À l'intérieur du pays, ce sont des grands cars blancs Ndiaga Ndiaye et taxis-brousse.

La gare de Dakar est la plus ancienne du Sénégal. Elle n'offre plus qu'une seule destination pour les voyageurs, Bamako au Mali – la liaison avec Saint-Louis étant désormais réservée au transport de marchandises.

Les limites[modifier | modifier le code]

Données Valeurs
Aéroports (2010) avec piste goudronnée : 10
avec piste en terre : 10
Total = 20
Gares ferroviaires :
Réseau ferré (2005) :
20
906 km
Port avec un terminal :
Voies navigables (2005) :
Dakar
1 000 km
Routes (2003) goudronnées : 3 972 km
dont 7 km d'autoroute
non goudronnées : 9 604 km
Total = 13 576 km
Pipeline gaz (2009) : 43 km
Sources : CIA World Factbook[7]

Les réseaux sont plus denses à l'Ouest du pays le long du littoral mais la circulation des marchandises et des personnes est particulièrement difficile vers Dakar et la presqu'île du Cap-Vert. Les infrastructures sont plus rares dans le Sénégal oriental et le désenclavement de ces régions constitue également un défi car les moyens de transport restent souvent traditionnels à l'intérieur du pays.

Des efforts sont effectués au niveau des équipements.

Ainsi, le 1er août 2013[8] a été ouverte une autoroute à péage entre Dakar et Diamniadio.

D'autres projets sont en cours :

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agriculture du Sénégal.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Battage du mil à Malem-Hodar

Avec l'exode rural qui draine tant de Sénégalais vers la presqu'île du Cap-Vert désormais engorgée, le nombre de paysans a diminué. Aujourd'hui les ruraux ne représentent plus que 55 % de la population totale du Sénégal[11]. Les principales productions agricoles sont les céréales – principalement le mil et le sorgho, mais aussi le riz en Casamance –, l'arachide qui a perdu la position de monoculture qu'elle a longtemps détenue, ainsi que les fruits et légumes, notamment dans la zone horticole des Niayes qui approvisionne l'agglomération dakaroise en produits frais, tels que tomates ou légumes verts.

Élevage[modifier | modifier le code]

Le cheptel se compose principalement d'ovins (4 497 000 têtes), de caprins (3 833 000 têtes) et de bovins (2 927 000 têtes), auxquels il faut ajouter la volaille industrielle (22 987 000 têtes)[12].

Pêche[modifier | modifier le code]

La pêche est une ressource importante du pays. Elle est en bonne partie artisanale et se pratique souvent en pirogue. En 2014, le Sénégal signe des accords de pèche avec l'Union européenne, principalement sur le thon.

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

Au moment de son accession à l'indépendance en 1960, le Sénégal était le pays le plus industrialisé d'Afrique noire francophone et sa croissance s'est poursuivie jusqu'au milieu des années 1970[13]. Aujourd'hui le secteur secondaire est en crise, notamment faute de maîtrise des énergies.

Ressources énergétiques et minières[modifier | modifier le code]

Récolte du sel au Lac Rose

Le Sénégal n'a pas de charbon et peu d'hydrocarbures. La raffinerie de pétrole installée à Mbao en 1963 alimente les centrales de Bel-Air et du Cap des Biches, contrôlées par la Senelec.

Au Nord, le fleuve Sénégal a fait l'objet d'aménagements dans le cadre de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), surtout dans la basse vallée. Le barrage de Diama a pour mission de réguler le fleuve, et la mise en service de la centrale hydroélectrique du barrage de Manantali au Mali en 2002 a ouvert de nouvelles perspectives.

Quant à l'utilisation d'énergies renouvelables, elle reste balbutiante[14].

Le pays possède des filons d'or, de fer et d'uranium au niveau du Sénégal oriental mais aussi des phosphates, exportés essentiellement en Inde sous forme d'acide phosphorique, du fer, de l'or (exploité depuis 2009), des schistes bitumeux, du sel marin (Sine-Saloum et Lac Rose) et un peu de gaz[15]. Une mine de [zircon], appelée à produire 7 % de la production mondiale de zircon, est en construction à Diolo. Sa mise en service est prévue courant 2013.

Industries agroalimentaires[modifier | modifier le code]

Les industries les plus importantes[16] sont Suneor (ex-Sonacos) pour la filière arachide et les Grands moulins de Dakar pour la farine, auxquelles il faut ajouter la Compagnie sucrière sénégalaise et la Société des brasseries de l'Ouest africain. Plus récemment les entreprises de transformations alimentaires se sont multipliées, dans le domaine du vinaigre, moutarde, concentre de tomate, margarine, pâtes alimentaires, et farine.

Services[modifier | modifier le code]

Secteur informel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Secteur informel au Sénégal.
Vente de jouets et de meubles sur les trottoirs de Dakar

Échappant à tout type de dénombrement ou de contrôle, ce secteur est particulièrement développé au Sénégal, surtout dans les secteurs de la pêche, du petit commerce et de l'artisanat. Avec l'État, c'est le principal pourvoyeur d'emplois et la première source de revenus.

Rôle de l'État[modifier | modifier le code]

Partenariats économiques[modifier | modifier le code]

Les exportations sénégalaises sont dirigées essentiellement vers le Mali, l'Inde (acide phosphorique), la Suisse (or), la Guinée et la France[17]. Les importations proviennent essentiellement de France, du Nigéria (pétrole), de Chine, des Pays-Bas et des États-Unis[17].

Le Sénégal est membre de l'Union économique et monétaire ouest-africaine

Produits commerciaux[modifier | modifier le code]

Comparé aux autres pays du continent africain, le Sénégal est très pauvre en ressources naturelles même si de l'or est désormais produit à Massawa, ses principales recettes provenant de la pêche et du tourisme :

  • la pêche constitue la principale source de devises au Sénégal. Depuis la réduction de la taxe de douane, cela a dopé l'exportation au détriment de l'écosystème des fonds marins[18] ;
  • le tourisme est développé essentiellement sur le littoral avec de grands complexes hôteliers internationaux et des hôtels locaux de grande qualité.

Les principales exportations sont les phosphates et ses dérivés (acide phosphorique), les produits de la mer (poissons, crustacés et coquillages), l'or, le ciment et les arachides[19].

Les difficultés économiques[modifier | modifier le code]

Le poids de la dette extérieure de ce pays pauvre très endetté (PPTE) et le secteur agricole qui emploie à peu près 70 % de la population sénégalaise laisse peu de marge pour un décollage économique. De plus, l'agriculture sénégalaise est très sensible aux aléas climatiques et aux invasions acridiennes.
Il faut prendre en considération que la population du Sénégal souffre de plusieurs inégalités de revenus. C'est un phénomène assez courant dans cette région africaine. En effet, les 5 % des ménages les plus riches s'accaparent 47 % des revenus alors que 80 % des gens les plus pauvres réussissent à capter moins de 28 % des revenus[20]. En 1994, la monnaie est dévaluée et une politique de libéralisation est activement menée. Le Sénégal essaye de rentrer dans les conditions requises par le Fonds monétaire international (FMI) afin de bénéficier d'un allègement de la dette pour le développement du pays. Depuis 2006, le Sénégal est dans la liste des pays éligibles[21].

Données Valeurs
Produit intérieur brut en parité de pouvoir d'achat 22,62 milliards de dollars (2009)
Produit intérieur brut au taux de change officiel 12,79 milliards de dollars (2009)
Produit intérieur brut par habitant 1 900 dollars (2009)
Main d'œuvre par secteurs (2006) agriculture : 18,3 %
industrie : 19,2 %
services : 62,5 %
Taux de chômage 48 % (2010) et 40 % de jeunes citadins
Dette extérieure 17,8 % du PNB (2006)
Indicateur de développement humain 166e (2009)
Population sous le seuil de pauvreté 54 % (2005)
Coefficient de Gini 41,3 (2001)
Sources : CIA World Factbook[7]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. www.cia.gov
  2. ([1])
  3. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factboook/geos/sg.html
  4. http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMTendancestatpays?langue=fr&codepays=sen&codestat=ne.rsb.gnfs.zs&codestat2=x
  5. (fr). Elle sera dissoute quelques années plus tard. Air Sénégal International
  6. (fr) Bus de la société Dakar Dem Dikk : Dakar va-et-vient
  7. a et b (en) Statistiques économiques du Sénégal (CIA World Factbook)
  8. « Sénégal: inauguration de l’autoroute à péage reliant Dakar à Diamniadio », RFI, 2 août 2013
  9. (fr) Annonce d'un système de cabotage
  10. (fr) Inauguration de la gare maritime en 2006
  11. « L'agriculture sénégalaise en chiffres », Le Sénégal au Salon international de l'agriculture de Paris, Ministère de l'Agriculture, des Biocarburants et de la Sécurité alimentaire, 2007
  12. « L'agriculture sénégalaise en chiffres », loc. cit.
  13. Serigne Modou Fall, « Énergie, mines et industries » in Atlas du Sénégal, Paris, Éditions du Jaguar, 2007, p. 90-93
  14. Serigne Modou Fall, « Énergie, mines et industries », loc. cit.
  15. Christian Saglio, Sénégal, Clairvaux, 2005, p. 323
  16. The Africa Report, no 6, avril-juin 2007, p. 98
  17. a et b [2]
  18. (fr) GREENPEACE dénonce la libéralisation du marché des produits de la mer
  19. www.ansd.sn
  20. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/sg.html
  21. (fr) Allégements de dette au titre de l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Cheikh Oumar Ba, Joshua Bishop, Moustapha Deme, Hamet Diaw Diadhiou, Alioune B. Dieng, Omar Diop, Pedro Andres Garzon, Bara Gueye, Moustapha Kebe et Oumou K. Ly, The Economic Value of Wild Resources in Senegal, IUCN, 2006, 73 p. (ISBN 2-8317-0938-5)
  • (fr) Boubacar Ba, Agriculture et sécurite alimentaire au Sénégal, L'Harmattan, Paris, 2008, 350 p. (ISBN 2-296-05903-1)
  • (fr) Pierre Biarnès, La fin des cacahouètes, Paris, L'Harmattan, 2005, 126 p. (ISBN 2-7475-9266-9)
  • (fr) Papa Amadou Fall, Industrialisation et mutations sociales en AOF, le cas du Sénégal (1920-1946), Paris, Université de Paris VII, 1981, 635 p. (Thèse de 3e cycle)
  • (fr) Mamadou Keita, Évolution de la population et de la production agricole du Sénégal (1920-1968), Dakar, Université de Dakar, Faculté de Droit, 1970 (Diplôme d’Études Supérieures).
  • (fr) Laurence Marfaing, Évolution du commerce au Sénégal : 1820-1930, Paris, L’Harmattan, 1991, 320 p. (ISBN 2-7384-1195-9)
  • (fr) Jean-Paul Minvielle, Amadou Diop et Aminata Niang, La pauvreté au Sénégal : des statistiques à la réalité, Paris, Karthala, 2005, (ISBN 2-84586-606-2)
  • (fr) Abdoulaye Ndao, Le commerce extérieur du Sénégal de 1961 à 1965, Dakar, Univ. de Dakar, 1978 (Mémoire de Maîtrise)
  • (fr) A.K. Ndiaye, Le problème de la commercialisation de l’arachide au Sénégal, Grenoble, Université de Grenoble, 1957, 219 p. (Thèse d’Université)
  • (fr) Roger Pasquier, Le Sénégal au milieu du XIXe siècle. La crise économique et sociale, Paris, Université de Paris IV, 1987 (Thèse d’État)
  • (fr) Daniel Thiéba, Agriculture et accumulation au Sénégal. Le cas de la Basse-Casamance. Paris, Université de Paris I, 1985, 449 p. (Thèse de 3e cycle)
  • (fr) Régine Nguyen Van Chi-Bonnardel, Vie de relations au Sénégal : la circulation des biens, Université de Dakar-IFAN, Dakar, 1978, 927 p. + 40 pl. (Thèse d’État Paris VII, publiée)
  • (fr) Xavier Van der Stappen, Sénégal, l'homme et la mer, Réunion des musées nationaux, Paris, 2007, 40 p. (ISBN 2-7118-5372-1) (édité à l'occasion de l'exposition Sénégal, l'homme et la mer présentée à l'Aquarium du palais de la Porte Dorée du 18 décembre 2007 au 22 juin 2008)
  • (fr) Lionel Zinsou-Derlin, De la banque du Sénégal à la BAO (1855-1955) ou cent ans de Banque en Afrique, Paris, Université de Paris VII, 1976, 146 p. (Mémoire de Maîtrise)

Liens externes[modifier | modifier le code]