Exode de 1940 en France

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Réfugiés français sur la route de l'exode, 19 juin 1940.

L’exode de 1940 en France est une fuite massive de la population française en mai-juin 1940 lorsque l'armée allemande envahit la majorité du territoire national pendant la bataille de France, après la percée de Sedan. Cet exode est un des mouvements de masse les plus importants du XXe siècle en Europe[1].

La terreur[modifier | modifier le code]

Huit à dix millions de civils (les « exodiens » selon le néologisme de Jean-Pierre Azéma), mélangés aux colonnes de soldats en retraite, s'exilent de façon massive, parfois sans but, soit près du quart de la population française de l'époque.
Sous l'effet de la terreur provoquée par les troupes allemandes, la fuite fut un phénomène de masse affectant intégralement la population du nord du pays.

La fuite[modifier | modifier le code]

En quelques semaines, huit à dix millions de personnes s'enfuient du Nord vers le Sud de la France, emportant avec elles de maigres bagages. Ce fait eut lieu dès l'invasion de la Belgique en mai 1940 mais a été précédé, dès l'automne 1939, de l'évacuation de civils de l'Est de la France. De la Belgique, puis du Nord ou du Pas-de-Calais, de nombreux civils fuient d'abord vers Paris puis vers le Sud-Ouest du pays.

Cet exode jette sur les routes des familles belges, hollandaises et luxembourgeoises (deux millions de personnes) et françaises (deux millions de personnes également) dès mai 1940[2], dans un chaos hétéroclite de piétons et de véhicules de toutes sortes, gênant le déplacement des troupes alliées. Un grand nombre de réfugiés subirent le feu des bombardiers en piqué des Junkers Ju 87 et se heurtèrent, à partir du 20 mai à la tenaille de l'armée allemande dans sa marche à la mer, qui leur coupait l'accès au sud du pays. En juin, lorsque les troupes allemandes s'approchèrent de Paris (14 juin 1940 : début de l'occupation de Paris), les populations d'Île-de-France s'enfuirent à leur tour (2 millions de Parisiens, soit 2/3 de la population parisienne intra-muros). Des bagarres eurent lieu pour pouvoir prendre les trains (trains d'abord de voyageurs puis devant l'afflux, réquisition de trains de bestiaux)[2].

Au total, environ dix millions de personnes s'exilèrent, soit près de 1/4 de la population française de l'époque. Le gouvernement français (Gouvernement Paul Reynaud) s'était enfui de Paris dès le 11 juin 1940 pour gagner Bordeaux le 14 juin 1940.

Lendemains de défaite[modifier | modifier le code]

Un vol de Stukas.

Des civils périrent sur les routes sous les attaques fréquentes des Junkers Ju 87 "Stukas" allemands de la Luftwaffe. Un phénomène similaire eut lieu en Belgique, au Luxembourg et dans une moindre mesure aux Pays-Bas en mai 1940, à la suite de l’invasion du Benelux à partir du 10 mai 1940. La sirène du bombardier en piqué marquera à plein les consciences des réfugiés.

L'exode implique un nombre important de familles dispersées. Tous les enfants perdus ne retrouveront pas leurs parents. Il faut dès la fin de la débâcle organiser l'accueil des orphelins et de ces enfants sans famille. Durant de nombreux mois les journaux ont été remplis d'annonces pour ces familles qui cherchaient leurs proches ou leurs enfants ; la Croix-Rouge française estime à 90 000 le nombre de ces enfants perdus[3].

Pour la plupart des réfugiés de l'exode de mai et des zones évacuées préventivement du nord-est du pays depuis la déclaration de guerre l'année précédente, le rapatriement de 2 à 3 millions de Français dans la zone occupée (prioritairement : agriculteurs, postiers, cheminots, éboueurs, médecins, instituteurs excepté les communistes, les francs-maçons, les étrangers ou les Alsaciens-Lorrains) n'a lieu qu'au mois de septembre 1940 (article 16 de l'armistice). Vichy organise des parkings tous les 50 kilomètres et des bons d'essence (avec une date limite de validité pour accélérer le retour) permettant aux réfugiés de rentrer chez eux, alors que l'occupant prend place graduellement le long de la ligne de démarcation en application avec les articles 2 et 3 de l'Armistice. Tous ne peuvent pas rentrer, le pouvoir allemand appliquant sa politique raciale : une ordonnance de l'occupant le 14 septembre 1940 interdit aux juifs de rentrer en zone occupée. En sont exclues également les troupes coloniales[4]. Tous ne rentreront donc pas dans leurs lieux d’origine, et les métropoles en zone libre sont remplies de réfugiés (appelés par Pétain les « fuyards » en 1941), que viennent rejoindre les démobilisés : Lyon, Marseille et Clermont-Ferrand (qui devient la capitale universitaire de Strasbourg[Quoi ?]), qui triple sa population. Cette évolution urbaine n'a pas lieu sans que des phénomènes de tension n'interviennent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catherine Calvet, « Refoulé au côté des exodiens », sur Libération,‎ 27 mars 2010
  2. a et b Les routes de l'exode en 1940, chemins croisés: réfugiés espagnols et l'exode des Français Intervention d'Éric Alary sur France Inter, 31 juillet 2010
  3. DVD "juin 1940, le grand chaos", supplément à Géo Histoire, film de Christophe Weber.
  4. Autre émission avec Eric Alary : Septembre 1940 : retour d'exode sur France inter.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Mai 40, les enfants de l'exode, film documentaire de Patrick Jeudy, 2010, 90'

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]