Canal de Saint-Quentin

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Canal de Saint-Quentin
Illustration.
Le quai Gayant à Saint-Quentin
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 50° 10′ 36″ N 3° 13′ 19″ E / 50.17666667, 3.2219444450° 10′ 36″ N 3° 13′ 19″ E / 50.17666667, 3.22194444  
Début ChaunySaint-Quentin
Fin Saint-QuentinCambrai
Traverse Aisne, Nord
Caractéristiques
Longueur 92,5 km
Gabarit Freycinet
Histoire
Année début travaux 1728
Année d'ouverture 1809
L'écluse de Noyelles-sur-Escaut près de Cambrai

Le canal de Saint-Quentin, long de 92,5 km, assure la jonction entre l'Oise, la Somme et l'Escaut et met en relation le bassin parisien et le Nord de la France et la Belgique. Il se compose de deux sections :

Il se poursuit :

Histoire[modifier | modifier le code]

En jaune : tracé approximatif du canal de Saint-Quentin

Le canal Crozat[modifier | modifier le code]

Un premier canal, joignant l'Oise à la Somme, avait été projeté sous les ministères de Mazarin et de Colbert. Des travaux commencèrent en 1728 mais furent abandonnés devant l'ampleur de la dépense. Le projet fut alors repris par Antoine Crozat, marquis du Chatel et riche financier.

Celui-ci fait d’abord partie de la société du sieur de Marcy, puis prend les travaux à sa charge; il modifie le tracé initial, ce qui vaut à cette voie d’eau de traverser Tergnier. Il est fait propriétaire à perpétuité de ce canal, et châtelain de Vendeuil. Les travaux sont confiés aux troupes du roi réparties en 4 camps situés à Fargniers, Mennessis, Remigny et Jussy; de la sorte, la main-d’œuvre locale y participe peu.

À la mort d'Antoine Crozat en 1738 seuls 13 kilomètres sur les 41 prévus étaient achevés, ainsi que le port de Saint-Quentin. Ce premier canal, qui ne sera terminé jusqu'à Saint-Quentin qu'en 1776, portera le nom de canal Crozat (ou canal de Picardie) jusqu'au début du XXe siècle[1].

Le canal de Saint-Quentin[modifier | modifier le code]

Un ingénieur militaire, nommé Devic (ou de Vicq), proposa plus tard de réunir la Somme à l'Escaut en perçant un canal entre Saint-Quentin et Cambrai.

La difficulté était de traverser le plateau crayeux qui sépare les vallées de la Somme, de l'Escaut et de la Scarpe et d'alimenter le canal au bief de partage, c'est-à-dire à la ligne de partage des eaux. Ce point haut du canal (84 mètres) se situe sur la section du canal comprise entre Lesdins et Vendhuile.

Devic proposa de traverser le plateau par un canal souterrain, dans l'espoir que le canal serait alimenté naturellement par les eaux d'infiltration et les eaux de la nappe phréatique. L'idée, qui parut trop ambitieuse à l'époque, fut abandonnée. Elle fut reprise en 1766 par l'ingénieur Pierre-Joseph Laurent, qui modifia les plans de Devic et dirigea les travaux. Ceux-ci furent cependant arrêtés quelques années plus tard, en 1775, en raison de la mort de Laurent le 12 octobre 1773 et du manque de fonds dû à la guerre d'Amérique. Cette première galerie fut entièrement abandonnée.

Souterrain de Riqueval : entrée sud
Canal de Saint-Quentin avec toueur à Riqueval

En 1802 Napoléon donna l'ordre de reprendre les travaux selon les plans de Devic. Ils furent terminés en 1809, au prix du percement de deux souterrains, le « petit souterrain » long de 1 098 mètres entre Lesdins et Lehaucourt et le « grand souterrain » ou « souterrain de Riqueval », long de 5670 mètres, entre Bellenglise et Vendhuile. Ce sont deux entrepreneurs originaires de la vallée du Giffre, Claude-François Perret et Claude-François Deplace, qui furent chargés du gros-œuvre et se retrouvèrent à la tête de plusieurs milliers d'hommes. Ce chantier devait durer presque huit ans. Le canal fut inauguré en grande pompe le 28 avril 1810 par l'empereur Napoléon Ier et l'impératrice Marie-Louise.

On s'aperçut rapidement qu'en période de sécheresse le bief de partage était insuffisamment alimenté: il fut donc décidé d'amener de l'eau au canal par une rigole d'alimentation depuis le Noirieux (ou Noirrieu), affluent de l'Oise, jusqu'au canal à Lesdins. La rigole du Noirieux, longue de 20 km, fut creusée en 1826. Elle est souterraine entre Vadencourt et Croix-Fonsomme[2]. Le canal est également alimenté par la nappe phréatique, l'Escaut et la Somme au niveau de l’étang d’Isle à Saint-Quentin.

Le canal de Saint-Quentin fut porté au XIXe siècle au gabarit Freycinet : il suffit en fait de le creuser davantage, les cotes du gabarit Freycinet reprenant pour l'essentiel celles des péniches qui circulaient sur le canal de Saint-Quentin.

Le canal a connu un trafic intense, servant au transport du charbon et des céréales vers Paris, jusqu'en 1966, date de l'ouverture du canal du Nord.

Écologie[modifier | modifier le code]

Nous retrouvons de nombreuses espèces de poissons dans le canal de Saint-Quentin : carpe, gardon, goujon, rotengle, tanche, brochet, sandre, brème, chabot, roy, perche, ablette.

Ouvrages remarquables sur le tracé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Touage souterrain de Riqueval.

Parcours et communes traversées[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les Canaux du Nord et du Pas-de-Calais, Geoffroy Deffrennes et Samuel Dhote, Éditions Ouest-France, 2006
  • M. M. PUGIN : L’histoire du Canal de Saint-Quentin Dans: Mémoires numérisés, tome XXVII, 1982, pages 43-60, PDF

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Projet Babel : le canal de Saint-Quentin (site consulté le 15 septembre 2007)
  2. [1] Page personnelle sur le canal de Saint-Quentin