Gerd von Rundstedt

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Gerd von Rundstedt
Gerd von Rundstedt
Gerd von Rundstedt

Naissance 12 décembre 1875
Aschersleben, Allemagne
Décès 24 février 1953 (à 77 ans)
Hanovre, Allemagne
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer
Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer
Grade Generalfeldmarschall
Années de service 18931945
Conflits Première Guerre mondiale,
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Campagne de Pologne
Bataille de France
Bataille de Dunkerque
Opération Barbarossa
Débarquement de Dieppe
Bataille de Normandie
Bataille de Caen
Distinctions Croix de fer
Gerd von Rundstedt en 1932

Karl Rudolf Gerd von Rundstedt (12 décembre 1875 - 24 février 1953) était un Generalfeldmarschall du Heer durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Né le 12 décembre 1875 près de Halberstadt, originaire d'une famille de l'aristocratie prussienne, il s'enrôle dans l'armée à l'âge de 18 ans. Il est incorporé à l'Infanterie Regiment 83 le 17 juin 1893, comme Sekonde-Leutnant. Il entre à la Académie militaire de Prusse (de) en 1902 et en sort lieutenant (Oberleutnant). Il est nommé capitaine (Hauptmann) le 24 mars 1907. La Première Guerre mondiale le voit rapidement gravir les échelons de la hiérarchie : commandant (Major) le 28 novembre 1914, il est affecté comme chef d'état-major de sa division (86e division d'Infanterie (en)).

Entre-deux guerres[modifier | modifier le code]

Après guerre, il demeure dans la Reichswehr et devient Oberstleutnant le 1er octobre 1920 puis Oberst le 1er février 1923 ; il prend enfin le commandement d'une grande unité, le 1er mai 1925, en devenant chef du 18e Régiment d'Infanterie de Paderborn. Sa carrière en temps de paix se poursuit de la manière la plus classique : chef d'état-major du Gruppenkommando 2 le 1er octobre 1926, Generalmajor le 1er novembre 1927, il finit enfin par atteindre le poste de commandant d'une grande unité, plus précisément celle de la 2. Kavallerie Division de Breslau le 1er octobre 1928. Generalleutnant le 1er mars 1929, il perçoit le commandement de la 3. Division le 1er février 1932, commandant du Gruppenkommando 1 le même jour.

C'est alors que von Rundstedt commence à faire parler de lui. Il méprise déjà les Nazis : Prussien de haute noblesse, il n'aime pas du tout le côté indiscipliné, braillard et orgueilleux des SA et de leur chef suprême, Hitler. Mécontent de voir les Nazis au pouvoir, il menace de démissionner quand Franz von Papen décrète la loi martiale. Par la suite, en accord avec Wilhelm Ritter von Leeb, il réussit à empêcher Hitler de nommer le pro-nazi Reichenau à la tête de l'OKW. Generaloberst le 1er mars 1938, il est mis à la retraite sur sa demande car il ne peut accepter de devoir, à terme, obéir aux ordres du « Caporal d'opérette », fut-il son Führer, Hitler. De plus, il commence déjà à entrevoir la duplicité d’Hitler après Munich et la Tchécoslovaquie.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La guerre éclate et il est rappelé au service actif en août 1939, en particulier pour prendre le commandement du Heeresgruppe Süd (groupe d'armées Sud) lors de la campagne de Pologne. Il prend la tête de l'Oberbefehlshaber Ost (Haut-commandement Est) du 1er au 20 octobre 1939. Lors des préparatifs pour la campagne de France, en tant que commandant du Heeresgruppe A du 25 octobre 1939 au 1er octobre 1940, il soutient un général qu'il a sous ses ordres, un certain Erich von Manstein, qui propose un plan d'invasion mettant en avant le franchissement des Ardennes par des colonnes blindées. Ce plan sera accepté par le Führer.

Lors de la bataille de France, il a sous ses ordres pas moins de 45 divisions dont 7 blindées et trois motorisées, sur un front s'étendant de Sedan à Maastricht. Il semblerait qu'il soit à l'origine de l'ordre qui fit s'arrêter les troupes de la Wehrmacht avant que celles-ci ne se lancent à l'assaut de Dunkerque. En effet, ses Panzerdivisionen, commandées par Heinz Guderian, s'étaient trop avancées dans les lignes alliées et son manque de soutien en infanterie lui fit craindre un isolement de ces troupes. Hitler ayant les mêmes appréhensions, accepta de donner cet ordre. Cela permit à des dizaines de milliers de soldats anglo-français d'éviter la capture. D'autres auteurs tels Heinz Guderian[1] incriminent la mégalomanie de Goering, qui persuadé de pouvoir détruire la poche de Dunkerque avec sa seule aviation, serait à l'origine de cet ordre.

Nommé Generalfeldmarschall le 19 juillet 1940, il participe aux préparatifs de l'opération Seelöwe, l'invasion du Royaume-Uni. À la suite de l'annulation de cette opération, à cause de la défaite de la Luftwaffe, il prend en charge l'ensemble des forces d'occupation à l'ouest de l'Allemagne (Oberbefehlshaber West du 1er octobre 1940 à juin 1941). Il doit lancer la mise en place d'une défense côtière apte à repousser un éventuel débarquement sur les côtes occidentales.

Mais Hitler se tourne vers l'Est et place le vieux Prussien à la tête du Heeresgruppe Süd le 10 juin 1941. Celui-ci ne comprend pas moins de 42 divisions, dont 5 Panzer, qu'il doit mener à la conquête de l'Ukraine. Son avance est initialement plus lente que pour les autres groupes d'armées, car l'essentiel des forces mécanisées et blindées de l'Armée rouge se trouve dans cette région frontalière. Mais il finit par prendre Kiev et y fait 665 000 prisonniers (les 5e, 21e, 26e et 37e armées soviétiques). Il fonce ensuite sur Kharkov et Rostov-sur-le-Don. La fin de l'automne arrive et il conseille à Hitler d'en profiter pour arrêter les troupes afin de leur faire préparer une ligne de défense pour affronter les rigueurs de l'hiver russe. Mais Hitler s'y oppose fermement et veut en profiter pour prendre Moscou. En novembre, il est victime d'une attaque cardiaque, mais il refuse de se faire hospitaliser. Il atteint finalement Rostov le 21 novembre, où il est repoussé par la contre-attaque d'hiver soviétique. Il demande alors encore une fois à Hitler l'autorisation de se replier vers une ligne de défense préparée. Hitler refuse catégoriquement et, ulcéré par ce maréchal « défaitiste », le fait remplacer par Walter von Reichenau le 1er décembre 1941.

Mais Hitler ne peut que reconnaître les qualités de stratège de von Rundstedt. Il est donc obligé de le rappeler au service actif. Il lui confie l'Oberbefehlshaber West le 15 mars 1942. Pendant les deux années qui suivent, von Rundstedt s'échine à édifier et consolider le Mur de l'Atlantique, en collaboration avec Rommel. Les deux hommes sont toutefois en désaccord sur la tactique à y tenir : Rommel veut se battre sur les plages, von Rundstedt préfère écraser l'adversaire par des contre-attaques massives depuis l'arrière.

Après le 6 juin 1944, alors que le débarquement allié en Normandie s'avère une réussite, von Rundstedt, lucide sur les chances de victoire du Troisième Reich, conseille à Hitler de négocier au plus tôt la paix. Furieux, Hitler le démet à nouveau de ses fonctions le 2 juillet 1944.

Mais, deux semaines plus tard, l'attentat du 20 juillet 1944 contre le Führer lui permet de reprendre du service : il est, avec Guderian et Keitel, membre de la cour d'honneur de l'armée appelée à statuer sur les dossiers des officiers qui se sont opposés à Hitler. En effet, von Rundstedt a beau mépriser le chef nazi, il n'en demeure pas moins un officier discipliné et pétri du sens de l'honneur prussien : il ne peut accepter que l'on attente à la vie du dirigeant de l'Allemagne. Ensuite, Von Kluge s'étant suicidé, il reprend son poste à l'Oberbefehlshaber West le 5 septembre 1944. Il propose alors une contre-offensive modérée contre les Alliés en passant par les Ardennes. Hitler veut une offensive massive et rejette partiellement sa proposition ; in fine, Hitler en confie le commandement à von Rundstedt et à Model, bien que ces derniers aient estimé ce plan trop ambitieux. La contre-offensive de grande envergure débute en décembre 1944 mais se conclut finalement par un échec en janvier 1945, les troupes allemandes étant repoussées. Le 9 mars 1945, von Rundstedt est à nouveau contraint de quitter son poste, pour cause de défaitisme, à la suite du franchissement du pont de Remagen sur le Rhin par les Alliés.

Il est capturé le 1er mai 1945 par la 36e division américaine.

L'Après-Guerre[modifier | modifier le code]

Gerd von Rundstedt au procès de Nuremberg.

Détenu à partir de mai 1945 dans un camp de prisonniers britannique, von Rundstedt fut inculpé de crime de guerre : on lui reprochait notamment des assassinats en masse dans les régions soviétiques occupées. L'acte d'accusation s'appuyait notamment sur l'ordre de Reichenau, donné par le maréchal Walter von Reichenau, à l'époque sous les ordres de von Rundstedt. Cet ordre appelait à l’extermination des « sous-êtres juifs » (jüdisches Untermenschentum). Il fut prouvé que von Rundstedt était au courant de cet ordre, qu'il l'avait validé et qu'il s’était déclaré parfaitement d'accord (voll einverstanden[2]).

En raison de sa santé chancelante et de son âge, les Alliés renoncèrent à le juger. Sa maladie de cœur incita les Britanniques à le libérer en mai 1949. En effet, un certain nombre de maréchaux nazis — Walther von Brauchitsch, Werner von Blomberg, Wolfram von Richthofen et Ernst Busch — étaient morts en détention avant leur procès. Ils craignaient qu'un mort de plus ne suscite de l'hostilité contre les Britanniques dans la zone d'occupation ouest, zone que l'on considérait déjà comme un futur allié contre les Soviétiques.

Gerd von Rundstedt mourut le 24 février 1953 à Hanovre et fut inhumé dans le cimetière Stöcken. Son épouse est décédée en 1952 à 73 ans.

Carrières militaires[modifier | modifier le code]

Promotions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Kronenorden IVe classe
  • Eisernes Kreuz (Croix de fer) (1914), 2e et 1re classe
  • Ritterkreuz des Königlichen Hausordens von Hohenzollern mit Schwertern
  • Bayerischer Militärverdienstorden mit Schwertern und mit Krone
  • Ritterkreuz des Albrechtsordens mit Schwertern
  • Ritterkreuz des Hausordens vom Weißen Falken
  • Ritterkreuz des Herzoglich Sachsen-Ernestinischen Hausordens
  • Lippisches Kriegsverdienstkreuz
  • Waldeckesches Verdienstkreuz IV classe
  • Österreichisches Militärverdienstkreuz mit der Kriegsdekoration
  • Eiserner Halbmond
  • Medaille zur Erinnerung le 1er octobre 1938
  • Médaille de service de longue durée de la Wehrmacht 4e à 1re classe
  • Agrafe de la Eisernes Kreuz, 2e et 1re classe
  • Großkreuz des Ordens der Krone von Italien
  • Ordre de Michel le Brave, 3e à 1re classe
  • Ritterkreuz des Eisernen Kreuzes mit Eichenlaub und Schwertern (Croix de chevalier de la Croix de fer avec feuilles de chêne et épées)
    • Ritterkreuz am 30 septembre 1939
    • Eichenlaub (Feuilles de chênes) le 1er juillet 1944 (519e)
    • Schwerter (épées) le 18 février 1945 (133e)

Sources[modifier | modifier le code]

  • (de) Das Personenlexikon zum Dritten Reich. Wer war was vor und nach 1945. Fischer Taschenbuch Verlag, Zweite aktualisierte Auflage, Frankfurt am Main 2005.
  • (de) Veit Scherzer: Die Ritterkreuzträger 1939-1945, Scherzers Militaer-Verlag, Ranis/Jena 2007.
  1. Heinz Guderian - Souvenirs d'un soldat - Plon 1954
  2. Der „Reichenau-Befehl“: „Das Verhalten der Truppe im Ostraum“, NS-Archiv.de

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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