Bataille de Narvik

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Bataille de Narvik
Informations générales
Date Invasion allemande : 9 avril 1940
1re bataille navale : 10 avril
2e bataille navale:13 avril
bataille terrestre: du 9 avril au 8 juin 1940
Lieu Narvik (Norvège)
Issue Victoire alliée, puis victoire allemande lors du retrait des Alliés
Belligérants
Drapeau de la Norvège Norvège
Drapeau de la France France
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Drapeau de la Pologne Armée polonaise de l'ouest
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Forces armées norvégiennes Général Carl Gustav Fleischer (en)
Drapeau du Royaume-Uni Bernard Warburton-Lee (en)
Drapeau du Royaume-Uni William Whitworth
Drapeau de la France Général Béthouart
Drapeau de la Pologne Général Bohusz-Szyszko
Kriegsmarine Friedrich Bonte
Kriegsmarine Erich Bey
Drapeau de l'Allemagne Eduard Dietl
Forces en présence
corps expéditionnaire mixte (naval et terrestre) : 24 500 hommes 5 600 hommes
Pertes
343 tués 300 tués
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Campagnes du Danemark et de Norvège

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Guerre sino-japonaise

Coordonnées 68° 25′ 14″ N 17° 33′ 36″ E / 68.420555555556, 17.5668° 25′ 14″ Nord 17° 33′ 36″ Est / 68.420555555556, 17.56  

Géolocalisation sur la carte : Norvège

(Voir situation sur carte : Norvège)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Narvik.

La bataille de Narvik eut lieu durant la campagne de Norvège, elle est la première victoire alliée remportée autour la ville de Narvik, au nord de la Norvège, au début de la Seconde Guerre mondiale. Bataille navale puis bataille terrestre, après une mise à terre des troupes depuis une force maritime franco-britannique, elle a lieu en deux temps, les 10 et 13 avril 1940, ce qui fait parfois parler des « batailles » de Narvik, distinguant la première bataille et la seconde bataille de Narvik. Les combats dans la région s'étendent au total entre le 9 avril et le 8 juin 1940.

Contexte[modifier | modifier le code]

L'Allemagne nazie a envahi la Norvège dès les premiers jours d'avril 1940, afin de sécuriser le transport du fer suédois en provenance des mines de Kiruna. Le minerai transitait alors par la ligne de chemin de fer Malmbanan/Ofotbanen jusqu'au port de Narvik qui offrait un accès direct à la mer de Norvège et qui est le seul port praticable en hiver, en raison des glaces qui obstruent les ports du nord de la Baltique. Or 50 % des importations en fer de l'Allemagne provenait justement de Narvik (le Royaume-Uni était également client, mais seulement à hauteur de 10 % de sa consommation globale). Cette matière première était indispensable pour les Allemands dans leur poursuite de la guerre. Les Alliés avaient quant à eux déjà pensé à occuper le pays afin de contrer les visées allemandes, mais la décision tardait à venir.

Forces alliées[modifier | modifier le code]

La 6e division (en) norvégienne, commandée par le Major-General Carl Gustav Fleischer, avait ses quartiers à Harstad. Mobilisée depuis la Guerre d'Hiver, la division était mieux préparée à la guerre que les autres unités norvégiennes. Elle était composée de deux brigade légère d’infanterie, la 6e et la 7e brigade.

Les Britanniques engagèrent la 24e Guards Brigade (en) composée de quatre bataillons qui débarqua à Harstad le 14 avril. Dans les jours suivants trois bataillons sont principalement déployés à Sjøvegan, Skånland (établissement d'une base navale) et Bogen. Plus tard, ils furent déployés au sud de l'Ofotfjord, à Ballangen et Håkvik.

Le corps expéditionnaire français était composé de :

  • la 1re division légère de chasseurs, créée le 15 avril 1940 à partir de la Brigade de Haute-Montagne, elle est commandée par le général de brigade Béthouart (promu à ce grade ce jour) comprenant :
    • la 27e demi-brigade de chasseurs alpins, engagée du 27 avril au 7 juin dans le secteur de Narvik ;
    • la 5e demi-brigade de chasseurs alpins qui n'as pas été engagée à Narvik mais dans le secteur de Namsos du 19 avril au 3 mai ;
    • le 2e groupe autonome d’artillerie coloniale ; la 342e CACC (compagnie autonome de chars de combat) ; la 14e compagnie antichars ; la 1026/40e batterie anti-aérienne et la 802e compagnie de camionnettes.

Les forces navales françaises sont constituée par la « force Z », du contre-amiral Derrien, composée de deux groupes :

  • le « groupe Emile Bertin », chargé de la protection des convois
  • le « groupe des transports », constitué de la 1re division de croiseurs auxiliaires du contre-amiral Cadart et des paquebots et cargos réquisitionnés affectés au transport de troupes, matériels et ravitaillement.

En tout, 24 500 soldats alliés furent engagés contre 5 600 soldats allemands.

Forces allemandes[modifier | modifier le code]

Le Kriegsschiffgruppe Narvik (Groupe 1) commandé par le Kommodore Bonte comprenait 10 destroyers (Georg Thiele, Wolfgang Zenker, Bernd von Arnim, Erich Giese, Erich Koellner, Diether von Roeder, Hans Lüdemann, Hermann Künne, Wilhelm Heidkamp (Navire amiral) and Anton Schmitt) et des navires de transport. Ils débarquèrent le 139e régiment de chasseurs alpins (Gebirgs-Jäger-Regiment 139), commandé par le général Dietl de la 3e Gebirgs-Division avec trois « bataillons » (Abteilung), soit environ 2 000 hommes, à Narvik le 9 avril 1940.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Les batailles navales de Narvik

Les Allemands, après avoir rapidement conquis le sud du pays, arrivent à Narvik avec 10 destroyers et balayent sommairement les gardes-côtes faisant face à l'entrée du fjord. Ils n'eurent que peu de répit une fois amarrés au port de Narvik puisque le 10 avril, 5 destroyers britanniques font leur apparition à l'entrée du fjord. Ils transforment le port en véritable cimetière pour bateaux. Cependant la flotte allemande parvient à les repousser mais accuse de sérieux dégâts.

Trois jours plus tard, les Alliés envoient cette fois 8 destroyers et 1 cuirassé pour déloger l'expédition allemande. En infériorité, les Allemands reculent et sabordent leurs derniers navires dans le fjord pour sauver les marins rescapés. Ceux-ci se réfugient dans les montagnes enneigées qui bordent Narvik laissant la ville aux mains des Alliés.

Quelques jours plus tard, les Alliés reçoivent des renforts et comptent désormais 24 500 hommes. Les Allemands sont 5 fois moins nombreux. Mais ces derniers, entraînés aux conditions de l'Arctique, résisteront jusqu'au départ des troupes alliées rembarquées pour la bataille de France. Ils reprendront ainsi la ville de Narvik jusqu'à la reddition du détachement d'armée Narvik le 8 mai 1945.

Invasion allemande[modifier | modifier le code]

Débarquement allemand
Trois destroyers (Diether von Roeder,Wolfgang Zenker) et trois patrouilleurs norvégiens capturés (HNoMS Senja, Michael Sars et Kelt) amarrés au port de Narvik.
Trois destroyers (Diether von Roeder,Wolfgang Zenker) et trois patrouilleurs norvégiens capturés (HNoMS Senja, Michael Sars et Kelt) amarrés au port de Narvik.
Informations générales
Date 9 avril 1940
Lieu Narvik (Norvège)
Issue Victoire allemande
Belligérants
Drapeau de la Norvège Norvège Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Forces armées norvégiennes Per Askim
Forces armées norvégiennes Odd Isaachsen Willoch †
Kriegsmarine Friedrich Bonte
Drapeau de l'Allemagne Eduard Dietl
Forces en présence
2 navires de défense côtière 10 destroyers
Pertes
2 navires de défense côtière
343 tués
aucune
Campagne de Norvège
Coordonnées 68° 25′ 14″ N 17° 33′ 36″ E / 68.420555555556, 17.5668° 25′ 14″ Nord 17° 33′ 36″ Est / 68.420555555556, 17.56  

L'invasion de la Norvège commence donc au matin du 9 avril 1940. Dans l'Ofotfjord menant à Narvik, les dix destroyers allemands du Gruppe 1 sont en approche. Avec le HMS Renown et son escorte déroutés plus tôt afin de rendre compte de l'incident du HMS Glowworm, aucun vaisseau britannique ne leur barre la voie, et les Allemands peuvent pénétrer dans la zone sans rencontrer de résistance. Au moment où ils atteignirent le fond du fjord près de Narvik, la plupart des destroyers avait déjà quitté le regroupement principal afin de capturer les batteries avancées de l'Ofotfjord, en laissant seulement trois avec pour mission de réduire au silence les deux vieux navires de défense côtière norvégiens qui montaient la garde, à savoir le Eidsvold et le Norge. Bien qu'antédiluviens, le deux vaisseaux étaient en mesure de prendre le dessus sur ces destroyers bien plus légers et au blindage moins épais. Après une courte discussion avec le capitaine du Eidsvold, les bateaux allemands ouvrirent le feu par précaution sur le navire de défense côtière, le coulant après l'avoir atteint de trois torpilles. Le Norge entra dans la bataille peu après et tira sur les destroyers, mais ses régleurs de tir manquaient d'expérience et n'envoya aucun coup au but avant d'être coulé par une bordée de torpilles des destroyers allemands.

Première bataille navale[modifier | modifier le code]

Première bataille navale de Narvik
Reconstitution de la première bataille navale
Reconstitution de la première bataille navale
Informations générales
Date 10 avril 1940
Lieu Narvik (Norvège)
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni Bernard Warburton-Lee (en) Kriegsmarine Friedrich Bonte
Forces en présence
5 destroyers 10 destroyers
Pertes
2 destroyers coulés
1 destroyer fortement endommagé
2 destroyers coulés
1 transport de munition coulé
6 cargos coulés
4 destroyers endommagé
163 tués
Campagne de Norvège
Coordonnées 68° 25′ 14″ N 17° 33′ 36″ E / 68.420555555556, 17.5668° 25′ 14″ Nord 17° 33′ 36″ Est / 68.420555555556, 17.56  

Bataille navale du 10 avril 1940 : cinq destroyers britanniques surprirent la flotte (10 destroyers) de Bonte d'abord à l'entrée du port de Narvik puis à l'entrée du Vestfjord. La victoire britannique se solda par la perte de deux destroyers et un fut fortement endommagé. La Kriegsmarine perdit également deux destroyers mais quatre autres bâtiments furent endommagés et six navires cargos furent coulés. Durant le retrait, la Royal Navy coula un transport de munitions pour le général Dietl. Le commodore Bernard Warburton-Lee, commandant de la flottille britannique, et le Kommodore Friedrich Bonte furent tués.

Première bataille navale de Narvik

Deuxième bataille navale[modifier | modifier le code]

Deuxième bataille navale de Narvik
Le HMS Warspite engageant des batteries côtières.
Le HMS Warspite engageant des batteries côtières.
Informations générales
Date 13 avril 1940
Lieu Narvik (Norvège)
Issue Victoire britannique
Belligérants
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Drapeau du Royaume-Uni William Whitworth Kriegsmarine Erich Bey
Forces en présence
1 cuirassé
9 destroyers
1 porte-avion envoyant quelques Swordfish
8 destroyers
2 U-Boot
Pertes
3 destroyers endommagés
28 tués
55 blessés
8 destroyers coulés
1 U-Boot coulé
128 tués
67 blessés
Campagne de Norvège
Coordonnées 68° 25′ 14″ N 17° 33′ 36″ E / 68.420555555556, 17.5668° 25′ 14″ Nord 17° 33′ 36″ Est / 68.420555555556, 17.56  

Au matin du 13 avril, les forces de Whitworth forte du cuirassé HMS Warspite, de neuf destroyers et des avions torpilleurs Fairey Swordfish provenant du HMS Furious pénétrèrent dans le Vestfjord avec en tête un avion de reconnaissance (hydravion Swordfish) catapulté du Warspite pour lui ouvrir la voie. Tout en localisant deux destroyers ennemis, l'avion de reconnaissance coula le U-64 ancré à Bjerkvik, première occurrence d'une telle victoire. Les destroyers du Warspite avancèrent trois miles (5 km) devant le navire de ligne, afin d'engager le combat avec leurs homologues allemands venus à leur rencontre, donnant ainsi le coup d'envoi de la Deuxième Bataille de Narvik. Bien qu'aucun des opposants ne reçut de dommage notable, les vaisseaux allemands se trouvèrent bientôt à court de munitions et furent progressivement repoussés hors du port. Cet après-midi-là, la plupart d'entre eux tenta de s'enfuir par le Rombaksfjord, excepté le destroyer Hermann Künne qui s'échoua sur le chemin du Herjangsfjord et fut détruit par le HMS Eskimo. Quatre destroyers britanniques engagèrent la poursuite, dans le Rombaksfjord, le destroyer Eskimo étant bientôt endommagé par l'ennemi qui l'attendait de pied ferme. Toutefois, la situation des Allemands était sans espoir, à court de munitions et de carburant. Lorsque les autres vaisseaux britanniques atteignirent leur position, ils ne purent que constater que leurs équipages avaient abandonné les navires après les avoir sabordés. À 18h30, les vaisseaux britanniques quittaient le fjord, désormais nettoyé de toute présence de la Kriegsmarine.

Bataille terrestre[modifier | modifier le code]

La Légion dans la bataille[modifier | modifier le code]

Un groupement de haute montagne de la Légion étrangère est créé en Afrique du Nord et comprend : un état-major de groupement, une compagnie hors rang, une section de commandement et 2 bataillons du type haute montagne, l’un devant être formé par les 2e, 3e, 4e régiments étrangers (1er bataillon, CHR et CDT) l’autre par le 2e bataillon du 1er régiment étranger. L’effectif de chaque bataillon comporte 930 officiers, gradés et légionnaires avec une section de skieurs. Le groupement de haute montagne est commandé par le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey, qui deviendra Monclar lors de son ralliement aux FFL.

Le 22 mai, vers 23 h 30, le colonel Magrin-Vernerey, les chefs de bataillon, les commandants de compagnie, le chef d’escadron du GAAC, participent à une reconnaissance au large de Langstrand. Ces officiers embarquent à Seynes, sur un ponton à moteur, puis sont ensuite transbordés sur le torpilleur britannique Fame. Le bâtiment met immédiatement le cap sur la pointe sud de la presqu’île de Narvik.

Le Fame contourne la presqu’île, longe à moins de 300 m les rives nord et pénètre dans le Rombaken. Il est violemment pris à partie par une pièce de 77 montée sur wagon-plateau. Deux obus traversent la passerelle sans éclater. Restent seuls sur la passerelle le commandant de bord, le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey, le commandant Boyer-Resses et le capitaine Dimitri Amilakvari. Les canonniers se précipitent à leurs pièces. Le capitaine Amilakvari, qui a repéré l’objectif, commande le feu. En quelques minutes, le 77 est réduit au silence.

Le Fame passe lentement devant le mamelon d’Orneset. Au premier plan, ce mouvement de terrain se détache du massif imposant du Taraldsvik par un palier très prononcé où passe la voie ferrée. Les pentes est du mamelon, plongent doucement dans le fjord. Cette plage est choisie par le général Béthouart comme point de débarquement.

La tête de pont sera organisée sur le mamelon d’Orneset. Plus au sud, on distingue, au second plan, la Cote 79, qui masque la ville de Narvik. Derrière se profile la pointe de Lillevik.

Revenu à terre, le général Béthouart convoque ses subordonnés pour mettre au point les détails d’exécution de la manœuvre.

Le 26 mai, le commandant Boyer-Resses réorganise son bataillon. Quatre groupements de fusiliers et voltigeurs sont constitués. La compagnie d’accompagnement est partagée entre différents échelons. Le capitaine Guillemain fait mouvement dans la soirée, avec un détachement comprenant la section de commandement de la CAB 1, deux sections de mitrailleuses, la section d’engins et le groupement du lieutenant Bouchet. Ils s’installent dans le bois au sud-ouest de la Cote 115, pour y passer la nuit.

Le 2/13DBMLE et le Groupe Autonome d'Artillerie Coloniale (GAAC), déjà en place, la première vague, comprenant le chef de bataillon Boyer-Resses, une section de mitrailleuses et la 3e compagnie, quittent les emplacements de repos vers 21 heures. La piste de Bjerkvik à Oijord est la seule voie de communication de la presqu’île. Elle longe les rives de l’Herjangfjord, au bas des montagnes enneigées. Le détachement s’écoule lentement en deux colonnes de chaque côté de la route. Des petits chevaux norvégiens traînent les voiturettes de mitrailleuses et de mortiers. Au milieu de la route passent rapidement des estafettes à motocyclette.

Le commandant Boyer-Resses, et son officier adjoint, le lieutenant Vichot, ont précédé le bataillon pour reconnaître les points d’embarquement à Seynes. Les pontons blindés attendent au bord de l’eau. Les premiers éléments arrivent et montent à bord avec beaucoup de difficultés. Le premier échelon est enfin embarqué vers 22 h 30. Dans la direction est, la flotte britannique se profile. L’enseigne de vaisseau Duff, officier de liaison, donne le signal du départ à 23 h 39. Un à un, les bateaux s’éloignent de la côte. La petite flottille dépasse bientôt la pointe d’Oijord. Arrivés à 300 m de la côte, les vaisseaux britanniques et le GAAC ouvrent le feu sur les entrées du tunnel, les remblais et les organisations susceptibles des résistances allemandes. L’ennemi, surpris, ne répond pas.

Les premières embarcations accostent. L'échelon de tête débarque aussitôt. La 3e compagnie, entraînée par le capitaine Gilbert et le lieutenant Burtin, gravit rapidement le piton d’Orneset. À mi-pente, les légionnaires sont arrêtés par le tir de soutien du GAAC. Le capitaine Gilbert envoie aussitôt la fusée « allongez le tir ». L’assaut reprend bientôt, les défenseurs du piton d’Orneset n’ont pas le temps d’utiliser leurs armes automatiques, peu efficaces dans cet amas de rochers. Quelques-uns résistent encore à la grenade. Impressionnés par le mordant des assaillants, rapidement débordés, ils abandonnent la position.

La 3e compagnie s’organise défensivement face à Narvik, au Sud-ouest et au massif du Taraldsvik, au Sud-est. Le chef de bataillon Boyer-Resses installe son poste de commandement à mi-pente du mamelon. Dans cette première phase de l’opération sur Narvik, les défenseurs d’Orneset sont prisonniers. Les légionnaires sont émerveillés par les installations. Chaque îlot allemand est relié par téléphone. D’importantes réserves de munitions, de vivres et de tabac sont stockées. Cependant, la deuxième vague du bataillon, comprenant la 2e compagnie et le reliquat de la compagnie d’accompagnement, procède à son embarquement sur la jetée d’Oijord.

Malgré les précautions prises par les légionnaires, un tir allemand, efficace et ajusté, est exécuté, par une pièce de 77 en batterie, sur la voie ferrée, dans la région du tunnel Djupviken. Le capitaine Guillemain, trois légionnaires sont tués ; plusieurs blessés graves jonchent la plage. Les barcasses blindées viennent se mettre à l’abri de la pointe de Toftmoen et l’embarquement du groupement Bouchet se termine sans autre incident. Aussitôt débarquée, la 2e compagnie se porte, de part et d’autre du tunnel d’Orneset. Sous l’impulsion du capitaine de Guittaut, ancien chef de groupe franc de la campagne 1914-1918, du lieutenant Vadot, déjà blessé au combat de Bjerkvik, les légionnaires escaladent les pentes escarpées du Taraldsvik. Le groupement Bouchet, qui colmate le dispositif entre la 2e et la 3e compagnie, face à Narvik, est soumis à des feux nourris. Dès son débarquement, le canon de 25 mm est traîné par ses servants à hauteur de la voie ferrée et aussitôt mis en batterie devant l’entrée du tunnel. Quelques coups bien ajustés obligent la garnison du tunnel, comprenant deux sous-officiers et huit marins allemands, à se rendre. La lutte continue plus âpre, l’ennemi étant remis de sa surprise.

L’intervention du bataillon de Norvégiens se fait attendre, la cadence d’embarquement étant de plus en plus lente. À son arrivée au poste de commandement, le chef de bataillon norvégien Ulmo, reçoit du commandant Boyer-Resses les renseignements sur la situation et le terrain. Protégés par la 2e compagnie et le groupement Bouchet, ils doivent dépasser ces éléments et s’emparer de la Cote 457. Le mouvement s’effectue lentement.

Le colonel Magrin-Vernerey et une partie de son état-major ont rejoint le poste de commandement du bataillon, et reconnaissent du piton d’Orneset le terrain d’attaque du 2e bataillon en direction de Narvik. Il est cinq heures environ, le commandant Paris, chef d’état-major du général Béthouart, vient prendre la liaison auprès du chef de bataillon Boyer-Resses. Après avoir apprécié les résultats obtenus par la Légion, il redescend vers la plage pour rejoindre le quartier général. À ce moment, une violente rafale de mitrailleuses provenant des crêtes dominant le tunnel, balaye le terrain conquis par les légionnaires. Le commandant Paris reçoit une balle en pleine tête. Il est tué.

Une contre-attaque, menée avec vigueur par deux compagnies, tombe sur les éléments du premier échelon. La lutte est dure. Les Allemands attaquent à la grenade et aux pistolets-mitrailleurs. Le capitaine de Guittaut, le lieutenant Garoux sont mortellement blessés. Privée de ses chefs, la 2e compagnie se replie légèrement. La section du lieutenant Jouandon, menacée sur trois côtés, tient bon et arrive à freiner la poussée ennemie. Le légionnaire Melis, au cri de « En avant la Légion », entraîne quelques voltigeurs. Les Norvégiens suivent. L’ennemi se replie en abandonnant ses morts. La fusillade reprend par intermittence. La situation reste confuse. Le chef de bataillon Boyer-Resses charge son officier adjoint d’aller examiner la position des éléments de l’échelon, de réorganiser le commandement des unités. Trois groupements, Bouchet, Burtin et Vadot, sont formés sur place en fonction du dispositif des sections.

Le bataillon est très éprouvé, tant par la perte que par la fatigue due aux efforts incessants que la troupe a dû fournir pour progresser dans ce terrain chaotique. L’occupation et le nettoyage de Narvik sont effectués par le 2/13e DBMLE. L’ennemi, poursuivi par le 1er bataillon sur la voie ferrée de Narvik à Luleå, bat en retraite jusqu’à la station de Sildvik.

Sur ordre de l’amirauté britannique, le corps expéditionnaire français rembarque pour la France, le 7 juin 1940.

Commémoration[modifier | modifier le code]

Le nom de Narvik a été donné à des places ou rues dans plusieurs villes de France :

Suite et contexte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Campagne de Norvège.

L'opération Alphabet, évacuation de Narvik par les Alliés, fait suite à la bataille de Narvik.

Sources[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Daniel Gethmann, Das Narvik-Projekt : Film und Krieg, Bouvier, H. Grundmann, Bonn, 1998, 287 p. (ISBN 3-416-02778-7)
  • (en) Geirr H. Haarr, The German invasion of Norway : April 1940, Annapolis, Md. : Naval Institute Press, Annapolis, Md., 2009, 474 p. (ISBN 978-1-591-14310-9)
  • (en) Polish troops in Norway, a photographic record of the campaign at Narvik, published for the Polish Ministry of Information by M.I.Kolin (Publishers) Ltd. Londres 1943
  • (fr) La Légion étrangère à Narvik (avant-propos du général de Gaulle), Flammarion, Paris, 1945, 157 p.
  • (fr) Jean Mabire, La Saga de Narvik : combats au-delà du cercle polaire : printemps 1940, Presses de la Cité, Paris, 1990, 341 p. (ISBN 2-258-03147-8)
  • (fr) Johann Waage, La Bataille de Narvik (traduit du norvégien par Raymond Albeck), R. Laffont, Paris, 1965, 264 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]