Comté de Nice

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Comté de Nice
Countea de Nissa oc

Contea de Nizza it

1388 – 1793
1814 – 1818

Drapeau Blason
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Carte du comté de Nice[note 1].

Informations générales
Statut Comté (province des États de Savoie puis du royaume de Sardaigne)
Capitale Nice
Langue Italien (officielle), niçois
Religion Catholicisme romain
Histoire et événements
1388 Dédition de Nice à la Savoie
1793 Annexion par la Première République française
1814 Restauration sarde
1818 Fin de la dénomination « comté de Nice »

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le comté de Nice (Countea de Nissa en niçois) était l'un des États de Savoie. Créé en 1388 avec la dédition de Nice à la Savoie, sous le nom de « Terres neuves de Provence », il prendrait officiellement le nom de « comté de Nice » en 1526[1]. Il disparaît au XIXe siècle, d'abord avec la réorganisation administrative du royaume de Sardaigne de 1818 qui modifie sa dénomination, puis avec l'annexion française en 1860[2]. Nice était sa capitale. Sa langue officielle était l'italien à partir de 1561[3],[4]. En niçois, son nom est « countea de Nissa ». Le nom de « comté » vient de l'italien contado, qui signifie « campagne » ou « comtat », au sens médiéval du terme. Il a donc un sens administratif et non féodal.

Au fil du temps, ses frontières ont quelque peu évolué[5]. Il correspond aujourd'hui à peu près à l'arrondissement de Nice, dans le département des Alpes-Maritimes, et reste une région culturelle vivante, désignée sous le nom de Pays niçois. En près de cinq siècles d'existence, le comté de Nice a permis d'unir des territoires qui, en tournant le dos à leur passé médiéval provençal mais sans jamais pour autant se fondre dans l'espace savoyardo-piémontais, ont abouti à façonner un pays niçois dont la cohérence est assurée par la ville de Nice, promue au rang de capitale régionale, et qui se caractérise par un fort particularisme et une profonde identité[6].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Après la dédition de Nice à la Savoie, le territoire nouvellement soumis à l'autorité de la maison de Savoie est désigné sous le nom de « Terres neuves de Provence ». Celles-ci auraient pris le nom de « comté de Nice » en 1526, dans les actes de la chancellerie de Savoie[1]. Le terme « comté » a ici un sens administratif et non féodal (à l'instar des counties anglais et plus tard américains). C'est à peu près à cette époque que le blason de Nice apparaît sous l'égide des comtes de Savoie. On le voit une première fois en 1502. Cependant, d'après Henri Costamagna de l'université de Nice, le terme de comté serait apparu en 1422 et aurait été utilisé « avec une certaine constance » à partir de la fin du XVe siècle puis officialisé en 1574[7].

Il semble que l'administration savoyarde eut beaucoup de mal dans les premiers temps pour désigner le territoire qu'elle avait acquis en 1388. Ainsi, selon l'historien Laurent Ripart, l'expression « Terres de Provence » ne fut pas employée avant le XVIe siècle. Auparavant, de longues périphrases étaient utilisées, comme « la cité de Nice et les terres adjacentes de Provence »[6]. À partir du XVe siècle, ce qui n'était que les « terres savoyardes de la Provence orientale » évolue en une patria, c'est-à-dire une province. Et la cohérence de celle-ci est assurée par la domination territoriale exercée par la ville de Nice[6]. Le comté de Nice a donc uni des territoires - ceux qui ne faisaient pas partie de la viguerie de Nice — qui n'étaient pas auparavant tournés vers Nice, aboutissant à un « pays niçois »[6].

En 1818, Victor-Emmanuel Ier procède à une réorganisation administrative du royaume de Sardaigne qui aboutit à l'abandon de l'appellation « comté de Nice » au profit de la « province de Nice », elle-même rattachée à une division de Nice (divisione di Nizza)[8]. En 1859, cette dernière devient la province de Nice, composée de trois « arrondissements » (circondari). Ainsi, le traité de cession de la Savoie et de Nice à la France en 1860, mentionne le nom de « circondario di Nizza », traduit comme « arrondissement de Nice ».

Géographie[modifier | modifier le code]

Le territoire du comté de Nice correspondait à peu près à l'actuel arrondissement de Nice dans le département des Alpes-Maritimes. Il comportait ainsi une côte d'une trentaine de kilomètres de long (en excluant celle de Monaco) et comprenait les vallées du Var, de la Tinée, du Paillon, de la Vésubie, de la Bévéra et de la Roya, jusqu'à la ligne alpine de partage des eaux, laquelle sépare le comté du domaine piémontais. Toutefois, le comté de Nice est considéré par les géographes italiens comme faisant partie de la région géographique italienne avec le fleuve du Var délimitant la frontière occidentale de cette dernière[9].

Le comté de Nice fut durant des siècles le seul débouché maritime des États de Savoie, à l'exception de la petite enclave d'Oneille, jusqu'à ce que la République de Gênes, qui comprenait l'actuelle Ligurie et une partie de l'actuel bas Piémont (Novese et Ovadese), soit annexée par le royaume de Sardaigne en 1815. La ville principale du comté a toujours été Nice, centre à vocation marchande qui fut en mesure de se distinguer des petits villes et villages de la côte et de l'intérieur des terres, depuis le début du Moyen Âge.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dédition de Nice à la Savoie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dédition de Nice à la Savoie.
Carte de l'Italie en 1494

En 1380, la comtesse Jeanne Ire de Provence (1348-1382) — mieux connue sous le nom de la reine Jeanne — sans enfants, adopte Louis d'Anjou, le frère du roi de France Charles V. Le cousin de Louis, le duc Charles de Duras (ou Durazzo), mène alors l'Union d'Aix, le parti provençal anti-angevin, et assassine Jeanne, entraînant une guerre de succession qui se terminera par la victoire du parti d'Anjou. Prenant avantage des troubles, le comte de Savoie Amédée VII le Rouge, qui souhaite avoir un accès vers la mer, négocie avec Jean Grimaldi de Bueil. Celui-ci, baron de Beuil, gouverneur de Nice et sénéchal, a en effet la volonté de soustraire à la suzeraineté du comté de Provence, sa partie orientale située en rive gauche du Var et de l'Estéron.

Pour sa part, le comte de Savoie voit dans la réalisation d'une dédition de Nice à la Savoie l'occasion d'élargir ses terres. Sous l'influence de Jean Grimaldi de Bueil, qui commande la garnison de Nice, les Niçois se soumettent et accueillent leur nouveau suzerain selon les traditions provençales. L'accord est scellé à l'abbaye Saint-Pons le 28 septembre 1388, suivant lequel la ville de Nice et sa viguerie, la cité de Puget-Théniers et les vallées du Haut-Var[10] (hormis Guillaumes), du Cians (avec Beuil), de la Tinée et de la Vésubie constituent la division administrative des Terres Neuves de Provence incorporée aux États de Savoie. Division qui englobera aussi la vallée de l'Ubaye. Au total, la nouvelle entité rassemble quatre vigueries : celle de Nice, celle du val de Lantosque, celle de Puget-Théniers et celle de Barcelonnette.

La Savoie est à l'époque un État puissant, doté d'une importante force armée, prospère et bien administré, contrairement à la Provence. Avec l'accord des populations, l'armée savoyarde s'installe alors dans ces terres neuves et Nice en devient la capitale sous l'autorité civile et militaire d'un gouverneur savoyard. En 1388, cette prise de possession de Nice par la maison de Savoie n'est faite qu'à titre provisoire. Elle est confirmée en décembre 1391 quand les syndics de Nice firent hommage et prêtèrent serment de fidélité au représentant du comte de Savoie. Si les descendants de Charles de Duras renoncent à protester contre cette annexion, il n'en est pas de même pour la maison d'Anjou. Ce n'est qu'en 1419 que la veuve de Louis II d'Anjou, la reine Yolande, renonce au nom de son fils, Louis III, à ses droits sur Nice.

Les grands féodaux, à l'exception de quelques familles : les Grimaldi, les Berre, les Lascaris, émigrent sur la rive droite du Var, de façon à rester provençaux. Quoique située sur la rive droite, Gattières sera aussi arrachée à la Provence à la même époque. Amédée VII lance la création d'une nouvelle noblesse, qui se développera surtout au XVIIe et XVIIIe siècles, et Jean Grimaldi reçoit une vingtaine de fiefs en reconnaissance de son action.

Monaco, alors génoise, mais détenue par les Grimaldi depuis 1297 se voit reconnaître son indépendance en 1489, par le roi de France et le duc de Savoie. Entre-temps, dans le reste de la Provence, le roi René s´avère être également le roi dont la faiblesse fait tomber la Provence entre les mains des rois de France. En effet, Louis XI lui fait comprendre que son héritage lui conviendrait. Le roi déshérite son successeur naturel, René II de Lorraine, au profit de Charles V d'Anjou. En 1481 ce dernier, sans successeur, est disposé à donner ses terres à Louis XI qui remporte ainsi une grande victoire sans aucune bataille. Louis XI s'empare donc de la Provence en 1481 qui devient définitivement française.

Époque moderne (XVe siècle - XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Carte de l'Italie du Nord en 1402.

Au XVIe siècle, les rois de France Charles VIII, Louis XII et François Ier dirigent des guerres en Italie. René de Savoie, seigneur de Villeneuve-Loubet se marie en 1498 avec Anne Lascaris, comtesse de Tende. Il appuie les intérêts du roi de France Louis XII pendant qu'il rétablit le 29 avril 1507 son autorité sur Gênes. Il va s'appuyer sur Georges Grimaldi, baron de Beuil, et Jean Grimaldi, seigneur de Levens. Georges Grimaldi refuse l'hommage au duc de Savoie et se propose de livrer Nice au roi de France. Le complot des Grimaldi ayant été dénoncé au duc de Savoie, ce dernier entre dans la Ligue de Cambrai pour se faire un allié de Louis XII. Il fait alors un procès à Georges Grimaldi qui se retire dans son château où il est finalement assassiné par son valet de chambre, le 5 janvier 1508. Le seigneur de Levens trouve refuge en Provence. Après avoir été banni à perpétuité, il obtient sa grâce en 1515 à la demande du roi de France, François Ier. Louis XII ne réussit pas à s'emparer du comté de Nice. Après la mort de Louis XII, François d'Angoulême devient roi de France sous le nom de François Ier. Il est le neveu de René de Savoie qu'il nomme gouverneur de Provence, le 26 janvier 1515, grand maître de France et grand-amiral de Méditerranée. Il rejoint le roi pour participer à la bataille de Marignan. Le retour de troupes d'Italie par le comté de Nice entraîne des dégâts importants à Sospel et à Beuil à leur passage.

En 1519, Charles Quint est élu empereur. Le connétable de Bourbon trahit le roi de France et passe au service de Charles Quint qui le nomme général de ses armées du midi. Charles II de Savoie, malgré le traité de Lyon signé avec François Ier, le 10 septembre 1523, s'allie avec Charles Quint. Le 30 juin 1524, les troupes, comprenant 22 000 hommes, commandées par le connétable de Bourbon arrivent à Nice après être passées par le col de Tende. Elles campent dans la plaine du Var. L'armée passa le Var, arrive à Draguignan le 26 juillet, et campe devant Marseille le 7 août. L'arrivée des troupes commandées par François Ier et Anne de Montmorency l'obligent à quitter Marseille le 24 septembre, à repasser le Var le 29 septembre. Le 10 octobre, c'est le connétable de Montmorency qui est devant Nice. Mais le connétable poursuivit sa route pour aller rejoindre le roi en Italie où la campagne s'achève par la bataille de Pavie et la défaite des troupes françaises[11].

Le comté de Nice dans l'Atlas de Johannes Blaeu en 1664.

En 1543, Nice est assiégée par les troupes françaises du comte d'Enghien et la flotte ottomane de Khayr ad-Din Barberousse, le bey de Tunis, résultat de l'alliance de François Ier et de Soliman le Magnifique contre l'empereur Charles Quint. La ville est prise après vingt jours, mais suite à la résistance des derniers défenseurs du château, la flotte se retire. C'est là que se place l'épisode légendaire de Catherine Ségurane. Le duc Charles-Emmanuel Ier de Savoie, en 1614, fait de Nice un port franc et y établit un sénat. La révolte du comte de Beuil est arrêtée en 1621. Le comté de Nice connaît la stabilité, contrairement au reste de la Provence où les révoltes sont fréquentes. S'inspirant du modèle des intendants des généralités établis en France, les ducs de Savoie vont établir des intendants généraux dans les différents provinces de leur État. Pour le Comté de Nice, le premier texte citant un intendant général de Nice apparaît en 1689 dans des instructions de la Chambre des Comptes adressées au chevalier Louis Morozzo nommé à l'intendance de Nice le 25 juin 1688[12]. Cependant, la guerre entre la France et la Savoie reprend au cours du XVIIe siècle, et le comté de Nice est occupé par la France de 1691 à 1697 et de 1707 à 1713.

En 1713, le traité d'Utrecht détache vallée de l'Ubaye du comté de Nice et donc de la Savoie en faveur du royaume de France en compensation de la perte de vallées alpines du Piémont. Administrativement, la vallée de l'Ubaye fut rattachée à la Provence.

Par le traité de Paris du 4 avril 1718, Victor-Amédée II, roi de Sicile et duc de Savoie, cède Le Mas, dans la vallée de l'Estéron, à Philippe d'Orléans, régent. En échange, celui-ci lui cède Entraunes et Saint-Martin-d'Entraunes.

Par le traité de Turin du 24 mars 1760, confirmé par le traité de Paris du 20 juin 1760, Charles-Emmanuel III, roi de Sardaigne et duc de Savoie, cède Gattières, Fougassières, Dos Fraires, Bouyon, Les Ferres, Conségudes, Aiglun, la majeure partie de Roquestéron, les terres de Signale et les plans de Puget-Théniers à Louis XV, roi de France. En échange, celui-ci lui cède Cuébris, Saint-Antonin, La Penne, une partie de Saint-Pierre, Puget-Rostan, Auvare, La Croix, Daluis, une partie de Saint-Léger ainsi que la place-forte de Guillaumes, préalablement démantelée.

Époque contemporaine (XIXe siècle)[modifier | modifier le code]

Première annexion française[modifier | modifier le code]

L'armée du Midi de la jeune République française entre dans Nice le 29 septembre 1792. Le 31 janvier 1793, la Convention nationale « déclare au nom du peuple français, qu'elle accepte le vœu librement émis par le peuple souverain du ci-devant comté de Nice dans ses assemblées primaires, & décrète en conséquence que le ci-devant comté de Nice fait partie intégrante de la République française ». Le 4 février 1793, elle décrète que « le ci-devant comté de Nice, réuni à la République française, formera provisoirement un quatre-vingt-cinquième département, sous la dénomination des Alpes-Maritimes »[13], que ce département, dont « le chef-lieu (…) sera la ville de Nice »[14], « aura le Var pour limite à l'occident » et « comprendra toutes les communes qui sont à la rive gauche de ce fleuve, & tout le territoire qui composait l'ancien comté de Nice »[15]. Le 14 février 1793, elle décrète que « la ci-devant principauté de Monaco est réunie au territoire de la République (française), & fait partie du département des Alpes-Maritimes ».

Les Barbets, des contre-révolutionnaires, luttent contre l'occupation française dans le haut-pays niçois. Près de Duranus, le « Saut des Français » garde le souvenir de soldats français qui ont été jetés dans le vide au-dessus de la Vésubie. Durant le Premier Empire, le préfet Dubouchage œuvre au développement de Nice, avec l'aide des notables de la cité.

Restauration sarde[modifier | modifier le code]

Le comté revient, le 23 avril 1814, sous le contrôle du roi de Sardaigne Victor-Emmanuel Ier (1759-1824).

La publication de l'édit royal du 10 novembre 1818 de Victor-Emmanuel Ier qui procède à la réorganisation administrative du royaume de Sardaigne, aboutit à la disparition de la dénomination « comté de Nice » au profit de la « province de Nice »[8]. Celle-ci forme avec deux autres provinces, celles d'Oneille et de San Remo, la division de Nice[8]. L'ajout de ces deux provinces à la province de Nice est destiné à compenser s'il se pouvait l'influence de Gênes, annexée au royaume en 1815. Par ailleurs, après l'annexion de la République de Gênes, l'ancien marquisat de Dolceacqua a été retranché du comté de Nice (avec Pigna et Seborga) et rattaché aux nouvelles provinces ligures[8]. La principauté de Monaco, dont les princes ont été restaurés dans leurs anciens droits en 1814, passe du protectorat français au protectorat sarde en 1815 ; ses habitants ne sont plus que des demi-étrangers pour les habitants du comté de Nice. Menton et Roquebrune se révoltent du reste contre leur prince en 1848 et deviennent des villes libres administrées en fait par la maison de Savoie ; ces deux villes voteront avec le reste du comté de Nice lors du plébiscite de 1860 et seront annexées par la France en même temps que lui, puis rachetées par l'Empire français.

Carte de l'Italie en 1843

Le décret royal du 23 octobre 1859, dit décret Rattazzi, crée la province de Nice (en italien : provincia di Nizza), divisée en trois « arrondissements » (en italien : circondari), à savoir :

  • l'arrondissement de Nice (en italien : Circondario di Nizza), subdivisé en quatorze « mandements » (en italien : Mandamenti) : Contes (en italien : Conti), Guillaumes (en italien : Mandamento di Guglielmi), Levens (en italien : Mandamento di Levenzo), Nice (en italien : Mandamento di Nizza), Puget-Théniers (en italien : Mandamento di Poggeto Tenieri), Roquesteron (en italien : Mandamento di Roccasterone), Saint-Martin-Latosque, aujourd'hui Saint-Martin-Vésubie (en italien : Mandamento di San Martino di Lantosca), Saint-Étienne-de-Tinée (en italien : Mandamento di Santo Stefano di Tinea), L'Escarène (en italien : Mandamento di Scarena), Sospel (en italien : Sospello), Tende (en italien : Mandamento di Tenda), Utelle (en italien : Mandamento di Utelle), Villefranche-sur-Mer (en italien : Mandamento di Villafranca Marittima), Villars-sur-Var (en italien : Mandamento di Villar sul Varo ou Villar del Varo) ;
  • l'arrondissement de Port-Maurice (en italien : circondario di Porto Maurizio) ;
  • l'arrondissement de San Remo (en italien : circondario di San Remo).

Seconde annexion française[modifier | modifier le code]

En 1859, la France du Second Empire et le Royaume de Sardaigne concluent une alliance dans le but de rejeter l'Autriche hors de l'Italie du nord, la France devant recevoir le comté de Nice en récompense pour son aide. La même année, Napoléon III signe le traité de Villafranca di Verona qui met fin à la campagne d'Italie. Cependant, la Vénétie reste autrichienne, et la Grande-Bretagne et d'autres nations d'Europe, s'opposent à l'annexion de la Savoie et de Nice à la France, tout comme Giuseppe Garibaldi.

Le 24 mars 1860, Napoléon III et Victor-Emmanuel II signent le traité de Turin, qui prévoit l'annexion de Nice à la France en échange d'une aide de Napoléon III contre les Autrichiens et d'une assistance à Victor-Emmanuel II dans son désir d'unifier l'Italie. Un plébiscite est organisé. Le circondario di Nizza devient français. Divisé en un arrondissement de Nice et un arrondissement de Puget-Théniers, et augmenté de l'arrondissement de Grasse détaché du département du Var, il forme dorénavant le nouveau département des Alpes-Maritimes. Le 14 juin 1860, les troupes impériales françaises entrent dans Nice et l'annexion est célébrée. Le traité de Turin conserve dans le giron italien les localités de Tende, La Brigue, et de plusieurs hameaux dont Mollières et Morignole parce qu'elles sont des réserves de chasse favorites du roi Victor-Emmanuel II (quoi qu'on ait suspecté à cela des objectifs militaires, la nouvelle frontière étant difficilement défendable par la France). Toutes ces localités finiront par devenir françaises à l'issue de la Seconde Guerre mondiale par le traité de Paris (1947), dernier ajout majeur au territoire national français et au département des Alpes-Maritimes. En 1926, l'arrondissement de Puget-Théniers est supprimé à des fins économiques, et réuni à celui de Nice.

Le diocèse de Nice, qui dépendait de l'archidiocèse de Gênes, dépend à partir de 1860 de l'archidiocèse d'Aix-en-Provence. C'est en 1886 que l'arrondissement de Grasse (à l'exception de l'île Saint-Honorat) fut détaché du diocèse de Fréjus pour être rattaché à celui de Nice ; Garavan qui appartenait alors au diocèse de Vintimille est également rattaché à celui de Nice. L'évêque de Nice perd cependant sa juridiction sur Monaco, qui est doté d'un abbé nullius en 1868 puis d'un évêque en 1887, élevé par la suite au rang d'archevêque (l'archidiocèse de Monaco dépendant directement du pape).

Du fait de l'annexion, toute forme d'enseignement supérieur disparaît à Nice après 1860, et il faudra attendre le XXe siècle pour que soit créée ce qui deviendra en 1965 l'université de Nice. De plus, la cour d'appel de Nice est supprimée. Des mouvements culturels et politiques de type régionaliste ou nationaliste militent pour une reconnaissance officielle de la spécificité culturelle du Pays niçois.

Langues[modifier | modifier le code]

La langue véhiculaire dans le comté de Nice est une variante de l'occitan et constitue au départ une forme de l'ancien provençal, avec toutefois une certaine influence ligure dans la vallée de la Roya. La dédition de 1388 a pour conséquence la différenciation progressive de langue parlée dans le comté par rapport à celle parlée en Provence[16]. Contrairement au provençal qui évolue, elle conserve les traits archaïques de l'ancien occitan (la langue des troubadours) tout en recevant une influence des parlers italiens voisins[16]. Il faut aussi considérer les différences linguistiques entre les territoires du comté de Nice : si la langue reste très proche de l'ancien provençal dans le haut et moyen pays, ce qui donne lieu au gavot, elle entame en revanche une évolution plus discernable à Nice et dans ses environs pour aboutir au niçois[3] d'aujourd'hui.

Le 22 septembre 1561, le duc de Savoie Emmanuel-Philibert Ier signe l'Édit de Rivoli par lequel le latin est remplacé par l'italien comme langue pour la rédaction des actes officiels[17],[18]. Néanmoins certaines communes de l'arrière-pays comme Puget-Théniers et Contes continueront à utiliser l'ancien provençal pour rédiger leurs comptes jusqu'au début du XVIIe siècle[3].

Traditions[modifier | modifier le code]

La danse la plus représentative du comté est la farandole et ses variantes : brandi, mourisca (ou mauresque), passa cariera (passe-rue). Filles et garçons dansaient dans les rues et sur les places, le jour de la fête patronale du village, au son du fifre et du tambour, parfois du violon ou de la vielle à roue.

Anecdote[modifier | modifier le code]

En juin 2014, le Comté de Nice fut représenté par son équipe de football, "La Selecioun", composée uniquement de joueurs nés sur son sol, à la Coupe du Monde conIFA des nations sans états et gagne le titre en s'imposant aux pénaltys face à l'équipe de l'île de Man.[non pertinent]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Paolo Casana Testore in Rosine Cleyet-Michaud (dir.), 1388, la dédition de Nice à la Savoie : actes du Colloque international de Nice, Publications de la Sorbonne, Paris, 1990 (ISBN 978-2859441999), p. 246 [lire en ligne]
  2. Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002 (ISBN 2-86410-366-4), p. 107-108.
  3. a, b et c Adolphe Viani, « Quelques aspects socio-linguistiques des parlers du comté de Nice » in Jérôme Magail et Jean-Marc Giaume (dir.), Le comté de Nice : de la Savoie à l'Europe : identité, mémoire et devenir ; actes du colloque de Nice ; 24 - 27 avril 2002, expositions du 15 avril au 15 mai 2002, Bibliothèque de l'université de Nice, Nice, Serre Éditeur, 2006 (ISBN 9782864104674) p. 149-150 [lire en ligne]
  4. Marguerite Isnard et Roger Isnard, Nouvel almanach du comté de Nice: memoria e tradicioun, Serre Éditeur, Nice, 2006 (ISBN 9782864104612) p. 70 [lire en ligne]
  5. « Le Comté de Nice » http://www.lecomtedenice.fr/notes_frontieres.html.
  6. a, b, c et d Laurent Ripart, « Nice et l'État savoyard, aux sources d'une puissante identité régionale » in Jérôme Magail et Jean-Marc Giaume (dir.), op. cit., p. 13-17.
  7. Henri Costamagna in Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002 (ISBN 2-86410-366-4) [lire en ligne]
  8. a, b, c et d Alain Ruggiero, La population du comté de Nice de 1693 à 1939, Nice, Serre Éditeur, coll. « Actual »,‎ 2002, 443 p. (ISBN 9782864103424, lire en ligne), p. 30-31
  9. (it) L'Enciclopedia Geografica, Vol. I, Italia, De Agostini Ed., 2004, p. 78.
  10. « Une communauté aux libertés communales confirmées en 1388 par la maison de Savoie » dans la rubrique Histoire de la commune d'Entraunes : « Le 14 novembre 1388, au château de Péone, les représentants des communautés des Entraunes obtinrent confirmation, dans la nouvelle Charte du Val-d'Entraunes de leurs libertés communales comme de la propriété de leurs biens de la part de Jean Grimaldi de Bueil, baron de Beuil, gouverneur de Nice et représentant officiel du nouveau suzerain avec qui il a négocié la dédition de Nice à la Savoie. »
  11. Abbé E. Tisserand, Histoire civile et religieuse de la cité de Nice et du département des Alpes-Maritimes, Tome 2, Librairies Visconti et Delbecchi, Nice, 1862 (lire en ligne)
  12. Henri Costamagna, L'intendance de Nice et ses crises (1688-1722), p. 17-27, Les cahiers de la Méditerranée, 2007 Lire en ligne
  13. Décret du 4 février 1793, portant que le ci-devant comté de Nice formera un département, sous la dénomination des Alpes-Maritimes, article 1er.
  14. Décret du 4 février 1793, portant que le ci-devant comté de Nice formera un département, sous la dénomination des Alpes-Maritimes, article 3.
  15. Décret du 4 février 1793, portant que le ci-devant comté de Nice formera un département, sous la dénomination des Alpes-Maritimes, article 2.
  16. a et b Laurent Ripart, « Nice et l'État savoyard : aux source d'une puissante identité régionale (fin XIVe - milieu XVIe siècle) » dans Jérôme Magail et Jean-Marc Giaume (dir.), Le comté de Nice : de la Savoie à l'Europe : identité, mémoire et devenir, Nice, Serre Éditeur, 2006, p. 18-19 (ISBN 9782864104674) [lire en ligne]
  17. Didier Large, « La situation linguistique dans le comté de Nice avant le rattachement à la France » [lire en ligne]
  18. (it) Studi piemontesi, Volume 22, Centro studi piemontesi, 1993 [lire en ligne]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En marron, la partie du comté rattachée à la France en 1860 ; en jaune, la partie du comté devenue italienne en 1861 puis française en 1947 ; voir Les limites du Comté de Nice, site officiel de la mairie de Nice.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Ruggiero (dir.), Nouvelle histoire de Nice, Toulouse, Privat, 2006, 383 p..
  • Ralph Schor (dir.), Dictionnaire historique et biographique du comté de Nice, Nice, Serre, 2002, 412 p..
  • Ralph Schor, Histoire du Comté de Nice en 100 dates, Alandis Éditions, 2007.
  • Jean-Pierre Fouchy, Et Nice devient le port de la Savoie, Alandis Éditions, 2008, 258 p..
  • Collectif, sous la direction de Michel Foussard, avec la collaboration de Jean-Loup Fontana, L’orgue italien, Guide pratique pour le Comté de Nice, Nice, Art et Culture des Alpes-maritimes (ACAM),,‎ 19 avril 1990, 160 p. (ISBN 2-906700-09-6)
    Cahiers des Alpes-maritimes n°7 de la Conservation départementale du patrimoine, Presses d’Imprimix Nice
  • Luc F. Thevenon, Frontières du comté de Nice: à la recherche des bornes perdues sur l'ancienne limite des royaumes de France et de Piémont-Sardaigne, Serre édireur, Nice, 2005 (ISBN 2-86410-429-6) ; p. 135 (Extrait)
  • Anne Brogini, Entre France et Espagne, les crises dans le comté de Nice au XVIe siècle, p. 1-6, Cahiers de la Méditerranée, 2007, no 74 Lire en ligne

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]