Bataille des Alpes

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Bataille des Alpes
Ouvrage de la ligne Maginot alpine (fort de La Forca) sur le massif de l'Authion.
Ouvrage de la ligne Maginot alpine (fort de La Forca) sur le massif de l'Authion.
Informations générales
Date du 10 au
Lieu Frontière franco-italienne
Issue reddition française suite à l'armistice
Belligérants
Drapeau français France Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d'Italie
Commandants
Drapeau de la France René Olry Drapeau de l'Italie Umberto di Savoia
Forces en présence
170 000 hommes 300 000 hommes
Pertes
40 morts
84 blessés
150 disparus
1 141 prisonniers
631 morts
2 631 blessés
616 disparus
Seconde Guerre mondiale,
Bataille de France
Batailles
Bataille de France et campagne des 18 jours
Pour le front néerlandais, voir Bataille des Pays-Bas.

Prélude et traversée allemande des Ardennes

Drôle de guerre · Évacuation des civils de la ligne Maginot · Mobilisation · Offensive de la Sarre · Baie de Heligoland · Accident de Mechelen · Plan jaune · Plan Dyle · Luxembourg · Ében-Émael · Hannut

Percées de la Meuse et rupture du front belge :

Sedan · Dinant · Monthermé · Givet · La Horgne · Gembloux · Flavion · Louvain · Charleroi

Tentatives de contre-attaques alliées :

Stonne · Montcornet · La Sambre · Arras

Défense des ports de la Manche et rembarquement britannique à Dunkerque :

L'Escaut · Amiens · La Lys · Massacre de Vinkt · Boulogne-sur-Mer · Calais · Poche de Lille · Massacre du Paradis · Abbeville · Dunkerque · Capitulation belge

Effondrement de la Ligne Weygand et avancée allemande sur la Seine :

L'Aisne · L'Ailette · Opération Paula · l’Exode

Front italien et percée allemande dans le Sud :

Pont-de-l'Arche · Les Alpes · Vallon du Seuil · Bombardement de Toulon · Opération Vado · La Loire · La vallée du Rhône · Bombardements de Marseille · Pont Saint-Louis · Armistice du 22 juin

Le terme de bataille des Alpes désigne l'affrontement entre la France et l'Italie en juin 1940 dans le cadre de la bataille de France lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle oppose l’armée des Alpes française, commandée par le général français René Olry, au groupe d'armées Ouest italien, dirigé par le prince Umberto di Savoia, sur la crête des Alpes ; l’armée des Alpes doit ensuite également affronter le XVIe Panzerkorps allemand du général Erich Hoepner qui arrive du nord et prend l’offensive dans la vallée du Rhône.

Déroulement de l'invasion italienne[modifier | modifier le code]

Carte des opérations (10-25 juin 1940).

Les combats au sol[modifier | modifier le code]

Le quand l'Italie déclare la guerre, l'armée des Alpes du général Olry, ne dispose que d'environ 185 000 hommes[1] répartis en trois divisions d'infanterie de réserve de type B, trois secteurs fortifiés (de la Savoie, du Dauphiné et des Alpes-Maritimes) et un secteur défensif (du Rhône) de la ligne Maginot, le tout appuyé par une forte artillerie de montagne (65 groupes). Parmi ces forces, il y a 84 sections d'éclaireurs-skieurs qui sont des troupes d'élite.

Les forts alpins sont essentiellement des modèles de type Séré de Rivières, construits à partir de 1880. Dès 1928, ils sont renforcés par de nouvelles constructions, essentiellement réparties dans les Alpes du Sud. L'on trouve également des ouvrages de la ligne Maginot alpine.

Cette armée a été victime de plusieurs ponctions importantes, d'abord à cause de la campagne de Scandinavie, puis de la défaite sur le front du Nord-Est. À la déclaration de guerre, elle fait sauter les routes, tunnels susceptibles d'être utilisés par le groupe d'armées Ouest du prince Umberto di Savoia. Les forces italiennes regroupent 22 divisions et plus de 300 000 hommes. Ce sont des forces peu entraînées, mal équipées et peu motivées.

Malgré tout ces forces lancent quelques attaques entre le 11 et le 19 juin. Elles sont repoussées. Des attaques aériennes italiennes sur Toulon et les aérodromes du secteur sont repoussées et l'aviation française attaque les terrains de Gênes et de Turin.

Le 21 juin, les Italiens sur ordre de Mussolini, lancent une violente attaque générale. À Menton le XVe corps italien est repoussé par les forces du secteur fortifié des Alpes-Maritimes (moins d'une division). Dans l'après-midi, quatre mortiers français de 280 mm ouvrent le feu du fort de l'Infernet sur le fort du mont Chaberton qui menace Briançon 17 km plus bas avec ses huit canons de gros calibre. Six des huit tourelles sont détruites.

Le 23, les Italiens s'emparent d'une petite partie de Menton. Partout ailleurs, les forces françaises résistent, bien qu'étant en infériorité numérique. Partout comme à la bataille de Pont Saint-Louis, les forces françaises se battent furieusement.

De plus, depuis le 15 juin, le général Olry a dû prélever des forces, notamment de l'artillerie pour préparer un second front, devant la menace allemande. En effet, le 15, les Allemands sont à Dijon. Il crée le groupement du général Cartier, avec des unités de bric et de broc, une division coloniale qui servait de réserve d'armée, des marins, quelques chars, de l'infanterie qui se sont repliées depuis le Nord-Est. Ce groupement est équipé avec du matériel de récupération. Les 30 000 hommes qui le composent vont être chargés de tenir sur trois lignes de défense successives : le Rhône, l'Isère, la Durance.

Lyon étant déclaré ville ouverte, le groupement Cartier doit se replier après de durs combats dans le département de L'Isère à Chasselay. Dans la soirée du 20, Olry fait sauter les ponts. Malheureusement, au nord des Alpes, la région de Seyssel et Culoz est maintenant sous le contrôle du 2e groupe d'armées, en pleine débâcle, et les mêmes consignes ne sont pas appliquées. Malgré la résistance de quelques éléments, comme le vieux Fort l'Écluse, le groupement A du XVIe Panzerkorps du général Erich Hoepner composé pour l'essentiel d'éléments de la XIIIe division motorisée, parti de Bourg-en-Bresse, occupe Aix-les-Bains le 23 juin. Le groupement B (IIIe panzer) est stoppé à Voreppe, à une douzaine de kilomètres de Grenoble durant deux jours par l'artillerie française du général Georges Cartier, qui lui inflige de très lourdes pertes les 23 et 24 juin. Le feu nourri de deux batteries de 75 et huit pièces de 47 de marine installées sur les deux rives de l'Isère bloque les blindés allemands[2]. Une colonne motorisée allemande tente une manœuvre de débordement par le nord en enlevant le col de la Placette, mais reste bloquée dans sa progression vers Voreppe. La bataille des Alpes prend fin avec l’armistice du 24 juin 1940 signé entre la France et l’Italie. L'armistice en vigueur à partir du 25 juin à l'aube apporte une conclusion à cette bataille de Voreppe, qui a le mérite dans un ultime sursaut de permettre à la ville de Grenoble d'échapper à l'invasion.

Les pertes italiennes sont d'environ 6 000 hommes, d'environ 250 soldats pour l'armée des Alpes et sont inconnues pour le groupement Cartier.

Les combats aériens[modifier | modifier le code]

La Regia Aeronautica affronte l'Armée de l'Air lors de la bataille des Alpes[3]. Des vols de reconnaissance débutent sur le territoire français le 11 juin 1940. Des bombardements sont effectués à partir du 13 juin sur les ports de Toulon et Marseille, les aérodromes de Fayence, d’Hyères, de Cuers-Pierrefeu, du Cannet-des-Maures et sur les forts de la frontière italo-française.

Huit bombardiers Fiat BR.20 Cicogna et sept chasseurs Fiat CR.42 Falco sont mis hors de combat ou endommagés par la chasse, la DCA ou les conditions météorologiques.

Quelques bombardements italiens sans dégâts importants sont également menés contre les villes corses de Calvi et de Bonifacio.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [1] La bataille des Alpes sur le site Chemins de mémoire
  2. Vital Chomel, Histoire de Grenoble, Éditions Privat, page 387.
  3. Les opérations aériennes italiennes sur la France en juin 1940.Extraits traduits par Lucien Morareau de l’ouvrage de Giancarlo Garello « Regia Aeronautica e Armée de l’Air 1940 – 1943 », Ufficio storico dell’Aeronautica militaire, 1975 [2] ; Giorgio Rochat , « La campagne italienne de juin 1940 dans les Alpes occidentales », Revue historique des armées, 250, 2008, [3]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Giorgio Rochat, (trad. Anne Pilloud), « La campagne italienne de juin 1940 dans les Alpes occidentales », Revue historique des armées, no 250, 2008, p. 77-84, [lire en ligne sur le site du Service historique de la Défense, rha.revues.org].
  • (fr) Richard Carrier, « Réflexions sur l'efficacité militaire de l'armée des Alpes, 10-25 juin 1940 », Revue historique des armées, no 250, 2008, p. 85-93, [lire en ligne sur le site du Service historique de la Défense, rha.revues.org].
  • (fr) « Une bataille oubliée - Les Alpes 10 - 25 juin 1940 », collection « Mémoire et Citoyenneté », no 6, ministère de la Défense, direction de la Mémoire du Patrimoine et des Archives, [lire en ligne sur le site du defense.gouv.fr]
  • (fr) Bernard et Raymond Cima, Michel Truttmann, Juin 1940 - La glorieuse défense du Pont Saint-Louis, éditions Cima, 1995 (ISBN 2-9508505-2-9 et 9782950850522), [lire en ligne sur le site maginot.org] [PDF]
  • (fr) David Zambon, « L'heure des décisions irrévocables : 10 juin 1940, l'Italie entre en guerre », in Histoire(s) de la Dernière Guerre, no 5, mai 2010.
  • (fr) Max Schiavon, Une victoire dans la défaite. La destruction du Chaberton, Briançon 1940, Éditions Anovi, 2007, 267 p.
  • (fr) Max Schiavon, Frédéric Le Moal, Juin 1940. La guerre des Alpes. Enjeux et stratégies, Economica, collection « Campagnes & stratégies », 2010.
  • (fr) Max Schiavon, Victoire sur les alpes. Juin 1940. Briançonnais, Queyras, Ubaye, Mens Sana Éditions, 2011.

Articles connexes[modifier | modifier le code]